19 mars 2012

Pourquoi manifesterons-nous le 31 mars 2012 ?

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Pourquoi manifesterons-nous le 31 mars 2012 ?

 

            Nous irons donc manifester à Toulouse le 31 mars prochain, à l’appel d’Anem òc, qui rassemble une partie conséquente des associations dont la raison d’être est la défense et la transmission de l’occitan. Nous irons, comme nous l’avons déjà fait, une fois à Béziers (2007) et deux fois à Carcassonne (2005 et 2009), pour exiger des politiques publiques en faveur de l’occitan et réclamer une loi de tutelle pour les langues régionales. Vu la situation catastrophique de la langue, le peu, sinon l’absence d’engagement des élus, les multiples entraves mises au développement de l’enseignement et de la présence médiatique de l’occitan, vu le silence assourdissant et même le tabou qui entoure en France la question du droit des citoyens au bilinguisme et au plurilinguisme, manifester est vraiment le minimum que nous puissions faire.

            Pour ma part, j’ai tout de même, pour cette quatrième grande manifestation bis ou trisannuelle dans une ville languedocienne, comme un sentiment fâcheux de routine.

            En effet, j’ai bien du mal à oublier que les fois précédentes, nos déambulations, malgré le nombre de manifestants, n’avaient donné lieu à aucune couverture médiatique conséquente et à aucun moment ne permirent le début du commencement du moindre débat public sur la question de l’avenir de nos langues. Au-delà des villes concernées (et bien sûr du petit monde de l’occitanisme), je ne cessais de rencontrer des gens, y compris dans les zones occitanophones, qui n’avaient absolument pas entendu parler de nos efforts pour faire entendre nos revendications, voire qui ne connaissaient pas même l’existence de quelque chose comme de langues régionales parlées aujourd’hui en France (hormis une vague notion, dans un passé lointain, de « patois » indéterminés parlés par des populations rurales), dont la pratique de fait, est devenue quasi clandestine, malgré nos efforts. C’est le sinistre constat que chacun peut faire en parlant un peu largement autour de lui.

            C’est pourquoi j’avais appelé de mes vœux une manifestation unitaire avec les autres langues de France à Paris, et y compris, bien sûr, les langues non territorialisées (j’y reviendrai).

 

Un cap décisif ?

            Il y a cette année une différence de taille, sur laquelle il faut s’arrêter. Le même samedi 31 mars d’autres manifestations auront lieu, un peu partout où les langues historiques de France luttent pour leur survie. La coordination de toutes ses initiatives semble très défaillante. Ce n’est pas sur le site d’Anem òc que vous trouverez la moindre référence. La Setmana (n° 857), qui y consacre deux pages, ne fait état que d’une partie seulement de ces manifestations, de forme et d’ambition très variables. Mais j’ai pu voir que c’était la même chose chez les Bretons (voir le site Deomp de’i – « Allons », manifestement inspiré de Anem òc – qui signale, sans plus, les manifestations de « Tolosa, Baiona, Kemper, Perpinyà, Aiacciu, Strassburg »). Quant aux autres, ils se montrent plus encore évasifs…

            Le seul site, à ma connaissance, qui présente l’ensemble des initiatives prévues pour ce jour est celui de langues régionales.org, qu’il faut saluer, car il est vraiment devenu indispensable. Il y aura en fait des manifestations de types variés à Ajaccio, Bayonne, Poitiers, Strasbourg, Lille, Metz, Perpignan, Annecy et… Maussane-les-Alpilles.

            Eh oui (commençons par le dernier lieu que j’ai cité), vous l’avez déjà deviné ! le Collectif Prouvènço profite de l’occasion pour organiser des Assises de la langues et de la culture provençale et lancer une campagne pour l’inscription de la « langue » provençale au patrimoine mondial de l’humanité. Je constate seulement que le Collectif a bien besoin de nous, ceux qu’ils appellent avec mépris les « occitans » (rappelons que notre crime est d’oser considérer que le provençal appartient à la même langue que les autres dialectes d’oc), pour leur suggérer des idées et leur fixer des dates.

            Au-delà de ce stupide conflit, que nous traînerons encore comme un boulet lorsque plus personne ne parlera plus ni provençal, ni languedocien, ni limousin (etc.), il faut souligner toutes les autres initiatives, qui concernent une grande partie des langues historiques de la France métropolitaine (Corse comprise évidemment ; par contre je n’ai trouvé aucune proposition pour les DOM-TOM), mêmes si elles sont parfois bien modestes. On aurait pu attendre des Corses, par exemple, un peu plus que l’organisation d’une chaîne humaine autour de la préfecture d’Aiacciu, et des Catalans un peu plus qu’un LipDub – en catalan dans le texte – autour de la chanson Parlem català (ce n’est évidemment pas ici le lieu de répandre mon fiel sur ces affligeantes vidéos de séance de karaoké collectif). Je note en tout cas avec grand plaisir et intérêt les initiatives pour le poitevin-saintongeais à Poitiers (voir le site Défense et promotion des langues d’oïl) et pour le franco-provençal à Annecy Bonlieu – « Acouet pè nutra lengua ! ». A Metz, on se réunira sur le parvis de la gare en faveur « du lothringer Platt /Hochdeutsch, du luxembourgeois et du lorrain roman» (formulation et liste peu claire d'ailleurs) et une manifestation aura lieu à Lille pour l’enseignement du flamand de France. Des manifestations plus importantes sont attendues à Quimper, Bayonne et Strasbourg.

            Même si la coordination de l’ensemble, du moins dans sa visibilité, laisse pour le moins à désirer, cette concentration d’événements sur une même journée est une grande nouveauté, peut-être, je l’espère, s’agit-il d’un cap décisif pour les luttes à venir.

 

Paris vaut bien une masse

 

            Pour ma part, je n’en démords pas. Évidemment, il faut se monter et s’affirmer chez soi – à quand d’ailleurs une manifestation, une action, quelque chose en Limousin ? – et le faire de manière concertée est une excellente chose. Mais nous devrions, nous devons, absolument, aller à Paris, et mai d’un còp, pas qu’une fois !

            La revisitation de la saga du Larzac, à l’occasion du film de Christian Rouaud, a achevé de m’en convaincre. Le voyage à Paris de janvier 1973 a en effet joué un rôle décisif pour la publicité et l’efficacité du mouvement. Nous voulons combattre le centralisme culturel et linguistique ? Il faut évidemment se faire entendre aussi au centre lui-même, sinon nous continuerons à ne rien représenter, à ne pas exister au niveau national. Du reste, nous ne pouvons certes pas prétendre que nous nous détournons volontairement du national et de la capitale, puisque, justement, c’est de là que nous continuons à tout attendre. Ne réclamons-nous pas à cor et à cri une « loi » ? Dans la mesure où nous ne contestons pas la légitimité du parlement national et de sa situation géographique (à vrai dire, nous ne pouvons même pas penser qu’il puisse en aller autrement), c’est évidemment à Paris, devant la chambre des députés qu’il faut faire entendre nos voix.

            Ce n’est pas seulement une question de stratégie, mais aussi d’idéologie, au sens le plus large, au sens où les choix que nous faisons engagent la représentation que nous nous donnons du statut et de la vocation de nos langues. Or en manifestant chacun dans son coin, cadun dins son canton, sur son propre territoire historique et pas au-delà, nous acceptons de fait la relégation des questions linguistiques aux espaces régionaux, telle que l’envisage la très symbolique et très inutile reconnaissance constitutionnelle (art. 75-1 au titre des collectivités territoriales) et en acceptant de fait – ce qui est le pire – l’assignation de nos revendications au régionalisme et au localisme, sinon au communautarisme honni.

 

Deux oublis majeurs

            La question majeure, pour ces manifestations du 31 mars, est bien sûr celle des revendications et celles-ci sont étroitement liées, à mon sens, à l’option choisie de manifester chacun chez soi. La plupart de ces appels présentent comme revendication première l'adoption d’une « loi » (à l’exception notable de celui du Collectif Prouvènço), d’ailleurs de manière assez floue et incantatoire. Soit la déclaration de Anem òc, qui figure sur tous les tracts : « Nous voulons une loi qui donne un véritable statut juridique aux langues régionales. Une loi qui permette la mise en place effective, pour l’occitan, d’une politique linguistique publique cohérente et volontariste pour son développement sur l’ensemble de l’espace occitan. Il faut donc, sur le territoire où se parle l’occitan, créer un environnement favorable à l’enseignement de et dans cette langue. ». Très bien, on ne peut qu’être globalement d’accord, mais je note, dans cette formulation, deux manques évidemment volontaires qui me semblent des plus inquiétants :

1- D’abord la disparition de ce qui avait été par le passé l’une de nos revendications majeures : la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Pourquoi ? Aucune raison n’est donnée, dans les documents d’Anem òc ni - à ma connaissance - de la part des organisations qui le constituent. Les militants de base, dont je fais partie, s’interrogent… Pourquoi ce renoncement ? Parce que l’Europe ne fait plus recette ? Parce que nous nous résignons à ne plus nous battre pour nos langues que dans le carcan national ? C’est étonnant, tout de même, à l’heure où le candidat le mieux disposé pour remporter les élections présidentielles a justement placé cette ratification à son programme… On nous dira, comme l’a fait récemment le constitutionnaliste Guy Carcassonne, que l’initiative sera retoquée par le Conseil constitutionnel, mais cela n’est évidemment pas une raison pour cesser de revendiquer une adhésion qui nous paraissait, hier encore, entièrement justifiée et même minimale. Il est vrai aussi que d’aucuns, le Front de Gauche pour ne pas le nommer, déclarent vouloir carrément imposer, en même temps qu’une révision de la Constitution (en effet nécessaire pour débloquer la situation), une révision de la Charte, que presque tous les autres pays de la communauté européenne ont pourtant adopté. Cette exigence est tout à fait ridicule et signifie en réalité que l’on veut envoyer promener le projet européen de reconnaissance des langues et cultures minoritaires pour se replier sur la forteresse hexagonale d’où le concept de minorité est banni par décret. Sur ce point, malgré ses progrès électoraux fulgurants (j’ai du mal à ne pas rire) sur la question des langues régionales, Mélenchon reste inflexible.

            Mais je m'adresse ici aux militants culturels, non aux comités de soutien des candidats à la présidence : pourquoi et comment avons-nous renoncé à la revendication à travers laquelle nous nous reconnaissions dans une action européenne, un projet d’ouverture et de collaboration internationales et interrégionales, par delà des frontières réelles et symboliques de la nation ?

             D'ailleurs, à propos de frontières et d'Europe, je note une autre chose très dommageable : le fait que rien, dans l'appel, ne puisse concerner les occitans d'Italie et de Val d'Aran (voir à ce sujet le juste dépit exprimé par Ines Cavalcanti de Chambra d'Oc, dans la Setmana, n° 2011).

2- L’autre absence concerne la question déjà abordée de la prise en considération de la question des langues historiques de France au niveau national, au-delà des territoires dans lesquels on a décidé – il y a donc désormais une sorte de consensus à ce sujet – de les confiner, alors que les locuteurs, eux, depuis maintenant longtemps, n’ont cessé de changer en grand nombre de lieux de vie. Il n’est donc pas question de prendre cette donnée essentielle de la mobilité des citoyens en compte, étant désormais manifestement accepté par la plupart des organisations que l’usage de leur langue n’est légitime que dans son bassin historique.

            Qui plus est, certaines de ces langues « historiques » de France, n’ont jamais été territorialisées. Je pense en particulier à la langue rom, présente dans ses variantes depuis des siècles en France et parlée par des locuteurs dont la plupart sont des citoyens français depuis plus longtemps que la plupart d’entre nous. Pour moi la chose est claire. Le fait que la plate-forme des langues de France ne les intègre pas, que nous n’en parlions jamais dans nos projets de manifestation, entérine l’ostracisme et, disons-le, le racisme dont les Roms sont victimes.

            Cette question en appelle une autre, qui est celle de l’articulation des revendications des langues historiques avec celles des langues de l’immigration (dont un certain nombre figurent dans la liste officielle des « langues de France »), qui de fait, avec le temps, deviennent elle-même « historiques » (terme en vérité maladroit pour signifier qu’une langue est présente depuis longtemps sur un territoire, mais à partir de combien de temps peut-on dire « longtemps »). Là aussi, la question est taboue ; presque tous les responsables jurent leurs grands dieux (le pire étant qu’ils sont souvent de bonne foi) qu’il s’agit de maintenir la distinction la plus nette, la plus tranchée, la plus définitive entre les langues d’ici et les langues d’ailleurs, les idiomes indigènes et les parlers exogènes. Bien sûr que la distinction s’impose, car nos langues dites régionales pour la plupart ne sont parlées, de manière un tant soit peu étendue, nulle part ailleurs qu’en France. Mais cette insistance à tenir ce partage est pleine de sous-entendus peu reluisants. C’est comme s’il fallait éviter de prêter le flanc au moindre soupçon d’islamophilie et autres tares xénophiles rédhibitoires ! Nous sommes pourtant nombreux à penser que, quelle que soit la spécificité des langues historiques ou indigènes de France, la question du plurilinguisme englobe nécessairement les langues de l’immigration et pour notre part, nous n’aurions certainement pas honte, nous ne serions pas gênés, nous serions même fiers de manifester avec les arabophones, les berbérophones, les Roms et les autres.

 

Es sur la Talvera qu’es la vertat

            Ces deux manquements majeurs ont été relevés à juste titre dans la proposition du CREO (Centre Régional pour l’Enseignement de l’Occitan) de la Talvera d’Île-de-France, auquel je suis très fier d’appartenir (certes, un peu de loin, résidant en Limousin, mais travaillant à Paris) et à laquelle, manifestement, Anem òc n’a pas donné suite. Je me permets de citer les propositions de modifications apportée à l’appel car, sans avoir participé à leur rédaction je m’y reconnais tout à fait : « Nous voulons une modification de l’article 2 de la Constitution qui reconnaisse la place légitime des Langues de France aux côtés de la langue française, et qui permette la ratification par l’État français de la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires. Nous voulons également l’adoption d’une loi qui confère aux langues de France un véritable statut juridique. Une loi qui permette la mise en place effective, pour toutes les langues régionales, d’une politique linguistique publique cohérente et volontariste pour leur développement sur l’ensemble du territoire français, incluant, notamment, la prise en compte de cette réalité multilingue pour l’enseignement du français ».

            La proposition reprend ensuite l’exigence d’Anem òc d’un effort conséquent pour le développement de la langue sur le territoire historique où la langue est parlée. Je le précise, pour insister sur le fait que l’on est loin ici du projet de Claude Sicre de nationalisation des langues de France qui se traduit, à mon sens de manière irréaliste et tout à fait insatisfaisante, par la « généralisation à tous les Français d’une éducation à toutes les langues indigènes de France ».

            J’en profite pour signaler que le CREO de la Talvera se bat toujours pour le maintien du seul cours d’occitan existant dans un lycée de la région parisienne (le lycée Flora Tristan de Noisy-le-Grand), depuis 1976 , plus que jamais menacé de disparition et qui ne bénéficie pas de toutes les solidarités qu’il serait en droit d’attendre du mitan occitaniste (voir cependant la lettre que Philippe Martel pour la Felco a faite parvenir au ministre sur le sujet).   Face à l’adversité, le CREO ne s’avoue pas vaincu et fait une série de propositions pour le maintien de cet enseignement, mais aussi en vue de la création d’un établissement secondaire en Île-de-France où l’enseignement de l’occitan pourrait avoir une place à part entière et ne plus être sur le strapontin (éjectable) qu’il occupe actuellement. Cet établissement pourrait prendre la forme d’un « lycée des langues régionales » mais, tout aussi bien, d’un « lycée des langues de France », autrement dit, langues de l’immigration comprises (fort de l’expérience du lycée Flora Tristan où de nombreux inscrits de la classe d’occitan sont issus de l’immigration et choisissent ainsi l’apprentissage d’une seconde « langue de France » en sus du français), ou encore, un « Lycée des Langues Romanes d’Europe », en relation avec les programmes d’intercompréhension développés ces dernières années.

            Ces idées nous rappellent que si nous ne voulons pas disparaître, dans nos régions comme en Île-de-France, il nous faut nous montrer capables de propositions novatrices, qui associent la pratique de la langue minorée à d’autres pratiques linguistiques (et en intégrant bien sûr l’anglais), car nous vivons désormais dans un monde pluriel et le bouclage des frontières, que d’aucuns nous promettent, n’y changerait rien.

 

Jean-Pierre Cavaillé

 



Commentaires sur Pourquoi manifesterons-nous le 31 mars 2012 ?

    Oui, y aller quand même!

    Le mouvement « Anem òc » tape partiellement à côté de la plaque ! La seule référence à la langue régionale sise sur son terroir avec, en corollaire, la focalisation sur les Régions concernées par la langue régionale esquive quatre problèmes.
    - On omet le problème des diasporas hors des aires linguistiques d’une langue régionale : on a toujours organisé en région parisienne un enseignement de l'occitan, sanctionné par des épreuves au baccalauréat. Une lecture restrictive du texte de la « Crida » condamnerait désormais cet enseignement à disparaître. C’est d’ailleurs ce qui a failli arriver au premier trimestre 2007, les services du Ministère arguant que l'Académie de Créteil n'était pas une « zone d'usage » de l'occitan.
    - On ignore, également, que dans les Régions d’autres diasporas sont présentes et, souvent, actives ; le pouvoir dévolue à une Région (ou un Regroupement de Régions) pour « gérer » l’enseignement d’une langue régionale ne concernerait pas la nécessaire prise en compte des demandes des autres diasporas. Nous sommes devant une situation ubuesque. Les Régions, soucieuses de développer l’enseignement de la langue régionale, devraient ignorer les autres langues régionales parlées sur leur territoire ! Serait-ce alors l’État qui y suppléerait ? Ainsi, par exemple, un établissement situé en zone linguistique occitane pourrait avoir un enseignement de l’occitan à la charge de la Région et un enseignement du breton à la charge de l’État. En se reportant en région bretonne, on pourrait trouver une situation rigoureusement inverse !
    - On omet que les populations migrent dans et hors l’hexagone. C’est, donc, le cas de nombreux apprenants. Qui assurerait la permanence d’une offre de formation pour ceux qui auraient commencé un apprentissage d’une langue régionale dans une zone linguistique « reconnue » et qui se trouveraient en « zone interdite à ladite langue » ? Nous touchons là à la nécessaire mise en place par l’État français d’une offre de formation adaptée prise en charge, par exemple, par un service public d’enseignement à distance.
    - On omet totalement de parler des langues non territorialisées. Certaines - très anciennes sur notre territoire – et d’autres plus récentes – notamment issues de la colonisation – ont toute leur place à nos côtés et elles sont présentes en toutes Régions. Leur statut de langues historiques de France ne saurait être contesté. Le fait de les ignorer montre clairement l’étroitesse de vue (peut-être est-ce un calcul politique ?) des organisateurs, en tout cas les carences d’une initiative qui manque d’envergure.
    Claude Assémat
    20/03/2012

    Posté par Claudi Assemat, 20 mars 2012 à 13:30 | | Répondre
  • sur le FG et sur "anem òc"

    Je précise en préambule que je m'exprime ici à titre purement personnel et citoyen et que mes propos n'engagent aucunement la FELCO. Les positions de celle-ci sont sur notre site : http://www.felco-creo.org/.
    Désolée de manquer de temps pour traiter de toutes les questions de fond que soulève cet article.
    Merci a Tavan de mentionner l'évolution du FG sur la question des LR et de donner le lien sur le texte qui engage désormais le FG sur la question : http://languesculturefrance.free.fr/tractfdglangues.pdf.
    Je relève que le texte de Mélenchon qui est donné juste après date de... 2008. Même s'il constitue une des nombreuses preuves des réticences anciennes (aux deux sens du terme) du candidat sur la question, ce texte ne peut en aucune manière être mis au même niveau que celui-ci : http://languesculturefrance.free.fr/tractfdglangues.pdf, fruit d'une réflexion approfondie, résultats de compromis arrachés par l'implication, depuis des mois de militants de toutes les sensibilités du FG (PCF, PG, FASE, Alternatifs, GU...),engagés depuis très longtemps dans le combat pour les langues de France ; ça a été, en interne, un très beau débat, où se sont rencontrés des Bretons, des Occitans, des Alsaciens, des Créoles, des Corses, des Basques, des Flamands... Mélenchon et une petite part de sa garde rapprochée ne connaissent pas grand-chose à la question et son portés par des craintes irrationnelles. Nous avons donc fait jouer la raison et la pugnacité. Et les propos personnels de Mélenchon n'engagent que Mélenchon.
    Puissent les militants engagés dans d'autres formations politiques faire le même travail.

    Pour ce qui concerne "Anem, òc", pour des raisons que l'on peut trouver sur notre site, la FELCO n'est pas impliquée dans l'organisation de cette manifestation, même si nous y serons et si,depuis 3 semaines, nous relayons l'info et l'appel à signatures sur notre site et dans notre lettre (pour recevoir celle-ci, m'adresser un courriel à mjvb@orange.fr).
    Puisque nous ne sommes pas impliqués et pour savoir ce que représente le montage d'un tel événement (nous avons mouillé la chemise pour les 3 manifs précédentes), je me garderai bien de critiquer ce qui se passe en ce moment.
    Je souhaite juste que l'occitanisme puisse continuer à marcher sur ses deux jambes : la pensée et l'action... Les gens ont parfois tendance à être l'un sans l'autre...
    J'espère aussi, comme une grande partie des responsables FELCO, que le mouvement occitan acceptera de se montrer publiquement dans des lieux qu'on abandonne au néant... ou à l'adversaire (le Nord de l'espace ou la Provence)... Mais là aussi, il ne s'agit pas de voeux pieux ou de proclamations théâtrales, il s'agit de mise en oeuvre...

    Posté par M J Verny, 20 mars 2012 à 14:38 | | Répondre
  • réticences anciennes... et nouvelles

    @ MJVerny
    J'ai changé le lien au sujet de la position de Mélenchon, qui n'est plus à un texte de 2008 mais d'une déclaration faite par le candidat en Corse le 26 février 2012.
    où il se déclare
    - Pour l’enseignement des langues régionales, mais contre l’enseignement immersif ;
    - Contre la charte des langues minoritaires ; ("parce que je ne considère pas qu’il y ait en France de minorités nationales")
    - Pour la co-officialisation de la langue Corse mais sans que cela ne créé de "statut" ;
    - Pour la pratique des langues régionales, mais pas en présence de non-locuteurs.(!!!!!!!)
    voir
    http://www.languesregionales.org/J-L-Melenchon-Cuntrastu-extrait

    Posté par Tavan, 21 mars 2012 à 22:06 | | Répondre
  • Tu as bien fait !

    Et je te garantis que les conneries dites en Corse, elles ont circulé dans les réseaux ! Sais-tu ce que j'ai écrit, et abondamment fait circuler dans les réseaux FG ? que c'était un peu facile (et très con), parce que JLM était en Corse, de distinguer les "gentils" Corses et les "vilains" Bretons. Que les Bretons, les Occitans, ils avaient internet, que ce qui était dit en Corse passait de l'autre côté de la Méditerranée Et ça a pété, en interne ! Mais je le répète, ce débat est passionnant dans le FG : Mélenchon, plus que d'autres candidats, travaille sur l'intellect, sur l'argument. Sauf... sur tout ce qui touche à la Nation, à l'Histoire et à la langue, où il a une vision essentialiste. C'est donc facile pour nous, de lui répondre par l'Histoire et la raison. Et ce texte http://languesculturefrance.free.fr/tractfdglangues.pdf, qui n'est qu'un début, a permis, dans la phase de négociation pour le faire inscrire dans le programme, comme dans la phase de médiatisation où nous en sommes maintenant, à nos idées d'avancer. Il y a une chose dont tu peux être sûr, tous ces gens qui voient dans le FG, ENFIN, une force de gauche qui ne se couche pas devant le système, ce sont des militants, des durs, et toute avancée de nos idées de diversité linguistique et culturelle dans ces rangs est une avancée chez des gens qu'on retrouvera dans les combats futurs.
    Cela confirme ce que je crois, et que nous partageons, Tavan, à quelques exceptions près (école de la République ou école "à part" ?) : ce ne sont pas les réflexes et les idées simples qui nous ferons avancer en société, c'est la pensée, la réflexion, la culture, l'esprit critique, y compris par rapport à ce que produit l'occitanisme (pas oublié tes critiques pertinentes sur le livre de Labouysse). C'est aussi par l'engagement sociétal, par notre présence dans les lieux où sont les gens qui résistent dans ce pays. A la Bastille dimanche, la délégation de l'Hérault avait amené des drapeaux occitans, idem pour les Bretons. Dans les deux cas, cette présence de drapeaux a entraîné parmi ces manifestants des questionnements.
    C'est de ça qu'on a besoin, que chaque occitaniste, bretonniste... porte le débat en société.
    Amistats, MJ

    Posté par M J Verny, 22 mars 2012 à 08:58 | | Répondre
  • La kermesse de Toulouse

    Personnellement, la manifestation à la maison, je n'y crois plus. Pour Carcassonne 1, j'étais hors milieu, bien qu'en fac d'occitan à Bordeaux, et je n'en ai pas entendu parler. Je suis allé à Béziers et je me suis senti revigoré par la foule, pensant que quelque chose de fort s'était passé. Je n'étais pas à Carcassonne 2, j'en ai profité pour guetter les médias ; rien ne s'est passé. J'ai cru à une manifestation manquée, pourtant quand j'ai retrouvé les autres militants le week-end suivant, ils avaient l'impression d'avoir été entendu, d'avoir vécu un moment charnière.
    Ces manifestations en fanfare avec l'amicale des mangeurs de sardines, le club des gobeurs de tripoux ou la fraternité des joueurs de quilles de neuf qui viennent tous revêtus de l'uniforme de leur association n’intéressent que ceux qui y participent. C'est ni plus ni moins que de l'auto-journal-de-pernautisation. Les ploucs ont défilé dans les rues d'une petite ville de province. Si en plus les revendications officielles ne se radicalisent pas plus que ça, ça ne risque pas de faire le moindre bruit.
    On refuse d'aller se soumettre au jeu des médias qui ne nous trouveraient intéressant que devant le Palais Bourbon, mais d'un autre côté on se laisse prendre au piège de notre conditionnement centraliste en instaurant Toulouse capitale occitane, (ou Rodez l'été en pensant que tout se passe à l'Estivada).
    Il reste du pain sur la planche...

    Posté par Julien, 23 mars 2012 à 02:34 | | Répondre
  • La question de la visibilité de la manifestation et de l'unité d'action au niveau de la France est essentiel. Je trouve qu'avec cette date unique et un lieu de manifestation par langue, on progresse. Même s'il n'y a pas toutes les langues, si les revendications ne sont pas coordonnées, si certaines manifestations seront plus anecdotiques...

    Pour essayer de relever le défi de la visibilité, depuis lundi, un petit groupe est en train d'essayer de faire du buzz sur Internet via les réseaux sociaux, et surtout Twitter. Un groupe inter-régional (breton surtout, basque et occitan), se plaçant dans la mouvance Anonymous. Avec cette motivation : "Au cours des deux prochaines semaines, nous allons tenter de faire entendre les voix de France, dans leur langues maternelles, sur les Internets. Expect us."

    Un site web a été ouvert (http://op31m.anontranslator.eu/), ainsi qu'un compte Twitter (@op31M) et un hashtag est utilisé sur chaque message : #op31M. Le site diffuse essentiellement des vidéos musicales dans les différentes langues de France (à l'heure ou j'écris ce texte, il y a de l'occitan, du basque, du breton, du corse, du picard, de l'alsacien, du gallo en ligne).

    L'impact sera peut-être minime. Mais ça aura eu le mérite d'utiliser un média qui est délaissé par les organisateurs de ces différentes manifestations.

    Posté par Maime, 23 mars 2012 à 13:54 | | Répondre
  • république vs démocratie

    Je crois quand mêm que si les medias "nationaux" (parisiens) ne parlent pas des langues minoritaires, c'est d'abord par hostilité.
    Ces media sont dans la ligne "républicaine", d'une "république une, indivisible et sans OLPC (organisme linguistique potentiellement concurrent)".
    S'ils s'efforcent de montrer une certaine objectivité à l'ocasion (comme au moment de l'introduction de la mention des langues "régionales" dans la constitution, on voit qu'ils font un effort sur eux-même et que plutôt ils auront cesser d'en parler mieux ce sera pour eux.

    Même des quotidiens directement concernés, comme Le Télégramme ou Ouest-France en Bretagne, qui pourraient être les supports pour une prise de conscience plus général de la population, ne font en fait qu'un minimum syndical, suffisant pour montrer qu'ils font quelque chose, mais sans plus.

    Je m'étonne par ailleurs qu'on ne fasse pas plus appel au concept de "démocratie".
    Dans cette video : Les débats de la matinale : Henri Guaino / Daniel Cohn-Bendit
    http://www.languesregionales.org/Les-debats-de-la-matinale-Henri
    guaino oppose "république" et "démocratie". "LA" république ne reconnait pas de minorités, et donc ces minorités, qui existent mais ne sont pas "reconnue", ne peuvent obtenir des droits particuliers. C'est aussi la position de mélenchon : pas de minorités. Et c'est pourquoi ils s'opposent à la Charte sur les langues régionales et minoritaires. En plus selon guaino, cette Charte permettrait de se tourner vers un juge européen pour faire respecter ses droits linguistiques bafoués par l'Etat français. Donc guaino et melanchon, comme les autres républicanistes-souverainistes, sont aussi anti-européen.

    Les défenseurs des langues minoritaires sont toujours obligés de dire que ces langues "ne menacent pas la République (ou l'unité de la République)". A chaque fois cette phrase revient. Mais "La" république ça n'existe pas. Il existe "des" républiques, dont certaines sont des démocraties et d'autres des dictatures, des régimes autoritaires, etc.
    Ce qui menace "la" république française c'est la démocratie, et quand on se bat pour les langues minoritaires, il faudrait faire savoir que c'est aussi au nom de la démocratie qui elle, se doit et s'honnore de respecter les minorités, quand c'est une vraie démocratie.

    Et je crois que les populations seraient tout à fait receptif à cette idée de "démocratie", et que le mot "république" n'est qu'un mot de polititien dont les gens ignore ce qu'il recouvre réellement.

    Il faudrait faire comprendre aux gens que la défense des langues minoritaires fait partie des obligations d'une vraie démocratie.

    Il y a un texte de regis debray, que vénère tous les "républicains" : Etes-vous démocrate ou républicain ? par Régis Debray
    http://laicite-aujourdhui.fr/spip.php?article292

    La disparition des langues minoritaires fait partie du programme "républicain", et de tous les politiciens qui se réclament de la "république" plutôt que de la "démocratie".

    Posté par Alwenn, 23 mars 2012 à 23:03 | | Répondre
  • complaisance

    guaino, toujours :
    Autre preuve selon lui de ce qu’il avance : le candidat PS à la présidentielle "dit qu’il veut ratifier la charte des langues régionales et minoritaires". François Hollande a de la "complaisance vis-à-vis du communautarisme", a-t-il dénoncé.

    "Il y a une gauche républicaine", incarnée selon lui par Jean-Pierre Chevènement (MRC) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), candidats à l’élection présidentielle, et une autre qui ne l’est pas", celle incarnée par le Parti socialiste. "Elle n’est pas pour la République, une et indivisible, qui est contre le communautarisme, pour l’autorité de l’Etat’, a-t-il dit.

    http://www.languesregionales.org/UMP-Hollande-n-est-pas-republicain

    guaino reconnait ses "paires" !

    Posté par Alwenn, 23 mars 2012 à 23:19 | | Répondre
  • Enthousiasme parisien

    J'apprends, par un courrier du Creo de la Talvera, que s'est tenue une conférence de presse sur les manifestations prévues en faveur des langues régionales à la Maison d'Aquitaine. Les journalistes se sot déplacés en foule ! Etait présente, en effet, en tout et pour tout, une journaliste de l'AFP...

    Posté par Tavan, 24 mars 2012 à 17:22 | | Répondre
  • Guaino est en campagne, et il adapte donc dans sa rhétorique boursouflée les éléments de langage pondus à l'Elysée. La gauche est communautariste, et donc complice de Merah, ragnagna. Ca peut marcher, vu le niveau politique ambiant dans notre beau pays. Mais si ces gens-là perdent, plus personne ne saura qui était Guaino, pas même lui. Quant à Debray, ce has been absolu, son papier, déjà vieux, est un salmigondis prétentieux de philosophie de bistrot, avec quelques incohérences en prime. On s'en fout.
    -Sur la visibilité de la manif, ben oui, si personne n'en parle, sauf la page région de la Dépêche (au contraire de Carcassonne, il n'y aura même pas le Midi Libre, ni l'Indépendant) ce n'est pas la peine. IL faut donc espérer (one more time) que les organsateurs auront prévu de contacter les localiers de la presse nationale, parce que, désolé, c'est elle qui compte, dans nore beau pays. L'AFP était à Béziers, et ça n'a pas été inutile. C'est sûr qu'à Paris, ça aurait été plus visible. Bien d'accord. mais qui organise ?
    -Au passage : si je comprends bien, le 31, il y aura aussi une manif à Toulouse contre les gazs de schiste, à la même heure, et peut-être même sur le même parcours... Qui gagnera à l'applaudimètre ?

    Posté par Philippe Martel, 24 mars 2012 à 18:53 | | Répondre
  • gaz de schiste et occitan

    Pour confirmer les dires de Philippe, en effet, il y aune manifestation à Toulouse contre les gaz de schistes, mais pas tout à fait à la même heure (15h au Monunment aux morts) et en plus elles seront, en quelque sorte, associées :
    voilà l'appel ce que l'on peut lire ici et là :
    "Suite au déblocage de plusieurs demandes de permis de recherche de gaz de schiste, dont ‘Beaumont de Lomagne’, couvrant 10 405 km² sur 8 départements autour du Gers,
    les collectifs concernés par ces permis organisent
    une manifestation rassemblant citoyens, associations, partis, collectifs, mouvements citoyens, etc.
    ....
    La Coordination “PER LA LENGA OCCITANA” organise ce même jour une grande manifestation en faveur de la langue occitane, 10 000 personnes devraient s’y trouver, certains nous rejoindront et ils nous invitent à leur fête en musique place du Capitole à partir de 18h !..."

    Posté par Tavan, 24 mars 2012 à 20:30 | | Répondre
  • Y aller bien sûr

    Juste une réflexion à propos de ceux qui pensent que ces grosses manifs "folkloriques" (c'est eux qui le disent) pannoccitanes ne servent à rien qu'à se faire plaisir et que l'important est le travail de terrain au niveau local. Leur approche est évidemment fallacieuse, parce que le peu qui existe au niveau local, y compris ici en Limousin, est étroitement lié au mouvement pannoccitan, et à la très petite force qu'il représente. Sans cette présence, sans ces manifestations et le modeste écho qu'elles ont dans les oreilles des élus et de quelques administrateurs de culture, encore moins de choses seraient possibles au niveau local, encore moins; sans doute même, nous n'existerions même pas. Il n'est donc pas seulement cohérent, mais même vital d'y aller.

    Posté par tavan, 25 mars 2012 à 15:31 | | Répondre
  • Un pas après l'autre

    Moi je pense qu'il fallait oser monter d'un cran... Toulouse n'est pas Carcassonne ni Beziers.
    Après les évènements de Toulouse , la mairie a fait afficher une banderole en langue occitane en langue arabe et en langue hebraique... Ilse trouve que les medias nationaux sont sensibilisés a d'éventuels évènements à Toulouse . Sauf que le boulevard Lascrosse est assez large, et très long, et qu'il va falloir le remplir. Les médias nationaux en parleront-ils . La Dépêche non plus.... Certaines remarques sur le blog laissent penser qu'il s'agit d'un manque de savoir faire en communication, et que les occitans ne savent pas communiquer . Franchement ce n'est pas sérieux. Nous étions 30000 à Carcassonne et les médias nationaux l'ont escamotée. Les médias sont franchouillards par nature et généralement cagoulards de par les nominations .
    Je crois qu'il faut se demander si la France est encore une démocratie ( si elle l'a été un jour)et si ses médias disposent de plus de latitudes que ceux de Poutine. Personnellement je ne le crois plus. Il reste des donneurs de leçon extraordinaires convaincus de la supériorité du français puisque imprégné par la déclaration des droits de l'homme. .
    Concernant la position de Mélanchon je pense qu'elle est aussi interessante que celle de Hollande qui sait que le conseil constitutionnel bloquera tout de toute façon , au motif que nous sommes déjà tous égaux, et qu'il n'y a rien à demander de plus , même Poutine n'a pas osé. ...
    De toute façon il faudra monter à Paris un jour???
    Il me semble que la mobilisation rencontre un bon écho ... Il y a le métro en occitan . Et nous bénéficions d'un capital de sympathie au sein de la population de Midi Pyrénées.
    Il faut donc pousser Hollande sur sa gauche , et dans une deuxième étape souligner les incohérences de Melanchon . En ces jours francophonie aigue et de sauvegarde de la diversité de part le monde rien que çà....
    Avant d'aller à Paris ? Il faudra bien affirmer un jour que ce pays n'est pas et n'a jamais été une démocratie , et établir enfin un POC socialiste écologiste .
    Excumez zoi mais je crois de moins en moins que la France puisse un jour prendre en compte ses langues régionales , car son mépris pour toutes les autres langues de la planète est caiman devenu génétique ....
    Mais nous pouvons essayer de jouer avec tout ça non? Et nous poser la question de la situation réelle de la démocratie dans le pays des droits de l'homme , de la femme et des petits nenfants et de ce que nous voulons demain...
    NB après le massacre des algériens en 1961 par Papon , nous venons de découvrir l'existence des camps de regroupements en Algérie (200000 morts de famine) . Nous savons que ce pays au sortir de l'occupation s'est lancé courageusement dans la reconquête de ses colonies ; après des siècles d'esclavage . Bref il faut arrêter de rêver et ouvrir les yeux sur les fondamentaux (comme dit Laporte) de l'histoire de France

    Posté par manjacostel, 25 mars 2012 à 23:30 | | Répondre
  • Carcassonne 2009 dans la presse nationale

    Désolée de contredire Manjacostèla, mais la presse nationale avait parlé de Carcassonne 2009. Voir :
    - http://www.humanite.fr/node/16482
    - http://www.humanite.fr/node/16487
    - http://www.humanite.fr/node/16488
    - http://www.humanite.fr/node/16518
    - http://www.humanite.fr/node/16750
    J'ai même une belle photo du président de la confédération des Calandretas, avant sa prise de parole, avec l'Huma dans les mains...
    Une belle double page et plein de photos qui ne sont, hélas, plus dans les archives.
    Je signale au passage que ce journal qui ne vit que par soutien militant, est le seul a ouvrir intégralement et gratuitement toute ses archives.

    Posté par M J Verny, 25 mars 2012 à 23:53 | | Répondre
  • .... et un pas de côté

    Oc MJ Verny , je lis aussi l'Humanité et je parlais des médias en général. En me répondant ainsi vous établissez qu'un journal et peut être Libération et aussi un peu la Dépêche ( un gentil mélange avec la manif des catalans à Barcelone d'ailleurs souvenez vous)ont un peu parlé de la manifestation .
    Je crois bien que le sujet est de s'interroger sur la nature de notre lutte dans l'environnement que nous connaissons. Celui de la Vème république Bien qu'il faille la faire la crida et à toute blende ... je posai la question d'un certain aveuglement militant.
    Que croyons arracher? Quel est le degré de liberté des acteurs? Combien de temps faudra t-il encore batailler ? Faites vous confiance à ce conseil constitutionnel? Avec Charasse Debré, et autres vieux birbes . A Carrère d'Encausse (noir)?
    Pourquoi faut-il encore déployer autant d'énergie pour obtenir l'application d' un droit aussi élémentaire? Celui de parler la langue de ses aieux? Comment peut on être suspect de séparatisme , de communautarisme après 1789, 1848, 1870, Verdun, les maquis? N'avons nous payé le "loyer"? Faut-il encore donner des preuves d'attachement à la laïcité, aux valeurs de la "république" ?
    De qui se moque t-on? Demain nous allons voter pour quelques calandretas de plus? , une chaîne numérique la 45 ème alors que le CSA vient d'en distribuer 20 de plus aux "majors" dans le cadre de la TNT étendue?
    L'occitan a la fibre républicaine et donc il se bat pour "arracher" des droits. L'occitan aime "arracher" des droits, sans jamais remettre en cause la main gauche ou droite qui les lui donne.
    Que voyons nous dans cet état qui prône , comme chaque année ,le 20 mars , la defense de la diversité au travers de la francophonie?...
    Rien! Nous allons vers le marathon des mots à Toulouse qui va coûter 800000 euro soit à peine moins que le budget alloué à la région pour l'occitan.
    Et l'on est bien forcé de constater MJ Verny que ce pays n'est pas une démocratie . Sans établir de comparaison avec les autres , mais par rapport à ses propres critères de jugement et à ce que nous avons appris à l'école de la république
    Qu'on le prenne dans n'importe quel sens , ce pays n'est pas une démocratie, justice , prison , médias, école , etc . La sécu, la santé , la liberté,droit du travail, tout se défait sous nos yeux, pendant que montent le flicage, le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme ....
    MJ Verny que faudrait -il penser de la lutte acarnassida des militants de gauche représentés seulement deux ans,(faites le compte) , aux commandes du pays, durant toute l'histoire de la fille ainée de l'église ( 1936 Blum, 1981Mauroy). La fresque fabriquée par Michelet et autres historiens créatifs . Comment ils font leur ce joli conte ,( les occitans ") tout cet immense héritage essentiellement de la droite cagoularde. N'est-ce pas ridicule?
    Ne faut-il pas en finir avec ce mensonge? Comment des militants de gauche occitans , peuvent-ils se sentir aussi impliqués dans une histoire qui les concerne aussi peu , même en tenant compte de l'épisode des trente glorieuses et la délégation de pouvoir accordée aux socio démocrates pour contenir la poussée soviétique.
    MJ Verny vous ne répondez pas à la question numéro UN : ce pays est-il une démocratie?
    Qu'est-ce qui peut nous faire croire qu'il va le devenir un jour?
    et n'oublions pas le 30 tous à Toulouse...

    Posté par manjacostel, 26 mars 2012 à 21:55 | | Répondre
  • Tavan, pour de dédouaner de ton "fiel" sur les "affligeantes vidéos de séance de karaoké collectif", je te propose de lire un point de vue nord-catalan sur ce LipDub et la manif en général : http://blogs.elpunt.cat/aleixrenye/2012/03/26/lipdub-o-pentinar-girafes/

    Posté par Maime, 27 mars 2012 à 12:06 | | Répondre
  • Pour répondre à Manjacostel (je laisse MJ Verny répondre aux questions qu'il lui pose directement).
    -Je pense qu'on est d'accord sur le diagnostic en ce qui concerne la France. Ben oui, c'est un vieux pays fondamentalement catholique et monarchiste, et les forces de progrès ne peuvent pas garder le pouvoir plus de quelques mois. Après, soit elles sont éliminées, soit elles passent à droite. Et, oui, ça veut dire qu'il y a contraste entre le discours affiché (république, démocratie ragnagna) et la réalité de la société et du système politique. L'ex-kominternien Anton Ciliga définissait l'URSS de Staline comme le pays du grand mensonge. Je pense que le mensonge a une seconde patrie. Et il m'est arrivé de définir la France comme la patrie de l'universalisme dans un seul pays. Quant au discours sur la République rantanpantanplan, quand j'entends Guaino sur France Inter reprendre la thématique du gâteux rénégat Debray sur la République opposée à la démocratie, pour moi, ça classe définitivement tout discours ragnagna sur la république assez loin à droite, et il faudra bien un jour que Mélenchon comprenne un certain nombre de choses à ce propos (notamment que Guaino lui aussi refuse la Carte parce qu'elle implique un contrôle international sur la façon dont la France traite ses minorités-qui-d'ailleurs-n'existent-pas-car -on-est-tous-égaux-rantanpantanplan). Et d'accord sur Papon, la guerre d'Algérie, et autres cadavres dans le placard tricolore.
    On est d'accord sur tout ça. Et aussi sur le fait qu'il ne sert à rien de demander une chaîne de télé (qu'on fera marcher comment, d'ailleurs , et qui sera regardée par qui ?) alors qu'il est plus utile de réclamer une meilleure place sur les médias publics, ceux que tout le monde regarde. De même que réclamer davantage de calandretas ne doit pas empêcher de demander aussi une place plus grande pour l'oc dans l'école publique parce que c'est là qu'il y a le plus d'élèves. Je pense qu'on peut être d'accord là dessus.
    Ceci dit, partant de là, on fait quoi ? On peut considérer que nos vivons dans un pays de merde, ceci dit nous n'en avons pas d'autre. C'est donc dans ce cadre qu'il faut mener des actions. Ce qui implique de souligner la contradiction entre le discours des autorités et leur pratique réelle. Ca ne me dérange donc pas du tout de répéter que les langues régionales font partie du patrimoine national, puisque c'est dans un texte officiel. Ce n'est pas parce que ceux-là mêmes qui l'ont voté n'y croient pas une seconde qu'il faut négliger de leur mettre le nez dedans.
    -Mais c'est un discours qui ne passera que si on arrive à passer le barrage des médias nationaux. Même si pour ça il faut payer le cassoulet et le Fronton (ou n'importe quel pinard, pourvu qu'il y ait la quantité nécessaire) des localiers des journaux nationaux, écrits et audio-visuels, et leur écrire leurs papiers avec des mots simples, ça vaut le coup.
    Et en attendant, on sera à Toulouse, la ville rose, le 31(le 30 à mon avis c'est pas la peine).

    Posté par Philippe Martel, 27 mars 2012 à 14:58 | | Répondre
  • Je suis assez partagé dans la stratégie de présence de l'occitan dans la vie publique (et accessoirement dans la vie de chacun - je pense surtout aux militants qui ont fait le choix de vivre en occitan) : demander ou faire ? Ou les deux ? J'ai toujours l'impression que demander, ca reste du domaine de l'incantation, même quand on se démène, qu'on se heurte à des murs... Un exemple : la signalisation bilingue à Limoges. Pétition, tractage dans les boîtes aux lettres, soutien de la presse locale, etc. pour ? Rien pour le moment. Au bout de deux ans de travail, de coup de fil, de reportage télé, radio, d'articles de presse. Sans compter le travail fait par nos prédécesseurs. Juste la promesse, que, oui on y pense, que oui, on va y faire... Un jour. Le rapport de force n'est pas bon c'est sûr. Le maire de Limoges sera réélu malgré tout. Nous nous lasserons peut-être de demander.

    Alors, il y a la tentation du "faire". Qui a l'avantage d'aboutir a du concret rapidement et de ne dépendre que de nous. Avec une visibilité minimale, c'est sûr. Le risque de nous enfermer dans un entre-nous, un ghetto. Mais aussi, et j'en ai fait l'expérience dans d'autres domaines, de faire de la pédagogie par l'exemple.

    Demander pour rien ou faire quelque-chose d'inutile ? Je crois être partisan des deux. Je reprend l'exemple de la télé : 5 minutes hebdomadaire sur France 3 qui passent inaperçues ou une webtélé (financée par les régions) que certains initiés regarderont. Dans les deux cas on peut espérer qu'un quidam tombe dessus et se dise "c'est chouette". Ca sera un début.

    La manif du 31 ? Condition nécessaire mais pas suffisante pour que les choses avancent...

    Posté par Maime, 27 mars 2012 à 15:58 | | Répondre
  • Pourquoi devrais-je répondre ?

    Je me "contente" de militer, depuis mes plus jeunes années, dans un syndicat, dans un parti, dans l'occitanisme.
    Que tout le monde s'engage et la France sera autre.
    Mais je ne laisserai pas passer la tendance blessante à oublier l'Humanité quand on parle de la presse nationale.

    Posté par M J Verny, 28 mars 2012 à 07:50 | | Répondre
  • La République, il n’y en a qu’une et on y tient !

    La République, il n’y en a qu’une et on y tient !

    http://www.lepartidegauche.fr/actualites/communique/9209-reaction-francoishollande-la-republique-il-n-y-en-qu-une-on-y-tient

    "Le Parti de Gauche condamne avec la plus grande fermeté les propos tenus par François Hollande à Ajaccio. La volonté du candidat du PS de vouloir donner des pouvoirs réglementaires et législatifs aux régions porte atteinte à l’unité de la République et à l’égalité des citoyens devant la loi. Après ... avoir proposé plus de décentralisation lors de son intervention au Bourget, ... François Hollande porte encore un coup rude à l’unité républicaine. Sa volonté de voir ratifier la charte européenne des langues régionales fait peser le même danger sur la République. François Hollande devrait savoir que la majorité des dispositions prévues par cette chartre s’appliquent déjà, à l’exception de celles censurées par le Conseil Constitutionnel.

    Après les propositions de la candidate d’Europe-Ecologie-Les Verts Eva Joly devant l’association Régions et Peuples Solidaires d’instaurer le bilinguisme et de favoriser l’autonomie des régions, la proposition de François Hollande crée une nouvelle division à gauche : l’égalité républicaine d’un côté, le différentialisme de l’autre. Le Parti de Gauche réaffirme le principe fondateur de notre République «une et indivisible» et l’égalité des citoyens devant la loi. Le gouvernement du Front de Gauche devra garantir ces principes. C’est tout le sens de la 6ème République proposée par Jean-Luc Mélenchon."

    ................................................

    Si manifester est important, voter pour le bon candidat et le bon parti est encore plus important. Car demander une loi c'est bien, voter pour les députés qui seront disposer à voter une loi et à faire ratifier la Charte des langues minoritaires est encore mieux.

    Je suppose d'ailleurs que les organisateurs des manifestations de samedi, qui ont envoyé un questionnaire à chaque candidat, diront quel est ou quels sont les "bons" candidats, ceux qui donneront aux langues minoritaires les moyens de vivre, tout simplement.

    On sait déjà quels sont les "mauvais" candidats : ceux de droite bien sûr (si on met Bayrou au centre), et certains de gauche, bien sûr également, au premier rang desquels : mélenchon (plus jacobin que lui, tu meurs !).

    "République" versus "Démocratie" !!

    Si guaino est "has been", si debray est "has been", melanchon est "has been" !!

    Posté par Alwenn, 28 mars 2012 à 11:41 | | Répondre
  • news lettre du monde de hier...

    Melanchon a t-il changé?
    "Initiative inhabituelle, Jean-Luc Mélenchon a publié samedi un communiqué visant spécifiquement François Hollande et dénonçant la volonté du candidat PS de vouloir signer la Charte des langues régionales et de donner un pouvoir réglementaire aux régions. "Après avoir décidé l'inclusion du Concordat dans la Constitution, ces initiatives qui parcellisent l'application du droit dans la République créent une nouvelle division à gauche", écrit M. Mélenchon, alors que M. Hollande n'a pas dit autre chose que ce que son programme mentionne déjà sur la décentralisation".
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/26/le-camp-melenchon-plus-acerbe-face-a-la-campagne-tres-lisse-de-m-hollande_1675619_1471069.html

    Posté par manjacostel, 28 mars 2012 à 13:17 | | Répondre
  • article d'Henri Giordan

    En effet l'article d'Henri Giordan est à lire absolument.
    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-langues-bien-commun-de-l-humanite/article/300312/les-defenseurs-des-langues-de-fran

    Ayant peur que son accès ne reste pas ouvert, j'en donne d'ailleurs volontiers copie :


    La campagne présidentielle actuelle est une occasion pour reposer la question des langues régionales. Le samedi 31 mars, des manifestations sont prévues dans un nombre important de villes, à Ajaccio (langue corse), Annecy-Bonlieu (franco-provençal), Bayonne (basque), Perpignan (catalan), Metz (lothringer platt/hochdeutsch, luxembourgeois et lorrain roman), Poitiers (poitevin-saintongeais), Quimper (breton), Toulouse (occitan) et, pour la toute première fois, à Lille (flamand de France) et à Strasbourg (alsacien).

    Il faut rendre hommage à la ténacité et au dévouement des organisateurs et des militants grâce auxquels ces manifestations sont possibles. Depuis des décennies ces militants s’obstinent à apprendre, à utiliser, à se réapproprier, au prix d’efforts souvent considérables, des langues dont ils ne peuvent espérer retirer quelque bénéfice économique que ce soit. Pour la première fois, ils ont réussi à organiser ces manifestations, le même jour, sur l’ensemble de la France. C’est là une avancée importante. Samedi, il faut manifester avec eux.

    Cela dit, force est cependant de reconnaître que les organisateurs de ces manifestations ont du mal à se dégager d’un cadre qui caractérise notre époque : l’enfermement dans une logique nationale et le repli sur un espace étroitement régional.

    Je suis, d’emblée, frappé par l’absence d’une manifestation à Paris. Cela est d’autant plus étonnant que ces manifestations ne s’adressent pas uniquement aux Pouvoirs locaux ou régionaux, mais bien aux Pouvoirs de la République : les revendications, une loi-cadre et la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires sont du ressort du Parlement ou de l’État.

    On peut imaginer que les forces des défenseurs des langues de France sont faibles dans la Capitale. Mais cette éventuelle faiblesse est très relative et il était possible d’organiser, depuis les différentes Régions, l’envoi de délégations pour une manifestation devant l’Assemble nationale, par exemple. Il faut voir autre chose dans cette étonnante lacune : le symptôme d’un mal plus profond.

    * * *

    Plusieurs faits attestent de cet horizon limité. Deux d’entre eux sont particulièrement significatifs de l’atmosphère étouffante dans laquelle nous vivons.

    L’Appel «Anem Òc ! per la lenga occitana !», par exemple, se borne à réclamer « une loi qui permette la mise en place effective, pour l’occitan, d’une politique linguistique publique cohérente et volontariste pour son développement sur l’ensemble de l’espace occitan ». Cette phrase semble anodine : elle oublie pourtant les Occitans de la région parisienne, qui luttent pour le maintien du seul cours d’occitan existant dans un lycée de la région parisienne, celui du lycée Flora Tristan de Noisy-le-Grand, plus que jamais menacé de disparition. Ce texte accepte sans sourciller la réforme de notre Constitution, votée en 2008, qui relègue les langues régionales dans le titre XII (art. 75-1) relatif aux collectivités territoriales et s’inscrit dans une logique de muséification en déclarant que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Ce texte oublie aussi d’exiger la ratification de la Charte européenne. Enfin, cet appel ne mentionne même pas les Occitans d’Espagne et d’Italie ! Oubli qui, soit dit en passant, n’empêchera pas les représentants des Vallées occitanes d’Italie d’être présents à Toulouse avec une importante délégation.

    Cette attitude est vraiment inquiétante à un moment de crise de l’idée européenne. Il conviendrait, au contraire, d’affirmer avec force que la culture et l’espace et occitan, du Val d’Aran aux Vallées piémontaises, de Bordeaux à Nice, dessinent un espace européen qui pourrait être un laboratoire pour fonder une Europe sur les valeurs de respect de la diversité linguistique et culturelle dans la logique de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

    Le second fait regrettable est l’oubli des langues des communautés qui font partie intégrante de la France, souvent depuis des siècles et parfois depuis moins longtemps, mais qu’importe ! Oubliées le rromani, langue des Roms ou Tsiganes, les créoles de nos concitoyens originaires des Antilles, de la Réunion ou de la Guyane, les langues juives, le yiddish et le judéo-espagnol, l’arménien, le berbère, l’arabe dialectal pour ne citer que les principales langues présentes dans la population française. Cet oubli est particulièrement grave : il conforte l’ostracisme et le racisme dont les locuteurs de ces langues sont trop souvent victimes.

    Ces positions d’acteurs en pointe dans le combat pour les langues régionales expliquent, sans la justifier, la tonalité des engagements des candidats à l’élection présidentielle. Les plus favorables, François Bayrou, François Hollande et Éva Joly promettent la ratification de la Charte européenne et une loi. Aucun cependant se s’engage sur la question des langues « non-territoriales ».

    Le repli des principaux défenseurs des langues régionales comme des principaux responsables politiques sur des choix étroitement patrimoniaux est particulièrement regrettable. La revendication associative comme l’engagement politique passe ainsi à côté de l’essentiel. On reste entre soi, blotti dans le cocon hexagonal, sans prendre conscience que la France, notre patrie, est ouverte sur le monde, se trouve devant l’impérieuse nécessité de contribuer à construire l’Europe du XXIe siècle.

    * * *

    Il faut aujourd’hui faire preuve d’imagination. Le devoir des responsables politiques, notre devoir de citoyens est de saisir la portée d’une reconnaissance des droits linguistiques de chaque communauté. Il est de dire quelle contribution à la compréhension de l’Autre et au dialogue entre les cultures ce choix comporte. La valorisation de la diversité linguistique, des langues territoriales comme des langues des communautés anciennes ou formées par les immigrations récentes, n’est pas une fantaisie de linguiste amoureux des langues. Cette valorisation est une contribution majeure à l’édification d’une culture de la paix.

    Dans cette logique, il me paraît important de formuler une revendication qu’aucune association n’a songé à défendre, qu’aucun responsable politique n’a songé à inscrire dans une proposition de loi. Cette revendication est la suivante : pour gagner ce combat en faveur de la reconnaissance de la diversité linguistique, il est essentiel de mobiliser l’opinion publique la plus large. Et, pour réussir cette mobilisation, engager avec force une campagne d’information.

    Il faut que chacun puisse prendre conscience de ce que sont ces langues – le basque, le breton, le corse, l’occitan, le berbère, le rromani, le yiddish, etc. – de ce qu’elles ont apporté à la culture de l’humanité, de ce qu’elles apportent toujours et encore.

    Il est tout particulièrement urgent que tous les enfants de nos écoles, de la maternelle à l’université, puissent avoir accès à cette connaissance. Avant d’organiser l’enseignement de telle ou telle langue régionale ou minoritaire, il est essentiel que tous reçoivent cette information de base. C’est là le moyen le plus sûr d’en finir avec les préjugés et les stéréotypes qui dévalorisent ces langues.

    Une telle action, qui est de la responsabilité de l’Éducation nationale, ne demande pas des budgets considérables. Elle permettrait de faire évoluer les mentalités et de construire sur des bases nouvelles, pour la France et pour l’Europe, la culture de demain.

    Henri Giordan

    Posté par Tavan, 02 avril 2012 à 18:29 | | Répondre
  • Paris demain?

    Òc anirem....A Paris
    Bon d'accord avec Philippe Martel sur toute la ligne. Mais si nous habitons un pays a-democratique e surréaliste dans son universalisme, le second pays du grand mensonge permanent , il faut aussi dire qu'on a rarement à lire sur le sujet et que le constat se rencontre rarement. Qu'on soit de gauche ou de droite , on entend rarement dire que tout compte fait la gauche compte pour des prunes , dans la mythologie nationale. Et qu'elle défend le bilan comme une diablesse. Jaurès ah Jaurès, en tête de défilé, mort assassiné juste avant le début de la grande boucherie. La Commune? Comme il y a une foultitude d'historiens qui écrivent sans cesse sur le rôle irremplaçable de la France du nord au sud , d'est en ouest, comme à Me Cornille qui exporte à l'étranger , il m'a fallu du temps pour reprendre contact avec la réalité, et cette grosse part de vérité élémentaire . D'accord avec P Martel , à partir de là on fait quoi? Honnêtement je ne sais pas, j'en suis encore tout à mon bonheur d'avoir découvert la nudité du roi. Mais il faut bien dénoncer ce mensonge non? En priorité?
    Comme vous j'ai défilé à Toulouse le 31. La veille La Dépêche ne parlait que de la réussite incroyable du carnaval. Le jour même elle annonçait que 30000 manifestant étaient "attendus". Le lendemain elle a enfin dit que l'occitan c'est quelque chose. Elle a fait de la publicité "après". Un nouveau concept! Comme les médias parisiens d'ailleurs, les journaleux d'investigueishion...
    Quand j'ai vu la dépense incroyable d'énergie , de courage pour faire venir tout ce monde... Jeunes et vieux et même très vieux, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à une guerre d'usure...
    Alors selon Mr Giordan , il va falloir penser à monter à Paris , à défendre mordicus les autres langues de l'hexagone , d'accord d'accord .... Mais j'ai observé depuis 7 h00 du mat les efforts des calandretas sur la Place de l'Europe , "qui était divisée en deux par une barrière implacable", et laissait disponible une surface de 100m*150m environ. Et qu'à midi elle était loin d'être pleine, et que le jardin public tout proche était lui aussi grandement vide... Quand on repense à Bézièrs ! J'ai eu peur... Il n'y avait pas assez de bénévoles pour le service d'ordre . Les places des étals avaient été chamboulées au dernier moment . Un vrai merdier.
    Et puis les choses se sont mises en place. Des élus ont fait une apparition timide au tout début . Ils tataient le terrain sauf le maire de Maguelonne... Puis on ne les a plus vu . Puis ils sont ressortis quand le flot a rempli complètement la rue Alsace Lorraine , la bien nommée après le monument aux morts . Enfin les élus ont ressurgi. Cohen n'a fait aucune promesse. Bel a dit que si le Ps passait ils seraient en mesure d'inscrire une loi....Joly en a parlé. Et Malvy.
    Bref une énergie formidable des occitans qui viennent de remettre pour la quatrième fois le couvert????.
    Alors pourquoi ne pas proposer maintenant une délégation commune auprès des députés?, du sénat ?
    Oui maintenant . Pour toutes les langues . Mais par pitié ne demandez pas de monter à Paris pour un cinquième fois , et pour 1 jours et encore) de gloire jetable sous les feux variables des projecteurs parisiens...
    Ne vaut-il pas mieux commencer à dénoncer le miroir aux alouettes de cette Histoire , qui enthousiasme tant la gauche républicaine , citoyenne , perenne, laïque , civile, et j'oublais ah oui ... durablement équitable et....... aveugle ?

    Posté par manjacostel, 02 avril 2012 à 21:04 | | Répondre
  • Amnesia

    Avèz benlèu reçauput, coma ièu, la declaracion de la Coordinacion per la lenga occitana, aprèp la manif de Tolosa. S'intitola "Tolosa Capitada" e nos assabenta que tres candidats presents o representats a la manif (Eva Joly, presenta en prersona, Hollande e Bayrou representats), se son engajats per : 1- modificar la Constitucion, 2- ratificar la Carta Europenca e 3- fargar una lei per las lengas regionalas. Fòrça plan. Es a dire que se son engajats tanben per un punt (lo 2) qu'èra quitament pas present dins lo tèxte de la crida...
    Me pensi que nosautres, qu'avèm manifestat tanben per aquò, avèm bravament dreit a aquesta explicacion... Faire coma de res nos fa evidentament dobtar de la coeréncia e de la fisabilitat del coordinacion.

    Posté par Tavan, 08 avril 2012 à 21:23 | | Répondre
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