Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales

Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales
If you think education is expensive try ignorance
Se trobatz que l’educacion còsta car ensajatz l’ignoráncia
Mauvais temps pour nous... Et pourtant Dieu sait (s’il sait quelque chose) que nous sommes habitués à en prendre plein la gueule et à courber l’échine (ce « nous », rassurez-vous, n’est pas de majesté, il désigne le collectif de ceux qui œuvrent en faveur des langues minorées de notre douce France). En effet, la déploration, en ces temps de crise, du coût prétendument exorbitant d’un enseignement déclaré à la fois (et contradictoirement) inutile et dangereux est à peu près la seule manière dont sont évoquées ces jours-ci les langues dites régionales. Bien sûr, cette hostilité est assortie – c’est désormais la règle – de formules creuses sur l’inestimable richesse patrimoniale que représentent celles-ci et que nul ne saurait mettre en cause. S’il s’agissait d’autre chose que de formules creuses, il est évident que des propositions seraient faites pour leur valorisation ou promotion. Ce n’est jamais le cas. Ceux qui affirment qu’il est grand temps de mettre un frein à un enseignement jugé à la fois pléthorique (ce qui est consternant, et tout particulièrement pour nous, en Limousin, où l’offre d’enseignement est voisine du néant) et inutile, n’ont jamais aucune idée sur la question de la valorisation et de la transmission, car la seule chose qui les intéresse c’est évidemment de travailler à l’effacement des « patois » (un terme qui revient d’ailleurs dans le débat, voir ici La grande régression) de l’espace public (et souvent privé) : réduction drastique – voire suppression – de l’enseignement, suppression des panneaux bilingues, etc.
En témoignent récemment la publication d’une motion du Parti Gauche et d’un article dans le Figaro qui, sous des formes bien différentes, sont parfaitement consonants. Pour nous, rien d’étonnant, nous sommes habitués à cette alliance sans faille de la droite et de la gauche souverainistes, non seulement sur les questions des langues régionales, mais aussi sur la représentation de l’identité nationale, l’euroscepticisme, l’hostilité viscérale à toute forme conséquente d’autonomie locale et de démocratie culturelle (marqué du sceau d’infamie par le gros mot de multiculturalisme) et donc l’affirmation d’un hypercentralisme monolingue et monoculturel.
Nous connaissons Mélenchon de longue date, ses sorties contre l’enseignement des « patois », déjà lorsqu’il était au gouvernement, son opposition farouche à la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires, sa Fronde triomphale au sénat menée contre l’inscription des langues régionales dans la constitution (voir ses déclarations au Figaro en 2008, et ici même : Langues régionales : le sursaut républicain !)… A la lecture de son bouquin de campagne, Qu’ils s’en aillent tous, nous avons été nombreux à trouver ahurissantes ses déclarations rattachistes sur la Wallonie, sa germanophobie décomplexée et sa franchouillardise de coq de village (voir les passages en question et leurs commentaires sur Médiapart ou sur le blog du vert Bernard Jomier). Je pensais d’ailleurs qu’avec ses pages ridicules et un tantinet inquiétantes sur la Belgique, l’Allemagne et les ambitions d’une France belliqueuse, je possédais un argument massue pour dissuader certains de mes amis de voter pour lui. Ils ne virent pas où était le problème : Mélanchon a raison. Les Wallons parlent français, ils sont maltraités par les méchants Flamands (un ramassis de ploucs fascistes), la France leur tend les bras ! Depuis, je me tais, mais évidemment je n’en pense pas moins, assez interloqué de voir jusqu’à de vaillants occitanistes rouler pour celui qui a toujours été l’un de leurs pires ennemis.
Il est vrai qu’un parti ne saurait être identifié à son leader, que divers courants d’opinion peuvent coexister en son sein... Mais enfin le fait est : cette motion du parti, datée du mois d’octobre, existe bel et bien et circule largement, même si je n'ai pu la trouver sur le site officiel du parti (pourquoi, d'ailleurs ?).
On y retrouve tous les poncifs sur la question et de typiques imprécisions, qui montrent à quel point les gens qui ont pondu ce texte ignorent – ou font semblant d’ignorer – tout de ce dont ils parlent,
La France aurait soi-disant un « cadre législatif protecteur pour les langues régionales » depuis les années Cinquante. S’il y a là une référence à la loi Deixonne, rappelons quand même que cette loi n’avait aucune vocation protectrice, mais autorisait seulement l’enseignement optionnel de quelques langues sans aucune contrainte d’offre. Cette loi est d’ailleurs abrogée et remplacée par une réglementation du Code de l’éducation. Nous sommes donc dans un vide et non dans une protection législative.
Par contre la motion ne fait aucune référence à l’introduction, pourtant purement symbolique, des langues régionales dans la constitution mentionnées comme « patrimoine » de la nation. C’est évidemment parce que Mélenchon était contre, comme on l’a dit.
Ensuite, un argument ridicule, grotesque même : la promotion de l’enseignement des langues régionales relèverait de « l’offensive libérale » généralisée, au sens évidemment du libéralisme économique (le seul qui puisse exister désormais dans notre vocabulaire politique). L’enseignement des langues régionales serait une pièce dans la stratégie eurocratique et capitaliste visant à « transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée ». C’est sûr, ça tombe sous le sens : soutenir l’enseignement public des langues régionales moribondes, c’est participer activement à la marchandisation du monde, c'est favoriser la libre concurrence et graisser les rouages du grand capital. Ne riez pas, c’est le Parti de Gauche qui vous le dit !
J’ouvre ici une petite parenthèse pour signaler que c’est par des arguments similaires, entre autres, qu’un groupe de parents d’élèves de l’école primaire publique de Landouge à Limoges combat la présence de la Calandreta dans les mêmes locaux, dénonçant tout à la fois l’invasion du privé (rappelons tout de même que la Calandreta lemosina, laïque et gratuite, est la seule école en Limousin offrant un apprentissage de l’occitan en primaire) un enseignement à deux vitesses, et le coût soi-disant exorbitant de cette école aidée par la région (je n'évoquerai pas ici d’autres arguments indécents qui relèvent de la théorie du complot et avoisinent la difamation). Ces parents, apparemment membres de la FCPE (quoi que jusqu’à ce jour non soutenus par la fédération départementale de leur association), devraient trouver à leur goût la motion du Parti de Gauche.
Pour en revenir à cette dernière, elle rallume en sus une lanterne encore plus vieille : l’argument selon lequel l’enseignement de ces langues reviendrait à accorder des « droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences », ce qui est une atteinte manifeste à « l’égalité républicaine ». Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Les droits que nous revendiquons sont individuels et non communautaires : le droit pour tout citoyen, quel que soit son origine, son statut social etc. de pouvoir pratiquer des langues qui n’existent évidemment que si on les parle et surtout que si on les transmet dans les territoires où elles sont historiquement pratiquées, et bien sûr partout où la demande en serait exprimée par un groupe conséquent. S’oppose-t-on au développement des écoles de rugby dans le Sud-ouest, au motif que c’est là accorder un droit indu à une catégorie de la population et porter atteinte à l’égalité républicaine ?
L’argument est assorti de l’affirmation idiote et, en réalité de pure mauvaise foi, selon laquelle développer l’apprentissage des langues régionales conduit tout droit au rejet du français : « Dispenser un enseignement public uniquement dans la langue de son choix, y compris en immersion, au détriment de l'apprentissage de la langue commune, le français, signifierait que des groupes entiers de locuteurs ne se verraient enseigner durant toute leur scolarité qu'une langue compréhensible uniquement par une fraction de la population de notre pays ». Rien de cela n’existe ni n’est revendiqué par personne. La pédagogie par immersion, ici visée, consiste à mettre les apprenants en situation de la pratique orale effective de la langue seconde ; cette méthode est appliquée dans des écoles laïques, associatives sous contrat de l’État, et les enfants y reçoivent aussi, évidemment, un enseignement en français ; les enquêtes montrent que leur maîtrise du français est égale, voire supérieure à celle des élèves monolingues, comme c’est le cas d’ailleurs de tous les apprentissages bilingues précoces. Tout cela, les auteurs de cette motion ont bien dû au moins en entendre parler, mais ils préfèrent présenter une image caricaturale et mensongère des écoles immersives, comme lieux où l'on rejette le français.
Ces quelques propos empreints de lassitude (toujours les mêmes bêtises, toujours) suffiront à régler son compte à ce texte faible à tous égard. Voyez aussi, à son sujet, les réactions de Jean-Paul Damaggio, de Réalville dans le Tarn-et-Garonne, militant syndical et blogueur de la mouvance altermondialiste, et surtout la réponse exaspérée des Alternatifs, proches du Parti de Gauche et même associés, d'après ce que j'ai compris, à la candidature de Mélanchon. On peut lire encore la déclaration de Jacques Blin, membre du PCF (et donc du Front de Gauche) porte parole du Réseau Langues et Culture de France). Comme quoi, ça grince bien un peu dans les rouages, et c’est tout de même le moins que l’on puisse attendre.
Pour ajouter mon grain de sel, je me contenterai de renvoyer aux déclarations de Marine le Pen s’opposant aux panneaux bilingues et au développement de l’enseignement, qui datent de 2007 (entre temps il ne semble pas qu’elle se soit publiquement exprimée sur la question), mais sont sans doute toujours d’actualité. La phraséologie est toute différente, qui a cependant le mérite à mes yeux de faire apparaître le nationalisme forcené qui se cache derrière la façade universaliste de tant de militants de la gauche souverainiste : « La tendresse que nous avons tous pour les cultures régionales ne doit pas nous faire perdre de vue les exigences du rétablissement de la Nation française et donc du maintien absolu du français comme seule langue officielle de l’Etat. […] ne nous y trompons pas. Ce ne sont pas tant les langues vernaculaires ou les cultures régionales que défendent les internationalistes de tout poil, ce sont les langues et les cultures minoritaires. Cette situation nouvelle, issue du contexte de la mondialisation, nous sépare d’ailleurs fondamentalement des aspirations au régionalisme qui ont pu, dans un passé déjà lointain, s’exprimer dans notre famille de pensée. A l’évidence, ce serait faire preuve d’un angélisme coupable que d’oublier l’objectif de nos adversaires de détruire les nations pour asseoir la victoire du projet mondialiste. Le bilinguisme régional dans les provinces justifiera demain la signalétique en arabe en Seine-St-Denis et dans les quartiers pour mieux légitimer et installer demain une France en peau de léopard. »
Du fond de sa paranoïa, et au-delà du cynisme machiavélique délirant qu’elle nous prête (nous ne défendons les langues régionales aujourd’hui que pour imposer demain les langues de l’immigration, et notre activité est une couverture sans doute payée et soutenue par les Frères musulmans), le Front National a très bien compris à qui il avait affaire avec la grande majorité des « militants » qui se battent aujourd’hui pour les langues régionales : une racaille internationaliste investie dans le combat en faveur des minorités. Il me semble que c’est quand même sur ce point que vous devriez vous accorder avec le Front, chers amis de gauche (ou prétendus tels) qui craignez tant que les « régionalistes » ne détruisent la France : la revitalisation (le Front parle de « restauration ») de la nation, de l’esprit national, de la culture nationale, comme excluant par définition tout élément de culture échappant au monolinguisme. Et c’est évidemment cela que nous autres exécrons et subissons (car votre connerie est hélas indubitablement dominante) : une conception de la nation monocolore, monocorde et monomaniaque, qui combat les aspirations plurielles d’une société plurielle, c’est-à-dire récuse ce que nous appelons, nous autres, démocratie.
Les auteurs de la motion du Parti de Gauche devraient donc prendre bouche avec Marine, ils trouveraient de notables points d’accord ; ils devraient aussi lire plus assidument le Figaro, qui leur fournirait de nouveaux arguments, s’ils en avaient besoin. Un article du 30 octobre, L’Enseignement des langues régionales en question, à travers des bouts d’information glanés surtout en Bretagne, en Languedoc et en Alsace, mis bout à bout, sans la moindre analyse un tant soit peu approfondie, met en scène par petites touches, insidieusement, sans déclaration péremptoire (pour éviter sans doute d’être accusé de parti-pris) l’inutilité, la qualité douteuse et enfin, surtout, le coût de cet enseignement. Les jeunes parlent mal, ne comprennent pas les vieux, et qui plus est dénigrent cet enseignement qui ne sert à rien, et tout ça, en plus, coûte cher !
Loin de moi de faire comme s’il n’y avait aucun problème concernant la qualité des langues enseignées, la difficulté de communication entre les générations, la motivation des jeunes apprenants, certes non. Mais, dans cet article, la rhétorique marche à sens unique, sans en avoir l’air et en se payant le luxe de citer, contre leur pensée mais apparemment sans déformer leurs propos, des intellectuels engagés pour la cause du breton, comme Franch Broudic, ou de l’occitan, comme Marie-Jeanne Verny. Mais tout converge vers la question du jour, soumise au vote des lecteurs : « Faut-il réduire l'enseignement des langues régionales à l'école ? », question insidieuse, qui contient dans sa formulation l’assertion d’une présence déjà importantes de l’offre d’enseignement (ce qui est faux et archi-faux et tout particulièrement dans nos contrées déshéritées où cette offre, de fait, n’existe tout simplement pas). Résultat : 60 % pour le oui, 38 pour le non. Bravo le Figaro, les rois du questionnaire neutre !
Cet article et la question dont il prépare la réponse ont été décortiqués et fort bien critiqués par Gwennadenn sur le site Agoravox et sur son blog, qui intéressera sans doute plus d’un lecteur de celui-ci.
La conclusion s’impose d’elle-même, sur la question des langues régionales, que l’on peut estimer un révélateur idéologique d’autant plus puissant qu’il méconnaît les clivages droite / gauche, extrême droite / extrême gauche. Hé bien, il apparaît assez clairement que, sur ce sujet mais qui en implique bien d'autres, le Parti de Gauche, le Figaro et Marine le Pen mènent le même combat. Quant à nous, nous poursuivons celui de la démocratie culturelle effective, que le centralisme exacerbé et le nationalisme revanchard excluent par principe, quelle que soit leur couleur.
Jean-Pierre Cavaillé

Commentaires sur Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales
Article excellent et courageux.Je ne comprends pas que des occitanistes ( même partisans du Front de Gauche ) puissent envisager de mettre dans l'urne un bulletin portant le nom de Mélenchon.Le masochisme devrait avoir des limites. Au conseil régional Rhône-Alpes , il y a quelques années, lors d'un vote en faveur de l'occitan et du francoprovençal, seuls les conseillers Front National et Parti de Gauche ont voté contre.
Mais Mélenchon n'est pas le seul à gauche. Il faudrait ajouter le nationaliste borné Chevènement ( peut-être pire, mais lui semble heureusement peu suivi et attire autant de voix de droite que de gauche ) et tous les avatars de l'OCI ( dont Mélenchon a été membre, je crois,et il semble qu'il lui en reste quelques idées )Il y a au moins dix ans,la Libre Pensée d'Ardèche a publié un article dans Le Dauphiné Libéré qui disait en substance que ces réactionnaires d'occitanistes étaient manipulés par ... le Vatican!La connerie poussée à ce niveau devient de l'art.
Je crois qu'on peut tous être d'accord sur Mélenchon et ses idées sommaires et social-chauvines sur la question des langues. On se souvient de ses interventions au Sénat où il disait tout le mal qu'il fallait penser des langues régionales, tout en regrettant de ne pas savoir l'arabe -on aurait pu lui rétorquer qu'étant lui-même né au Maroc, il avait toutes possibilités dans son enfance de l'apprendre par immersion, sauf que dans son milieu avant la décolonisation ça ne se faisait pas, mais bon... Et c'est sûr qu'après ça, avoir appris la politique (comme le rappelle Gérard)chez les lambertistes, ces hare krischna du gauchisme qui eux aussi ont des idées simples sur la question des langues, entre autres, ça aide pas. Passons.
-C'est sûr que ça donne pas envie de voter pour ce garçon, quand on est un électeur de gauche qui ne se satisfait pas du "choix" PS ou UMP pour tout le monde. Ceci étant, ça commence à couiner sec à la fois dans le Front de Gauche en général et même au PG. Je renvoie à l'article de MJ Verny paru dans l'Humanité du 18 novembre,(j'y renvoie d'autant plus volontiers que je ne suis pas et n'a jamais été au PC) et tout récemment, sur le site de Fanch Broudic au compte-rendu d'un meeting en Bretagne où il a été interpellé sur la question des langues et où il a ramé pas mal. Il n'est pas inutile de lui signaler que dans le communiqué du PG du 15 novembre, le fait de dire que somme toute la règlementation actuelle permet tout ce dont les langues de France ont besoin ressemble de façon hallucinante à ce que racontent le petit Mitterrand et ce pauvre Chatel quand on leur pose la question. On peut aussi lui signaler -ça a d'ailleurs été fait par des Bretons- que somme toute la toute charmante Marine, cette vraie Française, Monsieur, dit sur la question à peu près la même chose que lui, en rajoutant comme il se doit une louche sur l'immigration. Il faudra qu'un jour ce mec comprenne qu'il y a des positions qu'on ne peut tenir qu'au prix du reniement de tous les positionnements progressistes que l'on affiche par ailleurs.
En ce qui me concerne, je crois aux vertus du dialogue, si musclé soit-il, et à la possibilité de faire évoluer les gens. Je sais par ailleurs qu'à la base dans le PG en Bretagne et par chez nous il y a des gens qui n'approuvent pas les positions de leur direction. A eux de jouer, en interne, pour faire évoluer ces positions.
J’ai lu avec intérêt le texte, même si les positions de JL Mélenchon me sont bien connues, depuis très longtemps (lorsqu’il était encore au PS), même si j’avoue que la communiste que je suis aurait préféré un autre candidat pour le Front de Gauche. A l’intérieur de ce Front de Gauche, ça grince, effectivement, comme le sait JP Cavaillé. Et surtout ça discute, et ferme. Jean-Pierre a repéré une partie de ces discussions, mais il y en a beaucoup plus. L’Humanité du 18 novembre a publié un article sur la question, intitulé « Comment les langues du peuple ont été rendues illégitimes : http://www.humanite.fr/tribunes/483942
Un autre son de cloche, et des arguments à la disposition des lecteurs du blog de JP Cavaillé qui voudront aller ferrailler sur cette question pendant la campagne électorale. Mes décennies de triple militantisme syndical, politique et occitaniste m’ont convaincue que la cause des langues de France souffrait plus de l’ignorance (entretenue) ou de l’indifférence (fruit de l’histoire) que d’une réelle hostilité. Je pense qu’elles souffrent aussi de certaines positions binaires, simplistes, refusant réflexion et débat. Les occitanistes aiment bien cultiver l’entre-soi… Mon maître, Robert Lafont, parlait de la tentation de l’Arcadie… Il y a une campagne électorale, emparons-nous-en ! Prenons part aux débats (en laissant à l’écart, cela va sans dire, l’extrême-droite). N’oublions pas non plus que la société dans laquelle nous vivons, que nous le voulions ou non, est confrontée à des problèmes qu’elle peut penser plus vitaux que la cause que nous défendons, ce qui peut être une des – mauvaises – explications des positions de Mélenchon… Je suis, quant à moi, en cette fin novembre 2011, autant interpellée par la misère, la casse des services publics, la perte des repères citoyens, la montée des fascismes, que par la question des langues régionales pour lesquelles bien sûr je continue à me battre, notamment pour que ces langues régionales aient une place à l’école publique.
Même si je suis plutôt d'accord avec le fond de l'article, je dois dire que je n'apprécie pas le parallèle PG/FN. En effet, les positions vis à vis des langues minorisées sont plutôt fermées dans ces deux partis, mais les raisons de cet enfermement sont très différentes : le premier craint les langues minorisées car il l'assimile aux contre-révolutionnaires (là, il y a toute l'Histoire à reprendre avec eux pour leur montrer que les personnes qui employaient d'autres langues que le français n'étaient pas nécessairement contre-révolutionnaires, et qu'aujourd'hui, parler une langue minorisée n'a rien de contre-révolutionnaire, bien au contraire !), alors que le second méprise les langues minorisées car il hiérarchise les langues, tout comme les races (qui d'ailleurs n'existent pas, faudrait-il le leur rappeler) !
Malgré des positions qui peuvent sembler similaires concernant les langues minorisées, PG et FN n'ont donc rien à voir ! Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Certains craignent les langues par méconnaissance, alors que les autres seraient prêts à les utiliser pour attiser des haines entre nous.
Par ailleurs, comme le dit Marie-Jeanne, le monde n'est pas binaire ! Il n'y a pas les "pour" d'un côté et les "contre" de l'autre : on peut observer de nombreuses divergences dans le Front de Gauche; et ce au sein même du PG. Jean-Luc Mélenchon est le représentant de toutes ces composantes et devra donc entendre les différentes voix qui s'élèvent de ses rangs. Plutôt que de l'attaquer - ce qui selon moi réussirait simplement à le braquer (lorsqu'on a un caractère fort, soit on accepte de changer de point de vue parce qu'on nous fait une démonstration convaincante, soit on se campe sur ses a priori si l'on se fait bousculer sans argumentaire à longueur de temps !), appliquons-nous plutôt à lui fournir les arguments lui permettant de comprendre notre point de vue. Les travaux valorisants le bilinguisme précoce et l'intérêt de défendre toutes les langues et toutes les cultures ne manquent pas : fournissons lui la nourriture nécessaire pour l'instruire !
De productiviste à tout craint, il a pu passer à la case écologiste et anticapitaliste grâce aux argumentaires des uns et des autres. Pourquoi ne serait-il pas capable d'appréhender les langues minorisées autrement si l'on prend la peine de lui expliquer ce que nous pensons ? J'estime que ses positions relèvent avant tout d'un manque de compréhension du sujet et que comme tout autre personne, il est possible de lui faire entendre et comprendre une autre idée des choses à force de pédagogie ... alors soyons pédagogues !
... et faisons entendre également que notre combat pour les langues minorisées fait partie d'un tout qui comprend la défense des services publiques, l'écologie politique, la lutte contre le capitalisme ... Nous ne nous battons pas pour des intérêts personnels mais pour l'intérêt général, et la défense des langues minorisées entre dans ce cadre.
Merci de tout coeur de ce commentaire !
Amistats, MJ Verny
L'oposition de mélenchon aux langues minorisées est-elle due à l'ignorance ou est-elle un élément idéologique "inaliénable" ?
mechenchon sait très bien qu'un homme de gauche ne peut pas être contre les langues minorisées. D'ailleurs, il n'est pas contre :
Voilà ses propos tels que rapportés par F. Broudig :
"Je n'ai rien contre les langues régionales, qui doivent être enseignées dans l'enseignement public. Il va de soi que ces langues doivent être parlées, enseignées, transmises."
http://languebretonne.canalblog.com/archives/2011/11/26/22813899.html
Alors, où est le problème ? De quoi faut-il le convaincre, puisqu'il est manifestement de tout coeur avec nous ?
Le problème vient du décalage entre l'intention : enseigner, transmettre ces langues, et la mise en pratique : refus de l'enseignement pas immersion, pourtant le plus efficace et le plus nécessaire :
"Pour autant, je ne suis pas d'accord avec l'enseignement par immersion, même pour le breton, l'anglais, l'allemand… Il faut donner à nos enfants l'ouverture, l'épanouissement, la liberté. Bien sûr qu'il faut apprendre et parler plusieurs langues. Moi-même j'en parle trois. Il ne faut pas enfermer. Ne pas créer de fossé, au risque qu'on ne se parle plus ensemble."
On notera la complète inconsistance argumentative de la tirade de mélenchon. "l'ouverture, l'épanouissement, la liberté.", c'est ce qu'offre précisément les écoles immersives, les écoles Diwan en Bretagne. Et c'est ce que n'offrent pas les écoles monolingues publiques ou privées.
Précédemment, mélenchon dit ceci : Le français est pour tous le moyen d'échanger ensemble, la langue de la liberté."
Alors, il faut savoir : l'ouverture, la liberté, l'épanouisseemnt, c'est d'avoir la capacité de parler plusieurs langues ou c'est d'être prisonnier du français ?
Peut-être que ce qui manque à melenchon, c'est un peu de logique aristotélicienne, ou alors un peu d'honnêteté intellectuelle.
melenchon ,qui peut difficilement retenir son mépris au fond de sa poche, et qui a des "lettres", n'a pas pu s'empêcher, en Bretagne, d'user du mot "baragouin" :
"Il a fustigé "le baragouin" des agences de notation avec un petit clin d'œil, feignant de se demander si c'était "un mot d'ici""
On apprécie le clin d'oeil, ... ou pas !
Merci à gwennadenn pour cette information concernant les Wampanoag :
http://langues-minorisees.revolublog.com/conference-de-noam-chomsky-sur-les-langues-a23764576
C'est le genre de nouvelle qui fait extrèmement plaisir (et qui remet en mémoire si on l'avait oublié le fait que la france est décidément un bien triste pays.)
"Là où je vis, une des principales tribus s’appelait les Wampanoag. Ils ont encore une réserve pas très loin. Leur langue a disparu il y a bien longtemps. Mais par une remarquable prouesse universitaire et un dévouement envers les droits humains les plus élémentaires, leur langue a été reconstituée à partir de textes de missionnaires et d’éléments comparatifs et nous avons pour la première fois en cent ans une personne qui parle cette langue, la fille de Jennie Little Doe, qui est devenue la première personne à la parler couramment. C’est une ancienne élève du MIT (Massachusetts Institute of Technologie), qui a travaillé avec mon ami et collègue, le feu Kenneth Hale, un des linguistes les plus remarquables des temps modernes.
Oui, il faut répondre aux contradictions des discours de ceux qui disent respecter les langues régionales tout en leur niant le droit à l’expression publique. Une langue ce n’est pas fait pour parler à son miroir. Oui, il faut aller au contact des contradicteurs, des sceptiques et des indifférents avec des arguments qui montrent que l’on peut défendre les langues régionales ET un autre projet de société. Cela peut être un moyen de rencontrer des militants du Front de Gauche.
Quant à la défense des écoles associatives comme solution magique – voire exclusive – elle m’interroge : si nous voulons aller au-delà du contentement un peu égoïste de voir nos propres enfants ou les enfants des familles les plus conscientes bénéficier d'un enseignement de l'occitan, du basque ou du breton, ne devons-nous pas imposer la présence de nos langues dans les écoles publiques où vont les enfants de nos pays ?
Au-delà de la place des langues régionales à l'école, je suis inquiète quant à la revitalisation sociale de ces langues. Etant moi-même auvergnate, fille de paysans occitanophones, cela m'est un déchirement de voir que les derniers locuteurs "naturels" de notre langue meurent les uns après les autres dans l'ignorance du trésor de culture qu'ils emportent dans la tombe, sans que le pont soit construit avec les nouvelles générations qui veulent apprendre la langue, ou la réapprendre à leurs enfants. Je ne peux me satisfaire du fait que quelques dizaines d'enfants issus de familles plus conscientes et plus militantes puissent bénéficier de l'enseignement de cette langue quand l'immense majorité des petits Limousins ou des petits Auvergnats en est privée, entre autres parce que l'engagement militants des occitanistes, dans ces régions, se concentre sur les écoles associatives, et qu'il est difficile, pour les militants peu nombreux de l'occitanisme, d'être sur deux fronts à la fois.
Toujours à titre personnel, mais avec mon expérience de 30 ans de triple militantisme : occitaniste, syndicaliste, politique, je déplore que les seules solutions trouvées dans des régions occitanes où la langue existe encore le soient en dehors de l'école publique, celle où vont tous les enfants, notamment ceux des citoyens lambda, qui ne sont pas demandeurs d'une culture, d'une langue dont ils ignorent l'existence.
Je suis aussi obligée de constater que dans les négociations de la FELCO avec le Ministère notamment, pour défendre l'occitan à l'école publique, on nous renvoie systématiquement, depuis quelques années, à l'initiative privée ou à la responsabilité des collectivités. La place trouvée pour les langues régionales dans la constitution (article 75-1 du chapitre sur les collectivités territoriales) n'est pas innocente... Il s'agit de botter en touche, et, pour l'Etat, de se désengager, là comme ailleurs, de ses responsabilités. Devant la casse de l'hôpital public, irions-nous plaider pour des cliniques associatives qui pallieraient les défaillances de l'Etat ? Idem pour la Poste, les chemins de fer ?
La loi actuelle autorise le bilinguisme à l'école publique : ne pourrions-nous proposer aux militants du PG attachés aux services publics (nul ne leur enlèvera cela) de nous suivre dans une revendication pour plus de langues régionales dans l’école publique en nous appuyant sur les nombreuses recherches sur l’intérêt du bilinguisme précoce ? Je n’entrerai pas dans le débat immersion / bilinguisme pour plusieurs raisons, notamment parce que les étudiants qui nous arrivent en fac d’occitan, qu’ils soient passés par les calandretas ou les écoles bilingues publiques ont des compétences comparables.
Pour moi c’est avant tout une question de choix : voulons-nous, oui ou non, une offre généralisée de l’enseignement des langues de France ?
@ Gwennadenn,
Bien sûr, il y a indubitablement une dimension provo dans mon papier. Certes la phraséologie et l'idéologie aussi, entre le Parti de Gauche et le Front National sont tout à fait différentes, mais elle se rejoignent pour moi dans le nationalisme et l'arrogance franchouillarde. Chez Mélenchon, ce nationalisme est contredit par un voile d'universalisme,mais pour moi ce n'est qu'un voile, et ne peut être qu'un voile, ou une taie dans l'oeil, car cet universalisme a comme modèle... la France, toujours la France ! certes celle de la Révolution et non celle de la Contre-Révolution (donc une différence abyssale, je le reconnais bien volontiers), mais il se trouve que sur certaines questions, dont celle qui nous préoccupe, cela ne fait pas de différence (voir par exemple l'exemple pris ci-dessus par Gérard Bayle).
Et il nous faudrait ménager cet homme ! lui passer le gant dans le dos, et surtout ne pas le vexer, car vu son caractère, il pourrait se braquer ! Mais ça c'est un problème pour ses copains, pour les militants du parti ou proches de son parti, ce n'est certes pas le mien ! Faites-le changer... très bien. Mais faut aussi changer ceux qui ont rédigé et apprécié la motion... Oeuvre louable, oeuvre pie... D'ailleurs c'est bien ce à quoi je m'emploie, à ma façon... pas très gentille, j'en conviens. Mais vous la trouvez gentille vous la motion en question ?
Il y a une "gauche" autoritaire comme il y a une "droite" autoritaire. Si on continue de voire les détails qui les différencient et pas l'essentiel qui les rassemble, c'est parce que le débat politique français atteint le consensus sur la nécessité d'un Etat centralisé au détriment de la démocratie. Sur bien des points, c'est évident que Mélenchon et Le Pen père et fille sont d'accords, et il viendra surement le jour où on les verra assumer. Quand aux vieux militants communistes, ils ont pas envie de se reposer après des décénies d'accrobaties ?
@ M J Verny
"Quant à la défense des écoles associatives comme solution magique – voire exclusive – elle m’interroge : si nous voulons aller au-delà du contentement un peu égoïste de voir nos propres enfants ou les enfants des familles les plus conscientes bénéficier d'un enseignement de l'occitan, du basque ou du breton, ne devons-nous pas imposer la présence de nos langues dans les écoles publiques où vont les enfants de nos pays ?"
Je n'oppose pas les écoles immersives (Diwan) aux écoles bilingues privées (Dihun) et publiques (Div yezh), pour prendre l'exemple breton. Ces écoles sont complémentaires, et pour l'instant, je ne peux que souhaité qu'elles se développent et se généralisent.
Mais si les écoles bilingues privées et publiques existent, c'est parce que Diwan a été créé. Et à l'heure actuelle, seule Diwan permet une scolarisation bilingue jusqu'au bac.
Ce que je souhaite, c'est que les écoles bilingues s'alignent sur le modèle Diwan, qui a fait ses preuves. Et que les écoles Diwan soit considérées comme le service "public", avec les mêmes droits et les mêmes financements.
Je suis contre un "public" qui soit aux ordres de paris et qui dépende du bon vouloir d'un ministère. L'idéologie du tout-Etat, qui est un peu l'idéologie d'une certaine gauche (dont le front de gauche), n'est pas la mienne.
Remettre en question Diwan est un casus belli !
Non, nous n'avons pas à lui faire des papouilles et à lui ronronner sur les genoux ! Mais on n'est pas obligés non plus de lui tirer dessus à bout portant, sans lui laisser d'issue de secours ! ... sinon la réaction est prévisible : il tapera un peu plus fort pour pouvoir sortir. Je ne crois pas que ce soit ce que l'on veuille ni l'un ni l'autre (même si je ne vous connais pas !).
Mais malgré tout, ménageons l'homme, car ce n'est pas lui - la personne - qui est directement visé, mais des idées ... alors attaquons-nous aux idées !
Je ne trouve pas la motion "gentille" - même si son rôle premier n'est ni d'être gentille ni méchante ! - et j'essaie également de faire avancer les choses !
A chacun sa façon de faire : la vôtre est un peu plus "rentre dedans" que la mienne, mais c'est affiché haut et fort non ? "còps de gula" : je ne suis pas occitane, mais on est prévenus ! Par contre, je ne peux pas laisser passer les mélanges et les mixtures qui nuisent à l'ensemble des idées défendues par le Front de Gauche. La position du PG sur les langues minorisées ne me plait pas et je m'emploie à la transformer à la force de mes petits poings tout en restant en-dehors. Cependant, assimiler des personnes qui prônent l'intérêt général et le bien vivre de tous à d'autres qui pratiquent la haine de l'autre et la mort sociale ... c'est un peu trop !
La question des langues minorisées, pour moi, dépasse de loin cette simple revendication du droit à apprendre en langue régionale : elle est liée à des choix de vie qui sont défendus par ailleurs par le Front de Gauche (et aucun autre parti, quel que soit le bord politique, même si mon regard tourne naturellement toujours du même côté !). Devrais-je donc mettre mon intérêt personnel (apprendre les langues minorisées à l'école bilingue publique) au-dessus de l'intérêt que je considère comme étant l'intérêt général (défendre le système public, les acquis sociaux, l'écologie et tant d'autres choses encore) ?
Je pense que nous savons tous que Mélenchon n'est pas sur les positions de Le Pen. Disons que sur le point qui nous occupe, ils partagent un mépris des langues de France qui renvoie en fait à rien d'autre qu'à l'idéologie bourgeoise telle qu'elle fonctionne depuis deux siècles au moins. (Je ne pense pas qu'il puisse croire sérieusement que les langues en question empêchent de parler français,et qu'elles sont par nature contre-révolutionnaires. Quant au couplet sur l'Europe libérale qui se sert du patois pour nous piquer l'Alsace Lorraine, c'est un fantasme parano qui peut plaire à une Bollmann ou à une Morvan, mais personne de sérieux n'y croit, et Mélenchon non plus, je pense. On ne mélange pas tout). Signaler à Mélenchon et à ceux qui dans le PG pensent(enfn pensent..) comme lui sur le sujet qu'ils restent prisonniers du sens commun bourgeois, ce n'est pas les insulter, mas les alerter, politiquement, sur une contradiction ennuyeuse au coeur meme du discours progressiste qu'ils tiennent sur d'autres sujets. Ce n'est pas du rentre-dedans, et l'expérience m'a montré que passés les premiers moments délicats, avec des gens du PG,on pouvait ensuite rentrer dans le vif du sujet, et qu'ils pouvaient entendre certaines choses.
@ Laurent, "Quand aux vieux militants communistes, ils ont pas envie de se reposer après des décénies d'accrobaties ?" Ce genre de commentaire n'a même pas à être commenté.
Il révèle vulgarité, mépris, grossièreté et rabaisse le niveau du débat.
Vous devriez peut-être, vous-même, prendre un peu de repos. Pas sûr que les époustouflantes réflexions auxquelles vous vous livrez vous permettent, effectivement, de durer des décennies.
A moins que vous n'ayez la solution immédiate pour changer le monde, faire vivre nos langues, appliquer une décentralisation démocratique (et pas une addition de féodalités), sans oublier l'énergie pour secouer le cocotier : les "vieux", figurez-vous, ils comptent bien s'accrocher quelques temps encore.
Sens rancura. Tot lo mond a lo drech d'èsser jove...
@ MJV
M. J. Verny parle de "la défense des écoles associatives comme solution magique – voire exclusive" et vise, entre autres, les "militants limousins" qui se concentreraient exclusivement sur la défense de ces écoles. Cela est faux et archi-faux. Tout le monde essaie de se battre pour l'existence niée d'un enseignement de l'occitan dans le public, à commencer par Calandreta elle-même. J'ai souvenir de m'être retrouvé avec Barral au rectorat il y a quelques années, reçus non pas, évidemment, par le recteur mais par un chef ou sous-chef de cabinet (je ne sais plus du tout quel était le titre ni le nom du monsieur) pour envisager le problème de la disparition d'offre d'occitan au collège. Cela n'a évidemment rien donné. La vérité, par contre c'est qu'en Limousin, le militantisme pour la langue en général et en particulier pour son enseignement (qu'il soit privé ou public) est au plus bas, une torpeur, une paralysie semble avoir gagné les coeurs et les esprits; pas la moindre action collective, ne serait-ce que pour exiger la réunion du Conseil de la langue, à laquelle nous avons droit et qui n'a jamais eu lieu... C'est à mon avis cela le problème, et certes pas de considérer Calandreta comme la solution magique. Cette critique tombe vraiment à plat, surtout en Limousin, peut-être, où l'on est tant soucieux de lutte pour la préservation des services publics et à Calandreta autant qu'ailleurs !
Oui, on s'ennerve un peu, c'est donc que ça devient intéressant. Donc, si j'ai bien compris, la position de Mélenchon est "globalement positive". Si ça c'est pas encore un grand écart.
Il ne suffit pas de dire qu'on est mieux que ceux d'en face, parce que eux ils aiment pas les gens et nous si. Les positions centralisatrices finissent toujours par tomber dans l'agressivité et le mépris. Que des militants occitanistes s'accomodent de ce mépris, baste, mais il faudrait regarder lucidement qui sont ces "amis" qui vous couillonnent si bien.
@ Tavan
C’est un cercle vicieux… On constate la « torpeur » du mouvement associatif (vu du Languedoc pourtant, il existe un IEO en Limousin, une librairie occitane, une édition littéraire de grande qualité, des groupes de musique… une collègue qui, toute seule remue des montagnes et enseigne l’occitan au collège de Seillac). On constate (tiens ! quelle découverte !) que les services rectoraux ne sont pas spécialement enthousiastes, et ce après une entrevue avec eux et on renoncerait à continuer la pression… Et on fait donc le boulot à côté…
Bien sûr que Calandreta n’est pas responsable ! Bien sûr que sans la création militante des Calandretas en 1979, la question de l’intérêt de l’école en occitan ne se poserait peut-être pas de cette façon. Mais tout n’a pas commencé avec Calandreta et Calandreta n’est pas seule à se battre.
Ce qui m’importe, pardonnez-moi d’insister, c’est le fait qu’en se concentrant (pas par choix idéologique pour la plupart, j’en suis persuadée, mais simplement parce que les militants que nous sommes ne pouvons pas être sur tous les fronts) sur la solution associative, on renonce, de fait, à l’exigence que ce soit l’école publique qui offre l’enseignement de nos langues à TOUS les enfants et pas, je le redis, simplement à ceux qui ont des familles assez conscientes et militantes pour faire la demande.
Des intervenants sur ce forum montrent que la création des écoles associatives a la plupart du temps boosté la création des écoles bilingues publiques. À vérifier… Il y a une grosse part de vérité.
Moi je crois aussi que c’est le cadre législatif obtenu en 1982 par la circulaire Savary (Bon, Laurent n’était pas né… On lui pardonnera…). Et ces circulaires ne sont pas tombées du ciel, elles sont le fruit de luttes menées pendant des décennies par les militants occitanistes enseignants de l’école publique (Bon, Laurent n’était pas encore en gestation et il doit penser que les Hélène Gracia, Georges Gros, André Lagarde, Georges Gibelin, Robert Lafont ou Armand Kéravel sont des hommes et femmes préhistoriques… On lui pardonnera…).
Il est aussi des régions (la Corse, par exemple) où l’offre d’enseignement est généralisée et où, au moment où nous discutons, 25 % des gamins du primaire sont scolarisés en secteur bilingue public. Et n’allez pas me faire le coup des bombes qui aideraient bien. Nous connaissons suffisamment, au niveau de la FELCO, ou de la fac de Montpellier, les militants corses de l’enseignement pour vous dire que c’est avant tout un travail intellectuel et militant, un investissement de la société tout entière. Les Corses que nous connaissons sont nationalistes et… républicains.
Voir sur le site de la FELCO : http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=autraslengas&id=981
et http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=autraslengas&id=982
Je vous laisse réfléchir au paradoxe.
Et ça se passe en 2011 (Laurent, ça ira ? Pas trop vieux ?)…
En fait j'étais né en 82 ! Pardon de n'être pas militant au sens où vous l'entendez, je suis un simple consommateur. J'ai appris l'occitan au lycée public, à Valence dans les années 80 justement (siai pas pus gaire joine, tè), et avec Gérard Bayle que je salue au passage et que je remercie. Tiens au fait, on en est où de l'enseignement de l'occitan dans le public en Drôme-Ardèche en 2011 ?
Pour le reste je vous accorde tout mon respect pour votre lutte, et même les palmes accadémiques si vous voulez. Sur le plan politique, je crois que vous continuez à vous foutre le doigt dans l'oeil. Pas trop mal ?
@anem, Laurenç, calmatz-vos... S'aviai vòstra adreiça privada vos mandariai un messatge privat...
A la debuta m'avètz amusada (e pas "enervada") de tant qu'èra simplàs de respondre a vòstra ataca colhonetona que prenia palça d'una argumentacion qu'aprentament vos es mai complicada... Ara, me'n tendrai aqui amb vos, sus aquel blòg. Vos laissi a vòstra auto-satisfaccion bestiassona e presi fòrt lo gèni de la lenga occitana que me permet l'emplec d'aqueles sufixes eloquents...
Rassegura-te, Tavan, auràs pas besonh de moderar...
Bonjorn,
un bilhet bon per far 'na mesa a jorn dau « perquè fau pas balhar 'na votz au Lepenlenchon-Tsé-Toung » e esperar que lu Poton 'guesse sas 500 signaturas per votar a gaucha.
Eriá restat sus las 5 lingas bretonas e sus l'omofobia dau tipe, aura, ai un pauc mai de grun per modre e ne'n parlar coma los-las militant-a-s dau FdG (mas lu front es quante i a la guerra, non ?).
'Tenci', es pas contre los còcòs o los vielhs cobès tornat-quilhats d'aplomb dins un boiradís politic, afè pas entierament, mas contra Lepenlenchon-Tsé-Toung, nonmas contra se.
Dins lu stile « germanofobe » i a lu Chevenament, enquera un bon, matinat d'antisemitisme 'queu-quí.
Afè, es entau, la plaça deu estre de las bonas.
JP Bertrand
Depuis plusieurs années, la presse nationale et l'Internet ont vu fleurir des polémiques sur le sujet qui nous rassemble:la défense de nos langues. Mélenchon ( et d'autres comme Chevènement -pire que Mélenchon car capable de s'associer avec d'authentiques hommes de droite plus ou moins extrême ) connaissent parfaitement nos arguments. S'ils persistent et signent, c'est par idéologie nationaliste ou "républicaine" selon leur vocabulaire ( serions-nous des royalistes qui s'ignorent? )Personnellement, je ne vois pas comment je pourrais dialoguer de façon constructive avec les soutiens d'un personnage qui nous traite d"ethnicistes", c'est à dire en français commun de cryptonazis . Si certains en sont capables, je les admire et je leur souhaite bonne chance. Quand ce personnage affirme que "le français est la langue de la liberté", je me demande qui est "ethniciste" ou communautariste français monolingue. Cette affirmation laisse entendre que le breton ou l'occitan ( et pourquoi pas aussi le flamand et l'allemand? - voir l'article - ou encore le tibétain ) sont des langues d'asservissement. Toute langue peut tout dire et est neutre politiquement, ce qui ne l'est pas c'est l'usage que l'on en fait. J'ai un ami occitaniste et germaniste de profession qui a l'habitude de dire : "Hitler écrivait en allemand. Karl Marx aussi."
@ Gérard Bayle.
Bonne remarque. Tu penses bien que nous lui volons dans les plumes, et que l'argument que tu donnes nous le donnons.
Je vous fais grâce des débats en interne du PG, mais je vous jure que ça cogne.
C'est ça la vie...
Ne rien céder, ne rien lâcher.
Entre autres parce qu'il ne faut pas confondre les positions insultantes de tel ou tel (JLM pour être clair) avec les gens qui voient dans le FG un espoir dans les temps barbares où nous sommes brutalement plongés depuis quelques années.
Si certains croient que la défense de nos langues aura une place aux yeux (!!!!) des marchés qui nous gouvernent, laissons-les rêver.
Moi je préfère l'action...
@ M J Verny
Vous confonder "public" et "d'Etat" !
Ce que vous appelez "associatif" et privé" est tout aussi "public" que le "public".
Les écoles associatives sont en particulier "laîc" et "gratuite" ! Et ouvertes à tous !
Elles sont d'ailleurs également "controlées" par l'Etat, et les enseignants sont en parti rétribués par l'Etat.
Je crois que le parti de gauche a besoin de remettre toute son "idéologie" à plat et de repenser ses "catégories". A quelques mois des élections, c'est un peu tard.
Pourtant il manque en france, à gauche, un vrai parti réellement et sincèrement démocratique dans ses intentions et dans ses pratiques.
Celui qui s'en rapproche le plus est le parti "écologiste" EECV (?)
Eva Joly a une approche vraiment démocratique de la politique, et une sincérité dans sa défense des langues minoritaires et dans la nécessaire "decentralisation-autonomie".
Le parti de gauche n'a qu'à reprendre le programme d'Eva Joly. Il est très bien sur ces points !!!
Si en plus il pouvait changer de "leader", ça serait presque parfait !
Plutôt que de nous acharner sur Mélenchon/pas Mélenchon - étant donné que nous sommes sûrement tous d'accord pour dire qu'il n'est pas le représentant « idéal » concernant les langues minorisées – ne pourrions nous pas utiliser nos énergies à bon escient ?
Le Front de Gauche propose d'organiser des Assemblées Citoyennes et de rédiger des propositions de lois : eh bien, allons-y ! Emparons-nous de cet outil, et réfléchissons ensemble au cadre de loi qui nous semblerait le meilleur pour parvenir à satisfaire tout le monde !
Dans ce but, j'ai ouvert un forum sur mon blog (la place publique/les murs ont la parole/Assemblées Citoyennes) pour pouvoir échanger entre les Régions. Je proposais également que l'on organise, chacun dans sa Région, des réunions publiques sur ce sujet.
Vous voulez faire bouger les choses ? Alors organisons-nous et proposons ! Il n'y a rien de plus facile que de détruire : soyons intelligents, construisons ! Et si le Front de Gauche est assez malin pour reprendre nos idées, félicitons-nous ! Les idées sont faîtes pour être partagées et non gardées précieusement. Mettons-les par écrit, organisons-les … et proposons aux différents partis les lois auxquelles nous auront réfléchi. Après ce travail, on pourra juger de la volonté de démocratie réelle des différents candidats !
"@anem, Laurenç, calmatz-vos... S'aviai vòstra adreiça privada vos mandariai un messatge privat..."
Et si vous m’aviez sous la main vous m’en colleriez une ? Tiens, ça fait un moment que je me suis plus fait tirer les oreilles par un agent de l’EN, vous me faites un peu l’effet d’une madeleine.
Il faut défendre le service public parce que c’est le service public, et la République parce que c’est la République, et aussi être de gauche parce que c’est la gauche. Mais l’extrême droite est en train de tout faire exploser, parce qu’ils reprennent vos thèmes (la République, la laïcité, le service public) et que ça le fait aussi. Donc le sens est pas si clair.
Votre couplet sur le service public est à usage interne, pour votre génération de babyboomers, fonctionnaires et militants titulaires, ex-electeurs de l'union de la gauche habitués à avaler toutes les couleuvres. Pas étonnant que le PCF termine dans l’estomac d’un type comme Mélenchon.
@ gwennadenn
Je ne comprends pas très bien le sens du travail que tu demandes.
S'il s'agit de savoir comment faire pour sauver une langue, et bien, il suffit de me demander ...
S'il s'agit de convaincre le parti de gauche du bienfait qu'il y aurait à sauver des langues menacées, pourquoi se donner cette peine ?
Qu'est-ce que le parti de gauche, au final : un parti communiste en déliquécense, qui n'est même plus capable de présenter un candidat sorti de ses rangs, et sur lequel un melanchon a fait une OPA pour poursuivre ses propres ambitions.
Le parti de gauche est déjà très très en retrait par rapport au parti socialiste (qui promet de signer/ratifier la Charte sur les langues minoritaires et de généraliser l'enseignement de ces langues -dixit Aubry) et il est à des années-lumières des propositions d'Eva Joly.
Au pire, le parti de gauche peut avoir un rôle de nuissance, s'il a des députés. On verra alors.
Le travail qu'il y a à faire est donc de convaincre les gens de ne pas voter pour ce parti mais de voter pour Eva Joly. N'est-ce pas ?
Le travail que je propose est un peu plus ambitieux selon moi : il s'agit de réaliser nos propres propositions de lois, nous mettre d'accord, toutes les Régions ensemble afin d'avoir un bon "dossier", constitué de façon intelligible et intelligente (ce qui sera déjà complexe à mener pour que toutes les Régions s'accordent, même si nous avons des volontés communes). Il s'agit de rédiger les lois que nous souhaiterions voir se mettre en place afin de permettre réellement aux écoles bilingues publiques de se développer et d'exister. C'est un travail d'utopiste que je vous propose-là : construire un monde meilleur. Mais c'est en proposant et en construisant des utopies que l'on avance. Pas en comptant les points pour savoir si ce coups-ci j'appelle sur le répondeur pour voter 3 !
Les élections qui viennent ne sont pas un jeu au cours duquel on tapera EELV s'ils disent vert (ce serait bien, mais c'est mal parti sans vouloir vous vexer : je n'ai aucune confiance en ce parti qui magouille et met Eva Joly en porte-à-faux), ou PS s'ils disent rose (et là encore, lorsque je vois qu'Hollande est prêt à nommer Bayrou ministre, je me dis que c'est mal fichu !).
Dans tout ce fatras de faux-semblants, j'entends une autre voix qui s'élève et qui propose des Assemblées Citoyennes, ainsi que de rédiger des propositions de lois pour la 6ème République .. j'ai envie de rêver un peu, de me dire que c'est peut-être possible, et que chacun peut changer d'avis si on lui en donne les moyens !
Je pense que nous pouvons utiliser cet outil, et que nous n'avons rien à y perdre :
- si le Front de Gauche ne veut pas nous entendre et que nos propositions restent veines, nous sauront que leur volonté d'une démocratie réelle n'est que devanture, et dans ce cas chacun de nous saura ce qu'il a de mieux à faire.
- si le Front de Gauche accepte en revanche de nous écouter et de travailler avec nous, alors nous avons en partie gagné. De nombreuses composantes défendent déjà les langues minorisées au sein du Front de Gauche (la FASE, les Alternatifs, le PC ... : il n'y a pas QUE le PG dans le Front de Gauche !), nous pouvons nous appuyer sur ces différentes associations, fédérations, ou même partis.
Il y a selon moi deux grandes postures possibles :
- soit on baisse les bras en se disant qu'ils sont tous pourris et on vote "au moins pire"
- soit on se remue, on se dit qu'on peut changer les choses, et alors on laisse une chance à chacun de faire mieux.
J'estime que tous les êtres humains sont éducables ... c'est à cela que sert l'école non ?
Je connaissais la position de Melanchon sur les langues régionales. J'ai fait aussi le rapprochement avec celles de Le Pen.
Jusqu'à une date récente j'aurai pu voter pour lui , mais à présent je me pose des questions....
Mais il se trouve que le "point souvent annexe" dans un programme, de la langue , (car c'est tellement évident au pays des droits de l'homme, surtout au moment des élections), celui de la prise en compte des langues régionales , dans un programme qui se réfère à la sauvegarde des services publics , de la securité sociale , des droits du travail etc , ce point "évident" du patois, me semble être devenu un indicateur incomparable de l'état de la démocratie dans chaque pays, et même un point prioritaire . Personne n'est dupe de la parole de le Pen , tout lui fait beurre .... Ce n'est donc pas le sujet il me semble dans ce forum. Elle va attraper des voix comme le papier collant attrape les mouches à m....
Les seules remarques qui m'ont paru interessantes , émanent d'Eva Joly ( notament l'inderacinable défilé cocorico du 14 juillet , sur la decentralisation , sur les combines , le nucléaire etc) mais sa candidature ressemble de plus en plus à une candidature kamikaze et punching ball à commencer , au sein de son propre camp. Ils n'y croient pas eux mêmes.
Je ne sais donc pas pour qui je vais voter encore , mais il me semble impossible de voter pour un parti qui ne remette pas en cause l'hypercentralisme français, et l'état réel de la démocratie . Puisque c'est bien ce système de gouvernement qui nous tue et qui aboutit à toutes les corruptions , combines, pistons en tout genre. Quand ce n'est pas des déclarations de guerre , sans aucune consultation populaire, Libye , Afganistan, Côte d'Ivoire, demain Syrie.
Rien à dire de plus, sauf que Plantu avait raison. Mélenchon est un démago-autoritaire. Il ressemble tant aux Le Pen...
Qu'es un plaser de legir totas aqueras remarcas suscitadas per lo blòg deu tavan. Ne vòli pas ajustar autes arguments qu'aqueths e son hèra bons. Sonque duas istorietas :
• Un grop de diplomatas que parlavan ensems d'Irlanda e deus problèmas que pausava. Tots que disèvan lo lor estacament a aqueth país en trobar totas las qualitats aus Irlandés que ne s'ameritavan pas la tractament impausat per Londres.
Lo diplomata anglés que prengó la paraula :
« Sénhers, que soi en acòrd damb tot çò que disetz ; totun, ne i a pas son que un petit problèma damb Irlanda : aquera iscla es au-dessús deu nivèu de la mar ».
• La segonda remarca que m'estó hèita per un Estatsunidenc, annadas a. Que parlavam de Vietnam, credi e que'm digó que, en Vietnam, los Estats units e defendèvan la crestianitat e lo monde occidentau que seré en dangèr sens la lor intervencion.
Los arguments de Melenchon, Chevènement e quauques autes (quitament en lo Partit socialista) que segueishen la medisha logica…
Ben, las istorietas. Dins lo meme ordre d'idèias, Clemenceau avia sa solucion per lo problèma corso (a l'epoca, son problèma èra d'estre lo breç de la familha Bonaparte...) : cinc minutas de submersion totala. Vaqui un personatge nuançat.
Seriosament : lo problma dau discors de Melenchon, es que se presenta coma de gaucha, non pas qu'es de social-chauvinisme deconectat de las demandas de la societat,que massivament crei pas que las lengas de França menaçan que que sieie, manca pas lo som dels academicians. Un moment o l'autre, entre lo mond que lo sègon, n'i a que se ne van apercebre -n'i a jà, au nostre coma en Bretanha. Amb aquo, se d'en'qui las eleccions chàmbia pas de discors, bé, lo mond ne tirarèn las consequéncias davans l'urna.
Concernant les positions d'EELV, j'ai beau taper "langues" , "langues régionales", "culture" etc., je ne trouve qu'un seul article concernant leurs "positions" ("Pas de projet écologiste sans projet culturel !" datant du 21 avril dernier).
Je serais curieuse de savoir si d'autres textes, plus précis sont parus. Comme certains d'entre vous sont mieux informés que moi sur EELV, peut-être pourriez-vous me répondre ?
Par ailleurs, comme le dit Marie-Jeanne, il ne tient qu'à nous de nous emparer du sujet des langues minorisées afin d'être entendus par les différentes instances politiques.
Et pour être entendus, l'idéal est d'avoir un projet d'avenir à proposer ...
Enfin, pour ceux qui défendent les langues à l'école publique, la Guadeloupe, en situation difficile suite à l'annulation du CRPE bilingue, fait circuler actuellement une pétition afin de demander des ouvertures de postes à la rentrée prochaine. Si vous pensez que leur combat est le même que le vôtre, n'hésitez pas à les soutenir !
Le peu d’argent qui fait tourner les écoles associatives c’est pas celui de l’Etat, c’est celui des individus que l’Etat collecte et redistribue comme il l’entend. La confusion est typique de ce fétichisme, cette adoration de la mécanique centralisatrice confondue avec la démocratie parce qu’on est incapable d’imaginer une alternative, surtout pas celle d’une décentralisation un peu poussée voire d’un fédéralisme, vade retro, on imagine tout de suite voir revenir la sainte ligue. Donc on préfère se raconter des histoires sur le fait qu’on peut attendre quelque chose des administrations parisiennes et on continue de cotoyer des caporaux qui pensent que langue régionale = europe de Bismark. Et vous voulez nous vendre ça comme une position de résistance ?
Je ne comprends pas la réponse de Laurent. Les enseignants des écoles sous contrat, ce que sont les écoles associatives passé cinq ans, sont payés bel et bien par l'Etat -par qui d'autre ? Et ce n'est pas "peu d'argent". Tant mieux, d'ailleurs parce que ça assure aux enseignants un revenu que les seules ressources associatives ne pourraient pas leur fournir, et c'est ce qui permet aux Calandretas de tourner. Je n'ai pour ma part aucun problème avec ça. Bien sûr que c'est avec l'argent du contribuable que ça marche (celui de qui d'autre ? Mme Bettencourt ? M. Gaubert, retour de Colombie ?). C'est avec le même argent que sont payés les fonctionnaires, d'ailleurs.
-C'est la situation actuelle ; on peut bien sûr espérer voir un jour s'instaurer un autre système, mais pour l'instant on ne l'a pas, et c'est donc à l'Etat qu'il convient d'adresser nos revendications, d'autant plus qu'il a de plus en plus tendance à se défausser sur des régions auxquelles il coupe soigneusement par ailleurs toute vraie source de financement à la mesure des charges qu'il leur transfère. Autant dire que pour nos princes, les proclamations du style nous ne voulons rien de l'Etat jacobin ptui beurk, c'est aux régions de nananère, c'est pain bénit. Putain, s'ils vous prenaient au mot, vous imaginez la Région Languedoc-Roussillon pour ne parler que d'elle payer tous les enseignants d'occitan et de catalan sur la ligne de 2 millions d'euros consacrée à ces langues ? La haut, ils ne cessent de dire justement que c'est l'affaire des régions,d'où le gag d'un "patrimoine national" glissé dans la partie de la Con-stitution gaullâtre concernant les "collectivités territoriales (75-1) Dire ça ce n'est pas avoir le fétichisme de l'Etat, (si vous saviez...) c'est simplement identifier correctement là où est le pognon pour l'instant, en sachant que nos princes (de droite comme de centre-gauche d'ailleurs) ne le lâcheront pas si facilement que ça pour des langues dont ils n'ont que foutre.
-Quant aux caporaux pour qui les langues régionales font partie du complot prussien pour nous piquer l'Alsace Lorraine, les Bollmann, les Morvan, et, donc, le Mélenchon, on n'a pas attendu aujourd'hui pour leur cogner dessus (même si pour pouvoir cogner,il faut cotoyer, forcément.)
@ Gwennadenn,
merci d'indiquer le lien pour la pétition l'annulation du CRPE bilingue de Guadeloupe.
Puisque, pour les quelques-uns qui ne le savaient pas encore, je me suis démasquée comme militante du PCF, ce qui d’ailleurs, jusqu’à présent ne m’a aucunement empêchée de faire mon travail de militante occitaniste dans le CREO Lengadòc (http://www.creo-lengadoc.org/), dans la FELCO (http://www.felco-creo.org/), dans la coordination « Anem, òc »…, je continue, en faisant cependant remarquer (cela va sans dire mais…) que les propos que je tiens au nom de mes engagements politiques n’engagent que moi.
Donc deux ou trois remarques personnelles :
1- oui, la bagarre d’idées avec les tenants du monolinguisme orgueilleux doit être menée, et sans concession. Comme membre du Front de Gauche (formé de composantes plurielles, comme le dit Gwennaden), je ne tolèrerai pas que les positions simplistes de Mélenchon, celles à juste titre démolies par lo Tavan dans l’article initial à propos d’un texte imbécile du Parti de Gauche (aucunement validé par le Front de Gauche), deviennent la position officielle du Front de Gauche.
Pour cela, nous sommes nombreux à bagarrer, de tous les coins de France où existent des langues minorisées. Et j’invite, moi aussi, les lecteurs du blog à investir les lieux de la campagne électorale pour faire entendre la voix de la diversité culturelle, et ce, dans tous les partis (extrême-droite exclue, cela va sans dire, mais…).
Le combat n’est aucunement gagné, y compris chez les Verts. J’y connais des gens, figurez-vous, dans la mouvance RPS/EELV et ils le savent bien. Tiens, un petit exemple, lors du rassemblement EELV à Clermont-Ferrand cet été, je ne suis pas sûre que, malgré la présence dans cette région d’un élu POC président de RPS, la question des langues régionales ait eu une grande place dans les débats… Mais je souhaite que mes propos soient démentis…
Dans tous les partis, la place de la question qui nous occupe ici sera affaire d’engagement de tous et pas de fanfaronnades extérieures.
2- Pour ceux qui le l’auraient pas lu, je vous invite à découvrir un texte du responsable national à la culture du PCF, Alain Hayot : http://www.humanite.fr/tribunes/la-politique-culturelle-doit-mobiliser-l%E2%80%99ensemble-des-citoyens-484761
j’en souligne un extrait : « Reconnaître enfin que le « vivre ensemble » suppose la reconnaissance de l’autre, dans la diversité de son histoire, de sa culture et de sa langue. La défense et la promotion de la langue française, la construction d’une culture commune, ne peuvent se faire en niant les langues et les cultures présentes sur notre sol, mais au contraire en s’enrichissant de cet apport et en l’inscrivant dans une vision solidaire de la société que nous voulons bâtir ensemble. » ça aussi, ça émane d'une composante du Front de Gauche, et la phrase mérite d'être replacée dans un contexte (politique culturelle défendue par le
PCF) dont je souhaite que Tavan en fasse une de ses habituelles lectures aiguisées et sans concession.
3- Sur la question récurrente du choix pour l’école : associatif / éducation nationale. D’abord une chose simple : pour moi ce n’est pas d’abord là une question de « laïcité » et je n’aime pas qu’on déporte la question sur ce terrain (comme le fait évidemment Mélenchon à propos de nos langues, les mettant sur le même plan que des religions !!!!). Les écoles Calandretas e autres Diwan sont laïques. Point.
Mais, même si certains disent qu’elles rendent un service public, elles ne sont pas le service public, pas plus que mon garagiste ou mon plombier, qui rendent tous les jours des services au public. Je me réfère là à la remarque d’Alwenn : « Vous confonder "public" et "d'Etat" ! Ce que vous appelez "associatif" et privé" est tout aussi "public" que le "public". Les écoles associatives sont en particulier "laîc" et "gratuite" ! Et ouvertes à tous ! Elles sont d'ailleurs également "controlées" par l'Etat, et les enseignants sont en parti rétribués par l'Etat. »
La dernière remarque, en parler populaire, ça se traduit à peu près par « le beurre et l’argent du beurre… J’aurai la charité d’oublier le sourire de la crémière… »… ça traduit en effet une grande confusion : on hurle contre l’Etat [voire les fonctionnaires « installés » (merci, famille Le Pen, vous faites des petits, merci, Sarko, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, c’est très populaire, tout compte fait…)] on hurle contre l’Etat, donc, mais on sait bien que sans les fonds publics, ces écoles ne tourneraient pas. Et ces fonds publics proviennent aussi d’un Etat qu’on vilipende et qui en rétribue les enseignants lorsque les écoles sont contractualisées…
Mais ces écoles ne tourneraient pas non plus sans des contributions financières importantes des collectivités dont on serait fondé à dire qu’on pourrait aussi, avec un peu moins de clientélisme immédiat, en employer une certaine quantité à faire des campagnes auprès de l’opinion la plus large sur la dignité de nos langues et de nos cultures, faire pression affectueusement sur les Rectorats concernés pour qu’ils créent les concours spécialisés, que les IEN et autres IA, chiens de gardes zélés, arrêtent d'empêcher l'extension du bilinguisme public, que ces Rectorats mettent en place les conseils académiques des langues régionales. Pourquoi pas, comme en Bretagne, les collectivités n'aideraient-elles pas les Universités qui ne le font pas encore à mettre en place des cursus qui formeraient les étudiants dont nous manquons cruellement pour répondre à la demande sociale… Pour moi, encore une fois, le problème est dans la cible, la destination de l'argent des collectivités voué aux langues régionales : doit-il aller vers le peuple de nos régions, avec ses pauvres hontes, avec ses lambeaux de langue qu’on lui fait ravaler dans le gosier et emporter dans la tombe, ou bien vers les quelques dizaines d'enfants de « happy few » plus conscients que les autres…
Et nous savons bien, allons jusqu’au bout, que les parents de Calandretas, dans le meilleur des cas, choisissent autant une école différente qu’une école occitane…
Scandaleux, ce que je dis ? On a même parlé ici de « casus belli » comme si le débat sur les écoles associatives était tabou ! Sur un blog qui se présente – et qui est – un des lieux d’expressions les plus exigeants de l’occitanisme… Permettez-moi de vous dire qu’il n’y a pas que chez Mélenchon que règne le terrorisme verbal…
Et je finirai comme j’ai commencé sur le terrain politique. Le stalinisme ? Une horreur ! Une plaie béante dans le XXe siècle, et aussi parce que le stalinisme a trainé dans la boue du goulag la belle idée du communisme.
Mais le capitalisme, vous préférez ? Combien d’enfants morts chaque jour de faim, de bombes à sous-munitions, d’intoxications avec les déchets dont le monde « libre » se débarrasse à peu de frais… Je vous passe les détails… Suffit de brancher la télé… Même plus besoin de lire Le "Monde diplo" ou "L’Huma". Une chose est sûre, en tout cas, le libéralisme effréné qui mène le monde à la baguette, il ne risque pas d’apporter quoi que ce soit à nos langues et nos cultures
Pardon : je n'ai pas réussi à mettre les liens dans le texte, alors je vais le faire comme ça :
http://langues-minorisees.revolublog.com/collectif-de-vigilance-pour-la-creation-de-postes-de-creoles-la-petiti-a25055578
Il n'y a pas de pétition en ligne (c'est à l'ancienne), mais il suffit d'envoyer les renseignements nécessaires (Nom, prénoms, profession et coordonnées tel, mail ou adresse) à mon adresse mail gwennadenn@gmail.com pour que vous soyez inscrits sur la pétition.
Vous pouvez également imprimer la pétition et le texte qui explique la situation en Guadeloupe pour diffuser autour de vous : envoyez-moi un mail et je vous expédie le tout par pièce jointe.
Merci à tous !
"Scandaleux, ce que je dis ? On a même parlé ici de « casus belli » comme si le débat sur les écoles associatives était tabou ! Sur un blog qui se présente – et qui est – un des lieux d’expressions les plus exigeants de l’occitanisme… Permettez-moi de vous dire qu’il n’y a pas que chez Mélenchon que règne le terrorisme verbal…"
"Casus belli, c'est du latin, c'est pas du terrorisme verbal !
Vous ne voulez pas un débat sur les écoles associatives, vous voulez les supprimer !! Non, pas les supprimer, leur supprimer tout financement de l'Etat, ce qui revient au même.
Je ne vois pas le rapport entre le capitalisme et les écoles associatives ?
Je ne comprends pas non plus ce que vous voulez dire par "le beurre et l'argent du beurre, plus le sourire de la crémière".
Quant à parler "d'enfants de « happy few » ! (Je laisse (pour l'instant !) sans commentaire.
ça veut dire quoi, en latin, "casus belli" ? Vous semblez l'ignorer... Prenez le Gaffiot, dans ce cas.
Quant à votre manière de gloser ma réflexion en y ajoutant des choses qui n'y apparaissent pas (ai-je parlé de supprimer le financement des écoles associatives par l'Etat ?) ou en mettant sur le même plan des choses qui font partie de points différents de la dite réflexion (ai-je établi un rapport entre capitalisme et écoles associatives ?), ça s'appelle de la malhonnêteté intellectuelle.
Si vos intentions étaient mieux explicitée, il n'y aurait peut-être pas de malentendu (peut-être !).
Je me cite : "Je ne comprends pas non plus ce que vous voulez dire par "le beurre et l'argent du beurre, plus le sourire de la crémière".
Je ne comprends toujours pas.
En réalité, je n'attends rien du Parti-de-gauche, communiste ou pas.
Les gens élisent de toute façon un individu, pas un parti. Ancune personne sensée attachée aux langues minorisées ne votera pour un mélanchon.
"Mais, même si certains disent qu’elles rendent un service public, elles ne sont pas le service public, pas plus que mon garagiste ou mon plombier, qui rendent tous les jours des services au public.
Je pourrais vous taxer de malhonnêteté intellectuelle tout aussi bien, et ce serait certainement plus justifié.
Je vous le répète, les écoles associatives sont GRATUITES !!!!
Votre plombier et votre garagiste sont gratuits, peut-être ?????
Encore une confusion entre deux choses hétérogènes : le service public et la gratuité. Les ai-je mises sur le même plan ? Non.
Je sais que les écoles associatives sont gratuites (en dehors de la cotisation versée par les familles). Est-ce que pour autant elles font partie du Service public ? Non ! Elles rendent un service à que je veux bien appeler public, comme le font plein d’associations qui compensent elles aussi les carences de l’Etat. J’ai près de chez moi une école associative, liée aux services de pédopsychiatrie de l’hôpital public qui scolarise, le temps de leur remise à flot, des enfants en difficulté psychologique. L’amie qui l’anime a tout à fait conscience de pallier les carences du service public. Son école est un moyen, aucunement une fin… Pour se battre pour la faire exister, comme le font les militants des écoles associatives en langues régionales, je vous assure qu’elle préfèrerait que le service public fasse son travail.
« Le beurre et l’argent du beurre ». Je pointais vos contradictions : vous revendiquez un financement d’Etat et vous hurlez contre l’Etat (forcément pour vous oppresseur, centraliste, et je ne sais quels autres qualificatifs qui ne sont pas - selon moi - le fait de la fonction intrinsèque de l’Etat, mais de choix politiques qui sont ce que nous savons qu’ils sont). Mais l’Etat, c’est aussi, en vrac :
- Ce qui finance, dans le cas du contrat d’association, les enseignants des écoles associatives et tous les enseignants des écoles publiques. Demandez à la Région Bretagne si elle veut s’engager à payer TOUS les postes… Vous risquez d’avoir des surprises…
- Les services de santé, d’éducation, les transports, et autres acquis de la Résistance et autres luttes du peuple… Toutes choses mises à mal par le capitalisme triomphant et l’Europe des marchés qui vous fait tant rêver et dans laquelle vous croyez voir « l’Europe des Peuples »…
Ai-je été assez claire ?
J’ai été aussi questionnée sur les Happy few. Je ne jouerai pas aux pédantes en vous donnant l'origine de l'expression, je vous renvoie au dictionnaire comme pour le "casus belli". Je me contentais de désigner ainsi un choix qui se porte plutôt sur une réponse à des demandes parentales dont on sait qu’elles ne peuvent émaner que de gens déjà conscients, plutôt que d’aller vers la masse de la société qui fréquente, que vous le vouliez ou non, l’école publique (bon il est vrai que la Bretagne a aussi l’enseignement confessionnel… et on vous laisse vos spécificités, d’autant plus que chez nous aussi nous avons, en Lozère ou Aveyron, des collègues qui font un excellent travail en occitan dans des collèges et lycées catholiques…).
En dehors de cela, j'attends des réponses à mes arguments... et je suis un peu déçue...
@ Alwenn
"Les gens élisent de toute façon un individu, pas un parti. Ancune personne sensée attachée aux langues minorisées ne votera pour un mélanchon."
wow ... triste triste triste ... ne prenez pas les "gens" pour des imbéciles s'il vous plaît, car nous sommes ces "gens". Et les "gens" ne votent pas pour un individu, cela ne marche plus forcément comme ça, vous simplifiez un peu ! Ils votent pour ceux qui défendent leurs intérêts ... c'est le système des présidentielles qui personnifie les choses, alors changeons-le ! Et ce serait bien d'éviter les erreurs dans les noms de famille des personnes que vous détestez tant !
Par ailleurs, vous avez l'air de vous tromper de cible sur laquelle tirer ! Marie-Jeanne n'a jamais dit qu'elle souhaitait fermer les écoles associatives, elle a simplement rappelé que ces dernières fonctionnent grâce au financement de l'État, ce qui est une réalité. Sans l'État, il n'y aurait pas de salaires pour les profs.
Il me semble que cette réflexion sur le financement de ces écoles par l'État met juste le point sur la fragilité de ces écoles : si l'État considère que ça lui coûte trop cher (on entre en récession Madame, Monsieur !!!), il pourra très bien revenir sur ces accords ... et dans ce cas, bye-bye !
C'est la raison pour laquelle il faut justement se battre pour obtenir des écoles bilingues publiques à parité horaire, car même si les Rectorats peuvent annuler les concours du jour au lendemain, l'État ne peut supprimer la filière et encore moins arrêter de payer les profs. C'est donc une protection.
Quoi que vous en pensiez, l'État est sensé être là pour protéger la population, et les partis élus sont sensé défendre l'intérêt général. Pas besoin de rappeler que ce n'est pas le cas actuellement, si ? Aux "gens" de voir où est l'intérêt général, et où ils pourront défendre leurs idées !
Non !
Merci quand même de nous laisser nos "spécificités".
Les questions qu'on peut poser à un parti, Parti de Gauche ou autre sont :
1 - Va t-il signer la Charte européenne des langues minoritaires ?
2 Est-il favorable à une large autonomie des régions, sur le modèle allemand (avec prise en charge de l'ensemble de l'enseignement par les Länders)
Ce qui implique une autonomie financière et législative.
Il n'y a que le territoire directement concerné par une langue qui peut mener une réelle "politique linguistique", indispensable pour pouvoir sauver cette langue. C'est le cas au Pays Basque, en Corse, en Bretagne.
Quel serait d'ailleurs les grandes lignes d'une "politique linguistique" selon le Parti de Gauche ?
Se soucier de l'enseignement, c'est bien, mais c'est insuffisant.
3 - La spécificité des écoles associatives, par rapport aux écoles bilingues, c'est qu'elles sont immersives. Rien n'empêche d'aileurs les écoles bilingues (d'Etat ou confessionelles) de devenir elles mêmes immersives. L'expérience du Pays Basque, et la simple logique, montre que le meilleur système est le système immersif.
Les parents des écoles associatives paient des impots comme tout le monde, l'argent récolté par l'Etat est autant le leur qu'aux autres, les écoles dans lesquelles elles mettent leur enfants ont autant de légitimité à recevoir des financements de l'Etat que les écoles d'Etat.
4 - L'Etat est gouverné tantot par la droie, tantot (plus rarement) par la gauche. Ce qu'on a pu concédé un jour, on cherche à le reprendre le landemain ou le surlendemain. Les langues minoritaires ne seront jamais en sécurité tant quelles dépendront du bon (?) vouloir de l'Etat français, qui est bien plus un mauvais vouloir.
- Les questions au PG, vous les posez au PG.
Pour le Front de Gauche, comme pour d'autres partis, la prise en charge de la question qui nous occupe sera affaire de pression sociale. C'est ça, le débat démocratique.
- Il n'y a pas automatisme entre l'existence d'une langue régionale et sa prise en charge par la région concernée. La preuve : côté occitan, les Régions où la langue a encore le plus de locuteurs "naturels" (Auvergne, Limousin) sont aussi celles où rien ne se fait, ou presque, du côté des Régions. Ce sont aussi des régions pauvres qui, même si on leur donnait l'autonomie financière, risquerait, vu le taux de misère actuelle, de trouver d'autres priorités.
- quant à votre vision de l'Etat, elle est un peu simple. Oui, nous lui avons arraché des choses : le CAPES, le concours de prof des écoles langues régionales, la création des écoles bilingues publiques (le seul système en Corse, cette Corse où vous semblez voir un modèle...)
- Tout à fait d'accord avec vous cependant pour que les Régions prennent aussi leurs cultures en main. La FELCO a essayé de penser la question de l'articulation entre états et région ; ça vaut ce que ça vaut, mais ça refuse de se réduire aux clichés binaires (le vilain Etat oppresseur et les gentilles Régions pleines d'amour désintéressé pour leurs langues et leurs cultures.
Vous le trouverez à l'adresse : http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=collec&id=58 ; le texte s'intitule :Etat et collectivités territoriales - Quelles compétences en matière de langues régionales?
- Ne me prenez pas pour une débiloune à propos des écoles immersives. Je les ai vues naître.
Pour preuve : voici un document, la charte fondatrice de la première calandreta de Béziers. Je garantis l'authenticité du texte et je vous le laisse méditer :
La Calandreta, de QU'ES AQUÒ ?
Le Cercle occitan de Béziers projette l'ouverture en septembre 1980 d'une Calandreta, école maternelle occitane, où l'éducation des enfants d'âge préscolaire se fera tout en occitan.
Après les 17 «Ikastolas» en Pays Basque-nord, les 4 «Diwans» en Bretagne et les 4 «Bressolas» en Catalogne-nord, une première Calandreta a été ouverte à Pau en septembre 1979. La calandreta de Béziers sera donc la deuxième école maternelle occitane.
Pourquoi toutes ces écoles maternelles «parallèles» ?
Parce que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme reconnaît à tout homme le droit à la protection contre toute discrimination, y compris linguistique ;
Parce que la Convention contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement (document UNESCO), signée par la France le 14 décembre 1960, déclare qu'il y a «génocide culturel» chaque fois qu'il y a exclusion de l'école d'une langue parlée par une collectivité.
Parce que, depuis la loi Deixone de 1951 et les circulaires d'application qui ont suivi, le ministère de l'Education Nationale prétend organiser la valorisation des différences culturelles et linguistiques, mais qu'en même temps son administration prend soin de décourager par l'inertie toute initiative dans ce sens, ou même de bloquer les demandes de formation des instituteurs publics : aucune nomination de professeur d'occitan dans les Ecoles normales, refus de nommer les conseillers pédagogiques pour les «langues régionales» que prévoient les textes, choix des responsables de .l'enseignement de l'occitan uniquement parmi des non-occitans et non-occitanophones!... etc.
Parce que l'Education Nationale française prône très haut les vertus du bilinguisme, au bénéfice d'enseignements précoces de l'anglais ou de l'allemand, langues dites «nobles» et «utiles», alors que cet enseignement est élitiste et artificiel, coupé qu'il est de tout contexte social et culturel. Si le bilinguisme est bénéfique (nous le croyons), le premier bilinguisme à promouvoir en France est celui qui a toujours existé depuis la constitution de l'état français, qui est donc essentiellement français mais qui est partout menacé de disparition : c'est le bilinguisme de nombreuses provinces de France :1'Alsace, le Pays Basque, la Breta¬gne, la Catalogne, la Corse, l'Occitanie.
La calandreta n'est pas une concurrente des écoles maternelles publiques de Béziers.
Elle sera régie par une Association de membres du Cercle occitan de Béziers (association type loi 1901) ; ce sera donc une école «privée», mais qui ne pourra en aucune façon être accusée de concurrencer les écoles maternelles publiques.
Parce qu'elle doit assurer un enseignement que l'école publique française est actuellement, hélas, incapable de donner ; elle essaiera donc de combler les lacunes de l'enseignement d'état, comme les nombreux I.M.P., tous établissements privés, essaient de combler l'incapacité de l'état français à assurer l'éducation des enfants handicapés :
Parce que, en limitant volontairement le recrutement à 15 élèves (11 sont déjà inscrits), répartis dans la population de Béziers et des villages voisins, la calandreta ne peut en rien menacer les écoles qui redoutent une fermeture de classe parce que leur effectif est jugé « -insuffisant » (avec parfois 30 enfants par classe !) ;
Parce qu'elle se donne pour objectif d'élaborer une pédagogie de l'occitan langue maternelle, pédagogie qui sera mise à disposition de tous les instituteurs qui voudront suivre l'exemple, au moins pour le peu de liberté que laissent les textes en vigueur dans les écoles publiques ;
Parce que l'Association biterroise «Calandreta» s'engage solennellement à se dissoudre dès que l'Education Nationale française acceptera de remplir enfin ses engagements envers l'UNESCO et les DROITS DE L'HOMME, en ouvrant des écoles bilingues français-occitan, français-catalan, français-breton, etc. comme il en existe dans presque tous les pays d'Europe occidentale ayant plusieurs langues nationales :1'Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie, la Suisse.
"Quoi que vous en pensiez, l'État est sensé être là pour protéger la population, et les partis élus sont sensé défendre l'intérêt général. Pas besoin de rappeler que ce n'est pas le cas actuellement, si ?"
L'Etat est un monstre froid ! L'Etat défend avant tout ses propres intérêts. Qu'il soit de gauche ou de droite.
"Les gens élisent de toute façon un individu, pas un parti. Ancune personne sensée attachée aux langues minorisées ne votera pour un mélanchon."
wow ... triste triste triste ... ne prenez pas les "gens" pour des imbéciles s'il vous plaît, car nous sommes ces "gens".
Si le parti communiste s'est laissé opéaisé par melanchon, c'est que ce dernier est une "bête politique", et que le parti communiste n'avait plus ce genre de chose en magasin. CQFD
Si je suis un peu méchant, tu es un peu naïve !
"C'est la raison pour laquelle il faut justement se battre pour obtenir des écoles bilingues publiques à parité horaire, car même si les Rectorats peuvent annuler les concours du jour au lendemain, l'État ne peut supprimer la filière et encore moins arrêter de payer les profs. C'est donc une protection."
L'Etat peut très bien fermer des classes ou des filières. Il a déjà fermé des classes. L'Etat n'a pas de "politique linguistique". Et sa seule langue officielle est le français.
Merci de me traiter de naïve sans me connaître, cela me fait plaisir !
Il y a 3 ans, lors de la réforme des IUFM, j'ai demandé haut et fort ce qu'il en serait des professeurs des écoles bilingues publiques si la formation à peine obtenue était fermée. On m'a répondu "tais-toi, on s'en occupe". Résultat ?
Que faut-il faire pour devenir prof des écoles bilingues maintenant ? Passer un Master en langue régionale ? Je suis désolée de le dire, mais le nombre déjà restreint de candidats au concours risque simplement de diminuer encore !
Quand à la formation dans ces Master, même s'ils sont intéressants et riches, elle ne correspond malheureusement en rien aux besoins des futurs enseignants ...
La réforme a simplement conforté les pouvoirs de nos petits chefs locaux : chouette ! Mais peut-être cela vous satisfait-il ?
Moi, ça me déprime ! ça me fait penser à une époque tragique au cours de laquelle certains ont pactisé avec les nazis qui leur promettaient monts et merveilles. Ont-ils réellement défendus la langue ? Je ne le crois pas lorsque j'entends des amalgames tels que bretonnants = facho.
Avant de prendre des décisions, il faut penser aux conséquences qu'elles auront. Les "puissants" n'ont pas défendu la casse des IUFM. Ils ont sauté sur la première occasion pour construire des maquettes déprimantes et assoir leurs pouvoirs.
L'État est aussi là pour empêcher ces dérives. Il y a besoin de personnes qui se battent, mais pas de chefs qui prennent les pouvoirs pour défendre leurs propres intérêts, car dès que l'on défend ses intérêts personnels, on est prêt à écraser n'importe qui.
Or, l'État, c'est nous !
Pour reprendre l'image de Chomsky :
L'État est une cage qui nous enferme afin de nous protéger des loups qui sont dehors. Notre rôle est d'agrandir la cage.
... sauf que pour l'instant, les loups sont entrés dans la cage et qu'il est urgent de les mettre dehors !
Par ailleurs, je ne défends pas l'État pour défendre l'État : pour moi, il n'y aura de démocratie réelle que le jour où nous serons capables de nous auto-gérer ... sauf qu'en attendant, nous avons besoin de cette cage, sans quoi nous serons simplement mangés tout cru ! Chomsky et tant d'autres ne disent pas autre chose ...
Mais pour nous auto-gérer, il faut aussi être capable de réfléchir à l'avenir que nous désirons ; j'ai proposé une réflexion sur la législation qui nous serait favorable, mais n'ai eu aucun signe de vie concernant la création d'une utopie ... c'est trop facile de critiquer ceux qui se bougent pour changer les choses sans faire l'effort de mettre les mains à la pâte. Je ne dis pas cela pour vous Alwenn car je ne vous connais pas, et je ne me permettrais pas de vous juger sur quelques lignes.
Cependant, à force de lui cracher à la figure, vous pourriez au moins écrire son nom correctement : c'est MélEnchon.
Et si vous voulez bien ouvrir les yeux et les oreilles, vous apprendrez que le Front de Gauche (qui englobe plusieurs partis, fédérations, associations ...) discute justement sur les questions de langues minorisées afin de faire bouger les lignes. Mélenchon n'EST PAS le Front de Gauche. Il est le candidat car les élections obligent à la personnification.
Mais le Front de Gauche prône entre autre une 6ème République, permettant au peuple de se créer en Assemblées Citoyennes afin de demander des référendums et de rédiger ses propres lois. Le Front de Gauche souhaite redonner son pouvoir au peuple ... et si nous, le peuple, avons réellement le pouvoir, alors nous pouvons agir.
Naïve, vous ne semblez pas l'être, "indignée" (avec la définition actuelle), certainement.
L'utopie, je la vois un peu différement de la manière dont vous la voyez. Pour moi, l'utopie serait d'avoir un collectif apolitique regroupant l'ensemble des défenseurs des langues régionales ayant un réel soutien populaire et pouvant forcer les partis politiques (tous) à se positionner sur la question. Sans soutien populaire effectif (par des pétitions, par un nombre d'adhérents significatif ou par tout autre moyen permettant de montrer que nous sommes nombreux), on n'aura pas la force de négocier avec qui que ce soit des "petits" aux "grands" partis. Mais je le conçois, c'est également une utopie.
Indignée, si vous le voulez ! Révoltée aussi ... car ce n'est plus simplement de l'indignation.
Et tout comme les indignés (malgré ce qu'ils prétendent), je suis politisée ... sans appartenir à quelque parti que ce soit.
On nous a fait penser que "la politique, c'est sale". On a tous peur de s'engager, parce que "qu'est-ce que vont dire les gens ?" Or, chacun de nos actes est politisé.
Un collectif a-politique me semble donc complexe, car quelles que soient nos positions, il y a toujours une part de politique dans nos décisions (politique = science des affaires de la cité ... si on s'occupe des affaires, en l'occurrence des langues minorisées, c'est donc politique ! Ne nous mettons pas les doigts dans les yeux : le sujet des langues minorisées est un sujet politisé).
Cependant, créer un collectif regroupant l'ensemble des défenseurs des langues régionales est une merveilleuse utopie ... plus ou moins celle que j'essaie de mettre en oeuvre sur ce blog : http://langues-minorisees.revolublog.com/
Je vous invite d'ailleurs à venir y donner vos avis, critiquer, faire évoluer cet espace, y prendre votre place et devenir modérateur ... bref, investir les lieux pour construire ensemble !
Car ce n'est pas un blog qui se veut "à moi", mais qui souhaite devenir plutôt une plate-forme d'échanges entre les régions afin de pouvoir s'informer et réagir tous ensemble et non chacun dans notre coin. Séparés nous sommes faibles, ensembles nous pouvons peser.
Le soutien populaire est évidemment indispensable (on peut dire que d'après les sondages, la population est pour la défense des langues minorisées dans les régions concernées) : cependant, pour avoir le soutien du peuple, il faut proposer. Car chacun ne se sent pas assez au courant pour prendre la parole sur ces sujets ; et d'autres sont pour la défense des langues, mais n'ont pas de temps à y consacrer, car ils ont déjà beaucoup d'autres choses à gérer (ne serait-ce que ramener à manger par exemple !!!).
Il faut donc avoir un texte support, une proposition à offrir au peuple pour que celui-ci puisse s'investir en amendant les textes, en critiquant, en améliorant ...
Tant qu'il n'y a pas de base, il n'y a pas de débat possible. Il faut donc créer cette base afin de la porter à la critique ... et accepter les critiques !
Mais malgré le caractère politisé des langues minorisées, les propositions peuvent être faites aux différents partis : chacun d'entre eux verra si ça peut entrer dans le cadre de son parti ou non. Ce n'est pas aux propositions de rentrer dans le cadre, c'est au cadre de s'agrandir pour intégrer les propositions.
Je sè, je suis movè en orthograj.
Le première utopi serait que les militants des langues minoritaires soient déjà d'accord entre eux.
Le préalable à une mise en aco'rd et à l'élaboration d'une loi, c'est de définir les conditions nécessaires et indispensables à une langue pour qu'elle puisse vivre normalement sur son territoire donné. Ce qui implique de se défaire de toute idéologie et à-priori et de se concentrer uniquement sur ces conditions favorables à la langue. Je ne suis pas sûr que beaucoup soient prêt à mettre ces "conditions de vie" sur la table.
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