Un article m’est parvenu de très bon aloi, consacré aux querelles autour du poitevin-saintongeais, qui a le grand mérite de prendre les choses de plus haut, de beaucoup plus haut, à la racine des conflits entre découpeurs et rassembleurs. Il est signé d’un certain Apibau d'Aguiéne qui, manifestement préfère rester anonyme. Son article s’élève pourtant au-dessus de toute polémique et convie plutôt à une discussion sereine. JP. C.

 

Aire du Poitevin-saintongeais II

 

 

Conflits sur la question de la langue en Aguiaine (Angoumois-Aunis-Pays Gabaye-Poitou-Saintonge)

 

Avant propos

De manière générale, les questions d’ordre social, qu’elles soient soulevées par des sociologues ou par le monde politique, amènent leur lot de conflits entre individus et groupes d’individus. La question de la langue n’y fait pas exception, qui tend même à toucher sensiblement à l’identité des gens, des locuteurs. La langue n’est assurément pas un fait social accessoire, chacun grandit dans une ou plusieurs langues lesquelles structurent largement son rapport au monde et influencent sa pensée et ses représentations. La langue n’est pas donc pas un simple outil auquel on pourrait en substituer un autre, une autre langue, à loisir, sans engendrer de difficultés voire de traumatismes chez l’individu, en tout état de cause, au moins après l’enfance. Sans aller jusqu’à poser la langue comme une condition sine qua non de la personnalité, il est tout de même remarquable que la langue participe de l’identité définie comme autant d’attributs, physiques et psychologiques, auxquels l’individu s’identifie. Imposer une autre langue à un locuteur, ou une communauté de locuteurs, qui n’a jamais parlé que sa ou ses langues premières constitue donc une violence caractérisée à l’endroit de l’individu et une violation des droits linguistiques. Compte-tenu de la part affective liée à la langue, il n’est donc pas surprenant que chacun ait son mot à dire quant à ses propres usages linguistiques.

Plus largement, les sciences humaines touchent à des questions concernant chacun et ne sauraient être complètement dissociées des représentations psychologiques ou sociales des individus, chacun tendant largement à s’emparer des questions que ces sciences abordent. La question du langage et de la langue constitue justement l’objet de la linguistique, science humaine plutôt jeune, qui touche donc à une question éminemment sociale, si bien qu’il s’est rapidement révélé nécessaire d’élaborer une sociolinguistique, intersection de la sociologie et de la linguistique stricto-sensu. La linguistique à proprement parler s’attache à décrire les langues sous tous leurs aspects, morphologique, phonologique, phonétique, syntaxique, lexical, sémantique etc. et, au-delà même, la linguistique cherche à élucider les structures du langage en général notamment par des approches contrastives entre les langues.

 

Considérations sur la dialectologie

Le linguiste dialectologue prend en général pour objet la variation[1] des langues dites régionales, moins répandues, minorisées ou minorées, s’attachant au moyen d’enquêtes de terrain à recueillir la parole des locuteurs afin de procéder à une description des idiomes étudiés. La situation des langues dites régionales en France est aujourd’hui telle que la plupart d’entre elles sont classées en situation de danger de disparition par l’UNESCO. Les langues régionales de France ont toutefois souvent fait l’objet de descriptions assez fouillées bien que rarement exhaustives (la totalité des parlers n’ayant pas été étudiée faute de moyens) grâce au travail des linguistes de terrain ou, il y a plus longtemps, d’érudits locaux. Le matériau oral collecté a permis de procéder à une cartographie des langues de France. Le linguiste procède à l’aide de ce matériau par comparaisons, regroupements, dissociations etc. en tenant compte de l’évolution diachronique, quand les données sont disponibles, des idiomes étudiés. Bien que l’identification de langues ne soit pas nécessairement l’objectif premier de la linguistique stricto-sensu, il demeure néanmoins nécessaire sur le plan dialectologique, ne serait-ce que dans la perspective d’affiner les connaissances générales en matière de langue, de connaître les aires d’expansion de chaque langue, langue étant compris comme ensemble cohérent, ou cohésif, de parlers qui partagent un certain nombre de traits linguistiques, ce qui implique l’exploration des parlers situés sur les limites qui se dessinent au fur et à mesure des descriptions dialectologiques.

Identifier des ensembles linguistiques requiert donc de sélectionner des traits, en particulier morphologiques, phonologiques et lexicaux, soit a priori, en fonction de ce qui est connu des parlers voisins, soit au cours des travaux mêmes. Les linguistes prennent donc pour point de départ le ou les parlers d’un lieu donné (on évitera l’usage du vocable « patois » en linguistique, compte-tenu des connotations fort peu scientifiques qui peuvent s’y rattacher bien que certains sociolinguistes de tradition française essentiellement continuent de l’employer[2]) puis les comparent entre eux. Dans nos régions d’Europe occidentale, les traits sont sélectionnés à l’aide de ce qui est déjà connu des autres idiomes et des langues anciennes desquelles sont issus les idiomes. En France, la plupart des idiomes dérivent principalement du latin parlé mais on y retrouve aussi un idiome d’origine celtique, le breton, un autre d’origine inconnue, le basque, et trois autres d’origine germanique, le francique mosellan, l’alémanique alsacien et le flamand. La plupart des idiomes de France sont donc des parlers de type roman, dérivés par conséquent du latin parlé. La Romanie, comprise comme ensemble géographique des parlers romans, constitue notamment un continuum au sein duquel se dessinent des lignes de fractures plus ou moins marquées qui permettent ainsi de procéder à des regroupements.

Les linguistes nomment langue un ensemble linguistique relativement homogène de parlers de telle sorte que la variation n’y soit pas trop importante. Grâce aux travaux de description, on reconnaît  généralement aujourd’hui, au sein de la Romanie, les ensembles de premier ordre que sont l’italo-roman, le gallo-roman, le thraco-roman, le rhéto-roman et l’ibéro-roman bien que cette classification qui tend à reproduire de manière trop systématique les limites des états constitués soit remise en cause, le gallo-italique étant notamment passé sous silence en étant inclus parfois dans l’italo-roman, de même que le caractère du catalan voire de l’occitan comme langues de transition entre gallo-roman et ibéro-roman. On observe au sein de ces groupes à nouveau des subdivisions qui conduisent à l’identification d’un italo-roman du sud et un gallo-italique (parfois décrit à tort comme de l’italo-roman du nord), d’un gallo-roman septentrional et d’un gallo-roman méridional, et d’au moins trois composantes de l’ibéro-roman, le catalan, le castillan, et le galégo-portugais. Il reste d’une part le thraco-roman à l’est subdivisé en quatre langues actuelles dont le daco-roumain (appelé le plus souvent simplement roumain) et d’autre part le rhéto-roman subdivisé en trois langues dont le romanche. Enfin, le sarde demeure quant à lui isolé. Ces sous-ensembles sont en général identifiés en tant que langues distinctes, bien que pouvant subir une autre subdivision comme c’est le cas du gallo-roman septentrional au sein duquel on distingue le franco-provençal de la langue d’oïl, d’où le français standard est issu, sachant toutefois qu’au sujet de l’unité de la langue d’oïl, la querelle entre linguistes splitters (découpeurs) et linguistes lumpers (rassembleurs) fait rage selon le degré d’importance que l’on accorde à la variation. Ainsi, même sur un plan strictement linguistique, la question de l’identification ultime de langues ne va pas sans poser de problèmes et d’aucuns verront une seule langue là où d’autres identifieront plusieurs langues selon l’accent qu’ils mettront sur tel ou tel critère, sans en appeler pour autant à des considérations d’ordre sociologique.

C’est ainsi que même si l’identification de langues revêt en partie un caractère objectif bien que relatif (étant donné qu’on doive finalement recourir à des consensus entre linguistes pour s’accorder sur le statut de langue de tel ou tel ensemble plutôt qu’à une identification strictement factuelle), on aboutit finalement à devoir prendre en compte la question des représentations sociales dans l’élaboration de langues. Les linguistes lumpers (rassembleurs) s’en tiendront dans le domaine roman à l’identification de langues correspondant à chaque sous-ensemble décrit précédemment, parlant dans ce cas de langues par distanciation (langue Abstand), et renverront toute subdivision supplémentaire à l’identification de langues par élaboration (langue Ausbau). Ainsi, si l’ensemble baléaro-catalano-valencien peut être identifié par distanciation vis à vis des idiomes environnants comme un seul ensemble reconnu comme langue, la langue catalane, il arrive que certains spécialistes « élaborent » le valencien comme langue à part du catalan stricto sensu pour des motifs plutôt socio-politiques en dépit de la proximité linguistique. Suivant cette logique, c’est par élaboration que sont reconnues dans l’ensemble scandinave aujourd’hui au moins quatre langues (danois, norvégien, suédois et islandais) là où l’on pourrait sur un plan linguistique n’en voir qu’une seule. Bien entendu les questions de la langue standard et de la langue écrite n’entrent aucunement en ligne de compte dans cette approche descriptive.

On aboutit de cette manière à l’identification des langues romanes suivantes en France :

- langue d’oïl (appelée aussi français dans son acception englobante)

- francoprovençal (appelée de plus en plus arpitan)

- langue d’oc ou occitan

- catalan

Il reste la question du corse qui, formellement, est proche de l’italien, en particulier de la variante toscane de l’italien, mais pour lequel on ne peut justement pas faire l’économie de prendre en compte l’histoire de la langue et les représentations qui lui sont associées qui conduisent à identifier le corse comme une langue à part de l’italien (s’agit-il alors d’une langue par élaboration et non par distance ?). Que ces ensembles soient identifiés comme langues n’empêche en rien de reconnaître en leur sein des subdivisions dialectales car chacune de ces langues constitue une langue dans un état que l’on pourrait qualifier trivialement de « sauvage », la question de la langue standard étant complètement dissociée, et demeurant donc sujette à variation, c’est à dire que l’on ne parle pas ces langues exactement de la même manière en fonction des lieux. Les subdivisions internes à ces langues seront alors qualifiées de variations dialectales ou de dialectes là où les linguistes splitters (découpeurs) verront justement autant de langues, ce qui n’empêche en rien que, même dans ce cas, les dialectes-langues identifiés par les splitters varient quoi qu’il en soit d’un endroit à l’autre. Avant de parler de la nécessaire prise en compte des données sociologiques, on reconnaîtra donc au sein de chacune des langues romanes de France les quelques dialectes suivants :

- pour la langue d’oïl : picard (deux sous-dialectes : ch’ti et picard stricto sensu), gallo-angevin, normand, champenois, bourguignon-morvandiau, poitevin-saintongeais, franc-comtois, ensemble dialectal central (qui comporte des variantes : orléanais, tourangeau, berrichon, francien)

- pour l’occitan : languedocien, gascon, limousin, auvergnat, provençal, vivaro-alpin (appelé aussi provençal alpin)

- pour le francoprovençal : savoyard, bressan, valdotain, vaudois, stéphanois...

- catalan : roussillonnais…

Ce sont donc ces dialectes qui sont élaborés comme langues par les linguistes splitters, la séparation pouvant mener plus loin encore, jusqu’à reconnaître autant de langues que de sous-dialectes (le béarnais pouvant être détaché par exemple du gascon, le nissart du provençal etc.), voire jusqu’à reconnaître autant de langues que de parlers. En Provence, les promoteurs du provençal en tant que langue distincte du voisin languedocien intègrent néanmoins le vivaro-alpin (ou provençal alpin appelé aussi gavot) au sein de l’ensemble provençal, séparant donc d’un côté et regroupant de l’autre, laissant parfois le nissart à part. On voit bien par conséquent se dessiner toute la problématique sociale et politique qui sous-tend la définition des langues et leur délimitation. C’est ainsi que les querelles vont bon train selon les régions entre linguistes même parfois, entre locuteurs d’autres fois, ou encore entre linguistes et locuteurs ou même entre locuteurs militants et locuteurs tout court. C’est notamment le cas en Aguiaine (vocable qui signifie Aquitaine dans les parlers d’oïl méridionaux du centre-ouest), région culturelle recouvrant le territoire de l’Angoumois, de l’Aunis, du Pays Gabaye, du Poitou et de la Saintonge, où se mêlent à la définition d’entités linguistiques, dans le dialogue ou l’absence de dialogue, des considérations d’ordre social, affectif ou identitaire souvent associées à une certaine méconnaissance des phénomènes linguistiques. C’est bien parce que la question est de l’ordre du sensible qu’elle expose aux querelles les plus vives.

 

Querelles linguistiques en Aguiaine

Si l’on suit ce que nous dit la linguistique des idiomes de ce centre-ouest, on a là affaire à un ensemble dialectal dit poitevin-saintongeais qui fait partie de la langue d’oïl, lui-même pouvant être subdivisé en deux sous-dialectes, poitevin et saintongeais, eux-même sujets à variation, dans lesquels on peut identifier notamment pour le poitevin, le mellois-saint-maixentais-niortais-sud-gâtinais, le civraisien-ruffécois, le ruffécois oriental, le gâtinais, le vendéen, le parler d’Aunis, le rétais… et pour le saintongeais, l’angoumois, le saintongeais centro-occidental, l’oléronnais, le saintongeais sud-oriental (incluant le gabaye oriental le sud Charente et l’extrème sud-est Charente-Maritime), le gabaye nord-occidental, le gabaye sud-occidental et le marotin.

En ce qui concerne le domaine d’oïl, il est pourtant difficile de s’en tenir à une définition strictement linguistique et c’est là que la linguistique se doit de prendre en compte d’autres critères d’ordre sociologique comme elle le fait par exemple pour le corse. La prise en compte du sociologique dans la question de la langue ne prétend malgré tout pas résoudre tous les conflits. Par conséquent, force est de reconnaître que le domaine d’oïl ne fonctionne pas en miroir vis à vis de l’occitan du simple fait notamment que le standard français en est issu. Depuis quelques siècles, les idiomes d’oïl ont eu à souffrir de la proximité linguistique du français standard, codifié à partir du sociolecte parlé à la cour, de la langue des œuvres des écrivains illustres et en partie des parlers d’oïl centraux[3]. Le préjugé du « français écorché » est d’ailleurs toujours présent alors que bien entendu, les idiomes d’oïl ne sont en rien des déformations du français mais des évolutions parallèles à celui-ci aboutissant à des caractéristiques proches. Aujourd’hui encore, le patois est souvent perçu dans les régions d’oïl comme du mauvais français, parfois par les locuteurs eux-mêmes parfois qui ont assimilé le discours d’usage dans la république française qui ne reconnaît comme langue à part entière que le français, c’est à dire le français standard voire au-delà, le seul registre élevé de celui-ci, la langue littéraire en somme, en tous cas, la langue des classes les plus favorisées,  la question de la langue et de la belle langue étant éminemment liée à celle de l’échelle sociale[4]. Sachant qu’au sein même du domaine d’oc, il arrive que le préjugé de français déformé puisse avoir cours, on comprend très bien que des militants linguistiques en Pays d’oïl identifient leurs idiomes en les détachant du français standard sachant que, même sans cela, il apparaît clairement que les idiomes d’oïl les plus typés se distinguent nettement non seulement par des traits saillants mais aussi par une conscience linguistique singulière du fait des locuteurs eux-mêmes. L’ensemble poitevin-saintongeais sonne par ailleurs comme sensiblement étrange sinon étranger à une oreille française (linguistiquement parlant) non avertie. Le gallo-angevin, au moins pour sa partie gallaise, le morvandiau-bourguignon ou le picard sont eux-aussi souvent vécus comme assez nettement distincts par rapport aux parlers centraux et par rapport au français standard. Si l’on examine l’histoire de ces idiomes, on observe que contrairement à la plupart des idiomes d’oc, ceux-ci ont depuis longtemps été en contact avec le français ce qui a considérablement influencé leurs formes (par francisation de celles-ci) et les représentations qui leurs sont associées. Compte-tenu de l’histoire particulière de ces idiomes, on peut donc sans doute parler sur un plan sociolinguistique de langues d’oïl au pluriel aujourd'hui.

Dans cet ensemble d’oïl, on distingue donc linguistiquement un ensemble poitevin-saintongeais assez cohérent[5], sujet en son sein à variation, que la sociolinguistique identifie comme une langue d’oïl parmi d’autres. La variation interne au poitevin-saintongeais aboutit généralement à identifier deux sous-ensembles, le poitevin et le saintongeais, chaque ensemble étant lui-même sujet à variation comme expliqué précédemment, c’est à dire que le poitevin et le saintongeais connaissent des variantes internes, hors toute considération de forme standard de l’une ou l’autre des deux variantes, forme standard qui, d’ailleurs, n’existe pas. Il est cependant remarquable que la subdivision entre poitevin et saintongeais  soit toute relative dès lors que l’on constate que les traits que l’on croit parfois singuliers à l’une ou à l’autre des variantes se retrouvent tantôt d’un côté tantôt de l’autre, et s’amenuisent en outre quand on se place sur le plan diachronique. Si l’on peut malgré tout regrouper sur quelques critères les variantes saintongeaises d’une part et les variantes poitevines d’autre part, la limite interne est bien plus ténue et relative que celle qui distingue l’ensemble poitevin-saintongeais des autres idiomes d’oïl. En somme, un faisceau de critères[6] permet d’isoler le poitevin-saintongeais du reste du domaine d’oïl quand moins de critères[7] distinguent les parlers poitevins des parlers saintongeais. Voilà pourquoi sur les plans linguistique comme sociolinguistique, on s’en tient finalement à identifier un ensemble poitevin-saintongeais, sans segmenter davantage, bien que cet ensemble connaisse deux variantes internes, elles-mêmes diversifiées en leur sein. Cet ensemble a depuis longtemps été identifié par les descripteurs, au moins depuis le XVIIe siècle[8], et nommé de diverses manières, poitevin dans son ensemble d’abord, puis poitevin-saintongeais, appellation datant du début du XXe siècle[9]. Certains proposent également l’appellation aguiainais, dérivé du nom Aguiaine signifiant Aquitaine dans ces idiomes, qui aurait le mérite de mettre sur un même pied d’égalité les variantes internes. Les mouvements conscientisés linguistiquement qui militent pour la reconnaissance et la promotion de l’idiome régional s’appuient en général sur l’identification d’un ensemble poitevin-saintongeais qui ne nie pas pour autant les variantes internes comme c’est toujours le cas dans tous les mouvements de revitalisation des langues minorées, a fortiori en l’absence de mise au point d’un standard.

Pourtant, il semble qu’en Aguiaine (appelons ainsi cette région linguistique afin de rester aussi descriptif que possible), un mouvement présent en Saintonge récuse depuis quelques années l’identification linguistique ou sociolinguistique d’un ensemble poitevin-saintongeais identifié comme langue. La contestation en Saintonge prend appui sur des revendications qui relèvent rarement de la description linguistique ou, du moins, quand c’est le cas, qui attestent d’une certaine méconnaissance de la variation linguistique dans l’ensemble du domaine, affirmant par exemple le caractère purement saintongeais de tel ou tel trait quand ces traits vont pourtant se retrouver en d’autres endroits du domaine, au sein des parlers poitevins, ainsi du mot cagouille qui se retrouve dans certains parlers poitevins, aux côtés de luma dans d’autres parlers poitevins, ou du pronom neutre sujet ou (cela, ça, il impersonnel) ou complément zou qui se retrouve aussi dans des parlers poitevins aux côtés de o ou ou dans d’autres parlers poitevins ainsi que saintongeais. A vrai dire, la différence linguistique principale qui distingue le poitevin du saintongeais aujourd’hui, ce sont essentiellement 4 critères dont le pronom de première personne du singulier je qui se dit i dans les parlers poitevins et jhe dans les parlers saintongeais, et le pronom de troisième personne du singulier il qui se dit le dans les parlers poitevins et i dans les parlers saintongeais mais cela n’a pas toujours été le cas pour autant car des documents écrits attestent de l’usage de i pour la première personne et de le pour la troisième personne en saintongeais il y a un siècle à deux siècles ou au plus deux siècles et demi[10], selon les lieux, le saintongeais ayant subi plus durement l’influence du français par la suite que le poitevin.

La contestation saintongeaise, qualifiée parfois de « saintongiste » (néologisme créé en 2007 par Michel Alessio, chargé de mission à la DGLFLF, service du ministère de la culture, pour désigner ce courant revendicatif), ne se fonde donc guère sur la description linguistique et se trouve largement renforcée par une série d’a priori ou de confusions linguistiques. Ainsi, on retrouve souvent dans le discours contestataire saintongeais l’idée que le poitevin-saintongeais serait une langue inventée car n’existant pas dans les faits en tant que telle. Pourtant parler de langue pour un ensemble linguistique donné n’implique nullement la reconnaissance d’une forme et d’une seule qui serait unique et non variée, en fait, nul ne conteste la variation interne du poitevin-saintongeais, c’est à dire des parlers poitevins et saintongeais. En réalité, la culture linguistique en France, très inspirée par l’idée de belle langue et un certain purisme, encourage l’idée qu’une langue ne peut être langue que si elle s’avère unique, pourtant aucune langue, même les langues standards, n’échappe à la variation, nulle langue n’est unique, a fortiori les langues à l’état « sauvage », sans standard, comme c’est le cas de la très très grande majorité des 5000 à 8000 langues du monde. Le glossonyme poitevin-saintongeais n’est finalement qu’une commodité fondée linguistiquement pour réunir sous une même dénomination les parlers du centre-ouest, de la même manière qu’on le fait pour le bourguignon-morvandiau ou pour le picard (qui réunit picard de Picardie et ch’ti du Nord-pas de Calais) par exemple, qui ne nie en rien la pluralité des parlers poitevins et saintongeais.  Il n’existe donc pas de poitevin-saintongeais en dehors des parlers et chaque parler poitevin ou saintongeais est donc le poitevin-saintongeais puisqu’en fait ce dernier existe par chacun de ses parlers, ce qui réfute l’assertion ci-dessus des contestataires saintongeais affirmant que le poitevin-saintongeais n’existerait pas.

La contestation saintongeaise exprime aussi l’idée que le poitevin-saintongeais serait une langue élaborée en même temps que le système graphique dit graphie normalisée développé par l’UPCP[11]. Cela repose sur une grande confusion entre langue et représentation écrite de la langue. On peut d’ailleurs parfois lire que le patois saintongeais ou poitevin serait en essence une langue orale. C’est une méprise fréquente car ce qui fonde la langue, c’est évidemment toujours l’oral, l’oral étant toujours premier et antérieur à la langue écrite (hormis pour des langues construites comme c’est le cas de l’esperanto entre autres). L’écrit n’est apparu qu’il y a peu dans l’histoire des langues, c’est d’ailleurs l’apparition de l’écriture qui marque l’entrée dans ce qu’on appelle l’Histoire il y a 5 à 6000 ans environ mais ce n’est encore que depuis plus récemment que les langues s’écrivent vraiment sans oublier que la plupart des langues du monde ne s’écrivent pas aujourd’hui encore. L’écrit n’est finalement qu’un code de transcription qui ne fonde en rien la langue, bien qu’il puisse certes développer ses propres formes littéraires par la suite, mais il est donc impropre de parler de langue « essentiellement orale » dans la mesure où toute langue est d’abord orale, à défaut, elle serait une langue dite morte, qui a perdu la parole. Le préjugé du patois décrit comme langue strictement orale (sous-entendu inadaptée à l’écriture) ne se comprend là encore que par l’accent qui est mis en France sur l’écrit, la belle langue étant appréciée à l’aune de l’écrit, or toute langue, orale par définition, est susceptible de recevoir un code écrit pour peu que quelqu’un s’emploie à mettre au point un système, comme quantité d’individus s’y sont d’ailleurs essayés avec succès depuis des siècles d’une manière ou d’une autre pour le poitevin-saintongeais même quel que soit le parler.

De plus, il existe une méprise supplémentaire par rapport au code écrit, à savoir que les codificateurs de la graphie normalisée ont fait le choix de proposer une série de graphèmes englobants que d’aucuns méprennent comme caractéristiques d’une langue fabriquée qui auraient ses règles propres déconnectée de la réalité des parlers réels. Rappelons d’abord que l’écrit ne constitue en rien la langue mais n’en est qu’une représentation codifiée censée pouvoir s’appliquer à toute variante, à tout parler, de cette langue. Ensuite, le fait est que pour mettre au point un système graphique, des choix doivent être opérés. On peut soit choisir de mettre l’accent sur la diversité en élaborant un système qui retranscrive autant que possible les particularités phonétiques de chaque parler soit, au contraire, choisir d’élaborer un système comportant des graphèmes englobants (graphies qui ne changent pas, dans une certaine mesure, en fonction de la prononciation des différents parlers et qui sont donc censées se lire de plusieurs manières différentes selon le parler du locuteur) afin de pallier les problèmes posées par la variation en gommant un peu les différences et en mettant l’accent sur l’unité. Par conséquent, l’affaire de la graphie n’a rien à voir avec l’identification d’une langue puisqu’il ne s’agit que d’une convention pour passer de l’oral à l’écrit. On peut reprocher le caractère englobant de la graphie normalisée (la plupart des militants pour les langues minorées font pourtant aujourd’hui ce genre de choix considéré comme plus propre à assurer la pérennité de la langue pour de nombreuses raisons) mais on ne saurait dire sans se méprendre que la graphie normalisée fonde une nouvelle langue, on peut tout à fait transcrire n’importe quel parler très localisé au moyen de ce système graphique, le problème étant que la plupart des détracteurs des graphies normalisées considèrent qu’il est plus important de transcrire des sons plutôt que du sens et pencheront donc vers des graphies plus « phonétisantes », toujours, en France, sur la base du système de correspondances phonies-graphies du français d’ailleurs, jamais d’une autre langue, ce qui atteste de la subordination incontestable dans les esprits du patois au français dû à la situation fortement diglossique que connaissent les idiomes d’oïl mais aussi les idiomes d’oc dans la société française qui ne laisse aucune place à l’altérité linguistique interne systématiquement vécue comme un danger pour l’unité de la nation.

Enfin, le discours de la contestation saintongeaise ou « saintongiste » prend la forme dans une certaine mesure d’un discours identitaire, sans que le terme ne soit nécessairement péjoratif en soi d’ailleurs (tout dépend l’usage que l’on fait de ce discours), qui atteste de la volonté de se démarquer culturellement, et linguistiquement donc, des voisins poitevins et de leur langue aux caractères supposés différents. Il existe notamment un « Collectif de défense de l’identité saintongeaise »[12] qui a fait pression auprès du ministère de la culture afin que soit reconnu le saintongeais indépendamment du poitevin et non relié à lui par un « facheux » (sic) trait d’union qui créerait une entité poitevine-saintongeaise réfutée par ce collectif qui lui prête a priori des attributs consubstantiels tels la graphie normalisée (alors qu’il ne s’agit que d’une convention graphique) et des usages centrés essentiellement sur le poitevin, imaginé comme unique. Ce collectif a réussi pendant quelques années à la fin des années 2000, précisément entre 2007 et 2010, qu’il soit fait mention du saintongeais à part du poitevin sur la liste officielle des langues de France, avant qu’en 2010 le ministère ne se ravise et remette le poitevin-saintongeais dans la liste des langues de France (sous le libellé suivant : « poitevin-saintongeais [dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais] » tout récemment simplifié en « poitevin-saintongeais (poitevin, saintongeais) »). Le discours du collectif s’appuie essentiellement sur une liste de faits attestant d’une identité saintongeaise singulière sur des bases culturelles (auteurs, emblèmes culturels comme Goulebenèze…) et un argumentaire s’attachant davantage à la forme qu’au fond sans qu’il soit fait mention de faits relevant de la linguistique hormis à travers des a priori faciles à démentir comme le fait non avéré qu’il n’y aurait que 30% de vocabulaire commun entre poitevin et saintongeais et de prendre par exemple comme illustration un mot saintongeais et un seul, ignorant donc toutes les variantes saintongeaises disponibles, pour le comparer à un mot poitevin et un seul, ignorant donc toutes les variantes possibles poitevines. Comparer un mot choisi arbitrairement comme relevant du strict saintongeais à un autre attribué exclusivement au poitevin relève donc d’une erreur méthodologique évidente quand la réalité dialectale est beaucoup plus complexe et intriquée. Ce qui est en jeu dans le discours contestataire saintongeais, ce n’est finalement pas tellement la détermination rigoureuse d’ensemble dialectaux que d’affirmer une identité culturelle, sur des bases plus ou moins ehtnographiques, propre aux Saintongeais qui serait notablement différente de celle des Poitevins et a fortiori de ceux que l’on renvoie au poitevin-saintongeais, confondant langue et graphie, langue et entité culturelle, par peur vraisemblablement d’être assimilé ou d’être mis sous tutelle poitevine[13].

Au delà des malentendus, des confusions, et des vrais points de divergence (comme cela pourrait être le cas relativement au choix de la graphie normalisée), il existe une vraie différence de conscience militante dans ses formes et ses finalités entre défenseurs du poitevin-saintongeais et contestataires saintongeais-« saintongistes ». D’un côté, celui des défenseurs du poitevin-saintongeais, on parle avant tout de langue et on œuvre non seulement à la connaissance et la reconnaissance de la langue par le collectage mais aussi et surtout à sa promotion et à sa réhabilitation à large échelle de telle sorte que le poitevin-saintongeais ne disparaisse pas mais puisse également reconquérir des usages perdus et en conquérir de nouveau dans tous les domaines, aussi bien traditionnels qu’actuels (la langue pouvant tout dire et s’adapter à la modernité pourvu qu’on le veuille), à travers une large diffusion dans la société. De l’autre côté, coté « saintongiste », on parle plutôt de patois et on observe un usage qui tend plutôt à la patrimonialisation de la langue (théâtre en costume traditionnel, usage réservé de la langue affectée à la gaudriole et aux affaires rurales, usage exacerbé de formes et d’usages reconnus comme spécifiques comme c’est le cas de l’usage systématique de chafres[14] les plus pittoresque possibles, usage considéré comme emblématique qui participe d’une identité symbolique, mise en avant du caractère « savoureux » de la langue), bien que non systématique, plutôt qu’à sa réhabilitation à large échelle dans une société ancrée dans une modernité. D’un côté, on privilégiera la création dans la langue[15], création qui sait ne pas se couper pour autant de l’héritage linguistique tel qu’il nous est parvenu, de l’autre, on privilégiera, en les idéalisant parfois, les usages traditionnels de la langue sans remettre en question la prédominance du français dans tous les secteurs (on est même à mille lieues de l’imaginer à dire vrai), pensant que le patois est de toutes façons réservé à des usages limités et aux gens qui ont baigné dedans de telle sorte qu’il est présupposé très difficile que des jeunes puissent l’apprendre, d’ailleurs, n’entend-on pas des propos du genre « le patois, ça s’apprend pas, ça se sait ». Ce sont donc non seulement des visions divergentes qui séparent ces attitudes mais aussi un rapport à la langue tout différent, une conscience linguistique large et unitaire qui insiste sur le caractère proprement universel de toute langue d’un côté et une conscience plus patoisante qui refuse à la langue d’entrer dans une modernité de l’autre. Ces deux attitudes peuvent parfois être partiellement réconciliables lorsque le dialogue a lieu comme cela peut être le cas dans d’autres langues minorées, notamment lorsqu’on comprend que le phénomène de conscience patoisante s’explique facilement par le discours de subordination tenu et inculqué en France depuis l’école et même dans toute la société aux locuteurs de langues dites régionales. Des patoisants, absolument dignes et dignes d’intérêt au demeurant, assurément, un peu conscientisés linguistiquement peuvent fort heureusement se révéler de très bons acteurs et partenaires de la reconquête linguistique lorsqu’un échange a lieu avec des militants pour les droits linguistiques (qui peuvent parfois venir d’ailleurs et s’intéresser aux idiomes locaux, avantagés en cela dans une certaine mesure par le fait d’être dégagés des préjugés associés au patois). Bref, le dialogue n’est absolument pas impossible pourvu qu’il y ait de la bonne volonté de part et d’autre et que les militants n’assènent pas non plus leurs façons de voir aux patoisants, le tout étant de s’en tenir à un discours qui présente de manière pédagogique des faits linguistiques et des idées quant aux moyens pour rétablir et trouver de nouveaux usages. Seulement, lorsqu’il existe une barrière mentale vis à vis de l’étranger, qu’il soit « réellement » étranger (c’est à dire simplement d’une autre région, voire micro-région) ou qu’il soit étranger du dedans (cas du citadin ou du jeune qui s’intéresserait au patois), étranger qui pourtant ne cherche le plus souvent qu’à échanger des savoirs avec les patoisants (lui, tenant un discours plutôt d’ordre linguistique, eux, apportant leur savoir langagier), alors le dialogue n’est plus possible, l’autre étant renvoyé à des attributs incompatibles avec l’idée qu’on se fait de son patois.

En somme, la querelle autour de la langue qui anime l’Aguiaine, n’a rien de très innovant, puisqu’on retrouve les mêmes oppositions et les mêmes discours à des échelles et des degrés variés dans le monde. Il s’y rejoue d’une certaine façon la querelle des anciens contre les modernes si ce n’est que dans le cas présent s’y retrouvent pêle-mêle des questions d’identification de langue, de graphie et d’identité. La situation en Pays valencien est en partie, en partie seulement car les consciences linguistiques sont toutes autres en Espagne, du même ordre bien que l’échelle ne soit pas la même étant donné que le territoire concerné par la querelle catalan vs valencien recouvre plus de deux fois le territoire de l’Aguiaine et qu’il n’existe pas de volonté de séparatisme linguistique au sein de la Communauté valencienne (car la querelle autour du poitevin-saintongeais est de cette échelle, c’est exactement comme si une partie de la communauté linguistique valencienne demandait à être reconnue à part avec une langue à part), or s’il existe une volonté de séparation du valencien à l’égard du catalan stricto sensu, il n’existe pas de dissension interne au valencien. Dans le domaine occitan, la problématique est en partie similaire également, en particulier chez les Provençaux, chez quelques Béarnais et Auvergnats également, qui finalement jouent sur les différences d’identité, ou sentiments d’identité, pour refuser le rattachement de leur idiome à un ensemble occitan mais la langue demeure finalement un prétexte, la crainte profonde étant d’être assimilé et dissous dans une identité qui se voudrait occitane. On devrait pourtant pouvoir discuter linguistiquement et même sociolinguistiquement, et raisonnablement, de l’intégration de telle ou telle variante à un ensemble plus vaste (du gascon à l’occitan par exemple) mais malheureusement, le discours a trop souvent tendance à mettre au premier plan un sentiment d’identité différenciée qui outrepasse alors largement les faits linguistiques qui passent ainsi au second plan.

Pour étayer cette ébauche de problématique avec les quelques réponses qui l’accompagnent, il faudrait procéder à une étude plus approfondie des discours tenus par chaque partie afin de mettre en évidence ce qui se joue plus précisément dans les représentations individuelles et collectives autour de la question de la langue ce qui fera l’objet d’un prochain article tâchant notamment de mobiliser les études déjà effectuées sur la question. Souhaitons que la raison finisse par l’emporter sur l’émotion et que les parlers d’Aguiaine s’en portent mieux.

Apibau d'Aguiéne

[1]      Les différentes formes que prennent les langues sur le territoire où elles sont parlées et dans la société.

[2]      Voir sur ce blog l’article Le patois des linguistes accessible à cette adresse : http://taban.canalblog.com/archives/2007/08/22/5971321.html

[3]      Voir à ce sujet Anthony Lodge, Le français, histoire d’un dialecte devenu langue, Fayard, 1997.

[4]      Sur le sujet de la langue des classes dominantes ou favorisées, voir les travaux de Bourdieu

[5]      Pour la mise en évidence linguistique de l’ensemble poitevin-saintongeais, voir :

        Adolphe-Louis Terracher, La rencontre des langues entre Loire et Dordogne, dans : Le Centre-Ouest de la France, encyclopédie régionale illustrée, 1926.

        Hans Goebl, Regards dialectométriques sur les données de l'Atlas linguistique de la France (ALF): relations quantitatives et structures de profondeur, in: Estudis Romànics XXV, 2003, pages 59-121.

        Liliane Jagueneau, Les Traits linguistiques du poitevin-saintongeais, dans : La langue poitevine-saintongeaise : identité et ouverture, 1994.

        Brigitte Horiot , Les Parlers du Sud-Ouest, dans : Français de France et Français du Canada : Les parlers de l’Ouest de la France, du Québec et de l’Acadie, Centre d’études linguistiques Jacques-Goudet, université Lyon-III, 1995, p.228, 1995.

        Pierre Gauthier, Langue et littérature : la langue régionale : Les parlers vendéens dans l’espace linguistique poitevin-saintongeais, dans : Vendée, Encyclopédie Bonneton (écrit avec Guy Perraudeau), 2003.

[6]  Eric Nowak en met en évidence 10 critères dans son ouvrage Histoire et géographie des parlers poitevins et saintongeais publié en 2010.

[7]   Eric Nowak en met en évidence 4 critères dans son ouvrage de2010 déjà cité où il montre en outre qu’ils sont ̄ relativiser sur un plan diachronique.

[8]   Edward Brerewood, Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde, 1640.

[9]   cf. Revue du Bas Poitou et des provinces de l’Ouest, volume 13, 1905.

[10]  J. Giliéron et E. Edmont, Atlas linguistique de la France, 1902-1910 ; Collection de versions de la parabole de l’enfant prodigue en cent idiomes ou patois différents, dans : Mélanges sur les langues, dialectes et patois…, 1831 ; Le manuscrit de Pons : recueil de textes en patois saintongeais du XVIIIème siècle, Edition établie par Jacques Duguet,n° spécial d’Aguiaine, 1970.

[11] Union pour la Culture Populaire en Poitou-Charentes-Vendée (UPCP) : fédération d’associations qui ont pour objet la culture régionale dont quelques-unes s’occupent de la langue ; on est par ailleurs très loin du fantasme de chiffres de dizaines ou centaines de milliers d’euros avancés par les détracteurs du poitevin-saintongeais que drainerait l’UPCP en matière linguistique puisque, malheureusement, seule une faible part des subventions va à la défense et à la promotion langue, non par mauvaise volonté, mais par sous-représentation des associations à but linguistique, l’essentiel allant à la culture, hors langue.

[12]  Voir en ligne le document suivant : http://www.jean-michel-hermans.fr/PDF/Collectif.pdf

[13]  Voir à nouveau http://www.jean-michel-hermans.fr/PDF/Collectif.pdf

[14]  Chafre : sobriquet, surnom ; le mot est d’ailleurs commun avec l’occitan limousin qui dit aussi chafre (prononcé /TCHAfré/)

[15] Voir par exemple l’ouvrage de Michel Cardineau J’ai rencontré mes ancêtres/I ae rencuntrai més anciéns, Geste Edition, 2014, qui utilise un procédé de science fiction dans la narration.