Calandreta, once again !

Classe CM Calandreta Béziers l'Ametlièr 2007
Calandreta, un còp de mai !
Je me propose de rendre compte ici d’un livre bien intéressant, publié en 2005, réalisé sous la direction d’Henri Boyer, qui rapporte et analyse, avec les outils de la sociolinguistique (et plus marginalement de la psycholinguistique), une enquête auprès d’un échantillon d’anciens élèves de la première promotion de la première école primaire Calandreta de Béziers au début des années 1980 : De L’école occitane à l’enseignement public : vécu et représentations sociolinguistiques[1]. Je m’étais déjà reporté à cette enquête à travers la lecture d’un article de synthèse de Boyer, à l’occasion d’un précédent post, en occitan (Lo Bilanç lingüistic de Calandreta).
Encore Calandreta donc ! Il ne s’agit pourtant ni d’obsession, ni d’acharnement, mais plutôt d’un intérêt profond, lié à une expérience associative assez longue, comme parent de calandron (élève de Calandreta) et d’ex calandron. Cette insistance est aussi liée au fait, je le cache pas, que mes précédentes interventions sur ce blog n’ont suscité que de très rares interventions de la part de membres des associations Calandreta et, aucune me semble-t-il, du moins à ce jour, venant des personnels. Les uns et les autres ont sans doute plus et mieux à faire. Je les comprends. Toutefois en partie seulement, ayant parfois l’impression que les uns comme les autres ont bien du mal à adopter une distance réflexive vis-à-vis de leurs pratiques d’associatifs et/ou de pédagogue.
Je voudrais aussi préciser d’emblée que cette attention à Calandreta ne s’accompagne d’aucun déni de ce qui se fait dans le public, en particulier, évidemment, dans les sections bilingues, dont Marie-Jeanne Verny a rappelé dans un commentaire au post précédent qu’ils concernent des effectifs supérieurs (1 986 inscrits à Calandreta, pour 2 365 dans le public – dont 0 en Limousin –, chiffres de 2005-2006, DGLFLF, Rapport au parlement sur l’emploi de la langue française, p. 136). Mais il s’agit d’une réalité pédagogique que je connais mal, et je ne suis pas parvenu à trouver d’études comparables à celles qui commencent à paraître sur Calandreta. Il faut dire que l’expérience des écoles occitanes publiques bilingues est plus récente. Mais néanmoins il serait très utile de disposer au plus vite de travaux et d’analyses sur cet enseignement, y compris, bien sûr, d’évaluations comparatives avec Calandreta (voilà sans doute, un autre tabou à briser).
Quoi qu’il en soit, parmi les reproches adressés à Calandreta, il en est un que je voudrais écarter d’emblée : celui d’être une structure associative, privée donc (bien que laïque et gratuite), et non publique. Sans vouloir en effet polémiquer, je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu’il n’est point de salut hors du public. Je vois, par exemple autour de moi comment on continue d’enseigner partout ou presque les langues dans l’enseignement public (et d’ailleurs, dans la plupart des écoles privées), et après avoir observé en famille l’efficacité indéniable de l’immersion (en Calandreta et par intégration de l’école publique italienne), si je me laissais aller, je n’aurais pas de mots trop forts pour désigner le gâchis pédagogique qui se perpétue[2]. C’est un fait, les élèves ne parlent pas et même prennent souvent les langues enseignées en grippe, jugeant qu’il s’agit là de matières rébarbatives entre les plus rébarbatives. Dans les classes bilingues publiques (òcbi pour ce qui est de l’occitan), certes, la langue n’est pas seulement langue enseignée, mais aussi langue enseignante, et cela bien sûr change tout, ce qui prouve bien sûr que même le public – si je puis dire – est réformable !
D’ailleurs je voudrais d’emblée souligner à ce propos combien l’une des données de l’enquête de l’équipe Boyer me semble problématique à interpréter. Il s’agit des relatives difficultés avouées par la plupart des ex-calandrons interrogés dans leur apprentissage de l’anglais au collège et au lycée. Il me semble en effet que l’on ne peut aucunement en conclure, comme le fait par exemple le psycholinguiste Michel-Louis Rouquette dans l’ouvrage, que « les attentes concernant l’effet cognitif de l’enseignement de Calandreta paraissent plus idéologiques que véritablement opérationnelles » (p. 84). Il faudrait en effet commencer tout de même, avant de tirer la moindre conclusion, par constater le fossé énorme qui sépare l’apprentissage d’une langue par immersion de son enseignement comme matière scolaire et de la manière dont des enfants qui ont appris une ou plusieurs langues en immersion vivent la rencontre brutale des méthodes encore apparemment dominantes dans le public : l’absurde mémorisation des verbes irréguliers, le par-cœur de dialogues idiots, une oralité à la traîne de l’écrit, des exercices de traduction exigées de sujets qui, de fait, ne sont nullement des locuteurs, etc. etc. Il est certain que Calandreta ne prépare pas, ou mal, à ce type d’apprentissage, et j’estime que c’est là non un défaut, mais une qualité de sa pédagogie. L’une des enquêtée, dans l’ouvrage, loue ses maîtres du primaire de l’avoir fait « penser dans la langue », plutôt « que faire de la traduction comme on nous apprend actuellement » (p. 41). Mais je reconnais aussi que mon avis personnel et ces témoignages ne sauraient tenir lieu d’une analyse psycholinguistique approfondie. D’une manière plus pondérée, Carmen Alén Gabarato et de Henri Boyer, dans l’analyse sociolinguistique qui est la partie principale de l’ouvrage, notent qu’il semble « que la représentation idéalisée d’un apprentissage linguistique du type Calandreta peut être un obstacle à un apprentissage tardif, et qui plus est traditionnel et nettement moins attractif, d’une autre/d’autres langue(s) vivante(s) étrangère(s) » (p. 47).
En tout cas, il existe un consensus parmi les enquêté(e)s, comme le mettent en évidence Gabarato et Boyer, dans l’éloge le plus appuyé de la qualité humaine et pédagogique de l’enseignement reçu en Calandreta, fortement influencé par la méthode Freinet ; « j’ai pratiquement que de bons souvenirs là-bas » ; « c’est le plus bel enseignement que l’on puisse donner à un enfant », dit même l’une des ex-élèves (qui tous, notons-le bien, ont longuement fréquentés par la suite le public, beaucoup étant étudiants au moment des entretiens). La plupart évoquent de la manière la plus positive qui soit l’ambiance quasi familiale de l’école (d’autant plus forte, que l’école débutait : les parents eux-mêmes préparaient les repas, etc.), les nombreuses sorties pédagogiques et les voyages linguistico-culturels, l’organisation de la vie scolaire favorisant l’autonomie et la responsabilité de l’enfant, atouts majeurs ensuite – aux dires des intéressés – pour l’intégration au collège public, etc. Les regentas et regents de Calandreta doivent lire – s’ils ne l’ont déjà fait – ces témoignages gratifiants qui, à eux seuls justifient mille fois leur travail, souvent rendu très difficile par l’interaction de l’équipe enseignante et des parents (qui ne sont pas censés intervenir directement sur la pédagogie mais qui, de fait sont très… présents aussi sur ce terrain), sans doute fructueuse, mais aussi source de pas mal conflits.
Là où, comme le disent les deux auteurs de l’analyse, « le bât blesse […] c’est la discontinuité sociolinguistique affirmée : à l’issue de la scolarité en Calandreta, le lien avec l’occitan semble se déliter inexorablement » (p. 49). Dans la plupart des cas, les enfants n’ont tout simplement plus l’occasion de reparler la langue, sauf pour préparer l’option d’occitan au baccalauréat. C’est un fait, la langue n’est pas parlée en dehors de l’école, ni par les familles, ni par l’entourage, et qui plus est, la communication des calandrons et ex-calandrons avec les anciens qui parlent encore la langue « naturelle » (cet adjectif ayant ici pour seul but de signifier qu’elle n’a pas été apprise à l’école) ne va absolument pas de soi. De sorte que les enquêtés, pour la plupart, ont perdu l’usage actif de la langue et ne sont pas en mesure de parler avec les enquêteurs, ou du moins rencontrent-ils de grandes difficultés à la prise de parole (la seule exception est celle de ex-calandron faisant des études d’occitan et d’anglais, lequel se définit fièrement comme « citoyen français de culture occitane »[3]).
Mais ils rapportent que déjà, durant leur scolarité, la langue de communication entre enfants en dehors de l’école et même à l’école hors de la classe, était très majoritairement le français : « l’occitan, comme dit l’un d’eux, c’était plus dans la classe… » Langue de l’école, ou plutôt langue de la classe, la classe finie, et une fois sorti de l’école, l’occitan s’efface et disparaît irrévocablement. C’est quand même là un petit problème, pour user d’euphémisme, que devraient affronter les équipes pédagogiques (d’ailleurs sans doute est-ce le cas) et surtout les parents bien sûr, qui semblent souvent croire naïvement que l’école suffit à l’acquisition durable de la langue, sans se poser la question de son usage familial et social. Soit, comme le disent les deux auteurs dans une formule, dont ils ont fait le titre de leur analyse : « Scolarisation ne vaut pas normalisation sociolinguistique ». Or, je parcours les sites des écoles et de la confédération, je visite les forums qui me sont accessibles, et je ne trouve pas la moindre discussion à ce sujet. Sans doute suis-je passé à côté…
Ce problème est inséparable, me semble-t-il, de l’absence de lien fort, de lien suffisant, entre les écoles Calandreta et les locuteurs « naturels », que trahit la représentation dominante, chez les enquêtés, d’une reproduction du clivage diglossique à l’intérieur même de la langue : l’occitan, pour la plupart d’entre eux, c’est la langue enseignée à Calandreta ; à la campagne, on parle « patois », un langage « jamais très construit », pauvre, « un mélange » désordonné… Un enquêté va jusqu’à dire : « si c’était pas nos aînés on les reprendrait presque… » (p. 71), alors qu’il ne peut même plus tenir une conversation dans la langue, du moins devant les enquêteurs. Certes, je crois sur parole Patrice Baccou, l’un des anciens maîtres des enquêtés, aujourd’hui directeur des écoles Calandreta de Béziers, lorsqu’il affirme dans un court texte publié dans le même livre, que « ce mot de patois n’est bien sûr jamais employé en classe ». Mais lorsqu’il ajoute aussitôt que « c’est peut-être la raison pour laquelle son contenu idéologique n’est pas explicite pour les enfants », j’en reste baba, car évidemment le mot, immanquablement chargé de son contenu idéologique, circule hors de l’école, et les enfants n’ont pas besoin d’arriver en sixième (car Baccou fait l’hypothèse que ce « concept s’est forgé après leur passage en primaire ») pour y être confrontés. Mais ce qui m’étonne encore plus, c’est que le seul enseignement qu’en tire l’instituteur est de se poser la question suivante : « Ne nous sommes-nous pas inconsciemment auto-censurés en ne nommant pas, en n’affirmant pas, en n’explicitant pas ? » (p. 79). En effet, rien n’est pire que de tabouer le mot utilisé partout pour désigner la langue ; mais le problème, me semble-t-il, n’est pas là, ou plutôt ce tabou sur le mot de « patois » n’est-il que la conséquence de l’absence, ou du moins de l’insuffisance de relations entre l’école et les locuteurs dont les ex-calandrons, vingt ans plus tard, disent précisément qu’ils parlent « patois » et non « occitan ». Car seul un contact direct avec cet état de la langue permettrait de vérifier la proposition selon laquelle, le « patois », c’est l’occitan. Si Calandreta ne devient pas, pour les élèves eux-mêmes, et d’entrée de jeu, une école occitane, c’est-à-dire une école où l’on apprend ce que les gens appellent le patois, elle se condamne à rester fermée sur elle-même, et crée de fait les conditions de la différenciation diglossique interne dont les enquêtés se font l’écho. Certes, cette distinction mortifère n’est pas produite, en tout cas au niveau du discours, par Calandreta ; elle est un produit de la conscience diglossique partout diffuse, qui pousse le locuteur qui se reconnaît dans le mot de « patois » à reconduire devant ce qui se présente comme occitan la différenciation patois/ langue. Mais cette structure diglossique n’est pas remise en cause, comme elle devrait l’être, activement, par Calandreta : elle est confirmée, passivement, à la fois par l’exclusion du mot de « patois » et, de fait, par l’absence (ou insuffisance) de contacts avec les locuteurs locaux « naturels », qui conduit tout de même, par exemple, à enseigner le languedocien dans une zone plutôt gasconne (certes limitrophe, mais enfin…)[4], sans que la question du moins ne soit véritablement posée. Ce n’est bien sûr pas là un problème spécifique à Calandreta ; il concerne aussi bien les écoles publiques bilingues, et à vrai dire une bonne partie de l’enseignement de la langue. Le contre-exemple parfait est fourni par les cours pour adultes assurés un peu partout par l’IEO, qui sont fréquentés par des gens qui en fait se réapproprient le « patois » qu’ils savent déjà plus ou moins bien, comme « occitan ». C’est le chemin inverse qu’il faut faire avec les plus jeunes, qui n’ont pas d’expérience préalable de la langue : leur enseigner l’occitan, comme (ce que l’on appelle autour d’eux) « patois », c’est-à-dire en contact avec les locuteurs « naturels » des alentours, tant qu’il y en a, qu’ils soient ou non alphabétisés dans la langue. Or, il me semble que la souplesse de la structure Calandreta et son exceptionnelle ouverture permettraient facilement de développer ces contacts, hors de l’école par des sorties choisies à cet effet, mais aussi au sein même de l’école, par des intervenants extérieurs, ruraux ou non. C’est aussi là que trouverait tout son sens, un partenariat renforcé avec les associations en contact avec ces locuteurs et dont les membres sont souvent d’ailleurs aussi d’excellents locuteurs, qui pratiquent le collectage et l’enseignement pour adulte, lequel est d’ailleurs lui-même un vivier de locuteurs souvent exceptionnel, intéressés aussi par la lecture et l’écriture de la langue. Je veux parler évidemment ici, au premier chef, de l’Institut d’Études Occitanes, mais il y en aurait, selon les lieux, évidemment d’autres (la Talvera de Cordes, etc.).
L’enjeu est bien sûr de tisser des liens entre les deux groupes de locuteurs séparés, qui constituent, comme le dit Boyer dans son introduction, une « communauté introuvable » : « une communauté faite de locuteurs de naissance, âgés et ruraux […] et de néo-locuteurs jeunes et urbains » ; introuvable, à la fois « agonisante et largement virtuelle », car « faite de deux ensembles de locuteurs ne partageant ni les mêmes usages de la langue, ni les mêmes images et normes de cette même langue » (p. 11). C’est pourquoi, il est nécessaire, urgent, vital, de créer des lieux de rencontre et de socialisation de la langue pour ces mondes qui s’ignorent. Or il me semble que la médiation existe à travers une catégorie de locuteurs négligée par le schéma de Boyer : ceux qui ne sont pas ou pas complètement « néo » (tous ceux qui se sont réappropriés la langue) ni généralement fort jeunes (ni fort vieux), et qui surtout naviguent entre le monde rural et la ville, ne serait-ce que du fait de leurs activités associatives. C’est me semble-t-il, à travers eux que des lieux de paroles pourraient encore s’inventer, si les protagonistes bien sûr en avaient vraiment le désir, ce dont il m’arrive de douter fortement.
Jean-Pierre Cavaillé

[1] Henri Boyer (sous la direction de), De L’école occitane à l’enseignement public : vécu et représentations sociolinguistiques Une enquête auprès d’un groupe d’ex-calandrons, L’Harmattan, 2005.
[2] Gâchis non seulement parce que ces « méthodes » ne produisent pas des locuteurs, mais parce que la plupart des élèves, au mieux, périssent d’ennui quand ils ne développent pas une véritable aversion pour la langue ainsi réduite à un objet inerte, car apprendre une langue pour elle-même sans s’en servir pour apprendre autre chose ou pour communiquer, c’est ne rien apprendre du tout.
Commentaires sur Calandreta, once again !
- Rencontres impossibles ?Je me pose une question tout de même au sujet d'éventuelles interventions de locuteurs premiers dans les écoles (auxquelles je suis malgré tout très largement favorable).

J'ai déjà assisté à ce type de rencontre par le passé en école Calandreta. A mon sens, cela ne marche que si c'est fortement préparé bien en amont. Ce que j'ai eu l'occasion de voir était profitable mais à mon avis instatisfaisant dans le sens où l'échange tend à être limité du fait des sujets abordés, pris entre les centres d'intérêt des uns (les jeunes) et des autres (les locuteurs premiers) souvent radicalement divergents.
En gros, et c'est de toutes façons vrai pour n'importe quelle école et classe, je m'interroge avec circonspection, et un peu de tristesse aussi, quant à l'interaction possible entre des jeunes d'aujourd'hui et des vieux d'avant-hier. J'y vois à mon grand désarroi un choc culturel quasi insoluble. Pour la langue, ce choc est finalement le même. Les jeuns s'"enorgueillissent" au final de parler une vraie langue, seul moyen qu'ils ont de faire valoir leur apprentissage sinon dans la société, du moins dans leur tête et auprès de leur entourage, contrairement aux vieux croûtons qui, eux, ne savent parler qu'un patois.
On dira que je raisonne peut-être comme un vieux con mais je persiste, quand on est jeune, on veut pas être vieux, on fait tout pour se démarquer, se (faire) remarquer, enrobant le tout dans une suffisance, une impression d'éternité, une impression d'omnipotence sans limite, et bien sûr parler comme les vieux ne fait pas partie du programme.
Certes, la rencontre n'est sans doute pas impossible encore faut-il trouver "les mots justes", le point de partage en somme, mais les jeunes d'aujourd'hui sont si peu "contemplatifs", si agités au contraire. Pourtant, je sais bien que ces mêmes enfants sont capables de retenir une foule de choses au sein même d'un grand brouhaha, c'est étonnant ! mais quelle tempête, quel contraste avec les vieux, surtout les vieux ruraux qui ont toujours pris leur temps.
Alors il reste les intermédiaires dont parle JP, les ni jeunes, ni vieux, qui ont réappris la langue, oui, peut-être avec ceux-là est-il davantage possible de faire quelque chose, encore faut-il les trouver car, finalement, ils ne courrent pas les rues.
PS : je ferai au sujet des vieux locuteurs la même remarque que concernant les "jeunes", car eux aussi, les vieux, veulent marquer leur singularité et ne veulent pas entendre appeler "occitan" LEUR "patois", c'est sans doute le seul moyen qu'ils ont de se garder la langue comme un bien inaliénable, de ne pas être déposséder et de partir avec.
J'arrête là ma psychologie de bazar mais je reste convaincu qu'il n'y a pas que du faux dans ce que je dis. - Quelques remarques pour élargir la réflexionVoici quelques remarques ou réflexions générales qui ne sont pas directement destinées (au cas où elles pourraient paraitre critiques) à l'auteur de ce blog mais plutôt sur ce qu'on entend ou lit généralement :

- la transmission de la langue : elle est en fait multiple est variée dans l'enseignement privé ou public et dans les cours pour adultes. On oublie systématiquement de citer la transmission naturelle qui existe encore et touche à mon sens autant de jeunes aujourd'hui que l'école. Il faudrait l'intégrer à la réflexion. Une précision, je suis né et j'habite à la campagne et parle (j'espère) en connaissance de cause.
- l'opposition Ville-Campagne : la tendance actuelle est de dire que "l'occitan des campagnes est mort, vive l'occitan des villes !" Cependant, et pour l'instant (donc dans le présent), la langue est plus parlée à la campagne qu'à la ville. D'ailleurs, les néo-locuteurs urbains sont-ils de réels locuteurs ? La question reste posée même par l'article.
Pourquoi favorise t-on alors la ville ? Parce qu'il y a plus de monde en ville est qu'il est plus facile de créer des structures comme les calandretas. Sauf que les motivations des parents y mettant leur enfants sont multiples et variées (profiter par exemple d'une pédagogie particulière). Alors...
Il y a une tendance générale à considérer les habitants des campagnes pour des arriérés. Si l'occitanisme ne s'engouffrait pas dans cet voie alors on pourrait envisager l'avenir différemment. La première chose à faire serait certainement de redorer la campagne et ses habitants pour redorer leur langue, je pense que cela est possible. Les travaux menés actuellement sur le Parc naturel régional Périgord-Limousin vont dans ce sens avec quelques succès. L'aménagement du territoire est une question hautement culturelle.
- Les défenseurs de la langue : si l'on veut avancer, il ne faut pas citer seulement l'IEO, mais parler des défenseurs de la langue occitane en général. Notion englobante et nécessaire pour que tout le monde s'y retrouve. Après à chacun sa chapelle.
Prenons en exemple le Périgord. Il y a une école félibréenne appelée Lo Bornat née avec le siècle dernier. Elle fait une félibrée qui rassemble tous les ans de 18000 à 30000 personnes dans un canton différent chaque année. Si la langue est un peu considérée en Périgord, c'est à n'en pas douter en grande partie grâce à cette manifestation culturelle importante qui dure depuis plus de cent ans. Lo Bornat prélève sur les entrées un pourcentage dédié au soutien de l'occitan dans l'enseignement notamment pour la calandreta de Périgueux. Alors... - OKC'est clair que le contact entre jeunes et locuteurs natifs n'est pas du tout évident, pour les raisons que tu dis. Elles sont évidemment générationnelles, elles sont aussi sociales, "de classe" en fait,et je ne parle pas d'école, là. D'accord aussi sur le fait que "patois", c'est la défense d'un trésor secret, face à la prétention de jeunes urbains éduqués d'apprendre aux vieux "comment il faut dire." Ceci étant, deux choses :

-les Bretons se sont posés le même problème, et ils ont tenté d'organiser des échanges : une classe va chez un paysan bretonnant, l'écoute expliquer comment fonctionne son exploitation, éventuellement lui donne un coup de main (vu un film là dessus : les gamins dégagent un canal d'irrigation). Bien sûr les uns et les autres ont du mal à comprendre leurs bretons respectifs au départ, mais ça se tasse. Ca peut marcher,mais effectivement, ça nécessite un sacré boulot en amont.
-Deuxième chose: il y a plusieurs catégories de locuteurs. Il y a les natifs, il y a les néos, et entre les deux, il y a des gens qui se retrouvent dans des cercles de patois totalement extérieurs à la militance : ils font des ateliers d'écriture, montent des petits spectacles, etc. Ce sont souvent (j'en connais plusieurs, ici ou là) des retraités qui ont été élevés en français, mais ont entendu la langue dans leur enfance,et la récupèrent en fin de course. Certains acceptent l'idée qu'ils peuvent être des transmetteurs. Bien sûr, il faut accepter qu'ils n'écrivent pas en alibertin (ni d'ailleurs en mistralien). Mais ça vaut le coup d'essayer, à la fois en termes de transmission et de reconstitution du lien social -ce n'est pas sans importance, quand même. - L'expérience bretonneIntéressant cet exemple breton. En effet, je suis en fait très favorable à ce type d'échange et tant mieux si ça peut marcher. Je me dis que cela demande de la part des enseignants une énorme implication, un travail de longue haleine pour parvenir à susciter la curiosité des enfants en amont, à les préparer à la rencontre, à travailler l'échange sur le plan linguistique et culturel. Je crains que cela ne soit pas donné à tout le monde de pouvoir le faire de manière réellement efficace.

Ce que j'ai vu en pratique de classe n'était pas mauvais mais limité, qqc qui laisse un sentiment de rester sur sa faim, notamment sur le plan linguistique.
Même des locuteurs ni jeune ni vieux intervenants, je les ai entendu dire entre eux "c'est de l'occitan qu'ils apprennent les petits (relativement à la façon de parler des enseignants et des enfants), ça ressemble à notre patois mais c'est un peu différent quand même" tout ça parce-que les enseignants n'avaient pas exactement le même parler qu'eux. Pourtant, ils le savent bien les gens, que ça change le patois "d'un village à l'autre, d'une commune à l'autre" mais non, l'idée que le patois, ça ne peut pas être enseigné est plus forte et même en expliquant, c'est peine perdue, l'idée est trop ancrée.
Et puis l'habitude d'entendre les autres parlers est perdue. Sorti de son canton, c'est fini, on ne (re)connait plus de nos jours.
Bref, je trouve que du coup la communication est un peu biaisée au départ et qu'elle est limitée de fait ; en somme, la communication n'est pas tout à fait libre ou libérée, elle fait face à des barrières d'ordre psychologique. C'est pourquoi, il faut aussi à mon avis travailler aussi du côté des intervenants, faire un travail de sensibilisation, les rencontrer plusieurs fois, parler, expliquer, faire preuve de pédagogie leur faisant comprendre que ce qu'on enseigne, c'est bien le patois même si ce n'est pas exactement le leur, les mettre en confiance quoi.
Autre exemple hors cadre scolaire : on m'appelle pour me demander si je veux bien animer une balade contée cet été en pleine campagne. Je dis oui, "je raconterai des histoires en patois et en français". On me répond, "en patois, ou en occitan ? parce-que c'est pas tout à fait pareil." Je leur dis, "si, si, c'est la même chose, mon occitan, c'est simplement le patois de mes grands-parents du côté de... " "Ah ?!" mais je suis pas sûr que la personne soit entièrement convaincue malgré tout.
Comment ça se passe à Diwan en Bretagne et quel est le sentiment et l'usage des jeunes bretonnants sortis de Diwan. J'en connais une, il me faudra le lui demander, mais les autres ? Ont-ils pu rencontrer des bretonnants natifs ?
Existe-t-il le même sentiment d'"opposition" entre langue savante et langue du peuple (et non pas patois car je crois que ce terme n'a jamais été vraiment appliqué au breton) ?
Si les Bretons ou autres (Corses, Basques...) peuvent nous éclairer ? - L'échec de DiwanSi je me suis révolté contre les erreurs de l'occitanisme, c'était justement pour éviter le malheureux échec de Diwan.

(Komz a ran brezoneg ha e ouian a betra e komzan. Imbannet on bet er gelaouenn Brud Nevez meur a wech.)
Le breton des enfants de Diwan est une langue COMPLETEMENT différente du breton parlé.
Ils ne comprennent pas les Bretons, qui ne les comprennent presque pas.
Le sommet de la bêtise est atteint avec les écoles Diwan du Pays Vannetais qui n'enseignent RIEN du vannetais.
Les occitans sont suffisamment cons pour enseigner le languedocien au lycée de Murèth, mais au moins ils donnent quelques rares éléments de gascon.
Les Bretons, RIEN !
Bien avant que je parle breton, (il y a donc plus de sept ans), à la "Prima de las lengas" de Toulouse, le type qui tenait le stand breton me disait que sa fille, scolarisée à Diwan, ne comprennait PAS DU TOUT la voisine bretonnante, qui elle-même ne comprennait PAS DU TOUT la gamine.
Note finale:
Je ne critique pas le breton de Diwan à cause des néologismes. Les emprunts au gallois sont heureusement passés de mode, et les néolgismes enseignés depuis quelques 15 ans sont en général plutôt judicieux, et compréhensibles immédiatement.
Ce qui est nul c'est la prononciation française. Liste non exhaustive:
- tous les E sont devenus "è"
- l'accent tonique est mis comme en français.
- le "samdi", les liaisons du breton, n'est pas appliqué.
- les phrases sont des calques du français au point de créer des quiproquo pour les bretonnants. - Locutors naturals ?Cadriá benlèu sortir d’aquelas caricaturas del « calandron que s’encrei » o del « locutor natural que se cala ». Primièr, m’agradariá plan de saupre çò qu’es un locutor natural en 2011 ! De monde qu’an aprés a parlar amb sonque l’occitan, quant ne restan ? De fach, a l’ora d’ara la nòstra lenga naturala es lo francés, o puslèu un francés regional, aquel francitan qu’es quicòm malaisit de definir. Cadriá pensar d’un autre biais la question de la diglossia, puèi que la lenga populara es ara lo francés qu’avem torçut al nòstre biais. Es aquò la nòstra lenga : un vestit estraçat, mal petaçat, que s’i sentissem d’aise. Lo camin cap a la lenga, occitan o patés o çò que voletz, es totjorn un esfòrç volontari, que passa pel francés !

I a pus cap de « locutors naturals » e i a pas tanpauc de « locutors artificials ». Sem un fum de monde que la lenga nos interessa e que se pensam qu’avem pas besonh de brica d’autorizacion per la practicar. Lo camin cap a l’occitan es una dralha personala, ne cal pas descorar degun. Los joines que parlan aquel francés regional an una basa, una competéncia que la cal valorizar. Las causas son pas tant simplas coma una oposicion nineta entre los que sabon e los que sabon pas.
De còp que i a, seriá melhor de parlar de « langatge » puslèu que de lenga. Los joines, lo lengatge aquò los interessa. - Doas causas.-Pos puei pas enterrar tant simplament los eiretiers ; segur que de monolingues n'i a pus dempuèi mai d'un sègle. Mas de mond qu'an auvit la lenga a maison, ne'n sobra. E lo problèma es mens de competéncia -emai contunhe de pensar qu'aquelos que l'an auvia tota lor vita la lenga, la sabon mielhs que n'autres, ço que vol pas dire que la sabèm pas- que de pausicion sociala -es per aquo que parlavo de liam sociau d'establir entre las divèrsas menas de parlaires. Es una question de respiech. Sabo que n'i a que pantaisan dau jorn ont l'i aurè pus d'eiretiers e qu'un poirè alora establir un occitan blos e unifiat. Me pareis un pantais, just e just.

-Per quant au francitan coma debuta de chamin vès la recuperacion de l'occitan, es efectivament ço que se pensava 40 ans en reire (oc, siau vielh (relativament), o assumo, e emmerdo los qu'aquo emmerda). Exceptat que d'aqueu temps, lo francitan fonccionava vertadierament en societat. Es encuèi a desaparéisser, e l'accent amb eu. Co que s'auve sempre que mai entre los joves, es un lengatge "joves" neutralizat a l'eschala nacionala, amb l'incontornable schwa nasau post-tonic ("Bonjour-eun"). Cu ditz encara "quelqu'un plus" ? Los occitanistas elos memas dison d'alhors de mai en mai "quauqu'un d'autre" dins lor occitan.
-La question (paralèla a la nostra) dau respiech de la variabiliat intèrna dau francés es un autre problèma, paralèl justament, e que concerna pas solament lo francitan. - La faussa oposicionLaurent, manca si voles parlar dau Felibre d'Auvernha, vese pas que degun aie fach d'oposicion entre "locutors naturaus" e "locutors artificiaus" dins lo fiau daus comentaris.

Daus locutors "naturaus", dise pusleu "prumiers", n'i a d'enguera ente demòre. An mai de 65-70 ans e an apres lo francés a l'escòla çò que fai pas totparier que parlan mau francés. Ne'n coneisse entau que platussen nonmàs en occitan entre ilhs. Qu'es urós que ne'n sòbre quauques de quilhs d'aquí. Autaben, l'i a quauques exemples mai rales de locutors prumiers pas tant vielhs (55 ans). D'ordinari, los autres de la generacion de mos parents (post 45-50) comprenen sens parlar vertadierament. Sabe be bien que quand volian, o vòlen, parlar patois, se fasian, o se fan, mocar per los vielhs, que an pas l'accent. Qu'es pas nonmàs per dire, z'ai vist, auvit, viscut entau uei, en 2010.
Lo vielh que "se cala" quand auva quauqu'un mai jòune que parla, qu'es pas 'na legenda. Te responde que fau èsser plan d'aise en patois per far de sòrta que la conversacion se mene en occitan tot dau long. Dise pas que se passe entau tot lo temps mas qu'es bien suvent. Qu'es tant aisat de passar au francés.
'n'autra istòria viscuda : Doas vielhas me contavan que l'i a ben trenta ans desjà, 'navan visitar de la gent dau costat de Nontron, dins lo país que la gent parlen "è" emb daus preterites en "-et-", e be, quelas doas vielhas disian qu'eran passadas au francés redde perque qu'era tròp complicat per far clapeta aisadament. Pertant, qu'es segur que si avian far l'esfòrç (be oc-es, malurosament l'esfòrç) de contunhar en patois, se sirian comprengudas mas non, qu'es tant aisat lo francés e pertant qu'era de las vielhas de lenga mairala occitana.
Lo problema, qu'es donc pas tant la faussa oposicion "lenga naturala" / "lenga artificiala" que lo rapòrt a la "variacion".
Bon, segur qu'a Calandreta, se podriá daus còps trobar en dire tant qu'a la qualitat de la lenga ensenhada mas qu'es pas 'na rason per condemnar Calandreta, p'unpiau. - Martel o razou e Laurent s'enganoMartel o razou de dire que i o pas mai de monolengos, mas que i o de loucutours naturaus.

Laurent counfound li dous.
Èi pas jamai pretendut avèdre sabut la lengo d'o abans lou francés.
Amai dirèi que l'eimabi mas sèns la prendre al serious tant que creguèri qu'èro "lou patai del Cantau".
Me chauguè sabér qu'èro de lengo d'o, la famouso lengo que m'aviou dito qu'èro morto en cours d'Istòrio de 5emo per que la cultivèsse.
Tant i o, ço que parli me ve de ma familho.
(Podi testimounia que li vièlhs de ma familho qu'aviou pas jiamai legit "d'occitan" diziou be "èsse" /èshi/, "una pagino" /ina pazhino/, "quitomen" /kitomin/, "una fournigo" /ina furnigo/ "ja" /dzha/ e d'àutri mots que lis ouccitanistos de uèi crezou re-inventats)
Vourio apoundre uno remarco que faguèri ja en bretou endacon-mai.
Chau pas imagina que li monolengos parlabou tant plô qu'acò.
Essent monolengos, poudiou pas sabér ço que dien lour parla venio del francés e ço qu'èro mai "autentique".
Avio beilat l'exemple de ma grand-maire pairenalo e de sei sorres.
L'einado èro demourado en Auvernho ount' avio gardat la bòrio familialo ammé soun marit.
Ero demourado monolengo. En "francés" dizio sounque "oui, non, mouchu".
Mas aquelo mèmo fenno dizio en auvernhat "lou moutur, la dalhuso, un galejur" amai per parla ammé de gents d'en deforo del vilatge dizio "lou panier" e "lou cur", per qu'acò se dis coumo en Ourlhat e que crezio qu'èro "mai auvernhat".
Sas duoi sorres mai jouvos que s'èrou establido à Paris après la la guerro, ma grand-maire en 1919 ou 1920, parlabou francés courrentomen, e justomen poudiou coumpara.
Ma grand-maire parlabo de "moutour, dalhairo, galejaire".
S'es pas jamai abaissado à dire "lou cur" ou "lou panier". Dizio "lou cor" e "lou chistou, la chisto" segoun la formo.
Acò fouguè lou countràri. Adaptabo la lengo d'o en francés de cops que i avio. Dizio "la dimanchée" en francés.
Sa sorre einado, à la fi de sa vido, en lengo d'o, dizio "lou week-end" per que belcop de gents à soun entour creziou se renaussa en parlant coumo acò. - Lou raport à la variaciouDegun o razou de dire qu'es acò la questiou de baso. Lis elevaires auvirnhats de Courrezo parlou auvirnhat. Li païsôns lemouzis de Courrezo parlou lemouzi. Entre guéssi se parlou francés.

Noun-pas que s'entedèssou pas en parlant cadu soun parla, mas sou bilengo francés-oc e la lengo es un MARCADOUR d'identitat.
Acò's uno dei noumbrousos ilusious occitanistos de faire coumo se la lengo èro chicom mai que patrimounialo. Pouden dire en gros que toùti li parlaires d'oc sabou també lou francés e que dounc la lengo d'oc es "pas utilo".
S'es pas abandounado, es per qu'es patrimounialo, "aujoulenco" coummo dis lou proufessour Girardin / Ghilardini.
Amm' acò se vèi quont es uno errour d'ensenha lou lengadouciô à Murèth ou Mende en lioc del gascou e del giboudanés (varianto de l'auivirnhat).
Quand uno regento vengudo de Mountpelier diguè à sis escoulans de Mende: "Cal pas dire "chanta", es dialectal. Cal dire "cantar". Es literàri" la classo se vouidè.
So qu'interessabo li parents èro que lours efonts escriguèssou LOUR lengo.
Arriba ammé de grossos botos de naciounalisto "occitan" alprès de gents qu'aun una counsciéncio regiounalo, acò'i lou boun biais d'afraba lou pauc de vido naturalo que nous demoro.
Lis efonts de las escolos privados Calandretas parlou mau, e lour aun boutat dien lou cap que "les populations du Massif Central sont racialement contaminées" (louis Alibert), pas souto aquelo formo, de sigur.
Mas aun dien lou cap que "lo bon occitan" sario "l'occitan moyen", "l'occitan central" (à la counfinho de l'Esponho !) segoun las epocos.
Amm' acò sou mesprezants ammé lis Auvirnhats, li Gascouns e li Prouvençaus: mespretz racisto,
mas sou també mesprezants ammé li lengadouciôs de "lour" territòri, que parlou d'un aute biais.
Se tenen pas coumte dei catalasenados e dis espanhoulados de counjugasou de la lengo articialo dei Calandretas, pouden dire qu'es prou vezino del parla de Carcassouno.
Mas lou narbounés es ja prou diferent, lou fouissenc plô mai, lou toulousenc inquèro mai, e tout ço que se parlo dien lou Païs-Bas es uno auto lengo.
Mas li Calandrous arribou amé lour inhourenço e lour coumplexe de superiouritat.
Faun detesta la lengo.
So que nous sauvo un pauc, es que un pauc pertout, dien lou Cantau, à Toulouso, li gents dizou de la Calandreto loucalo qu'es uno "escolo catalano". - Rapòrt à la variacionEfectivament, qu'es l'expression que coven e pena expression o nocion ne podriá mièlhs 'nar.

Per contre, atencion emb çò que n'em fai com'ela. Qu'es segur que li a 40 à 50 ans, la gent s'an apercegut de queu problema. La resolucion a eitat de dire :"Fau que tot lu monde eicriguessa e parlessa de la méma maniera". Resultat : çò que nos coneissem auèi e ente nos nos pausem la méma question un còp de mai perquè quò n'a pas gaire avançat.
Lu filosòfe Kant qu'a beucòp trabalhat sur la teoria e la pratica, disiá quauqua ren coma quò : "Si una teoria ne marcha pas dins la pratica, quò n'es pas la pratica que ne vai pas mas qu'es à la teoria que manca quauqua ren".
Sur plan de poenchs, nautres, los defensors de la linga occitana, deuriam meditar à quela frasa e ne'n tirar de bravas consequéncias perquè nos comencem à aver una experiéncia.
Entau, si nos sabem pas enquéra çò que fau far per que quò n'ane, comencem de saber çò que ne fau pas far. - O que nounE ben ieu que l'ausiguèri un brave briu, lo patès de Severac lo Castèl, de Milhau tant que m'imaginavi que los mots, aquò's nosautres que los avian trobats e qu'i n'avia tant que quand "montèri" a Paris , de monde me demandava sovent, ce que diable je pouvais bien dire, ambe tot aquel parladis ridicul, de "francitan" que nòl tant lo solèlh.

Per tot dire quand èri jove èra pas normal de pas comprendre los aujòls. Levats qu'èrem anti-patès per la rason qu' èran pas modernes.
Doncas ieu tròbi que la meuna felena calandroneta lo parla mai que plan, e sai que ieu. E m'estone de veire tot ço que sab. Per de qué rafiguar los pots? Qualques còps me'n vau cercar un mot complicat dins lo diccionari e miracle o sab.
E alara soi d'accòrdi sus un punt ambe lo felibre auvernhat, sul fach que los vièlhses , parlan pas gaire, un còp qu' aiman pas de parlar ambe d'estrangièrs , mas sovent per de que la discutida entre elses es paura que fa paur , e que se limita a qualquas frasas totas fachas: " deman aurem la plèja" " alara marcha plan la camba "" e duganèl de que sana ?"
Per tot dire benlèu , se troba que los parlaires naturals serian pas capables de parlar dins una calandreta. Dja ( vertat que lo j se ditz dj) que levats las regentas, son pas gaire nombroses los locutaires (se se ditz)...
Mas per tot dire quand me'n vau a la pèsca dins lo nòrd d'Avairon , a mai dins lo Cantal, e que demandi se n'i a encara de trochas pr' aici? , e se pòdi davalar pel prat, per trempar la lanièra , veirètz lo more que fan.... Pròva que nos ausissèm encara un pauc .
En seguida , quand legi Bodon, Vaylet, compreni. Mas tanben lo parlar de Mureth ( rare quitament inaudible ) , dison aquèth per aquel, neit per nuèch, leit per lach. Gausèri de legir Delpastre, Mistral, Lafont,Rouquette e plan d'autres . levat Manciet qu'es malaisit per ieu.
Cousi sé poudrio fo, sen lo grofio outsitono . Serio inpousiple de ledzi noun? . - Retraches d'ex-calandronsUn polit reportatge audio amb de polidas fòtòs en negre e blanc : 4 retratges d'ex-calandrons sul site de la confederacion

http://vimeo.com/20238871 - L'utilitat de la lengaLo ròtle del francitan me sembla dels importants pr’amor qu’es el que fa la mediacion entre lo « neo » locutor e l’occitan. Es aquò que fa qu’aprene l’occitan es una experiéncia personala. Se la traça de l’occitan l’as perduda, dins lo francés qu’emplegas, pòs tanplan aprene lo celto-ligure o l’esperanto.

La question es de dire se la lenga es un objècte o una aisina (un otís ?)
Coma objècte, la lenga es lo tresaur, lo patrimòni, l’eretatge que cal preservar. L’alternativa es de se la gardar (e de li pausar la lausa ensus) o de la passar als jovents, mas jamai òm se demanda quala es son utilitat. Aquí una question mai que pega. Lo sant-gral servís pas a ren, lo sant-gral es.
Coma otís, la lenga es un mejan de comunicacion e la question de son utilitat es completament legitima. Perdequé pensar, parlar, se faire comprenne en occitan ? Vos diriái qu’es una question que la responsa es mens importanta que la quita question. Es una question que me sembla ligada mai que mai a çò que tòca la libertat. S’òm accepta de se la pausar, me sembla qu’òm pòt arrestar de regardar en reire. - la fam e lo solèlh e los remembresLo reportage es polit , levat que n'i a pas qu'un per la parlar e quitament la que far vistalhar l'Abadia de Fonfrèsca l'emplega pas. Que m'auria agradat que la parlèsse per far las vesitas.

Lo jove de Besièrs reconeis tot lo profiech que li donèt l'escòla.
D'un biais reverta una publicitat per far de l'escòla calandreta un "arquetip" de dubertura sul monde , mas al cap una 'ventura ...personala.
Qu' ailas vesi pas çò que lor demora de la "patria " occitana, a imaginar que la regenta lor'n parlesse un còp èra.
Per astre i a lo jove qu'escriu dins la Setmana e pòrta naut las nòstras colors.
Lo jove que trabalha pel respectes dels dreches socials dins l'entreprèsa, , gaire "patriòta" mas fòrça polit dins son enauçament , un exemple de capitada de l'esperit calandreta? .
Levat l'òme de la Setmana qual ditz l'Occitania en dangièr e sa lenga a mai?.
Praquò i a la regenta , que s'agradava pas dins lo sistème franchimand e que trobèt son agrat dins la pedagogia de Freinet.
Al cap ressonta coma un imne a la libertat?
Lo messatge de l'Occitania ? La libertat? De tota eternitat?
Sabi pas...
Benlèu lor auria calgut demandar de que se pensavan de l'Occitania? - Manjocoustèl dis:

"En seguida , quand legi Bodon, Vaylet, compreni. Mas tanben lo parlar de Mureth ( rare quitament inaudible ) , dison aquèth per aquel, neit per nuèch, leit per lach. Gausèri de legir Delpastre, Mistral, Lafont,Rouquette e plan d'autres . levat Manciet qu'es malaisit per ieu.
Cousi sé poudrio fo, sen lo grofio outsitono . Serio inpousiple de ledzi noun? ."
Fazet l'inoucent puèi que m'avet plô coumprés.
Voutos duoi darrièros lìnios sou ridiculos.
Acò's uno ourtougràfio faussomen pataisanto que digu o pas jiamai emplegado.
Acò's uno dei grondos messourgos occitanos de faire crèire que i o "la grafia" arcaïsanto, talomen coumplicado que TOÙTI avet fat almen uno errour de "grafia" e de "grafìos founeticos" ammé de "ts" e de "dz"
Per ma part moun rouman "Lou virovent", escrit dien lou parla de Salèr se vend soubretout en Gascounho ounte demori e ounde li mounges ourtoudosses del Gèrs me faun de publicitat, en Cevenos, païs de moun editour, e en Prouvenço ounde "Li Nouvello de Prouvènço" n'aun parlat.
Amm' acò vezet que l'ourtougràfio mistralenco de l'Escolo Auvernhato permet de se faire entendre dien tout lou Païs d'Oc, ço qu'es impoussible ammé la "grafia occitana", coumpletomen descounegudo e chambiadisso.
Lou virovent
5 Euròs port inclus
De coumanda à
Edicious AIGO VIVO
Carrièiro dau 8 de Mai
30 Sant-Marti-de-Valgalgo.
Pagadis à l'ordre de
Yves Gourgaud - Témoignage élève DiwanJ'ai trouvé un témoignage écrit d'un ancien élève de Diwan :

http://www.diwanparis.org/temoignage01.htm - @degunReverta lo temonhatge a los dels calandrons.

Es a dire lo remembre esmogut dels temps de l'escòla pichona .
Una mena de remembre que cadun devria normalament servar de la seuna escolaritat.
Cò que me pareis mai estranh , dins aquelses reportages o escrichs, aquò's la quasi absencia (levat pel jornalista de la Setmana)de referencia a la patria , pichona? o granda?
Parlan de la calandreta o de Diwan per soslinhar subretot , la melora preparacion al monde , l'adaptacion al monde que dona lo bilingüisme , e lo metòde, mas es permés de pensar que seria çò meteis ambe lo mandcho...
Lo reportage mòstra plan lo grand interès del biais pedagogica, mas alara se compren melhor per de que la calandreta se carra plan dins son canton.... - Klaskerien ha Treizherien soñjoùL' "expérience bretonne" dont parle Philippe Martel est présentée sur ce site :

http://queteurs.cg29.fr/
Lancée en 2005 par le Conseil général du Finistère, en partenariat avec les réseaux d'enseignements, l'opération Quêteurs de Mémoire en Finistère / Klaskerien ha Treizherien soñjoù propose aux bretonnants de tous âges de se rencontrer : élèves des trois filières - Diwan, enseignement public & privé, et bretonnants de naissance peuvent ainsi nouer des liens, enrichissants pour les uns et les autres.Cette double démarche, intergénérationnelle et linguistique, est aujourd'hui inscrite durablement dans l'action du Conseil général.
Quel est le principe de Quêteurs de mémoire ?
Le principe de Quêteurs de mémoire est simple : mettre en relation des personnes apprenant le breton (écoliers, collégiens, lycéens, enfants participant à des activités collectives de loisirs, adultes en formation professionnelle ou personnelle) avec des bretonnants de naissance.
Quel est le but de Quêteurs de mémoire ?
L’opération Quêteurs de mémoire a un double objectif :
- préserver et valoriser le patrimoine immatériel que représente le breton parlé en favorisant sa transmission par la mise en relation des locuteurs natifs et des apprenants ;
- contribuer à créer du lien social entre générations lors de rencontres locales où la langue bretonne joue le rôle de « révélateur » pour des personnes, jeunes et anciens, qui ne pensent plus forcément partager des valeurs communes. - savoir?Il faudrait savoir si l'enseignement dispensé als calandrons , aborde l'histoire de l'Occitania.

Outre l'apprentissage de la langue les bretons de Diwan , las regentas font-elles vibrer la fibre celtique?
De toute façon l'enseignement donné dans les calandretas est un modèle pour l'épanouissement personnel des enfants. C'est un modèle en ce qui concerne l'apprentissage de la langue , et d'un niveau bien supérieur en terme de vocabulaire à celui de bien des locuteurs "naturels" qui sont le plus souvent ceux qui ont été immergés dans le "patois" sans apprendre à la parler.
Il est évident que la calandreta est un formidable moyen pour redonner de la dignité à notre langue qui ressemble à un archipel de feu le provençal.
Mais le système calandreta est toujours plein de défiance vis à vis de tout organisme qui se réclame d'une protestation occitane extérieure.
Les reportages démontrent comment la formation calaldreta a réussi au niveau individuel, mais comment elle échoue au niveau de l'intériorisation d'une démarche collective, visant à percevoir la raison d'être de la calandreta , à savoir l'absence réelle de démocratie en France, la défaillance de l'école, et l'écrasement de toute forme de diversité, voire d'autonomie , voire de liberté - site web sur le Limousinhttp://www.limousinquiestu.fr/category/histoire-traditions-langues/

On peut y parler de l'occitant.
A propos du contact entre élèves de Diwan et anciens, voir :
http://www.nedeleg.com/index.php?yezh=1&dib=11&niv=7950
http://queteurs.cg29.fr/ - Niveau supérieurJe ne peux pas laisser passer un truc pareil :

"C'est un modèle en ce qui concerne l'apprentissage de la langue, et d'un niveau bien supérieur en terme de vocabulaire à celui de bien des locuteurs "naturels" qui sont le plus souvent ceux qui ont été immergés dans le "patois" sans apprendre à la parler."
Manjacostel
Je tenais simplement à dire que c'est tout simplement faux et offusquant. De plus, ça veut dire quoi "sans apprendre à la parler" ? Non seulement on apprend toujours une langue, même une langue maternelle bien évidemment, mais en plus cela voudrait dire que les locuteurs premiers ne maitriseraient pas leur langue ???!
Et puis une langue, ce n'est pas un alignement de vocabulaire.
J'attends les calandrons qui parleront aussi bien que ma défunte mémé ou mon beau père, déjà que les enseignants, c'est pas le cas.
Voilà ce que j'avais à dire, c'est très agaçant et c'est pas avec un discours comme ça qu'on va récupérer les locuteurs "passifs". - pas d'accord degunJe répondais à la suggestion de faire intervenir des locuteurs "naturels" et de créer des lieux d'échanges entre occitanophones , occitanophiles...

. Je disais donc que :
Le locuteur "naturel" a beaucoup de difficultés avec le calandron. Il est souvent fasciné, enchanté d'entendre un jeune enfant parler la langue si facilement.
Essayez donc de coller un calandron! Il connaît le mot et le sens.
"sans apprendre à la parler" veut dire que nombre d'occitans qui ont entre 55 et 70 ans ont entendu parler occitan tous les jours sans être capable de le parler couramment.
Donc le locuteur naturel , qui n'a pas eu la chance comme le calandron de l'apprendre et de la parler s'"abrite" très vite derrière le " chez nous on dit pas çà ou pas comme çà" exemple la porte dit-il on dit la pouòrtò, ou il dira aussi :" c'est bien l'occitan, mais ce n'est pas le patois" , et si l'on prend le temps d'éplucher les mots qui ont posé "problème" , on s'aperçoit que le locuteur naturel les reconnaît, mais il semble qu'il veuille rester le plus souvent enfermé dans son clan.
Ce faisant le locuteur naturel rejette souvent le calandron au nom de..... quoi d'ailleurs? Et c'est dommage. - D'accord avec DegunJe suis d'accord avec Degun, ce que dit ManjaCostel n'a pas beaucoup de sens. Evidemment, les locuteurs naturels ont un vocabulaire extrèmement large et varié. Voyez "saber, sapcher, saubre", trois mots différents pour le même mot français "savoir". Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'est pas tellement appauvri depuis cent ans ( qu'on relise les auteurs de 1900 et on verra que le vocabulaire est sensiblement le même que celui des campagnes actuelles).

Les locuteurs naturels ne peuvent pas rejetter les calandrons pour la raison qu'ils ne les rencontrent pas ; c'est le problème évoqué dans le fil des commentaires. Mais s'ils les rencontraient, ils seraient peut-être effectivement un peu circonspects comme "una pola qu'auriá fach eisir un canard", tant les références sont, pour le coup, éloignées. Manque d'inter-relation et de synergie, mais cela a été dit mille fois.
Et ce n'est bien entendu pas ce type de pensées (celles de ManjaCostel) qui feront avancer l'affaire.
Essayer de recréer un imaginaire occitan sans y inclure les locuteurs actuels et sans prendre en compte leur référenciel culturel est absurde et démocratiquement dangereux. - démocratiquement dangereux.Totalement d'accord. On ne peut pas comme ça mettre au coin des gens qui parlent mais n'ont pas la chance d'avoir suivi les cours IEO ou CFPO qui leur permettent d'avoir à disposition le kit de survie du bon Occitan (nos ancêtres les Troubadours et les Cathares, Mistral prix Nobel, la graphie classique, Rouquette Manciet Lafont Castan Boudou et la Charte des langues moins répandues en supplément gratuit). Si on les prend pour des cons, ils n'aimeront pas, et ils n'auront pas totalement tort. Discuter avec eux demande de la patience, et aussi le minimum d'intérêt pour leur vécu, qui ne se limite pas à la pêche et à la chasse. Si l'occitan ne sert pas à recréer du lien social, s'il ne doit être que la langue de nouveaux Messieurs qui regarderont les "ploucs" avec la même condescendance que le francophonard en costard de base, est-ce que ça vaut vraiment la peine ?

- @excusa mais il ne sagit pas de juger mais de constater un état d'esprit. Naturellement le locuteur naturel n'a pas envie de parler patois aux "étrangers", occitans (ou pas) , et que "naturellement, il rejette implicitement le terme d'occitan,pour la langue d'oc.

je me demande toujours pourquoi il parle aussi peu , et j'en suis arrivé à me dire:
- a)qu'il ne le peut pas ou plus .
- b)qu'il ne le souhaite pas.
- c) qu'il n'en a pas l'occasion
- d) qu'il trouve l'occitan trop "emprunté".
Je ne me l'explique pas.
Il ne s'agit pas du tout d'emettre un jugement de valeur, de supériorité, à propos des locuteurs naturels qui sont irremplçables .
Mais qui manquent cruellement dans la vie du calandron . (comme il est dit dans l'article). - inausitJ'ai oublié de dire ce qui me paraît le plus remarquable dans cette situation : que les calandrons sont devenus les dépositaires d'une langue que les adultes parlent de plus en plus rarement dans la vie publique .

C'est extraordinaire car les calandrons sont les seuls à même de sauver une langue qu'ils connaissent souvent mieux que leurs ainés ....
Ce qui est prodigieux.... - Je ne vois pa sen quoi un calandron connaitrait mieux la langue qu'un locuteur naturel. La différence sera au niveau lexical ou le calandron connaitra peut-être des mots que le locuteur naturel n'utilise pas (néologisme, francisme corrigé). Mais le locuteur naturel aura un champ lexical beaucoup plus vaste (et comme il est souvent issu d'un milieu rural, il s'y connait en champ - oups désolé, elle est nulle mais j'ai pas pu m'en empêché) : il n'aura pas de mal a parlé du quotidien, de la campagne, etc. Il aura peut-être même un vocabulaire plus grand en français que le jeune calandron.

Comme néo-locuteur, je me heurte à ce problème : je peux parler en oc de littérature ou d'histoire (et il faudrait que je le fasse plus, plutôt que de trainer sur ce blog... j'en vois deux qui commencent à me faire les gros yeux là...) mais pour dire à mon fils de ne pas jeter ses jouets par terre, qu'on va se promener en poussette, qu'il ne faut pas frotter son suçou contre les barreaux du lit la nuit, ... c'est tout un cinéma !! Il me faudrait un Lavalade de poche que je me trimballe tout le temps
Ce que n'apprend pas l'école c'est bien les mots du quotidien (la poêle à frire, l'entonnoir, le hochet, la couche, ...) et les néologismes qui ne sont pas forcément fixé dans une langue minoritaire (enfin bon, en même temps, ce sont la plupart du temps des mots anglais, alors...). Est-ce qu'un calandron est capable d'avoir une conversation quotidienne dans un cadre familiale ? C'est là qu'un contact avec des locuteurs naturels est important. Et pour eux des médias (radio/TV) seraient nécessaire pour enrichir leur vocabulaire de notions plus modernes, internationales, qu'ils n'ont pas forcément l'habitude d'aborder quand ils parlent patois. - D'accord avec Maime100 % d'accord avec Maime.

Des calandrons capables de parler de tout il y en a mais ils se font rares parmi tous ceux que j'ai rencontrés dans diverses Calandretas. Les Calandrons sont plus souvent spécialisés dans le vocabulaire ayant trait à l'école, le reste leur fait tout de même défaut.
Cela ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas acquérir ce vocabulaire mais ils n'en ont pas l'occasion. Idem pour les idiomatismes de la langue. Il n'y a qu'en fréquentant des locuteurs natifs qu'on peut parler de tout. - A Maime e Degun,

Co que voliái dire , aquò's que los calandrons son quitament sols de la parlar tota la jornada. Òc coneisson pas pron de mots ; pr'aquò ne coneisson un fais. Per ieu que demòri a la vila , tròbi que i pas que los calandrons per respondre, e parlar, o alara cal se trobar dins un acamp de l'IEO o del POC o una fèsta de calandreta... Cò que me pareis qualques còps un pauc artificial...
Regrete tanben de saber pas dire « lange » , « hochet », e un fum d'autres mots, que los me cal trapar dins l'Alibert o lo Laux. E encara mantuns còps soi pas convencut , que me soveni pas de los aver ausits a l'ostal .
Vertat que lo parlaire natural , ne'n sap mai que lo calandron, mas o mòstra pas totjorn.... Que ten pas tròp de la parlar amb l'estrangièr o alara te ditz qu'es pas son patés..
Benlèu que compreni mal , mas de mon vejaire , tròbi que las regentas fan un trabalh remirable, que lo vocabulari dels calandrons es bravament polit, e que l'espèr tot, es basat suls calandrons.
Lo cas unenc, lo de la nòstra lenga servada pels nenons...Una polida istòria que la nòstra.. Tristonèla! Per dire que lo film sus los ex calandrons te quicha ont fa mal....
Quant son per l'aparar, un còp sortit de l'escòla ? - L'échantillon n'est pas valideJ'ai moi aussi fort tardivement lu l'ouvrage paru sous la direction de M. Boyer et ce qui m'a sauté aux yeux immédiatement c'est la non validité provocatrice de l'échantillon de calandrons interrogés : non validité territoriale et non validité quantitative. En effet, a-t-on pensé un seul instant, que le mouvement calandreta dont je fus un des responsables confédéraux (coprésident avec J.L. Blenet, de 1991 à 2202) a commencé en Gascogne puis c'est développé en Langedoc-Roussillon, puis Midi-pyrénées, et ainsi de suite. En outre, les calandrons choisis ne sont en rien représentatifs des enfants scolarisés dès janvier 1980 à la Calandreta de Pau (la 1ère née à l'automne 1979). Que je sache Calandreta est un acte que j'oserai appeler "volontariste" qui se voulait alors (j'étais une très modeste militant béarnais) fondateur et surtout symbolique : il fallait arrêter le cycle mortifère qui touchait l'enseignement de la langue occitane dans sa diversité bien sûr, entretenu hélas aussi par nombre de membres éminents de l'IEO (il faudra un jour analyser le "laïcisme" occitaniste des années 1950-1980. L'étude donc qui se dit scientifique souffre de ne pas l'être vraiment. Je suis au regret de le dire car comment se prévaloir d'une étude sociolinguistique qui serait basée sur un échantillon non valide ? Ceci dit je ne rejette pas nombre de remarques souvent douloureuses pour ceux qui s'enfermerait dans une vision "allégorique" de Calandreta, m'ont semblé digne de foi, ou à tout le moins reflétant un réalité citadine de la transmission linguistique qui doit nous questionner. Quant à dire que Calandreta est comment on finit par le pressentir est un échec eu égard ces conclusions pour le moins sujettes à caution, c'est aller fort vite en besogne; voire nier une réalité qui échappe à plus d'un et même à ceux qui la dirigent.

Mercés hèra e hètz beròi
Sèrgi Javaloyès, escrivan














One more time : -l'école ne forme pas forcément des locuteurs, mais, potentiellement, des gens qui auront tous les éléments pour choisir un jour en connaissance de cause de devenir locuteurs.
-Un jour :les gens changent en cours de route. Les gamins boutonneux interrogés par Boyer et sa bande vivent aujourd'hui dans l'oubli de leurs jeunes années -c'est à ça qu'on reconnaît l'ado (soupir). Il n'est pas exclu que plus tard ils se souviennent de l'occitan, et pas seulement de trucs du genre,"la calandretà c'était super méga cool comme ambiance, ouais, mec". On voit régulièrement des gens qui ont été occitanistes à un moment et qui ne le sont plus, ou des qui ne l'étaient plus et qui y reviennent, sans qu'on sache trop pourquoi ni dans un cas ni dans l'autre. C'est pourquoi je ne m'inquiète pas trop (ceci pour bouboule qui me croit pessimiste, alors que je suis un gros enthousiaste).
-Par contre,le rapport aux locuteurs natifs est prioritaire, à la fois parce que c'est eux qui savent la langue, pas nous (ce n'est pas du populisme,c'est de la constatation de bon sens), et ensuite parce qu'on leur doit bien ça : les gens comme il faut leur ont pissé dessus toute leur vie parce qu'ils ne causaient pas bien français. Au moins leur foutait-on la paix quant à leur compétence en occitan/patois etc. Si maintenant des boutonneux viennent leur expliquer comment parler occitan et pas patois-beurk, c'est pas la peine. (J'ai déjà dit tout ça, mais on ne le répètera jamais assez).