05 décembre 2011

Déflagration. Une vidéo qui déménage

GeorgettePower

oeuvre (et triple portrait) de Geörgette Power

 

Déflagration. Une vidéo qui déménage

 

         Lors de la journée de Saint-Matthieu (87), dont il a déjà été question ici (voir l’article de Jean-Christophe Dourdet), les animateurs de l’Agence culturelle Dordogne-Périgord nous ont présenté une œuvre commandée à un jeune vidéaste bordelais, Geörgette Power de son nom d’artiste, réalisée dans le cadre du projet Vidé’oc, à partir du visionnage des films de la campagne récente de collectage en Périgord vert, Mémoire(s) de demain. Cette vidéo d’une dizaine de minutes, qui porte le titre de Déflagration, maintenant en ligne, m’a énormément frappé et plu, au premier visionnage, et elle me plaît d’ailleurs beaucoup encore, même si, en sachant plus sur sa fabrication, je ne la regarde plus de la même façon. Il est d’ailleurs préférable de la visionner avant de lire la suite, afin de ne pas être prévenu par ce que je veux en dire.

 

Déflagration from Geörgette Power on Vimeo.

cliquez ici pour accéder à la vidéo, sur le site de l'Agence culturelle Dordogne-Périgord

 

 

         Ce qui m’a plu, avant tout, c’est en effet la jeunesse, la vitalité, la vitesse et l’audace des images et, à travers elles, de l’usage de l’occitan, parlé par cette excellente locutrice périgourdine dont le nom figure à la fin du film : Lucienne Phélip.

         Cette dame est le personnage central d’une histoire elliptique, extravagante, qui associe le thème de la « chasse volante » (voir ce motif dans la pièce de théâtre de Sent Saud, 1982) et la conquête de l’espace, une artiste couturière qui réalise des drapeaux de pays qui n’existent pas et le drapeau américain fiché sur la lune, une berceuse occitane et Blue moon, la langue d’oc et l’anglo-américain, mis directement en contact à la fin du film quand la dame aux drapeaux lit, « dans » son accent, les paroles de la célèbre chanson de Presley.

         Il est drôle, bien sûr, d’entendre écorcher l’anglais à l’occitane, mais cette confrontation de la langue locale à la langue globale (ou prétendue telle), sans l’intermédiaire du français, loin de rejeter le plouc patoisant dans sa plouquerie, ouvre un espace extraordinaire, proprement universel et astral, où se rencontrent tous les imaginaires des batailles célestes, qui hantent la culture occidentale depuis l’antiquité – car la chasse volante, d'ailleurs non spécifiquement occitane, n'en est qu'une belle variante , les apparitions célestes et la transformation de cet imaginaire par les images magiques et affolantes des vols et des chutes spatiales. « Aquò se passava en julhet 1969 », dit de sa « chasse volante » Mme Phélipchasse volante ; le mois de la conquête américaine de la lune qui ne cese d'être rappelée tout le long du film.

         J’ai aimé la chasse (volante et psychédélique) des avions de chasse, la berceuse sur les images somptueuses des panaches de fumée de  la navette Challenger explosée, la danse trépidante des drapeaux imaginaires entre les mains de la couturière…J’ai aimé aussi, oui, le fait que le vidéaste se saisisse de l’occitan et de l’esthétique politique des drapeaux sans faire aucune référence à l’inévitable bannière occitane (parlar de drapèu en occitan sens parlar del drapèu occitan, quin solaç !). J’ai aimé encore les phrases très poétiques prononcées par la faiseuse de drapeaux, : « Vòli un drapèu unique, capable d’amassar emb fòrça òrizontal e vertical, luna e solelh, inches e centimètres, coma aquèla jornada sens solelh e aquèla nuèit ensolelhada. […] Quand tornèt de las estelas, un jorn, un’eternitat, continuèri sens m’arestar. ’Quò es un voiatge estatic ; quilòmètre per quilòmètre, bobina per bobina, punt per punt, m’apròchi dau resultat de meus reives ». J’ai enfin aimé le ton primesautier, l’humour léger et  pourtant profond de la rencontre entre Houston (« … me disi, Houston, avèm un sacre probleme ! ») et ce coin du Périgord où l’amour est descendu du ciel en 1969… sous les traits d’un cosmonaute à la banane volontaire, dont on comprend, à la lecture du générique de fin, qu’il s’agit d’une photographie (sans doute trafiquée) du défunt mari de Lucienne : Félicien Phélip.

         A partir de là, avec les éléments à ma disposition (surtout le fait que le vidéaste se serait nourri du matériel de collectage), je me suis fait mon histoire, je me suis fait mon propre cinéma, à propos de la réalisation de la vidéo. J’ai cru qu’il existait en Périgord une artiste couturière occitanophone confectionnant des drapeaux imaginaires sur laquelle l’équipe de l’Agence Culturelle avait réalisé un collectage. J’ai cru, j’ai voulu croire qu’elle disait ces choses étonnantes, sur la recherche d'un drapeau idéal, digne d’être planté sur la lune.

         Je me suis informé auprès de l’Agence, et j’ai appris que tous ces éléments relevaient en fait du docu-fiction ou plutôt du collectage-fiction et que le vidéaste qui, au départ, ne savait rien de l’occitan, avait travaillé avec Lucienne Phélip, rencontrée à travers des amis et sollicitée comme actrice.

         J’ai lu aussi l’interview de l’artiste réalisé au moment où son film n’était encore qu’en projet : « Je vais dans un premier temps filtrer vos archives pour en réagencer des bribes, un travail d’écriture en somme, puis dans cette idée de collage et d'hétérogénéité, je vais construire un récit de voix de synthèse anglaises qui ponctuera ces fragments de témoignages des derniers occitanophones ». « Derniers occitanophones »… « – Vas un pauc tròp redge en besonha,  pichon  ! », me suis-je dit… Suit dans l’interview la revendication du concept de « grand 8 », qui convient en effet très bien à l’esthétique de G. Power : « J’entends par grand 8, la faculté d’être ici et là, anglophone, occitanophone, terrien, gascon. Je préfère faire un film dans lequel on verrait comment on  s’approprie aujourd’hui un patrimoine immatériel, à savoir une langue qui s’éteint, et montrer quels usages on en fait. Voir où se situe l’occitan dans un territoire bien plus vaste que lui : celui de ses utilisateurs ». C’est-à-dire ceux qui utilisent, si j’ai bien compris, la langue qui s’éteint, mais… sans plus la parler et sans plus la comprendre (mais qui doivent bien s'y mettre d'une façon ou d'une autre, s'ils veulent en faire quelque chose !).

         Je me suis dit que ce qui intéressait l’artiste était qu’il existait une langue, sur le territoire où il vit et travaille, dont il ne savait jusque là à peu près rien, une langue qu’il croyait sans doute morte et qu’il considère d’ailleurs sur le bord de l’extinction. C’est cette éminente qualité d’être en voie d’extinction qu’il exploite, non en vue d’une quelconque revitalisation, mais dans le cadre d’un projet esthétique où l’occitan est d’abord un motif extérieur, motif certes majeur, dans un jeu de contrastes à travers sa rencontre avec l’anglo-américain et une part de l’imaginaire dont il s’accompagne (musical, spatial, etc.), mais un motif presque dénué de contenus culturels propres car, disons-le, l’exploitation du motif de la chasse volante est bien ici superficielle et très décalée par rapport aux contes d’épouvante que l’on en possède. De sorte que, me semble-t-il, n’importe quelle langue vernaculaire aurait pu faire l’affaire, ne fût-ce les spécificités proprement linguistiques (l’accent, los biasses de dire) remarquablement apportées dans le film par Lucienne Phélip.

         Certes, la culture et la langue occitanes appartiennent à tous ceux qui en font quelque chose, qu’ils parlent ou non la langue. Cependant, l’initiative occitane consistant à proposer à des artistes non occitanophones de se saisir d’un matériel occitan pour réaliser leurs œuvres est à double tranchant. Elle est évidemment d’abord un acte fort d’ouverture, d’offre du patrimoine à qui se montre désireux de s’en saisir, de se l’approprier pour en enrichir sa propre création. Mais elle est aussi un aveu ; la reconnaissance que l’occitan est  effectivement absent de la plupart des formes de la création contemporaine (c’est-à-dire de ce que l’on nomme « la création contemporaine » : installations, performances, art d’attitude, vidéo, musique, théâtre et danse dits « contemporains », etc.). Car en allant chercher ailleurs (je veux dire hors de l’occitanophonie) ce que l’on ne peut produire soi-même, on avoue bien sûr sa propre insuffisance. Cet aveu, évidemment, nous interpelle, car il montre tout ce qui sépare, par exemple, la situation de l’occitan de son cousin catalan (voir à ce sujet une petite réflexion à propos du spectacle de Roger Bernat aux Francophonies de Limoges l’année dernière). Car je ne dis pas qu’il faut préférer les créations occitanophones contemporaines à celles qui ne le sont pas, je ne dis pas « fabriquons et consommons occitan », je dis seulement : « Voilà, en effet, il y des pans entiers de la culture contemporaine qui ne se disent pas en occitan, et cela bien sûr est fort dommage ».

         Un autre sujet de réflexion, qui me tient à cœur, est celui de l’exploitation des films et enregistrements de collectage. L’Agence culturelle Dordogne-Périgord s’est engagée résolument dans cette voie, en sollicitant non seulement des vidéastes mais aussi des musiciens, comme on a pu le voir cette année à l’Estivada de Rodez avec la production du spectacle Scène de Familha, spectacle musical créé à partir de films de collectage projetés simultanément sur scène (voir la vidéo de présentation du spectacle par le collectif Detz).

         L’enjeu est ainsi de trouver des moyens de rendre attractif un genre – le collectage – que l’on pense ne pas pouvoir l’être de lui-même, au risque bien sûr qu’il ne devienne à la fin qu’un prétexte ou une simple illustration. Le présupposé de tout cela, c’est quand même un peu que les films de collectage sont chiants. Or je ne le crois pas, pas du tout, même si, comme en tout autre genre, ce qui est susceptible de les rendre attractifs est l'adoption et la maîtrise d'une forme.

         J’ai cherché en ligne des extraits des films de Mémoire(s) de demain et, justement, je n’en ai pas trouvé, même si je sais qu’il existe un film de « restitution » de la collecte (que je n’ai pas vu), diffusé en Périgord (voir, là encore, la vidéo de présentation). Pourquoi ne le trouve-t-on pas en ligne ? Cette forme de diffusion est-elle prévue ? Les équipes d'Al Canton, en Aveyron, ou encore de La Talvera, dans le Tarn, prévoient-elles également une exploitation en ligne de leurs trésors ? Il existe, je sais, un projet similaire en Limousin. Perqué aquò tanben nos interessariá bravament ! La collecte ne nous ennuie pas, elle nourrit notre langue et nos imaginaires, elle est en effet notre mémoire de demain.

 

Jean-Pierre Cavaillé

Posté par tavan à 22:13 - - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur Déflagration. Une vidéo qui déménage

Deflagracion

Adiu

enquera 'na vetz vene 'quí dire marcè e 'quò me fai pas despiech, aürosadament.

Lu filme es brave, fòrça brave. E las erplicacions balhadas ne'n mai d'aquò fon un bon clar sus lu trabalh d'un artiste.

JP Bertrand

Posté par JP la rapieta, 07 décembre 2011 à 13:22
On continue sur la lancée

Je reprends mon thème favori. Dans le passé, on a écrit d’une manière que les gens parlant la langue ne pouvait ni la lire, ni l'écrire. Aujourd’hui, on va plus loin, on met en avant des œuvres que les auteurs et défenseurs actuels de la culture ne peuvent pas réaliser (y compris les locuteurs). Ce n’est pas un problème d’être artiste ou pas, c’est un problème de technicité, comme la graphie est un problème de technicité. Il y a trois manières d’envisager ce petit film : soit c’est une œuvre d’art absolu, soit c’est un montage vidéo artistique, soit c’est un simple montage vidéo ; dans les deux derniers cas, cela relève plutôt de la technique. Et chacun de nous avons notre propre technicité mais pas celle demandée, comme les locuteurs avaient leur technicité mais pas celle demandée dans la graphie. Et on va focaliser là-dessus, et on va dire que c’est LE type d’œuvres à réaliser, et que c’est ce qu’il faut pour la culture. Je n’ai rien contre ce petit film, ni contre son auteur, je remets en perspective et je m’interroge. Ce qui est certain est que dans cette dynamique, les défenseurs actuels de la langue et de la culture ne servent à rien.

Mais le plus fort de tout est que dans ces « œuvres »- prétendues artistiques et culturelles – on retrouve ensemble les locuteurs (c'est-à-dire ceux qui ne connaissent pas la graphie) et les « artistes » (c'est-à-dire ceux qui ne connaissent pas la langue). Je pense que soit on s’améliore et que c’est merveilleux le progrès, soit les défenseurs de la culture se sont complètement loupés (je penche pour la seconde solution).

Reste quand même un truc. Théoriquement, un collectage, ça sert pour son contenu, pour ce qu’il dit et pour ce qu’il suppose. Théoriquement, un collectage n’est pas matériau lui-même, le contenu doit être repris mais pas le collectage lui-même. Le collectage doit être accessible à tous (si possible) et c’est ce qu’il renferme qui est matériau. Dans les deux exemples cités, aussi bien « Scena de familha » que « Deflagracion », le collectage est dans une certaine mesure sujet, c’est significatif (parce que les « artistes » ne connaissent pas la langue et ne peuvent donc pas reprendre le contenu). Là encore je n’ai rien contre, je m’interroge.

Posté par mp, 08 décembre 2011 à 09:02
enfin

enfin j'ai pu voir ce court métrage dont on me parlait tant. Mp je crois que tu te prends bien la tête pour pas grand chose ! Le jeune artiste fait bien ce qu'il veut avec ces bouts de collectage. Ce genre d'œuvres, ces techniques artistiques nouvelles, moi c'est pas trop mon truc habituellement, quoique, ça dépend de mon humeur du moment, j'ai plusieurs copains plasticiens, artistes en tous genre, je peux te dire que j'en vois passer des choses, et je ne m'oblige jamais à adhérer. Quand ça ne me plaît pas j'adopte la lâche tactique du "no comment".
Toujours est-il que là, je l'ai regardé en entier, jusqu'au bout et sans me forcer, j'ai souri deux ou trois fois, j'ai aussi pris grand plaisir à écouter, que ce soit la vieille occitane ou la voix de synthèse en anglais, d'une façon générale faut avouer que je suis davantage un "auditif" qu'un "regardant", en termes d'arts et de médias j'entends...
Bon, je dirais que ça ne m'a pas ému outre mesure, mais ça m'a diverti. Je ne dirai pas comme notre hôte qu'il y a un vide à combler en occitan de ce côté là, je ne sais pas si l'occitan doit "s'aligner" sur les autres langues, l'exemple catalan par exemple, outre qu'il nous est inaccessible, ne m'attire pas spécialement... Ceci dit, puisqu'il y a des collectages (que nous voudrions vraiment voir, depuis des mois, des années, JP Cavaillé a raison, foutre qu'attendent-ils pour nous mettre tout ça en ligne ??!!!), les artistes feront bien ce qu'ils veulent avec, et nous prendrons plus ou moins de plaisir à voir ce qu'ils en font.
Mais Mp, tu sembles toujours chercher à mettre les choses (les gens?) en concurrence... Avec l'oc on peut tout faire, c'est ps plus compliqué que ça. Georgette Power peut faire son truc, et toi tu peux mener ton action dans ton canton. Puisque nousautres occitanistes ne cessons de reprocher (à juste titre) à la France de ne pas savoir faire cohabiter les cultures et les générations, de ne pas savoir respecter tout le monde, ne faisons pas la même chose !

Posté par marteau nadin, 08 décembre 2011 à 19:00
Deflagracion e collectage-ficcion

Vos vòli solament precisar que, per çò qu'ai compres, i a pas de tròces de collectages a l'imatge dins aqueste film e al son tanpauc, en defòra de la breçairòla. Es a dire que "l'artiste" a fargat tot sol son collectatge (fictiu), aprèp aver vist çò que s'èra fach en Perigòrd. E aquò tanben, me sembla interessant.

Posté par Tavan, 08 décembre 2011 à 21:18
@ Marteau Nadin

Bien sur les artistes font ce qu’ils veulent et franchement je suis trop attaché à la liberté de chacun pour dire autre chose. Si je laisse entendre le contraire, c’est que je me suis mal exprimé. Ce que je veux dire (et je ne sais pas si je me ferai mieux comprendre), c’est que depuis trop longtemps dans le mouvement occitan, on confond le temps temporel et le temps historique. Je rapproche ce petit film de la graphie pour une raison simple : c’est que dans les deux cas, on veut aller plus vite que la musique. Si la graphie normalisée avait été présentée comme un essai, si ce petit film était présenté comme une expérience, je dirais « Bravo ! » et je dirais « Quel réalisme et quelle conscience des choses ! ». Cela fait 500 ans que la graphie classique n’est plus utilisée en Occitanie, il fallait laisser du temps aux gens pour se la réapproprier, donc faire cohabiter plusieurs manières d’écrire pendant le temps nécessaire pour que tout le monde puisse suivre. Idem pour cette approche artistique (et je ne dis pas qu’elle ne l’est pas), on sait très bien et JPC le laisse entendre que le mouvement occitan n’a pas forcément les ressources (humaines et financières) pour réaliser de telles œuvres (là aussi faute à l’Histoire, pas de structure éducative suffisante et pas de soutien en général des cultures régionales depuis trop longtemps). Alors il faut d’un côté réaliser et montrer de telles œuvres tout en soutenant VERITABLEMENT TOUT le reste pour espérer pouvoir avoir à un moment donné PEUT-ETRE une Occitanie occitane capable de telles œuvres mais il faudra certainement un peu de temps. Présenter cela sans mise en perspective et sans relativiser revient exactement à imposer la graphie normalisée à des gens qui, pour des raisons purement et bassement historiques, ne pouvaient pas suivre techniquement (faute à l’Histoire, je le répète, c’est pas une question d’intelligence).

Pour résumer, à mon sens, l’erreur majeure du mouvement occitan est de vouloir aller plus vite que le temps temporel ne l’autorise, on ne peut pas effacer ainsi d’un revers de la main des centaines d’années de temps historique (le moyen âge, pour l'Histoire, c’était peut-être hier mais pas pour le temps temporel). Oui aux expériences, oui, à la définition de caps, mais également oui au fait de laisser le temps nécessaire aux uns et aux autres pour assimiler les choix qui peuvent par ailleurs se comprendre et auxquels on peut adhérer sans réticence.

Règle n° 1 : ne pas se mentir et voir les choses en face, à partir de là, sans griller d’étapes, on ira mille fois plus vite vers des objectifs que l’on peut raisonnablement espérer atteindre tous ensemble.

Posté par mp, 09 décembre 2011 à 08:19
@mj p²

@jp : merci pour la précision, ça rend effectivement la chose encore plus intéressante. Donc tu dis aussi que cette vieille périgourdine ne fabrique pas vraiment des drapeaux improvisés? Alors là comme toi je suis un peu déçu, mais ça ajoute au talent de l'artiste.

@mp : oui j'avais bien compris ce que tu voulais dire, mais je continue à croire que tu cherches la petite bête. Car en réalité, tout cela cohabite pas mal, "tradition" et "art contemporain", "collectage" et "innovation artistique", nostalgie et modernisme, "esprit de clocher" et "panoccitanitanisme", rugby/3ème mi-temps/cassoulet et "élitisme" universitaire... C'est un peu tout ça l'occitanisme depuis 50 ans, c'est l'alliance de tout ça... et le parallèle avec l'histoire des graphies me semble capilotracté. Sur les graphies je suis d'accord avec toi, la graphie classique a été "imposée" (bien grand mot) un peu trop vite au peuple occitan, qui finalement ne l'a jamais assimilé. Tout l'occitanisme le constate aujourd'hui mais on peut difficilement faire marche arrière, à moins de remballer un peu de notre fierté et de notre "dignité occitaniste" et de revenir à une utilisation mixte graphie patoisante/graphie classique...
Mais il y a aussi les circonstances historiques : lorsque nos almanachs limousins et autres recueils de gnorles (en graphie plus ou moins patoisante) se vendaient comme des petits pains dans la région, vers 1900-1930, c'est que 80% des Limousins parlaient occitan. La "diffusion" de la graphie normalisée, après 1945 mais surtout à partir de 1965-1970, a précisément correspondu à la chute du nombre de locuteurs et au déclin massif de la transmission familial... L'occitanisme a donc semé sur un terrain non fertile, mais ça ce n'est pas de sa faute, c'est la faute à pas de chance.
Il a fallu attendre que la langue soit vraiment en danger pour que des linguistes mettent au point une graphie censée lui redonner sa dignité et permettre à une nouvelle génération d'écrivains occitans de la faire vivre. Malheureusement le ver était dans la pomme, dès le début : puisque justement la langue était en déclin, en voie d'extinction. Les occitanistes (linguistes, culturels, politiques) ont cru à un sursaut de la population occitane qui n'a malheureusement pas eu lieu. Tout juste un soubresaut post-1968, qui fut de courte durée et ne suffit pas à remettre la langue dans les foyers occitans.
Mais la graphie en elle-même n'estb pas coupable, ni même les occitanistes de l'époque qui y ont vu l'un des moyens de tornar far espelir la lenga, c'est juste que cette graphie et ces occitanistes sont arrivés 50 ans trop tard, voila.

Posté par marteau nadin, 09 décembre 2011 à 10:22
@ Marteau Nadin

Je ne sais pas si je cherche la petite bête mais bon, à ce qu’il parait, le diable se trouve dans les détails. Deux ou trois petites choses sans polémiquer. Je ne crois pas que « tout cohabite pas mal », si c’était vrai, ça se saurait (et puis ce blog le montre assez fréquemment) mais je suis d’accord que tout devrait bien cohabiter pour la seule raison que tout existe. Ce que j’aimerais, c’est qu’il n’y ait pas (ou beaucoup moins) de hiérarchie. Pour moi, dans l’état actuel des choses : graphie classique = graphie francisée (le mot « patoisante » est déjà une marque de déclassement, mais en déclassant la graphie, on déclasse également ceux qui sont susceptibles de l’utiliser). Pas loin de chez moi, en pleine campagne périgourdine, j’ai trois exemples récents : 1 bar s’est appelé « Lou Tornoli « (lo Tòrna-li), une association « Chamis Vards » (chamins verts) et une crèche « Les Gouiassous ». Je n’y suis pour rien mais d’un autre côté, c’est bien. Sauf que les intellectuels s’opposant à cela ne sont pas en phase avec le monde tel qu’il est et tel qu’il va ; ce n’est pas franchement une nouveauté mais ils entraînent tout le mouvement avec eux et ça c’est plus grave. Pour le reste, cela faisait déjà longtemps avant 1945 que certains avaient repris l’ancienne graphie, ils n’avaient juste pas eu l’occasion de l’imposer à tous, la dernière guerre la leur a fournie.

Concernant la création de petits films dans le genre, on peut proposer ceux de Laurent Labadie. Faisant partie de la sphère occitane, les sujets de ses films ont plus ou moins rapport au thème. Je te laisse découvrir si tu ne connais pas déjà « l’Occitanie en baignoire »

http://www.youtube.com/watch?v=KjpV7UQGd4M

Posté par mp, 09 décembre 2011 à 13:55
exemples

à Peyrilhac (87) j'ai vu en y passant il y a qeulques semaines une épicerie nouvellement ouverte qui s'appelle Lou Pani Limouzi. Cela rejoint tes exemples périgourdins. Il est intéressant de constater la multiplication récente de commerces (épiceries, produits locaux etc.) et de marques (vêtements, bières etc.) avec des noms en occitan, en zone limousinophone et marchoisophone j'entends, ailleurs ça existe depuis longtemps. Il est aussi relativement intéressant de constater que quelque-chose comme 70% de ces marques et commerces orthographient leur nom à "la patoise", (scuse-moi j'y tiens).

ps: je connaissais Labadie, je ne suis pas très client, c'est son oc qui m'écorche les oreilles...

Posté par marteau nadin, 09 décembre 2011 à 15:19
@ Marteau Nadin

« Il est aussi relativement intéressant de constater que quelque-chose comme 70% de ces marques et commerces orthographient leur nom à "la patoise", (scuse-moi j'y tiens). »

Ce qui me perturbe- et tu l’as bien compris puisque tu en « joues » dans une certaine mesure - c’est bien toute l’ambiguïté qu’il y a dans cette phrase, et je pense que c’est pour cette raison qu’il est impossible de mettre en place un « élan politique » pour défendre la cause des langues régionales (ou au moins de l’occitan). D’un côté admettre qu’il existe une large majorité et de l’autre laisser entendre que cette majorité est foireuse. Le terme neutre, et beaucoup plus juste aurait été effectivement ici « à la française » parce que c’est la réalité. Donc on voudrait mettre en place une politique sur une minorité, impossible que nous soyons entendus. Une politique majoritaire suppose du réalisme d’abord, une volonté réelle de rassemblement large et ensuite des ambitions fortes. Le réalisme nous manque, ne parlons pas de la capacité à rassembler.

Niveau réalisme, cela rejoint finalement le petit film présenté, l’artiste n’ayant pas trouvé la matière qu’il cherchait dans les collectages s’est inventé une matière (c’est plus du collectage mais de la fiction, j’ai rien contre mais effectivement la présentation faite pas l’Agence Culturelle est elle aussi ambiguë). Point commun (entre la graphie normalisée et le petit film) au final : on veut faire prendre pour réalité un monde qui n’existe pas (aujourd’hui mais j’en conviens demain sera un autre jour, sauf qu’une « bonne » politique est basée sur le contexte du moment). Alors…

Posté par mp, 10 décembre 2011 à 09:25
ailas

Merces per l'article . Que dona enveja de l'agachar lo filme.
Malurosament se dubris pas lo ligam del film. Consi far? ...

Posté par manjacostel, 12 décembre 2011 à 20:23
Memòria e creacion

Cette petite vidéo, quand je l’ai vu à St Mathieu m’a aussi bien étonné, ‘la me’n balhet, comme on dit, m’a fach carcular, donné une drôle d’impression, mais, au final, elle m’a tout de même bien plu.
C’était pas gagné d’avance pourtant ! Parce que quand j’ai entendu avant la diffusion qu’il s’agissait de quelque chose d’assez particulier et qu’il ne fallait pas s’attendre à un film de collectage « traditionnel » - arguments qui me font généralement sortir de mon caleçon à reculons - je m’attendais à rentrer la tête dans les épaules devant quelque supercherie créatrice.
E ben visa, non, quò m’a plagut, mai bien. La confrontation de ces deux civilisations – fondamentalement éloignées ! - est effectivement réussie, le tout est bien monté, c'est propre…
Oc plan, mas, n’i a totparier quauqua ren que me chafruelha… Ça me chagrine, oui… Oh, pas tant cette vidéo que je ne veux surtout pas accabler, mais tout de même, comme le dit Tavan, l’occitan n’est là qu’un prétexte.
Notre vielle civilisation occitane, dont on s’attache à recueillir et entretenir les derniers feux, n’est certes pas une culture sacrée et inviolable. On peut bien l’adapter, la modeler, la travestir pour qu’elle donne l’illusion de coller à notre temps si admirable. Elle ne nous appartient pas – quoiqu’il faille bien reconnaître que, devant le peu d’intérêts de nos contemporains pour son maintien, il y a parmi les quelques dépositaires et défenseurs que nous sommes, certains qui ont le travers du droit de propriété culturelle abusif, quand d’autres ont l’obstinée propension à s’exprimer au nom du « peuple occitan ». En ce sens, et pour répondre bien en retard à l’article de Jean-Christophe sur les hypermarchés et le label oc, ça ne me gêne pas plus que ça que l’on fasse rentrer un peu d’oc dans les supermarchés et autres lieux pour lesquels nous n’avons pas une sympathie débordante. D’un biais la cultura nos aparten pas e de l’autre nous n’avons pas le luxe, étant donné notre situation, de refuser de labelliser en oc quiconque nous le demanderait. Certes, d'éventuelles demandes pourraient nous poser de sérieux problèmes de conscience (ex : pourrait-on labelliser la golden 30 còps espitrolhada garantida AOC dau Limosin ?), mais, pour le moment, nous n’avons pas eu (urosadament o malurosadament ?) à nous les poser… Notre seul objectif est de faire entrer l'occitan, de le rendre visible (et cohérent!) dans le plus d’endroits possibles et pas seulement chez le petit producteur bio du coin si nous assumons le choix de ne pas vouloir crever qu’entre nous.
Mas, per mon arma, i’era partit a bargassar sur ‘n autre article ! A là de pitit tu ses bien busa, tu ses bien busa ! Ne’n tòrne donc a « Deflagration ».
L’oc comme prétexte c’est quand même facheux… et surtout révélateur de ce que nous demandent pas mal de nos partenaires et aimables financeurs : de la création ! De la création, bon dieu ! Voilà, nous avons l’injonction de créer ! C’est bien beau tous ces collectages avec pépé au béret dans son jardin et mémé devant sa cuisinière, mais ce n’est pas exploitable en l’état, il faut que la parole de ces gens là serve à de la c-r-é-a-t-i-o-n ! Comprenez-vous ?
Voilà où nous en sommes, l’occitan en tant que langue de la civilisation paysanne n’intéresse toujours pas nos édiles, le message sonne encore trop plouc dans ce Limousin qui s’obstine à renier ses dernières traces de ruralité. Alors, comme si la parole de nos pépés et mémés ne se suffisait pas à elle-même, comme si on doutait que leur parole, hormis le comique de l’appareil dentaire qui tombe, puisse avoir un quite intérêt, ils servent de base à toutes les créations souhaitées et sont souvent les victimes de pas mal d’impostures culturelles. A los paubres! Que les voilà vertueusement repeints !...
Que voletz vautres, pour sortir toutes ces mignardises médiatiques que la pensée formatée impose, c’est toujours la parole et la mémoire des lampistes et des gens sans fortune qui trinque…

Anes, per ‘chabar, ‘natz far un pitit torn sur lu site de las colleccions de l’IEO Lemosin http://www.colleccions.ieo-lemosin.org/. Quò se ‘pela « Dins la biaça » e, per lu mament, dins quela biaça i a mai de 90 oras de son e de videos (e ne’n demòra tres còps mai dins la tireta que siran metuts l’an que ven). Mas queu site es nonmas eisit (eu es pas enguera lançat « oficialament ») e l’i a enguera quauques problemes de telecharjament, de consurtacion e autras pitas entraupas de quela enja. Mas quò n’empaicha pas de vos i ‘nar pradelar e d’i tornar sovent !

Posté par Lu gròs Vinhau, 13 décembre 2011 à 00:39

@minjacosteu

Vos fau 'nar sus mon cibercaier, 'la es incrustada dins lu bilhet.

http://rapieta.wordpress.com/2011/12/07/niver/

Jp

Posté par jp la rapieta, 13 décembre 2011 à 08:27

@Monsur Vinhau

V-òc-es vos balhe dau Monsur, mai 'na granda letra per dire que lu sití liat au vòstre comentari, e be, coma dire, l'ai eiperat e l'IEO-Lemosin iò faguet.

Bona persentaci', un pauc d'umor dins lu nom de las tiretas (aquò chamja de l'occitan blos oficiau), me manca nonmas de l'i 'nar fusinar d'enpertot per criticar, autrament seriá pas un lemosin-jamai-aüròs-quilhs-lemosins

JP Bertrand

Posté par Jp lu rapieton, 13 décembre 2011 à 10:35
Réflexion

Je m'interroge sur ces deux phrases de "Lu gròs Vinhau" et je promets que ce n'est pas une attaque mais bien une réflexion:

"il y a parmi les quelques dépositaires et défenseurs que nous sommes, certains qui ont le travers du droit de propriété culturelle abusif, quand d’autres ont l’obstinée propension à s’exprimer au nom du « peuple occitan »."

et

"D’un biais la cultura nos aparten pas e de l’autre nous n’avons pas le luxe, étant donné notre situation, de refuser de labelliser en oc quiconque nous le demanderait."

Au nom de qui ou de quoi labellise-t-on ? Labelliser n'est-ce pas posséder (ou s'octroyer dans le pire des cas, un peu comme les agences de notation actuellement) certains droits et les utiliser parfois abusivement malgrè toute la bonne volonté et la bonne compréhension qu'on veut montrer ? D'ailleurs, comment ces droits ont-ils été obtenus ? Certaines labellisations ne sont-elles pas à double tranchant et ne faut-il pas parfois se questionner sur le "A qui profite le crime ?" ?

Cela rejoint le sujet du post. Soit ! "On" demande de la création, mais il y a toujours eu de la création en oc même en Limousin et même encore aujourd'hui par des gens qui connaissent très bien la langue, sauf que cette création ne semble plus suffisante. Au nom de qui ou de quoi, la création qu'il faut pour l'occitan serait celle qui est présentée ici (je m'interroge et encore une fois je n'ai rien contre cette oeuvre) ? Qui est donc ce gourou omnipotent qui décide de tout et qu'il faille à ce point suivre et aduler ? Au risque de m'exprimer au nom du « peuple occitan » ou de jouer les populistes, je pense que ce serait franchement bien si ce gourou était le peuple lui-même. Mais j'ai pas l'impression !

Posté par mp, 13 décembre 2011 à 14:41
Sai polit, ieu respone

A JP la ‘grijòla
O là là pas tant de Mossur, t’en prege ! A chausir, i’aime tant un veire de vin…
Mas afen mercés plan per los compliments…Tot ne marcha pas enguera coma ‘na pendula graissada d’òli fin, mas m’es’vis que, per mon arma, si los pitits pòrcs ne lu mingen pas, eu podra aviblar quauquas aurelhas e parelhs d’uelhs queu site…



A mp

Tu as au moins le mérite de poser des questions qu’on ne s’était pas franchement posées. « Au nom de qui ou de quoi labellise-t-on ? » - prrrrr ! (bruit produit par l’expulsion d’air entre les deux lèvres positionnées en cul de poule servant à exprimer son absence de réponse à une question). « Labelliser n'est-ce pas posséder (ou s'octroyer dans le pire des cas, un peu comme les agences de notation actuellement) certains droits et les utiliser parfois abusivement ? » Prrrr ! Derechef… Je sais que Proudhon a dit que la propriété c’est le vol, mais ça, j’ai pas révisé…
Non, non Michel, tu nous prends trop pour des théoriciens de la révolution culturelle occitane en marche. C’est gentil à toi de nous prendre pour des penseurs, mais franchement sur ce coup là il n’y a pas eu franchement de calcul. Nous pensons, sottement peut-être, que en faisant la promotion de ce label nous permettons et incitons des paysans, commerçants, artisans, producteurs, associations, élus, collectivités … qui ont une affinité avec la langue du pays de l’afficher plus largement et ainsi d’en favoriser la socialisation.
Ce label, tu peux l’appeler comme tu veux, marque, campagne de promotion, tout un tas de concepts dont notre société consumériste est grande pourvoyeuse : marque repère, produit de l’année… Un tapou de choses qui ne veulent pas dire grand-chose au final et qui n’ont pas plus de valeur que celle qu’on veut bien leur accorder.
Voilà notre réflexion à ce sujet, ce label c'est un moyen pas une fin, juste un bon instrument de valorisation de la langue, et par les temps qui courent…
Mais quand je pense que tu dis que nous labellisons avec des droits que nous n’avons pas obtenus. Tu m’inquiètes là… J’ai cherché dans les papiers du notaire au fond de l’armoire : oui j’ai bien ceux pour la succession du pépé et de la mémé, pour l’échange de parcelles avec le voisin aux Combaux mais pas pour ces foutus droits à la labellisation. E diu, e diu, e diu, coma vam-nos far ? J’ai des gouiats moi, je veux pas finir rue de la Mauvendière a la petosa !

Posté par Lu gròs Vinhau, 14 décembre 2011 à 01:21
En général

En fait, j'étais beaucoup plus généraliste et je me posais la question dans l'absolu sur les labels qui fleurissent effectivement de nos jours et sur la manière dont ils sont utilisés et à quelle fin (encore une fois je ne visais pas l'IEO Limousin). Et certainement que l'on peut labelliser et agir (en général encore) sans vraiment se poser de questions sur le fond, j'ai la facheuse tendance à penser que cette "nonchalance" (à force de faire les choses sans réfléchir à ce qu'elles impliquent et supposent) explique peut-être l'état désastreux de nos sociétés aujourd'hui, sociétés par ailleurs fort accueillantes pour les jeunes générations.

Posté par mp, 14 décembre 2011 à 08:26
battez-vous ça m'excite

je précise juste aux non-Limousins voire à certains Limousins trop du sud ou trop de l'est pour comprendre la dernière réplique de Mossur Vinhaud (si i'a mas 'gut daus meitadiers dins ton linhatge, pren quo coma 'na revencha de te far balhar dau Mossur, profitatz-n'en, profitatz-n'en sens vergonha nostre bon mestre !), la rue de la Mauvendière est une relativement laide artère limougeaude qui tient en ses adresses une caserne de pompiers-secouristes (la vie parfois la mort) et surtout la prison de Limoges (parfois la mort toujours la vie de mort-vivant).

Posté par l'esplicador, 14 décembre 2011 à 11:51
SCÈNES DE FAMILHA

Assisti a Rodes a « SCÈNES DE FAMILHA » a l'estivada 2011. Deve vos dire que fugui plan frustada de veire, per exemple, sus l'ecran una scena ente daus vielhs, plan vielhs, dançavan la borreia per lo darrier còp de lur vita (que chantavan segurament en mai) e d'auvir a la plaça una musica interessanta, que auria pogut apreciar dins un autre contexte, mas, aqui, per me, copar lo son occitan de quela scena fuguet una autra agression coma si los musicians 'chabavan de tuar çò que nos demorava ! Auria pogut comprener si los chantadors/musicians avian chantat en occitan mas non, i aguet una chançon en angles e a la fin una sola chançon en occitan (ren a veire emb los espectables plan « modernes » e plan bien faits de la tropa « la compagnie du Parler Noir » de la Isabela Lobera en Gasconha ò dau Joan-Frances Tisner qu'intervenen en gascon e que contunhen entau a far viure nòstra linga de façon mai contemporana !).

Que devenen los musicians de la tropa de « Scènes de Familha », essaien-t-ilhs aura d'aprener nòstra linga apres aver agut lur contrat occitan ? (nòstra linga es particuliarament aisada a aprener, quò siria interessant de saber).

Rencure tanben que dins la presentacion de l'espectacle occitan de 'questa annada, de l'Agence culturelle, i aie marcat, quauqua ren entau « une musique d'aujourd'hui sur des paroles d'hier » (ai pas la frasa jos los uelhs mas qu'es lo sense !) Domatge d'enterrar tant viste nòstra cultura de la part d'una agença culturala de Dordonha !

Posté par Jaumeta, 15 décembre 2011 à 08:41

Tornava dire que per inserar, ajutar, apondre lu filmonet fau cliquar sus lu film e Vimeo© balha los « utils » numeriques°,

Tornava dire quò-quí apres mon messatge clavardat desempuèi mon porta-onda multi-tiretat-per-los-medias,

Tornava, mas, mas, mas, v'autres lu faguet. Afè, m'entòrne e tornarai au bilhet d'arribar.


Jp la mangonha

Nòta : ° Jan dau Melhau, vos damande perdon. V'autres atz rason, lu monde numerique es pas utilhat, eu forja nonmas de las dependanças.

Posté par Podarcis muralis, 15 décembre 2011 à 10:08
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