Hypermarché, label oc et culture paysanne
En réaction à un débat récent organisé par l'Institut d'Etudes Occitanes, dont le but était d’engager des initiatives concrètes pour développer (sic) la présence de l’occitan dans le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, (j’en fus l’immodéré modérateur), Jean-Christophe Dourdet m’a communiqué le texte qui suit. Personnellement, je ne suis pas d’accord avec certains points de son analyse et en particulier j'ai sans doute beaucoup moins de réticences quant au principe de la labellisation « òc » d’un hypermarché, s’il remplit effectivement les critères (sans qu’il soit question de label, voir ici, Family Village Limoges et Auchan Périgueux : supermarchés et couleur linguistique). On peut évidemment s’interroger sur tous les aspects de cette labellisation et la façon même dont elle est poursuivie, parfois – ce qui pour moi est proprement scandaleux –, par des chargés de mission qui ne connaissent pas la langue. Le modèle breton de l’Office pour la Langue Bretonne (label "Ya d'ar brezhoneg"), semble montrer que ce type d’initiative joue un rôle positif dans l’image de la langue et devient un argument important pour les associations cherchant à développer la pratique de la langue, à l’école et ailleurs, voire même dans les hypermarchés ! (ici, le magasin Auchan de Périgueux offre une formation en oc aux salariés intéressés). Évidemment l’instrumentalisation commerciale de la langue est à double tranchant et l’on peut aussi remarquer que la présence massive de l’anglais dans les boutiques n’a guère fait progresser sa maîtrise linguistique ! Bref, les questions sont nombreuses autour de ces efforts pour réintroduire la langue dans la vie économique et le texte de Dourdet est un excellent moyen d’ouvrir la discussion.
J.-P. C.

Hypermarché, label oc et culture paysanne
Vendredi 4 novembre dernier se déroulaient « Las rencontras de l’occitan en Peiregòrd-Lemosin[1] » à Saint-Matthieu (87), organisées par l'IEO dans le cadre du parc naturel régional Périgord-Limousin. A l’issue de la première présentation du début d’après-midi portant sur « la linga dins l’economia e l’agricultura », un débat s’est engagé consécutivement à l’intervention d’un participant[2], conteur limousin et cultivateur de pommes bio, membre de l’association « Les croqueurs de pommes », au sujet de la labellisation « òc per l’occitan[3] » d’un grand supermarché de Périgueux qui affiche la langue dans ses rayons. Le participant à cette occasion a fait connaître ses doutes quant à la labellisation du supermarché en question[4] précisant « qu’avec la langue, il y a aussi la culture et qu’il ne faudrait pas l’oublier », qu’à ce titre, la labellisation « òc per l’occitan » du supermarché de Périgueux ne lui plaisait pas beaucoup dans la mesure où la grande distribution, est tout de même ce qui a largement contribué à tuer l’agriculture paysanne, ce à quoi plusieurs participants des rencontres ont rétorqué que le label « òc per l’occitan » n’avait pas vocation à se soucier de culturel mais seulement de linguistique, parmi lesquels Erwan Le Cloadic de l’Office de la Langue Bretonne qui a promu le même genre de label pour le breton.
Alors que j’assistais au débat, cela a suscité chez moi une vive interrogation sur la manière de s’engager pour notre langue ; à savoir si oui ou non il est possible voire souhaitable de distinguer radicalement, dans le cadre de l’engagement en faveur d’une langue minorisée, revendication linguistique et culture vernaculaire, revendication linguistique et lutte sociale, revendication linguistique et préoccupation écologique.
A mon sens, bien que la langue d’oc ne soit pas inféodée, au sens des sciences naturelles, à la culture vernaculaire paysanne, et qu’il semble bienvenu qu’elle conquière ou reconquière de nouveaux espaces socioculturels, il serait tout de même particulièrement exagéré de nier les rapports étroits que la langue a entretenu au cours des siècles passés, et ce jusqu’à aujourd’hui, avec le monde paysan, et par conséquent avec l’agriculture familiale et une certaine « manière de vivre » (un biais de viure diraient d’autres). Jan dau Melhau, artiste limousin, a coutume de dire que ce qu’il nomme la civilisation paysanne est morte le jour où sa grand-mère a lié les vaches pour la dernière fois (déclaration qui a d’ailleurs été évoquée et critiquée lors du débat). Pour la langue, on pourrait sans doute ajouter que ce fut alors le début de la fin. On peut ne pas être d’accord avec cette déclaration dans la mesure où une langue, grâce à ses locuteurs, est capable de se renouveler et de s’adapter, et qu’elle n’est évidemment réductible en rien à une dimension socioculturelle et une seule, mais on ne peut pas non plus faire abstraction des siècles de culture paysanne qui ont laissé leur empreinte sur la langue tant dans le domaine lexical que dans le domaine idiomatique par exemple. En ce sens, séparer radicalement aujourd’hui la langue de la culture vernaculaire et paysanne me semble regrettable.
L’état dans lequel nous est parvenu l’occitan est à l’évidence étroitement corrélé avec la vie paysanne, avec les ancêtres mêmes, ces ancêtres dont Delpastre a érigé en livre le tombeau (cf. Le tombeau des ancêtres chez Payot et Rivages). De cette manière, c’est la langue de mémé, mémé la paysanne, qui a subsisté et en faire abstraction me semble relever en quelque sorte d'un raisonnement biaisé. On peut bien entendu vouloir défendre la langue en tant que telle séparément de tout aspect culturel mais il s’agira alors à mon sens d’inventer un nouvel espace social, l’ancien ayant disparu, dans lequel la langue aura sa place car sinon, je m’interroge : à quoi bon vouloir substituer une langue à une autre, en l’occurrence l’occitan au français, si celle-ci doit jouer exactement le même rôle sans faire entendre sa voix dans ce qu’elle a de particulier (id est la culture dont elle est vecteur) ?
La langue n’est certes pas « limitée » (c’est déjà énorme pourtant) à la civilisation paysanne, elle procède aussi de la lyrique courtoise des troubadours, des littératures renaissantistes du XVIe et XVIIe siècle, ou patoisantes, ou encore plus récemment des littératures d’obédience félibréenne ou bien occitaniste, de la création artistique contemporaine également, et cela, il ne faut pas l’oublier lorsqu’on prétend à donner une image assez complète de la langue, mais tirer un trait net sur la paysannerie, alors que c’est grâce à ces paysans que la langue n’est toujours pas morte, quand bien même la transmission a fini par s’interrompre au XXe siècle, c’est aller vite en besogne, c’est même particulièrement ingrat vis-à-vis de pépé et mémé. Vous me direz, pépé et mémé n’ont rien demandé, ils sont morts et enterrés, et que désormais la langue appartient aux « nouvelles générations ». Sans doute, mais je trouve tout de même dommage de faire table rase du passé, d’ailleurs de la même manière que les détracteurs des langues minorisées le font qui renvoient exclusivement ces langues à une caricature de passé considéré essentiellement comme un âge obscur à oublier au plus vite. La querelle des Anciens et des Modernes ne se résoudra évidemment pas aujourd’hui, entre ceux qui veulent absolument sauver la langue pour la langue faisant totale abstraction de la culture qui nous l’a transmise et ceux qui ne jurent que par la glorieuse civilisation paysanne « d’un còp era ».
En ce qui me concerne, je vois mal comment on peut réussir à extraire radicalement, et j’insiste sur cet adverbe, la langue du milieu qui l’a porté pendant ces derniers siècles et même si je suis en faveur d’un renouvellement des formes et des lieux d’expression de la langue, je préfère ne pas couper les ponts au moins avec une part de la culture des ancêtres, même si je ne peux bien entendu pas accepter tout de l’héritage de mes propres grands-parents tant leurs conditions de vie étaient rudes (pourquoi néanmoins jeter le bébé avec toute l’eau du bain ?) . Ce biais de viure des ancêtres, je préfère le réactualiser en un mouvement qu’on pourrait qualifier d’humainement et écologiquement responsable, en privilégiant une agriculture à taille humaine respectueuse de l’environnement, en rejetant donc tout consumérisme et productivisme, en soutenant un mode de vie plus ou moins alternatif, en tous cas conscientisé.
Mais que trouver à redire du point de vue linguistique au fait qu’un supermarché affiche la langue dans ses allées ? A priori rien, au contraire, cela prouve que la langue est capable de s’approprier de nouveaux espaces et c’est une bonne chose. On peut néanmoins aussi remettre en question la politique consumériste des supermarchés qui ont tué le petit commerce et les petits agriculteurs en refusant de voir associer sa langue à l’industrie agroalimentaire. Le label « òc per l’occitan » tel qu’il a été conçu n’a manifestement pas cette préoccupation. C’est là qu’on peut s’interroger : peut-on faire abstraction de la situation sociolinguistique de l’occitan en séparant engagement linguistique en faveur d’une langue en situation minorisée et engagement pour une société plus juste ? La question mérite débat. Je n’ai pas de réponse arrêtée en ce qui me concerne.
Le supermarché en question mérite-t-il pour autant un label « òc per l’occitan » ? A nouveau, de la manière dont le label est conçu, pur produit marketing finalement, il n’y aucune raison de refuser le label à un organisme qui en fait la demande. La question culturelle et affective ne fait pas partie de la problématique. On peut alors peut-être regretter que la conception du label n’ait pas en amont intégré une part d’écoresponsabilité eu égard à la situation sociolinguistique particulière qui est celle de la langue dans cet État hyper centralisé qu’est la France. La réflexion a bien entendu été toute différente dans d’autres États, en Catalogne par exemple où la langue a constitué un véritable emblème de fierté nationale marqueur d’une situation sociolinguistique particulièrement favorable.
On peut aussi se demander si le salut de la langue passe nécessairement par l’affichage dans des lieux jusqu’à présent réservés au seul français encore que l’anglais tend à faire son apparition depuis quelques années ? Certains le penseront et peut-être auront-ils raison, considérant les expériences qui se sont déroulées dans d’autres pays d’Europe et du monde, moyennant le fait néanmoins qu’on s’intéresse exclusivement à la langue, et à la culture en arrière plan seulement voire pas du tout. Je ne crois pas pour ma part que d’afficher la langue dans un temple du consumérisme sera d’un quelconque effet, ou alors à la marge, pour la reconquête linguistique ou mieux la restauration de l’usage.
Lutter pour cette langue, la revendiquer, est en soi un acte éminemment politique et cela s’accompagne à mes yeux nécessairement d’une revendication du droit à l’altérité et certainement pas à l’indifférenciation. On peut bien sûr légitimement aspirer à une égalité absolue entre le français et l’occitan, mais c’est tout de même ignorer la situation catastrophique actuelle.
Alors, pourquoi ne pas afficher la langue dans les supermarchés qui le voudront dans la mesure du possible, je ne vois aucune objection, je m’interroge seulement sur l’intérêt réel que cela présente pour la langue. Je vois davantage d’intérêt à redonner sa place à la langue dans le local, dans l’économie locale, dans le cadre d’une société réinventée, où elle pourra retrouver un sens qu’elle ne peut manifestement pas avoir en jouant dans la cour du français en France, français omniprésent depuis plusieurs générations désormais, sur toutes les lèvres, sur tous les panneaux, dans toutes les oreilles. La lutte n’est à l’évidence en rien équitable et ce ne sont pas les quelques concessions des politiciens et autres décideurs qui rééquilibreront les parties.
La langue ne peut guère désormais exister, sauf à vouloir un état indépendant (mais pour qui, pour quoi ?), qu’en complément au français, jamais en substitution. Je poursuivrai à cet égard par quelques questions volontairement provocatrices mais néanmoins fondamentales : quel besoin auraient les gens de l’occitan dans les actes de leur vie de tous les jours alors qu’ils ont déjà cette langue qu’est le français qui remplit bien cette fonction ? On pourra mettre en avant l’aspect identitaire, certes, mais qui se sentira concerné par ce marqueur identitaire qu’est la langue quand tout le monde se sent évidemment avant tout français parlant français ? Qui aujourd’hui se sentira limousin ou périgourdin avant d’être français ? Comment alors susciter l’envie de s’identifier à cette langue ? Cela est-il même souhaitable et si oui pourquoi ? Ne vaut-il pas mieux que la langue meure plutôt que de sauver quelques modalités linguistiques romanes sans préoccupation culturelle aucune d’aucun ordre que ce soit (culture paysanne, mode de vie alternatif ou néo-paysan etc.) ?
Attention, n’allez pas croire que je soutienne l’une ou l’autre de ces thèses, je relaye simplement ce que j’ai déjà pu lire ou entendre et qui suscite l’interrogation. Je ne suis pour ma part en rien hostile à l’innovation, au contraire, même si je préfère qu’elle soit porteuse de sens. Je serais content aux alentours de chez nous de trouver de l’occitan au supermarché, je me pose juste la question de l’intérêt que cela présente réellement, bien que je préfère trouver de l’oc chez un petit producteur qui vend des fruits et légumes en agriculture sinon bio en tous cas raisonnée, produits de qualité auxquels la langue pourra apporter une valeur ajoutée.
Par ailleurs, je sais bien que certains occitanistes rêvent de Catalogne, Generalitat d’Espagne où la langue catalane est omniprésente avant même le castillan… mais force est pourtant de reconnaître que la situation sociolinguistique est là-bas radicalement différente de celle d’ici. Cela me ferait plaisir de voir afficher la langue de mémé partout, sans aucun doute (galvaudée chez Mc Do, par contre ça me ferait mal, mais passons, je n’ai sans doute pas le monopole de la langue), mais c’est oublier que la langue n’assure pas ou plus en France de fonction véhiculaire, et n’aura probablement plus l’occasion de le faire car le français joue déjà ce rôle, à moins de vouloir faire reculer l’usage du français chez nous ce qui est raisonnablement compliqué pour ne pas dire impossible.
Enfin, je sais aussi qu’il y a bien des petits qui apprennent la langue sans qu’ils n’aient aucun lien affectif avec elle, mais combien ? Et combien de petits seraient susceptibles d’apprendre l’occitan sans avoir aucun rapport de près ou de loin avec cette langue et selon quelle motivation alors ? La littérature, la musique, les spectacles ? Ce sont en effet des motivations qui peuvent venir combler des manques, cependant on a du mal à trouver la matière pour motiver les troupes, en particulier quand on sait qu’une émission de radio d’une heure par semaine n’est pas en mesure de tourner avec des artistes occitans seulement, car il n’y a tout simplement pas suffisamment de création. La situation est véritablement à mille lieues de la situation catalane ou même bretonne. On manque pour ainsi dire de tout en Occitanie en matière linguistique.
Vous l’aurez compris, pour moi, la revendication linguistique est étroitement liée à la fois à l’affectif et à la revendication culturelle. Elle est revendication d’un certain « biais de viure » réinventé, réactualisé, ou en tous cas qui reste à l’être d’une manière plus ou moins alternative. Je comprends bien que d’autres n’auront pas les mêmes préoccupations que les miennes et que le projet de ceux qui rêvent d’une réhabilitation de l’occitan à grande échelle diffèrent du mien mais je reste ouvert à tous les avis. Les questions que je pose plus haut peuvent servir de point de départ à une discussion si besoin.
[2] Le participant en question est Jean-Claude Jarry, conteur limousin, que chacun pourra découvrir dans un documentaire publié en dvd par l’Institut d’Estudis Occitans dau Lemosin intitulé Conterra dans lequel on rencontre également trois autres conteurs occitans : Paul Bony, Fernand Desaguiller et Alberte Forestier.
[3] Le « label òc per l’occitan » consiste en un label valorisant l’implication en faveur de la langue occitane de la part d’un organisme signataire et qui comporte un cahier des charges auquel se conformer selon trois niveaux d’engagement.
[4] Il s’agit du supermarché Auchan de Périgueux-Marsac.
Commentaires sur Hypermarché, label oc et culture paysanne
- Mas òc, sabi parlar lengadocianHeps, moi m’sieur j’ai la réponse !

Anes, anes mon pitit sacripant, deurias saupre que soi pro saberut per parlar la lenga d’òc coma un vertadier lengadocian !
N’oublions pas que je travaille à l’IEO Lemosin qui a une vision particulièrement exigeante et purificatrice de notre langue face à l’abâtardissement regrettable de bien des parlers limousins, disons au dessus d’une ligne Bergerac-Aurillac. Aussi, tu comprendras que notre vision maximaliste de reconquête de nos territoires outrageusement francisés nous impose désormais de ne plus nous exprimer que dans une version occitane plus méridionale, en bon languedocien panoccitanocompatible quoi… C’est d’ailleurs un argument avancé par certains de nos opposants (Fernand Mourguet de Flavignac, Jean-Michel Monnet de Saint Sylvain Montaigut et pas mal d’autres…) dont il faut saluer la clairvoyance, oui, ils nous ont démasqués nous voulons implanter un languedocien standart en Limousin. Sus aus patesejaires !
Bon, los que me coneissen saubran que ieu colhone. Je plaisante bien sûr parce que quand je parle occitan je ne sais guère m’exprimer librement autrement que dans mon parler limousin, celui que j’ai appris autour de la table de la cuisine chez pépé et mémé. C’est dans le même parler que j’ai répondu au Clamenç Pech de la Setmana, il m’a questionné en oc, je lui ai répondu en oc. Je suis poli, il m’aurait parlé français, li auria respongut en francés, parier. Mas ‘quí li ai donc tengut l’entreten dins mon « patois », un parler limousin en « è » (hum, hum diront les connaisseurs que je vois opiner du chef), aux sonorités et accentuations bien dissonantes pour des oreilles méridionales guère habituées. Une langue que je pense pratiquer pas trop mal (hop, petite fleur que je m’envoie !) et qui me semble avoir au moins le mérite de la richesse idiomatique (deuxième petite fleur !).
J’ai eu en tout cas l’impression que nous nous sommes bien compris avec le Clamenç Pech, lui dans son gascon, moi dans mon limousin. Il m’a même enregistré pour Radiò País !
Mais tant que je n’ai pas lu le dit article je ne peux pas dire ce qu’il en est véritablement… Un doute m’assaille, il ne m’a pas mis à la rubrique petites annonces au moins « Vend boesc sejat lonjor de cosiniera, contactar JFV » o « Cerca conilh semenal fauve de Borgonha, contactar JFV » ?
Non, ça a l’air d’être au sujet de las rencontras de l’occitan de Sant Matia, dis-tu, voilà qui me rassure !
Alors, oui bien sûr et ce n’est pas la 1ère fois dans La Setmana (2ème ou 3ème fois dans mon cas), ça m’est arrivé aussi dans le journal de l’IEO « Occitans ! », par une espèce de miracle mes propos en limousin se voient transformé en languedocien ou gascon, plet ! Des noces de Cana dialectales en quelque sorte… Le phénomène est courant et, forcément, ça énerve : « Mas fuec de diu, qu’es n’a brava malaudia qu’ilhs an de tot far sonar a lur mòda ! ».
Pourtant si on y réfléchit deux secondes, on a pas envie d’accabler La Setmana et je veux croire au péché de facilité plus qu’en celui de maximalisme linguistique. Ils n’ont pas de limousin dans leur équipe, voilà tout… peut-on raisonnablement leur en faire le reproche ?
Comme Sac Ripant, je trouve moi aussi le journal un peu trop centré sur le milieu occitaniste d’en bas entre Languedoc et Gascogne et la langue utilisée en est le parfait reflet. Et pourtant, de ça aussi peut-on vraiment leur en faire le reproche ? Avons-nous le réflexe en Limousin (je parle de ce que je connais, mais j’imagine qu’ailleurs…) de les tenir informés de nos actualités en dehors de quelques rendez-vous importants comme cette journée de St Mathieu ? N’es gran !
Leur envoyons-nous des articles (rédigés en bon limousin, il n’y a pas de raison qu’ils les retouchent) sur la situation linguistique ou les problèmes de société de chez nous ? Pensa-te !
En un mot, avons-nous vraiment le réflexe d’alimenter les sujets de La Setmana ? Crese bien que n’es !
Alors qu’es per quò que vòle pas lur pestelar sur l’eschina. Ils existent, publient, font vivre le seul exemple de presse hebdomadaire en oc, le tiennent depuis plusieurs années et c’est déjà pas si mal. Bien sûr, le journal serait largement perfectible mais on entend trop parler des difficultés de la presse nationale pour se dire que ça doit pas être bien brillant à La Setmana. Combien sont-ils dans cette équipe à faire tourner la boutique ? Quiconque s’est confronté au problème de la rédaction régulière d’articles ou de chroniques sait combien il est difficile de pondre quelque chose de nouveau toutes les semaines. Pondre un hebdomadaire en oc, vous imaginez ? Non los estrelharai pas… Ilhs fan lur trabalh coma ilhs poden los paubres chens et je ne peux pas leur reprocher de ne pas transcrire mes propos en Limousin parce qu’ils n’en ont visiblement ni la capacité ni les moyens.
Bon, c’est bien long pour une première intervention aussi je répondrai plus tard aux réflexions de Jean-Christophe. - Jean-Pierre,

sei d'avis coma te avec ta remarque concernant le fait qu’il soit dommage que le chargé de mission Label Oc per l’occitan, ne parle pas l’occitan. Mais les termes « proprement scandaleux » sont toutefois exagérés et semblent ignorer la situation de la pratique de l’occitan chez les jeunes en Limousin, un thème pourtant récurrent sur ce blog. Lorsque nous avons fait passer l’annonce pour ce poste à Pôle Emploi, 5 candidats ont répondu. Le seul candidat occitanophone n’ayant pu se présenter à l’entretien nous avons fait le choix qui nous semblait le plus opportun.
Ceci étant dit, une trentaine de structures sont labellisées, d’autres sont à venir.
Je suis bien d’avis qu’il serait souhaitable que notre chargé de mission se mette à l’occitan, mais comme pour beaucoup d’actions que nous entreprenons, nous faisons comme nous pouvons et tant pis pour la critique.
Pour rappel l’association embauche 6 personnes sous des statuts et des temps de travail divers : 2 salariés à temps plein, 1 salarié à 80%, 2 salariés à ½ temps, 1 salarié à 1/5ème de temps, soit l’équivalent de 4 temps pleins à 35 heures. - Le vrai scandaleOui en effet, je reconnais parfaitement que l'expression "proprement scandaleux" est exagérée et dans ce genre de contexte devrait être évitée autant que possible car purement déclamatoire et il est tout autant scandaleux de ne pas prendre en compte les difficultés de recruter des occitanophones pour des postes qui exigent des compétences aussi spécifiques (parmi lesquelles cependant l'occitanophonie semblerait être quand même discriminante). Je me la suis permise parce que je ne visais personne nommément et parlais donc en général même si je pensais à une situation particulière. On me dira que ce type de pratique est complètement faux-cul, mais je la défendrai cependant, du point de vue du principe : quand on pense qu'une situation mérite d'être critiquée et réformée, il est préférable d'éviter autant que possible de s'en prendre aux personnes, surtout que le problème n'est bien sûr pas un problème de personnes. En fait, le grand scandale, j'aurais dû quand même m'en apercevoir, c'est que nous en arrivons à un point où nous ne trouvons quasiment plus personne, et en particulier aucun jeune suffisamment formé dans la la langue (orale et écrite), au moins en Limousin, pour assumer des tâches qui requièrent cette maîtrise. Comment pourrait-il en être autrement, vu qu'en effet la langue ne se transmet plus et que l'enseignement est chez nous à peu près aboli ? Le scandale est là, et je continue à ne pas comprendre comment, depuis d'aussi longues années, aucune action collective n'a pu être menée pour la porter sur la place publique et d'abord devant le rectorat. Cette fois, pour désigner cette difficulté de conduire une action de protestation commune, je me garderai de parler de scandale, car cela ne ferait rien avancer.

amistosament - Frustration@ Jean-Christophe,

Je ne vais pas répondre directement aux questions que tu poses mais plus généralement.
Le plus incroyable quand même, c’est que ta réflexion vient après un colloque « historique » en Limousin qui devait montrer la voie et l’avenir. Et la voie indiquée peut effectivement laisser dubitatif. Je sais que bien des associatifs ou individus ressentent de la frustration après cette journée et « les croqueurs de pommes » certainement aussi. En fait, moins que de mettre en place une réflexion commune (et je connais suffisamment le PNR pour en parler savamment), l’objectif de cette journée était de faire valider et de créer un système bipolaire dans le PNR, avec côté Périgord l’Agence Culturelle de la Dordogne et côté Limousin, l’IEO. Résumons ce qui a été dit par les uns et les autres au sujet des associations: premièrement, on voit localement toujours les mêmes associations (il faut donc faire venir du sang neuf), deuxièmement, les associations ne peuvent pas comprendre les enjeux (d’où des réflexes de fermeture sur soi ou sur des pratiques dépassées, comme dans le cas indiqué), troisièmement, les associations ne font pas une création de qualité (d’où l’appel à des professionnels venus de tous les horizons mais surtout pas locaux). On nous a bien fait comprendre que seules des structures professionnelles sont capables de répondre aux objectifs fixés. Pourtant, ce sont bien les associations locales avec leurs convictions qui avaient créé le PNR et ce sont bien les associations qui ont fait que le PNR est un acteur reconnu de la culture occitane. Mais bon, tout ça c’est du passé, l’avenir est devant nous mais sans les associations locales et surtout sans leur sens « éthique ». L’idéal et l’objectif est donc ce qui se passe sur le PNR de MilleVaches : la charmante chargée de mission a cité au moins trente fois l’IEO dans son intervention sans jamais citer personne d’autre: désert associatif, monopole ou pensée unique ?
Nous sommes donc dans la deuxième étape de la reconquête culturelle occitaniste : la première était de mettre en place une graphie que les locuteurs naturels ne pouvaient pas comprendre (on élimine les faibles mais surtout les ploucs), dorénavant on élimine ceux qui ne pensent pas « correct » ou que l’on veut faire admettre comme dépassés par la modernité (les associations locales) par le stratagème du professionnalisme et par la force relative que donne la subvention publique. Les deux sont filles de la même idée générale : l’élimination de ceux qui dérangent. Qui restera t-il à la fin ? Dix chargés de mission (sur les 2 départements) ne parlant même pas tous la langue mais au moins seuls pour décider ? Bel avenir !!! Je le répète : le jour où en Occitanie on mettra en place une vraie démocratie et où l’on prendra véritablement en compte les gens, tout ira mieux. Dans l’état désastreux de la langue et de la culture, on a besoin de tout le monde, comment faut-il le dire ? - quela brava SetmanaJF n'est pas le seul à me faire le reproche d'une attaque trop "frontale" contre "cette pauvre Setmana qui fait ce qu'elle peut". Effectivement mes propos quelques peu venimeux devaient être dus à un fort agacement après la lecture de cet article "languedocianisé". Mais peu importe, c'est surtout le contenu du journal qui ne m'intéresse plus finalement, et ça après tout on s'en fout, il y a des lecteurs de Libé, d'autres du Figaro, d'autres de la Setmana, moi je ne lis aucun des trois. Peut-être bien que La Setmana est dans une situation catastrophique, qu'elle tourne à deux ou trois personnes dont aucune ne sait écrire l'occitan limousin. J'en étais resté à l'époque où ça tournait pas trop mal, il y a quelques années.

Mais comme effectivement je n'aime pas tirer sur les ambulances moi non plus (même si j'ai parfois l'air d'un gros tustaud dans mes commentaires pas toujours très fins), allez je fais publiquement un mea culpa presque tout à fait sincère.
On peut tout de même se demander pourquoi aucun occitaniste limousin, même pas l'IEO Lemosin), n'est en lien permanent avec ce journal... Non allez j'arrête, c'est pas le sujet... hé hé... - La critica qu'es…@ ’quela brava setmana

Ne sabi on èi legit que ne calèva pas jamei se desencusar pr'amor qu'èra ua pròva de flaquèr !
A perpaus de La Setmana, que serà un plaidejat pro domo dens la mesura que i collabòri a gratis, e cada setmana, desempuish 1996 e qu'escrivi l'editoriau / editorial ua setmana en occitan lengadocian e ua setmana en occitan gascon ; se ne l'escrivi pas en occitan lemosin o un aute parlar es que'm senteishi pas pro aluserpit ende aquò.
Que i autes benevòles que collabòran regularament com, per exemple, lo Jean-Jacques Fénié qu'escriu en occitan gascon de las lanas. Que ne i a tanben que, de quan en quan, envian un article.
Los professionaus ne son pas son que dus e, cada setmana, que cau har víver lo setmanèr.
Ende / entà la lenga que's pòt trobar dens lo jornau, qu'es aisit de criticar e de díser qu'es un occitan de farlabica, que ne saben pas escríver, que los tèmas causits ne valen pas arren, etc.
Mès ne pòden pas (ar)regretar que la lenga desaparesca e criticar los qu'ensajan desempuish mei de quinze annadas ara de har víver la nòsta lenga e de la promòver.
Qu'avem de besonh de literatura (romans, poesia, etc.), d'estudis saberuts (com lo proto-gascon a l'espròva deu temps e deus tapuscrits o L'abòr (la devarada) en çò deus trobadors avant la vaduda (neishença) de Guilhem IX). Qu'avem besonh de tot e dens domenis divèrs e variats.
Mès se volem socializar la lenga, qu'avem besonh de mejans modèrnes (premsa, tele, etc.).
Que seré hèra bon d'aver articles en occitan lemosin o auvernhat o un aute parlar ende comentar un libe, ua pèça o balhar lo son punt de vista sus la politica o la religion o l'occitan… e atau de har véder au monde que ne i a pas unicament l'occitan lengadocian (los lengadocians que hèn com los Estatsunidencs damb lo mot « America »; qu'an anexqat lo mot « occitan » sens se rénder compte qu'aqu`ò pòt, a còps, estar contra-productiu !)
N'es pas complicat ; que sufeish de prénguer contacte damb La Setmana e de perpausar los son servicis.
Ne i a pas nada moneda a gahar ; ne i a pas nada celebritat a aquesir… Sonque criticas a recéber !
E benlèu lo sentiment d'aver hèit un "pitit" quauquarren ende la nòsta lenga « amb de paubres sons, amb de paubres mots »… - @GavaudanMerces per quela responsa, plan ben argumentada.

Tot de mesma quela frasa me platz gaire:
"Mès ne pòden pas (ar)regretar que la lenga desaparesca e criticar los qu'ensajan desempuish mei de quinze annadas ara de har víver la nòsta lenga e de la promòver."
Podriam pas criticar 'n'accion militanta occitana, o ben un jornau occitan, o ben un artiste occitan? Qu'es ben çò me fai un pauc degreu dins-t-un certan mitan occitanista.
Sei d'accòrd, dins lo fons, a'que çò que disetz : fatz d'esforç despuei d'annadas per far viure la linga dins vòstras pajas, e pense ben que 'dobar un tau setmanier, li trovar dau contengut, lo far tener financiarament etc. quò deu estre plan malaisat, mas pense qu'am lo drech de dire qu'un aima pas io legir tot en trovant ben que quò existe, non?
Vòstra responsa mand'a-t-un autre problema, mai globau : coma se fai-quò que tot bon occitaniste lemosin sapche pauc o pron revirar son parlar en lengadocian, e que lo contrari s'encontre tant rarament ?
Mas bon, fodria pas chabir queu fiau de comentaris a'que 'na discussion fòra-sujet... (mesma si lo problema de la premsa occitaniste (que ten dins dos titres : La Setmana e Occitans! junha queu de la linga faci'au modernisme...) - comparason…@ ’quela brava setmana

"Podriam pas criticar 'n'accion militanta occitana, o ben un jornau occitan, o ben un artiste occitan? Qu'es ben çò me fai un pauc degreu dins-t-un certan mitan occitanista."
De segur, me soi mal exprimit e voliái pas far de pena a degun. Òm pòt criticar e òm deu criticar, qué que siá e qui que siá, mès, tròp sovent, es l'alfa e l'omega dels Occitans (quitament quand son occitanistas) per far pas res…
Te coneissi pas e donc pòrti pas cap de jutjament sus tas accions per la lenga e lo demai o sus tas rasons ( se ne i a) per te'n desinteressar.
Per çò que de la capacitat a parlar un parlar diferent del sieu, pensi que s'es totjorn trobat aital ; los Lengadocians son mai nombroses e, en consequéncia, pensan benlèu qu'an pas a aprene los parlars periferics (!) La lei del nombre !
Comparason es pas rason mas…
Tradicionalament, lo "bon" anglés es l'anglés britannic e, especialament lo Queen's English, e, en los Estats Units, traparàs pas jamai (a ma coneissença) una gramatica "estatsunidenca ; serà una "English grammar".
Es vertat tanben qu'un que parla lo Queen's English serà comprés pertot dins las colonias d'un còp èra mas lo qu'a un accent texan, per exemple, ne n'es pas autan segur…
Per acabar, sabèm totes que lo Parisenc a pas cap d'accent !
QUand montam a París, son contents de nos dire qu'avèm una parladura que canta.
Quan nos venon visitar "en region", sèm totjorn nosautres los qu'an una parladura que canta. - amont-nautCher MP

Simplement pour te réchauffer la mémoire : combien de fois sommes nous allés aux réunions de Viure lu parc, ante quò n’en ‘chabava pas de bargassar per ren…. Vene de la Montanha e per s’en tornar doas oras de chamins e pas daus melhors … où en sommes nousaujourd’hui ??
Autre rappel le jour du colloque « historique », comme tu le nommes, j’ai dit clairement qu’il y avait des possibilités financières pour faire fonctionner les associations qu’elles soient locales ou régionales, petites ou plus grandes, mais encore faut-il se remuer pour aller au charbon, se faire violence, avoir des projets et les porter ! Pour rappel l’IEO Lemosin a démarré (en 1998 et 1999) avec mes Assedics e n’eran pas gras.
J’espérais, des attentes de ta part, de l’envie, de l’ambition, des propositions … tu t’es déjà replié sur toi-même ... mon paubre…
Autre détail si la charmante chargée de mission du PNR Miuvachas à cité trente fois l’IEO dans son intervention c’est qu’il n’y a personne d’autre que nous sur ce territoire, en terme de culture occitane et à l’occasion montes faire un tour par chez nous. S’il y a une véritable prise en compte de l’occitan dans la Montagne c’est aussi parce que nous avons été capable de nous faire écouter et d’être crédible en proposant de véritables projets, d’en réaliser certains et pourtant la langue y est en fin de vie.
Que dire de mai, ieu que z’ai pas l’abituda de passar dau temps subre la blògòsfera ... te laissa MP fau que n’ane veire mon fuec. - ConcrètementAdmettons que tu dises vrai et que sur le PNR de MilleVaches, il n’y ait pas d’associations occitanistes (ou d’associations culturelles tout court). Il y aurait donc une grande différence avec le PNR Périgord-Limousin qui en a. Et effectivement, lorsque l’on cherche à mettre en place quelque chose et que l’on est plusieurs, il faut au départ passer un peu de temps en discussion, c’est peut-être cela le début de la démocratie. Mais le résultat fut positif, la preuve. Je connais le problème de l’IEO Limousin, c’est le besoin de financements, je ne l’ai jamais contesté, je le comprends et ne le conteste toujours pas. Ce que je conteste, c’est l’envie de se retrouver seul et c’est cela que j’estime opposé à la culture qui doit par essence être partagée. Il faut accepter que d'autres existent localement sinon la culture est morte. Et qu’était la journée de vendredi, sinon une journée de discussion, tu l’estimes positive parce que tu y as trouvé une source non négligeable de financements, c’est tout, c’est la différence avec les discussions du début du PNR qui étaient bénévoles, autrament qu’éra tanben dau bargassatge… Personnellement et comme bien d'autres ce jour-là, j’ai perdu une journée de travail pour y assister donc je continue personnellement le bénévolat… C'est notre différence fondamentale, mais bon avec si peu de crédits, on arriverait pas tous à vivre...

Tu dis : « J’espérais, des attentes de ta part, de l’envie, de l’ambition, des propositions … » Mon envie est intacte, je te rassure, mes attentes réelles, l'ambition pour ma culture gigantesque, mais le contexte n’y était pas, journée trop chargée, pas assez concrète. A quel moment aurait-on pu faire entendre nos attentes ? Quant aux projets, je les défends et j'en porte encore beaucoup, bien sur, je communique moins que d'autres, pas le temps... Tu dis « tu t’es déjà replié sur toi-même ... mon paubre… » (je comprends pas trop le "déjà" et que de condescendance dans "mon paubre"), cite moi une seule proposition concrète qui a été faite dans la journée et à laquelle pour une raison ou pour une autre, le monde associatif aurait pu s’associer. Cite moi d’ailleurs une seule proposition concrète faite dans la journée.
Tu as rason, ton fuòc deu eitre crebat... - E ben pitit tu ses pas vontos !Au mp

A nom de diu ! ‘L’es un pauc pebrada quela-quí ! Non mas dija Micheu tu te fotes de nos ?
Alors là mon vieux, moi qui lundi ait franchit le pas d’écrire pour la première fois sur ce blog (dont je suis depuis longtemps un lecteur assidu, passionné et bien souvent sur le point de prendre le clavier), je le fais à fond mon dépucelage de contributeur ! Vei-me quí tornat, e dins ‘na brava maliça queu còp !
C’est que, petit, tu nous loupes pas mon ami ! Ce que je regrette particulièrement c’est que quand je vois ce que ton message contient d’amertume, de vacheries balancées et de colère contenue je me demande bien pourquoi tu n’as pas été aussi prolixe à cette dite journée. De quoi avais-tu peur, nous n’avions pas embauché des nervis pour étarassouner les esprits facheux ? Nous l’avions dit auparavant, nous en avions même parlé au téléphone tous les deux, cette journée n’avait pas d’autre but que de montrer comment par des exemples concrets pris ici et ailleurs on pourrait (conditionnel) envisager (ça reste prudent) des actions de valorisation de la langue d’oc plus efficaces et enfin portées par les élus et institutionnels sur le PNR Périgord-Limousin. Cette journée – que nous n’avons jamais qualifiée ni considérée comme « historique montrant la voie et l’avenir», te fous pas de nous s’il te plaît – était aussi l’occasion pour les associatifs de pays de nous faire part de leurs attentes, frustrations, projets… Et là, on peut pas dire qu’on ait été submergé par les unes ou les autres, pourtant trois heures de débat l’après-midi ça aurait permis d’en pételer de la besogne !
Mais quand je vois que deux jours après, quand un blog te permets de te désinhiber, que tu n’y vas pas avec l’échine du cuiller et nous admonestes à grand coups de « on a besoin de tout le monde, comment faut-il le dire », E diu, e diu, e diu ! Quò me leva la crotz de l’eschina !
Puisque tu nous invites au débat si obligeamment (je prie les lecteurs de ce blog de nous excuser de laver notre linge sale devant tout le monde, mais c’est pas moi qu’ai commencé) voici quelques réponses à tes remarques :
Je ne reviendrai pas longuement sur le soi-disant « colloque « historique » en Limousin qui devait montrer la voie et l’avenir », juste pour dire que c’est bien mal nous connaître que de croire que nous nous faisons encore des illusions sur notre avenir, mais aussi, pis encore, que nous ayons le goût de l’œcuménisme.
« […] Bien des associatifs ou individus ressentent de la frustration après cette journée et « les croqueurs de pommes » certainement aussi. » dis-tu. Benleu ben, mas perque diable es-quò que degun n’a drubit la gòrja ? Perque ? E perque tres jorns apres ? Je me revois encore vers la fin de l’après-midi prendre le micro pour regretter justement le manque de participation, de remarques, de réactions (hostiles ou pas) de la part des gens du terrain et les inviter à dire leur son de tête parce que justement, je me doutais bien que des voix discordantes se taisaient (tu vois, Michel, on se connaît bien, depuis les temps, tu penses !). Mas ren, coma si i’avia metut n’eschinla a mon cuu…
Je n’ai malheureusement pas pu suivre les débats du matin de très près, aussi des choses ont pu m’échapper mais j’aimerais savoir, Michel, qui a dit que l’on voyait localement toujours les mêmes associations, incapables de surcroit de comprendre quoi que ce soit des enjeux. ? Qui et quand ? De deux choses l’une, soit nous avons très mal exprimé nos points de vue et avons fait de l’agressivité sans nous en rendre compte, c’est possible, soit, comme tu le dis, vous avez mal compris les enjeux en plus d’avoir les oreilles près du bonnet. Il faudrait avoir un avis extérieur pour départager les deux parties visiblement irrémédiablement opposées.
J’en étais là de mon argumentaire sur ton premier message quand, clapatau ! ven de ne’n tombar un autre en responsa a lu dau braiaud. Anes, ‘na cocha de mai… Il va me falloir répondre aux deux maintenant, exercice de haute voltige littéraire pour un piètre débateur comme moi. Mais tant pis, je ne m’arrête pas, je suis en rogne ! Et le plus malheureux c’est que ça me passe pas. ! Depuis ton premier message, Michel, je me suis brégé avec notre femme, j’ai calotté les gouiats, bombé notre chat et échambé une poule qui était au chemin. Quò ne vai pus, quò ne vai pus, i’oblude de barrar la clau dau barricon, de metre dau boesc dins la cosiniera, de rentrar ma chamisa dins mas malinas, de baissar sos la sopa quand ‘la bulh, quò ne vai pus Micheu, quò ne vai pus !
Le plus fort dans ton dernier message c’est que tu ne nous croies pas quand on te dit qu’il n’existe pas d’autres associations occitanes menant du travail de terrain sur le PNR Millevaches. « Admettons que tu dises vrai… » si c’est pas de la suspicion ça ! On te le répète, en dehors d’associations du patrimoine qui s’intéressent à l’occitan à des degrés divers, il n’y a pas, et de loin, la richesse en associations occitanes que l’on connaît en Périgord-Limousin. La langue est bien mal en point là-haut et les militants n’y sont pas épais. Tu sembles en douter (forcément des mercantiles de la pire espèce comme nous, avides de reconnaissance et de subsides publics !) mais nous n’y avons assommé personne, ni dissous aucune association. Nous y avons eu, de fait, les coudées franches et personne (degun tu m’auves ?) ne s’y est plaint de nos actions.
Mais alors, ici, c’est différent, ici on veut faire une OPA sur les autres associations occitanes, ici on veut tout bouffer et s’asseoir sur l’existant ! Mas, mon paubre (je reprends le terme condescendant) ici nous n’avons jamais réussi depuis 2003 à mettre en place une action durable et concrète sur ce territoire ! Alors pourquoi nous montrer les grosses dents, sommes nous allés bouffer les croquettes dans vos gamelles ? Tu oses dire que par le stratagème du professionalisme on veut éliminer ceux qui dérangent, ceux qui sont dépassés par la modernité, les ploucs en somme, et ça c’est véritablement outrageant et se foutre de nous ! Tu nous connais ou pas ? N’oublie pas que je suis aussi du territoire que je le connais et le pratique aussi bien que toi.
Mais, bon sang, où et quand avons-nous dit que nous voulions nous retrouver seuls ? Et tu as été assez bête pour gaspiller une journée de travail, écouter ça et ne rien dire ? Non, c’est pas possible de te laisser dire ça, Michel… Je ne comprends pas…
Un dernier mot sur les propositions concrètes. Une fois de plus tu dis que rien n’a été proposé, rien de ce que tu voulais entendre peut-être, mais, tout de même, des pistes de travail ont été données sur les possibilités de financement, sur la collecte de la mémoire, les labels, la signalétique ! Rien de révolutionnaire surtout dans ce que le PNR semble en avoir retenu, malgré quelques (petites) prises de position de sa part :
- la prise en compte systématique de l’oc dans le développement du label « marque Parc »
- Incitation à la mise en place d’une signalétique bilingue cohérente auprès des communes ou communauté de communes.
- Partenariat avec le PNR des landes de Gascogne sur la prise en compte de l’oc dans le développement touristique du territoire.
C’est à nous (je parle aussi des associations de pays) de fissouner désormais le PNR pour que ces propositions se mettent en route rapidement, efficacement si possible et pour qu’ils s’engagent plus largement. Vœu pieux ? A saber…
Mais dis moi, et toi, et toi, as-tu fait autant avancer le débat depuis tant d’années de palabres et d’attermoiements ?
J’arrête là, j’en peux plus de ces querelles de pauvres qui s’entredéchirent autour d’un agonisant pour savoir où sont cachés ses 3 ou 4 bons du trésor.
Qu’es a purar… - quante qu'es copat...qu'es chabat!

Mas qui a fotre chijat dins quilhs linçòus per que sian entau sales?
Pense que quò fai pas de mau de io lavar, siria-t-i en public, l'internet maugrat sos lot d'esmaliment mai d'insurtas fai dau ben per quò... Qu'es vrai qu'a l'enchason de queu tipe de jornadas, de sicliadas (d'assisas oc-es fau un pauc de pan-lemosin) lu monde escoten suvent sens ren dire, sens gausar (oc-es fau aitot dins lu pan-occitanisme) la deibrir, fau dire que queu mitan es tant pitit dins la region (qu'es ben 'qui nòstre malur) que vo'es pas totjorn te far diets enemics sur la quinzana de militants lemosins... Nòte tot de mesma beucòp d'umor dins la responsa dau Vinhaud (qu'es pas gròs en veritat), e qu'es totjorn plan agradiu (agreable) a legir (lire)...
@Andriu Gavaudan
Vòle pas far un concors de qui pissa lu mai luenh, fau çò que pòde per la linga dins mon canton, segon mas disponibilitats de temps (que son pas tant larjas que io voldria), e me desinteresse pas de la linga nimai de las accions en sa favor, qu'es mas que n'ia quauqu'unas que m'interessen pus gaire... - Prise de paroleJe ne veux surtout pas prendre une position partisane d'un côté ou de l'autre quant au déroulement des Rencontres. Je pense que toute action menée, en l'occurrence ces Rencontres, vaut le coup quoi qu'il advienne.

Je veux juste dire que c'est pas toujours facile de prendre la parole dans ces assemblées parce-qu'il y a du monde, parce-qu'on ne veut pas faire de vagues etc. Pour ma part, je me suis abstenu de prendre la parole au sujet de la labellisation du supermarché parce-que j'ai avant tout estimé que je n'avais pas la légitimité pour le faire et surtout je ne me sentais pas l'âme et l'énergie d'entrer dans une controverse si jamais c'eût été le cas. J'attendais un plus vaillant que moi pour prendre la parole peut-être.
Par contre j'aurais apprécié que le débat soit davantage orienté, que les organisateurs ou le modérateur suscitent des avis divergents (non pour prendre parti pour les uns ou les autres mais pour avoir une vision plus générale) par exemple ou ébauchent une problématisation alors qu'on a essentiellement assisté à l'expression d'un seul point de vue mis à part une intervention sans doute.
Si c'est bien une critique de ma part, ce n'est pas un reproche.
J'avais cru remarqué que les membres de l'IEO du Limousin étaient assez attachés habituellement à la culture paysanne qu'ils estiment indissociables de la langue, c'est pourquoi il m'aurait semblé intéressant de problématiser davantage. Je le répète, je n'ai pas pour ma part de réponse absolue mais seulement relative. Au sujet de la labellisation du supermarché, je ne vois absolument aucune raison d'interdire le label à un organisme qui en fait la demande (au nom de quoi?) mais je pense qu'il serait bon de créer une valeur ajoutée au label pour les petits paysans producteurs etc. en lui adjoignant une mention je ne sais trop de quel ordre (label langue et culture de pays ?)
Fau que l'i n-ane aura. - mas 'na questioncamben i avia de monde a quel'assisas? li poguei pas 'nar, malurosament, mas voldria ben saber si quo faguet venir dau monde? en defora daus intervenants e daus organisators, camben de personas?

Per alhors, es-que i'avia dau monde pas coneguts dau mitan? dau public "lambda" vengut veire ço que se passava?
Vos mauprenetz pas surtot, qu'es pas orientat coma questions, qu'es mas per saber e mielhs comprener ço que li s'es passat a quela jornada. (precise perque tot lu monde es un pauc nervos aqui...) - Dau mondeMa fe, l'i aviá un pauc de monde, sabe pas dire, benleu 60 personas, dau monde abituat dau mitan occitanista, quauques elegits e puei dau monde dau parque, daus Bretons e Roergats tanben. De la gent de Sant-Matiá o d'alentorn ? pas gaire m'es 'vis mas sabem ben bien que la gent dau canton venen pas qué que perpausam.

Lo jorn que la gent dau país vendràn... mas era-quò fach per que vénian ? Qu'era d'abòrd far per far se rescontrar elegits e gent de l'occitan manca benleu l'espectacle dau ser.
D'autras manifestacions organizadas per l'IEO son mai fachas per lo grand public. - @ Jean-FrançoisVau pas te ‘pelar « lu gròs Vinhau » tot parier.

Il n’y a aucune colère, ni ressentiment dans ce que j’écris, j’essaie de faire une lecture (personnelle c’est vrai mais froide si si) de la situation, je pourrais en faire une autre qui tiendrait tout à fait la route mais pour l’instant, je m’abstiens.
Reprenons calmement :
Le matin Patrick Ratineaud (je le cite car je crois que ça ne le gênerait pas et le matin même je lui ai fait une réponse publique) a dit que comme sur le PNR on voyait toujours les mêmes alors le PNR avait décidé de faire venir des gens d’ailleurs (je pense qu’il parlait de la Compagnie du Parler Noir, l’année précédente). Le fait qu’on voit toujours les mêmes ne doit pas être une raison pour ne plus s’occuper d’eux et je ne vois pas comment on peut structurer et faire évoluer le terrain, si passés 4 ou 5 ans, on ne soutient plus véritablement les acteurs locaux. Donc l’IEO n’était pas directement visé (ouf !).
Pour les propositions concrètes que tu cites, je redis qu’elles ne concernent pas véritablement les acteurs locaux si ce n’est pour quelques aides à la traduction. Mais sur la plupart, les enjeux et les décisions les dépassent. De plus, et tu le sais comme moi toutes ces pistes étaient déjà dans les tuyaux. Donc comment implique t-on les acteurs locaux dans ce plan ? Quant au fait de dire ou de ne pas dire les choses, je reprécise que le contexte ne s’y prêtait pas vraiment et c’est bien pour cela qu’on a surtout entendu les mêmes. Et puis même si ça t’étonnes, on n’est plutôt disciplinés ici alors si la conversation ne vient pas directement dessus, on ne veut pas déranger non plus, fau ben que nos siam un pauc lemosins tot parier.
Tu dis au sujet du PNR Mille Vaches : « ...en dehors d’associations du patrimoine qui s’intéressent à l’occitan à des degrés divers, il n’y a pas, et de loin, la richesse en associations occitanes que l’on connaît en Périgord-Limousin. » C’est exactement ce que je dis et cette richesse, il faut la faire fructifier. Donc implication maximale des acteurs de terrain. Règle n°1 : la langue ne vit que si elle est parlée et partagée.
Tu dis : « Mais dis moi, et toi, et toi, as-tu fait autant avancer le débat depuis tant d’années de palabres et d’attermoiements ? » C’est pas gentil du tout mais en vérité c’est trop d’honneur, laisser croire que j’étais seul sur le terrain depuis tant d’années et que le PNR est finalement au niveau des associations occitanes très dynamique (parce qu’il y a une petite contradiction dans tes propos). En réalité, il l’a toujours été. Et non, aucune personne ne fait rien toute seule, ce que les associations locales ont fait, c’est qu’elles ont préparé le terrain pour le futur, elles l'ont mis dans le sens de la marche. Jean Daniel lexicologue Périgourdin très connu (2 dictionnaires dans les années 1900) avait dit « Ai eiboijat com’ai pogut, d’autres bladaran ». Donc nous avons bien travaillé, bien défriché, mais comme on n’est collectivement pas tout à fait mort (je touche du bois), n’aimariam bien bladar un pauc coma vautres si qu’éra possible.
Juste une remarque, il faut savoir être responsable parfois, et accepter qu’il puisse y avoir 2 ou 3 choses à redire sur ce que l’on a fait. C’est pas une question de 3 jours, tu me l’aurais demandé le soir même, je te l’aurais dit pareil e còp sec.
Espére qu’après queu comentari tu n’eicoaras pas lu chen, eifafalharas pas las polas, faras pas virar lu lach de la chabra, menaras pas la tròia au boc e plan mai… - E diu dins tot quò qui ?Ai ben tot legit ou peut-être me faut-il écrire èi bin tou lézi, je ne sais plus trop bien.

Una chausa es segura sei un pauc estonat per totas quelas reflexions un pauc maujauventas.
Ieu ere content dau debat de l'aprep miegjorn, pòde pas dire per l'enmatin que trabalhave.
Fugui content de puesser debatre, de veire d'experienças vengudas d'alhors, de sentir que lo president dau PNR coma lo director avian la volontat de far quauquaren non pas per l'occitan màs emb l'occitan dins l'encastre dau Parc.
Màs a vos legir quò me fai calcular !
Me ven una question a vos pausar, que dise una, tot plen, e sens paguna provocacion de ma part las vos pause aqui e ne'n faretz çò que voldretz.
1- Que voletz far de la lenga d'oc (dise la lenga e non nòstra o vòstra lenga, la lenga aparten a degun) ? Qual avenidor li voletz bastir ?
2- Que voletz far per la lenga d'òc (es un pauc la seguida de la prumiera question) ? Es que JC Dourdet devrà chausir dentre los enfants dau collegi, e ensenhar nonmàs aus qu'an de parents e daus grands occitanofònes ? Es que Joan Dau Melhau deu contunhar d'escriure e de chantar en occitan (e de se far paiar per quò qui, çò qu'es ben normau) puei que la lenga es mèorta lo jorn onte , ... lo buòus, ..., ? Perqué contunhar de contar per Joan Claudi Jarry o Odette Marcillaud ( e Diu sap quantben los aime quilhs dos) davant en saubre que dins lo public i aurà de monde que se'n van far lors 'chaptadis a Auchan o Carrefour.
3- Ieu que sei nascut dins lo Val de Marne, qu'ai passat mon enfança coma daus algerians dins la zòna dau Miralh de Tolosa, ieu a qui lo pair a pas parlat la lenga, es que ai lo drech a lenga occitana ?
4- L'occitan deu èsser definitivament una lenga de la bòria ?
5- Es que deven viure dins nòstres sovenirs ?
6- Es que i a un avenidor per la lenga occitana en defòra dau canton de Piagut ?
7- Es que nos faudrà demandar au ministeri de l'educacion un capes de perigordin, de limosin, de parlar en é, de parlar negue, vert, roge,...
8- Es que los emplejats d'Auchan an lo drech de demandar una formacion en occitan dins lor entrepresa. Es que an lo drech de voler veire la lenga que consideran coma lora, apareisser sus lors murs e dins los pòsts de la botiga ?
9- Es que quauqu'un que chanta en lengadocian o provençau es occitan, quauqu'un de nòstra familha, o ben tot un estrangier ?
10- Es que i a pas pro d'artistas d'expression occitana per emplir una ora d'emission de radiò ?
11- Perquénombre dentre v'autres parlan totjorn au passat e pre'que jamai au futur ?
12- Un artista qu'es aquò ?
13- Es una bona o una meschenta chausa de veire las regions, los despartaments, las comunas, s'ocuppar de la lenga d'òc ?
14- Los bretons, los bascs, los catalans, son-t-ils mai fins que n'autres ?
15- Qu'avetz fach per que la lenga occitàna aquessa un vertadier pervenir (anem, demest la darriera annada per exemple)? Quò rend umile quand n'i pensan, non ?
Anem vos laisse aqui a vòstras meschantas umors, a vòstres repapiatges, e me'n vau trabalhar.
Urosament que tene una fè prigonda per l'occitan se que non a vos legir (daubuns pas tots) auria laissar la radiò e los 30 000 auditors chade dimenc, auria laissat mos 140 escòlans d'occitan, e me prendria pus la testa emb tot quò qui.
Mà mesfiatz vos quauques uns. Zo vos dise seriosament. Les arguments que vos employez ici sont du pain bénit pour les jacobins et autres mélanchonistes de bases. Ils sont bons aussi à décourager ceux qui sincèrement veulent aider l'occitan à reprendre sa place dans notre société.
Tenetz vos fiar, Martial. - Sens diu ni mestreMarçau fau queraque pas migrar entau.

Fau pas s'esmalir tanpauc, rassegura-te, l'i a pas degun aquí per vuelher mau a la linga occitana (afen crese ben).
Mercés ben per ton messatge que pausa de las bonas questions. Vau taschar moian de l'i respóner. Responde nonmàs per me, los autres, sabe pas çò que pensem.
"E diu dins tot quò qui ?"
Sens Diu ni mestre coma diriá l'autre.
"Ai ben tot legit ou peut-être me faut-il écrire èi bin tou lézi, je ne sais plus trop bien."
Perqué te faudriá escriure "èi bin tou lézi" ?
"Una chausa es segura sei un pauc estonat per totas quelas reflexions un pauc maujauventas."
Perque maujauventas ? Quò me sembla gran mau de se pausar quauquas questions totparier, e mai qu'es de neciera. Quò vòu pas dire que n'aiam las responsas (afen, ieu ai pas las responsas, çò que m'interessa qu'es las questions nonmàs).
"Ieu ere content dau debat de l'aprep miegjorn, pòde pas dire per l'enmatin que trabalhave."
Ieu era pas gaire content que l'i aguessa pas pro de debat mas quò vòu pas dire que las Rencontras fuguessan pas d'utilitat, au contrali.
"Fugui content de puesser debatre, de veire d'experienças vengudas d'alhors, de sentir que lo president dau PNR coma lo director avian la volontat de far quauquaren non pas per l'occitan màs emb l'occitan dins l'encastre dau Parc."
Ai pas demorat pro temps per zo puescher dire mas as queraque rason.
"Màs a vos legir quò me fai calcular !
Me ven una question a vos pausar, que dise una, tot plen, e sens paguna provocacion de ma part las vos pause aqui e ne'n faretz çò que voldretz."
Veiquí de qué nos carcular quauqu'un pauc :
"1- Que voletz far de la lenga d'oc (dise la lenga e non nòstra o vòstra lenga, la lenga aparten a degun) ? Qual avenidor li voletz bastir ?"
Ieu m'ai pas jamai sentit lo proprietari de questa linga. La linga aparten a degun mas exista toparier pas sens sos locutors quaus que sian. Remercie ben mos grand-parents de me l'aver facha auvir questa linga.
Ne'n sabe ren, me, de çò que ne'n podrián ben far de questa linga, m'es 'vis que qu'es fotut mas quò empaischa pas de l'ensenhar, veiram ben si reviscòla un jorn o l'autre.
2- "Que voletz far per la lenga d'òc (es un pauc la seguida de la prumiera question) ? Es que JC Dourdet devrà chausir dentre los enfants dau collegi, e ensenhar nonmàs aus qu'an de parents e daus grands occitanofònes ?"
Pensa-te, sei anglofila e "lingofila", los Occitans dau País me farián queraque cremar per quòquí. M'ai pas jamai pensat qqr entau que faudriá pas ensenhar aus goiats que sirián pas dau país. Espere que creses pas quòquí de me, quò me fariá degreu. Ensenhe la linga tant coma pòde a los que voudràn ben l'apréner d'ente que vénian.
"Es que Joan Dau Melhau deu contunhar d'escriure e de chantar en occitan (e de se far paiar per quò qui, çò qu'es ben normau) puei que la lenga es mèorta lo jorn onte , ... lo buòus, ..., ? "
Melhau fai ben coma vòu. Per se, la linga es tot coma mòrta e qu'es per quòquí qu'eu a chausit d'escriure dau biais lo mai passat de mòda possible. Zo me disset un jorn : "Puisque plus personne ne parle et ne lit, autant écrire de la manière la plus archaïque possible." Eu ajostet tanben : "C'est une erreur de croire que l'on réussira à amener les locuteurs à la lecture."
Sei pas de bana coma se que sabe ben bien que la linga se parla d'engueras, per quant de temps, sabe-ieu ? La gent legissen pas gaire per contra.
"Perqué contunhar de contar per Joan Claudi Jarry o Odette Marcillaud ( e Diu sap quantben los aime quilhs dos) davant en saubre que dins lo public i aurà de monde que se'n van far lors 'chaptadis a Auchan o Carrefour."
Mas, la gent fan ben lor chaptadís ente vòlen, ente pòden, qué quò l'i fai ? Fau ben quauques viatges daus uns chaptadís a Intermerchat, quò m'empaischa pas d'èsser anticonsumerista e antiproductivista. Qu'es mas afar de conviccion personala, vam pas contròllar çò que fan la gent.
Afen, sei mai o mins ecolo, que voletz, qu'es entau... anem sirai cremat 'n autre còp per la gent dau país.
3- Ieu que sei nascut dins lo Val de Marne, qu'ai passat mon enfança coma daus algerians dins la zòna dau Miralh de Tolosa, ieu a qui lo pair a pas parlat la lenga, es que ai lo drech a lenga occitana ?
Aquí, comprene pas ben ton biais de pensar. Degun an pas dich d'interdire la linga au monde que son pas païsans (o benleu "ai mancat 'n episòde").
Ieu m'ai elevat en Lemosin dins 'na familha per part paisana (los grands-parents mairenaus nonmàs, pas los parents, ni mai la granda-mair pairenala que era ponticauda d'a Limòtges o quasi), l'i pòde ren. Benleu que son consanguins dins la familha, vai-t'en saubre. Sabe mas que l'i aguet de la familha en Dordohna l'i a quauqu'uns temps. Mas, sauvat, mon nom es pas occitan, es francés dau nòrd (o benleu breton, n'am jamai tròp saubut), donc sei un sang-meslat, un "métèque" qué, coma tot lo monde quasi !
4- L'occitan deu èsser definitivament una lenga de la bòria ?
Definivament, queraque pas (me diràs-tu ente vas diable cherchar quòquí) zo fuguet pas totjorn mas fau ben dire que qu'es los païsans que l'an entretenguda daicia auei, quò pòt pas s'obludar entau. Après,la linga pòt surtir de la campanha, segur, qu'es 'na bona chausa (e mai si comprene ben que los païsans se sentan "despossedats" que ilhs consideren que la linga lor aparten e fau totjorn se préner garda quand un lor parla en occitan). M'es 'vis que la linga se deu puescher parlar pertot.
5- Es que deven viure dins nòstres sovenirs ?
Aquí, veses, me tiraràs pas mos suvenirs de quand era pitit e qu'auviá questa linga sens saubre p'unpiau çò qu'era queu patois. Qu'es çò que m'a fach aimar l'occitan. Mas los suvenirs empaischen-t-ilhs d'inventar, de crear ? Ieu crese pas.
6- Es que i a un avenidor per la lenga occitana en defòra dau canton de Piagut ?
Perqué ?
7- Es que nos faudrà demandar au ministeri de l'educacion un capes de perigordin, de limosin, de parlar en é, de parlar negue, vert, roge,...
N'i a per zo pensar, ieu sei forçadament contra, mas siriá totparier per taschar moian de conservar quilhs parlars que son tertant de richesas. Afen, sabe ben que quò sirá malurosadament pas possible.
8- Es que los emplejats d'Auchan an lo drech de demandar una formacion en occitan dins lor entrepresa.
A ben quò, qu'es 'na bona chausa que sabiá pas.
Es que an lo drech de voler veire la lenga que consideran coma lora, apareisser sus lors murs e dins los pòsts de la botiga ?
Qu'es pas un mau que quò apareisse sus las pòsts de la "botica" (per me qu'es mai un temple dau consumerisme totparier que non pas 'na botica).
Mas, ten, dija, coma se fai quò que l'i aie de l'occitan a Auchan ?
9- Es que quauqu'un que chanta en lengadocian o provençau es occitan, quauqu'un de nòstra familha, o ben tot un estrangier ?
Ai totjorn considerat los Provençaus e Lengadocians coma daus cosins linguistics mas los Lemosins e los Provençaus son queraque pas bessons, son tots occitans mas pas bessons.
La gent dau Berri tot coma la gent d'Argentina (ai un cosin qu'a emigrat 'lai, l'i me faudrá 'nar quauqu'un jorn) son tanben daus cosins, pas tant linguisticament benleu mas cosins e mai sian pas occitans.
10- Es que i a pas pro d'artistas d'expression occitana per emplir una ora d'emission de radiò ?
Ben quòquí, fau demandar au Tiston que fai l'emission en Lemosin sus Beaub'fm, que, qu'es se que me disset qu'au aviá bien dau mau per virar nonmàs coma daus artistas occitans.
11- Perqué nombre dentre v'autres parlan totjorn au passat e pre'que jamai au futur ?
Per çò que me 'visa, lo futur, qu'es pas mon fòrt, sei pas tròp futurista, mea culpa. Benleu que sei tròp fatalista. Los autres ?
Considere que lo passat, qu'es çò que permet de mielhs compréner lo present e qu'es desjà pas mau, non ?
12- Un artista qu'es aquò ?
Bona question que ai pas la responsa.
13- Es una bona o una meschenta chausa de veire las regions, los despartaments, las comunas, s'ocupar de la lenga d'òc ?
Qu'es 'na bona chausa mas chamnhará-quò qqr ?
14- Los bretons, los bascs, los catalans, son-t-ils mai fins que n'autres ?
An subretot profiechat d'una situacion sociolinguistica plan mai favorabla que non pas chas nos. Vai-te'n far dire a un Lemosin qu'eu es fier de son país e de sa linga.
Auviràs "Sabetz, chas nos, l'i pas jamai ren que se passa, qu'es pas bien interessant, 'natz veire chas los vesins, qu'es mielhs qu'aquí".
15- Qu'avetz fach per que la lenga occitàna aquessa un vertadier pervenir (anem, demest la darriera annada per exemple)? Quò rend umile quand n'i pensan, non ?
A me gardarai de zo dire mas crese que n'ai fach mon fais. Non, en bon Lemosin, deuriá pusleu dire "Ai pas fach grand chausa, sabetz, mas çò qu'ai pogut nonmàs, qu'es pas beucòp, sabe ben mas afen que vo'es-tu ?"
Per los autres, saubriá pas dire.
Anem vos laisse aqui a vòstras meschantas umors, a vòstres repapiatges, e me'n vau trabalhar.
Urosament que tene una fè prigonda per l'occitan se que non a vos legir (daubuns pas tots) auria laissar la radiò e los 30 000 auditors chade dimenc, auria laissat mos 140 escòlans d'occitan, e me prendria pus la testa emb tot quò qui.
Mà mesfiatz vos quauques uns. Zo vos dise seriosament. Les arguments que vos employez ici sont du pain bénit pour les jacobins et autres mélanchonistes de bases. Ils sont bons aussi à décourager ceux qui sincèrement veulent aider l'occitan à reprendre sa place dans notre société.
C'est très bien tout ce que tu fais Martial évidemment. Je n'ai pour ma part pas la foi mais ça ne m'a jamais empêché d'agir. Il n'y a pas besoin d'espérer pour faire, je fais juste ce qui me semble juste.
Tenetz vos fiar, Martial.
Posté par Martial, 10 novembre 2011 à 10:37














Pour ma part, qu'il y ait de l'occitan chez Auchan ou Leclerc, ça ne me dérange pas, même je m'en fous complètement. Je n'ai jamais pu avoir d'avis tranché là-dessus et m'en suis lâchement désintéressé. Mais la question a été débattue semble-t-il lors de ces Assises à laquelles je n'ai pas pu assister. A dire vrai, je n'ai jamais été vraiment gêné par le fait que ce soit la grande distribution qui "récupère" la langue, j ne m'étais pas vraiment posé la question en ces termes, parce-que je pars u principe que la langue appartient à tous et que j'aimerais justement qu'elle sorte d'un cercle, d'un mitan de quelques centaines de personnes qui dictent ce qui est bon pour elle et ce qui ne l'est pas, même ce qui est bon pour le peuple d'Occitanie et ce qui ne l'est pas. Par contre, je m'étais dès le début demandé à quoi servirait ce saupoudrage de langue en milieu hypermarchien. Je veux dire concrètement, en quoi cela aide la langue ? Sans compter que sans revenir aux histoires de graphies, la question est la même que pour la signalisation bilingue : que quelques jeunes Périgourdins retiennent qu'on dit "Boucharia" ou "Chabatze d'entrare" en occitan, sans en outre forcément faire le lien avec le "patois" de mémé, fait-ce vraiment progresser la langue?
Se pose bien sur cette question du lien aux racines, à la terre, à la ruralité, à la paysannerie. C'est compliqué. Nous constatons que beaucoup de citadins s'intéressant à la langue y trouvent un lien à cette civilisation paysanne presque disparue, à la recherche de laquelle il partent le weekend en fréquentant les foires bio et autres marchés de terroir. Pour eux la langue est une constituante importante (pas essentielle) d'une démarche plus globale de résistance au modernisme débridé et au capitalisme déchaîné. Ceux-là inscriront parfois leur enfant en Calandreta, tant pour Freinet que pour l'oc.
Et puis il ne faut pas oublier les autres, ceux qui n'ont plus de lien avec la ruralité, ceux qui ne se soucient pas de décroissance ni d'agriculture raisonnée, ceux qui n'ont rien à redire de leur vie en ville. Des gens tout à fait coupé du monde rural (et de sa langue donc). On en trouve certainement moins en Limousin qu'en Languedoc ou en Provence, proportionnellement, tant il est vrai que nous avons la chance chez nous d'avoir tout de même une majorité de gens encore liés peu ou prou à la terre, qui aiment leur région, parcourent ses chemins creux et ses villages, dont la famille possède parfois une maison à la campagne, au village familial, où ils aiment le dimanche s'échapper de Limoges, de Guéret ou de Brive. Mais tout de même, malgré tout, la majorité des citadins occitans n'ont plus de lien à la terre occitane. Beaucoup d'ailleurs viennent d'autres régions, sont arrivés là par hasard, parfois par choix mais surtout parce-que "Toulouse ça bouge et c'est tranquille en même temps, c'est cool!" ou que "Marseille c'est la grande ville, mais en 5 mn tu peux te dorer la pilule dans une calanque, tranquilou", je veux dire sans jamais s'être posé la question culturelle, s'être intéressés à la culture traditionnelle locale.
Cependant tous ces gens ne sont pas forcément hostiles, loin de là, je n'ai que l'expérience limousine (qui est peut-être un peu biaisée par le profil décrit ci-dessus : attache affective forte à la région qui est essentiellement rurale) mais j'ai l'impression que minoritaires sont les hostiles à l'occitan, majoritaires sont ceux qui s'en foutent, et entre les deux il y a ceux qui peuvent s'intéresser un peu. On ne peut pas les effrayer ni leur barrer l'entrée sous prétexte qu'ils sont de droite, qu'ils roulent en 4x4 et qu'ils font leurs courses chez Leclerc ou Carrefour. Ces gens-là, disons-le franchement, l'occitanisme a bien du mal à les accepter, à cause de son histoire récente plutôt bien ancré à gauche (Larzac etc.).
Alors c'est compliqué, oui, je n'apporterai pas de réponse non plus, évidemment.
Je voulais ajouter aussi que quand on annonce aux derniers locuteurs naturels et à leurs enfants (qui ont donc la cinquantaine passée maintenant) qu'on va écrire des choses en "patois" au supermarché ou encore qu'on enseigne leur "patois" à l'université, il y a une réaction généralement tout à fait ambivalente : ils sont fiers, c'est comme un pied-de-nez au mépris qu'on a si souvent eu pour leur langue par le passé, et puis en même temps ils n'aiment quand même pas trop qu'on se servent de "leur" langue pour ce genre de choses, qu'on les "dépossède" quelque part de leur langue, qu'on la sorte du milieu familial et du monde paysan justement. Tout ça est à prendre en considération, on ne peut pas le balayer d'un revers de main méprisant du genre "ce sont des passéistes, nous on se bouge pour l'occitan!". En tout cas c'est peut-être aujourd'hui possible en région toulousaine, certainement pas en Limousin, Périgord ou Auvergne. Car non chez nous la langue "naturelle" n'est pas encore crevée, et mine de rien beaucoup de locuteurs actifs et leurs enfants (locuteurs passifs) surveillent du coin de l’œil qu'on ne fasse pas non plus n'importe quoi avec leur langue.
ps: j'avais arrêté de lire le journal La Setmana il y a au moins 2 ans car je le trouvais décidément trop centré sur le "mitan", et en plus le "mitan" languedocien et gascon. Je le feuilletais hier par hasard, je vis une interview de Jan-Francès Vinhaud, de l'IEO Lemosin, à propos de ces Assises dont on parle ici. J'y ai découvert que Jan Francès Vinhaud avait répondu à toute l'interview en languedocien central ! Incroyable non? Plus sérieusement, soit il a répondu aux questions en français et la Setmana n'ayant pas un Limousin dans la bande, a tout traduit en languedocien. Soit pire, JF Vinhaud a répondu en limousin et ils ont traduit en languedocien ! Si quelqu'un a la réponse, que je finisse de me forger une opinion sur ce petit journal.