26 novembre 2011

Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales

 

iskatolasousleau

 

Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales

 

If you think education is expensive try ignorance

Se trobatz que l’educacion còsta car ensajatz l’ignoráncia

 

        Mauvais temps pour nous... Et pourtant Dieu sait (s’il sait quelque chose) que nous sommes habitués à en prendre plein la gueule et à courber l’échine (ce « nous », rassurez-vous, n’est pas de majesté, il désigne le collectif de ceux qui œuvrent en faveur des langues minorées de notre douce France). En effet, la déploration, en ces temps de crise, du coût prétendument exorbitant d’un enseignement déclaré à la fois (et contradictoirement) inutile et dangereux est à peu près la seule manière dont sont évoquées ces jours-ci les langues dites régionales. Bien sûr, cette hostilité est assortie – c’est désormais la règle – de formules creuses sur l’inestimable richesse patrimoniale que représentent celles-ci et que nul ne saurait mettre en cause. S’il s’agissait d’autre chose que de formules creuses, il est évident que des propositions seraient faites pour leur valorisation ou promotion. Ce n’est jamais le cas. Ceux qui affirment qu’il est grand temps de mettre un frein à un enseignement jugé à la fois pléthorique (ce qui est consternant, et tout particulièrement pour nous, en Limousin, où l’offre d’enseignement est voisine du néant) et inutile, n’ont jamais aucune idée sur la question de la valorisation et de la transmission, car la seule chose qui les intéresse c’est évidemment de travailler à l’effacement des « patois » (un terme qui revient d’ailleurs dans le débat, voir ici La grande régression) de l’espace public (et souvent privé) : réduction drastique – voire suppression – de l’enseignement, suppression des panneaux bilingues, etc.

        En témoignent récemment la publication d’une motion du Parti Gauche et d’un article dans le Figaro qui, sous des formes bien différentes, sont parfaitement consonants. Pour nous, rien d’étonnant, nous sommes habitués à cette alliance sans faille de la droite et de la gauche souverainistes, non seulement sur les questions des langues régionales, mais aussi sur la représentation de l’identité nationale, l’euroscepticisme, l’hostilité viscérale à toute forme conséquente d’autonomie locale et de démocratie culturelle (marqué du sceau d’infamie par le gros mot de multiculturalisme) et donc l’affirmation d’un hypercentralisme monolingue et monoculturel.

         Nous connaissons Mélenchon de longue date, ses sorties contre l’enseignement des « patois », déjà lorsqu’il était au gouvernement, son opposition farouche à la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires, sa Fronde triomphale au sénat menée contre l’inscription des langues régionales dans la constitution (voir ses déclarations au Figaro en 2008, et ici même : Langues régionales : le sursaut républicain !)… A la lecture de son bouquin de campagne, Qu’ils s’en aillent tous, nous avons été nombreux à trouver ahurissantes ses déclarations rattachistes sur la Wallonie, sa germanophobie décomplexée et sa franchouillardise de coq de village (voir les passages en question et leurs commentaires sur Médiapart ou sur le blog du vert Bernard Jomier). Je pensais d’ailleurs qu’avec ses pages ridicules et un tantinet inquiétantes sur la Belgique, l’Allemagne et les ambitions d’une France belliqueuse, je possédais un argument massue pour dissuader certains de mes amis de voter pour lui. Ils ne virent pas où était le problème : Mélanchon a raison. Les Wallons parlent français, ils sont maltraités par les méchants Flamands (un ramassis de ploucs fascistes), la France leur tend les bras ! Depuis, je me tais, mais évidemment je n’en pense pas moins, assez interloqué de voir jusqu’à de vaillants occitanistes rouler pour celui qui a toujours été l’un de leurs pires ennemis.

        Il est vrai qu’un parti ne saurait être identifié à son leader, que divers courants d’opinion peuvent coexister en son sein... Mais enfin le fait est : cette motion du parti, datée du mois d’octobre, existe bel et bien et circule largement, même si je n'ai pu la trouver sur le site officiel du parti (pourquoi, d'ailleurs ?).

        On y retrouve tous les poncifs sur la question et de typiques imprécisions, qui montrent à quel point les gens qui ont pondu ce texte ignorent – ou font semblant d’ignorer – tout de ce dont ils parlent,

        La France aurait soi-disant un « cadre législatif protecteur pour les langues régionales » depuis les années Cinquante. S’il y a là une référence à la loi Deixonne, rappelons quand même que cette loi n’avait aucune vocation protectrice, mais autorisait seulement l’enseignement optionnel de quelques langues sans aucune contrainte d’offre. Cette loi est d’ailleurs abrogée et remplacée par une réglementation du Code de l’éducation. Nous sommes donc dans un vide et non dans une protection législative.

        Par contre la motion ne fait aucune référence à l’introduction, pourtant purement symbolique, des langues régionales dans la constitution mentionnées comme « patrimoine » de la nation. C’est évidemment parce que Mélenchon était contre, comme on l’a dit.

        Ensuite, un argument ridicule, grotesque même : la promotion de l’enseignement des langues régionales relèverait de « l’offensive libérale » généralisée, au sens évidemment du libéralisme économique (le seul qui puisse exister désormais dans notre vocabulaire politique). L’enseignement des langues régionales serait une pièce dans la stratégie eurocratique et capitaliste visant à « transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée ». C’est sûr, ça tombe sous le sens : soutenir l’enseignement public des langues régionales moribondes, c’est participer activement à la marchandisation du monde, c'est favoriser la libre concurrence et graisser les rouages du grand capital. Ne riez pas, c’est le Parti de Gauche qui vous le dit !

        J’ouvre ici une petite parenthèse pour signaler que c’est par des arguments similaires, entre autres, qu’un groupe de parents d’élèves de l’école primaire publique de Landouge à Limoges combat la présence de la Calandreta dans les mêmes locaux, dénonçant tout à la fois l’invasion du privé (rappelons tout de même que la Calandreta lemosina, laïque et gratuite, est la seule école en Limousin offrant un apprentissage de l’occitan en primaire) un enseignement à deux vitesses, et le coût soi-disant exorbitant de cette école aidée par la région (je n'évoquerai pas ici d’autres arguments indécents qui relèvent de la théorie du complot et avoisinent la difamation). Ces parents, apparemment membres de la FCPE (quoi que jusqu’à ce jour non soutenus par la fédération départementale de leur association), devraient trouver à leur goût la motion du Parti de Gauche.

        Pour en revenir à cette dernière, elle rallume en sus une lanterne encore  plus vieille : l’argument selon lequel l’enseignement de ces langues reviendrait à accorder des «  droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences », ce qui est une atteinte manifeste à « l’égalité républicaine ». Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Les droits que nous revendiquons sont individuels et non communautaires : le droit pour tout citoyen, quel que soit son origine, son statut social etc. de pouvoir pratiquer des langues qui n’existent évidemment que si on les parle et surtout que si on les transmet dans les territoires où elles sont historiquement pratiquées, et bien sûr partout où la demande en serait exprimée par un groupe conséquent. S’oppose-t-on au développement des écoles de rugby dans le Sud-ouest, au motif que c’est là accorder un droit indu à une catégorie de la population et porter atteinte à l’égalité républicaine ?

        L’argument est assorti de l’affirmation idiote et, en réalité de pure mauvaise foi, selon laquelle développer l’apprentissage des langues régionales conduit tout droit au rejet du français : « Dispenser un enseignement public uniquement dans la langue de son choix, y compris en immersion, au détriment de l'apprentissage de la langue commune, le français, signifierait que des groupes entiers de locuteurs ne se verraient enseigner durant toute leur scolarité qu'une langue compréhensible uniquement par une fraction de la population de notre pays ». Rien de cela n’existe ni n’est revendiqué par personne. La pédagogie par immersion, ici visée, consiste à mettre les apprenants en situation de la pratique orale effective de la langue seconde ; cette méthode est appliquée dans des écoles laïques, associatives sous contrat de l’État, et les enfants y reçoivent aussi, évidemment, un enseignement en français ; les enquêtes montrent que leur maîtrise du français est égale, voire supérieure à celle des élèves monolingues, comme c’est le cas d’ailleurs de tous les apprentissages bilingues précoces. Tout cela, les auteurs de cette motion ont bien dû au moins en entendre parler, mais ils préfèrent présenter une image caricaturale et mensongère des écoles immersives, comme lieux où l'on rejette le français.

        Ces quelques propos empreints de lassitude (toujours les mêmes bêtises, toujours) suffiront à régler son compte à ce texte faible à tous égard. Voyez aussi, à son sujet, les réactions de Jean-Paul Damaggio, de Réalville dans le Tarn-et-Garonne, militant syndical et blogueur de la mouvance altermondialiste, et surtout la réponse exaspérée des Alternatifs, proches du Parti de Gauche et même associés, d'après ce que j'ai compris, à la candidature de Mélanchon. On peut lire encore la déclaration de Jacques Blin, membre du PCF (et donc du Front de Gauche) porte parole du Réseau Langues et Culture de France). Comme quoi, ça grince bien un peu dans les rouages, et c’est tout de même le moins que l’on puisse attendre.

        Pour ajouter mon grain de sel, je me contenterai de renvoyer aux déclarations de Marine le Pen s’opposant aux panneaux bilingues et au développement de l’enseignement, qui datent de 2007 (entre temps il ne semble pas qu’elle se soit publiquement exprimée sur la question), mais sont sans doute toujours d’actualité. La phraséologie est toute différente, qui a cependant le mérite à mes yeux de faire apparaître le nationalisme forcené qui se cache derrière la façade universaliste de tant de militants de la gauche souverainiste : « La tendresse que nous avons tous pour les cultures régionales ne doit pas nous faire perdre de vue les exigences du rétablissement de la Nation française et donc du maintien absolu du français comme seule langue officielle de l’Etat. […] ne nous y trompons pas. Ce ne sont pas tant les langues vernaculaires ou les cultures régionales que défendent les internationalistes de tout poil, ce sont les langues et les cultures minoritaires. Cette situation nouvelle, issue du contexte de la mondialisation, nous sépare d’ailleurs fondamentalement des aspirations au régionalisme qui ont pu, dans un passé déjà lointain, s’exprimer dans notre famille de pensée. A l’évidence, ce serait faire preuve d’un angélisme coupable que d’oublier l’objectif de nos adversaires de détruire les nations pour asseoir la victoire du projet mondialiste. Le bilinguisme régional dans les provinces justifiera demain la signalétique en arabe en Seine-St-Denis et dans les quartiers pour mieux légitimer et installer demain une France en peau de léopard. »

           Du fond de sa paranoïa, et au-delà du cynisme machiavélique délirant qu’elle nous prête (nous ne défendons les langues régionales aujourd’hui que pour imposer demain les langues de l’immigration, et notre activité est une couverture sans doute payée et soutenue par les Frères musulmans), le Front National a très bien compris à qui il avait affaire avec la grande majorité des « militants » qui se battent aujourd’hui pour les langues régionales : une racaille internationaliste investie dans le combat en faveur des minorités. Il me semble que c’est quand même sur ce point que vous devriez vous accorder avec le Front, chers amis de gauche (ou prétendus tels) qui craignez tant que les « régionalistes » ne détruisent la France : la revitalisation (le Front parle de « restauration ») de la nation, de l’esprit national, de la culture nationale, comme excluant par définition tout élément de culture échappant au monolinguisme. Et c’est évidemment cela que nous autres exécrons et subissons (car votre connerie est hélas indubitablement dominante) : une conception de la nation monocolore, monocorde et monomaniaque, qui combat les aspirations plurielles d’une société plurielle, c’est-à-dire récuse ce que nous appelons, nous autres, démocratie.

        Les auteurs de la motion du Parti de Gauche devraient donc prendre bouche avec Marine, ils trouveraient de notables points d’accord ; ils devraient aussi lire plus assidument le Figaro, qui leur fournirait de nouveaux arguments, s’ils en avaient besoin. Un article du 30 octobre, L’Enseignement des langues régionales en question, à travers des bouts d’information glanés surtout en Bretagne, en Languedoc et en Alsace, mis bout à bout, sans la moindre analyse un tant soit peu approfondie, met en scène par petites touches, insidieusement, sans déclaration péremptoire (pour éviter sans doute d’être accusé de parti-pris) l’inutilité, la qualité douteuse et enfin, surtout, le coût de cet enseignement. Les jeunes parlent mal, ne comprennent pas les vieux, et qui plus est dénigrent cet enseignement qui ne sert à rien, et tout ça, en plus, coûte cher !

        Loin de moi de faire comme s’il n’y avait aucun problème concernant la qualité des langues enseignées, la difficulté de communication entre les générations, la motivation des jeunes apprenants, certes non. Mais, dans cet article, la rhétorique marche à sens unique, sans en avoir l’air et en se payant le luxe de citer, contre leur pensée mais apparemment sans déformer leurs propos, des intellectuels engagés pour la cause du breton, comme Franch Broudic, ou de l’occitan, comme Marie-Jeanne Verny. Mais tout converge vers la question du jour, soumise au vote des lecteurs : « Faut-il réduire l'enseignement des langues régionales à l'école ? », question insidieuse, qui contient dans sa formulation l’assertion d’une présence déjà importantes de l’offre d’enseignement (ce qui est faux et archi-faux et tout particulièrement dans nos contrées déshéritées où cette offre, de fait, n’existe tout simplement pas). Résultat : 60 % pour le oui, 38 pour le non. Bravo le Figaro, les rois du questionnaire neutre !

        Cet article et la question dont il prépare la réponse ont été décortiqués et fort bien critiqués par Gwennadenn sur le site Agoravox et sur son blog, qui intéressera sans doute plus d’un lecteur de celui-ci.

        La conclusion s’impose d’elle-même, sur la question des langues régionales, que l’on peut estimer un révélateur idéologique d’autant plus puissant qu’il méconnaît les clivages droite / gauche, extrême droite / extrême gauche. Hé bien, il apparaît assez clairement que, sur ce sujet mais qui en implique bien d'autres, le Parti de Gauche, le Figaro et Marine le Pen mènent le même combat. Quant à nous, nous poursuivons celui de la démocratie culturelle effective, que le centralisme exacerbé et le nationalisme revanchard excluent par principe, quelle que soit leur couleur.

 

Jean-Pierre Cavaillé

escola

 

Posté par tavan à 23:47 - - Commentaires [147] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


Commentaires sur Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales

Propositions de lois

Il est possible de se concentrer sur les conditions favorables à la langue : je ne pense pas que sur les "grands axes" nous ayons des idées très différentes malgré nos positions personnelles. Créer le cadre n'est pas ce qui est le plus polémique.
Là où les avis pourraient diverger, c'est plus dans la mise en place réelle (caractère obligatoire, optionnel, choix ...).

La FELCO a déjà fait une proposition de cadre dans son article "Quelles mesures-clés pour une loi "langues régionales" :
- là : http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=ministrepub&id=294
- ou là : http://langues-minorisees.revolublog.com/proposition-de-loi-de-la-felco-datant-du-18-10-2009-a25014490

Nous pouvons repartir de ces propositions pour voir ce que l'on pourrait rédiger comme législation. Si ça vous dit, c'est ce que je propose ici : http://langues-minorisees.revolublog.com/rediger-un-nouveau-cadre-legislatif-c17108408 en ce qui concerne les articles argumentés, propositions etc. Ou bien là sous forme de forum, afin de "jeter" les idées et débattre : http://langues-minorisees.revolublog.com/assemblees-citoyennes-topic20116
Et comme il est toujours compliqué de commencer, je me jette à l'eau pour lancer le débat : http://langues-minorisees.revolublog.com/premier-jet-de-propositions-de-lois-a25726943

Il est un vieux dicton qui vaut ce qu'il vaut mais qui dit "qui ne tente rien n'a rien" ...

Posté par gwennadenn, 06 décembre 2011 à 18:32
Limousin Terre de Gauche et l'enseignement associatif des langues régionales

Je porte cet extrai du compte rendu fourni par Limousin Terre de Gauche de la commission permanente du conseil régional du 25 novembre dernier:
"Les élus Limousin Terre de Gauche, tout en réaffirmant leur soutien à la langue et à la culture occitane, ont du demander un vote dissocié sur une partie du « projet de charte interrégionale et transfrontalière de développement de la langue occitane ». En effet, un paragraphe du texte évoquait « le soutien aux acteurs qui agissent pour le développement de l’enseignement bilingue public, associatif ou privé » : le groupe Limousin Terre de Gauche souhaitait préciser que l’aide à cet enseignement bilingue dans les conditions actuelles ne se ferait que « tant que le service public d’éducation ne répond pas à cette mission ». L’exécutif régional ayant refusé d’intégrer cet amendement qui clarifiait pourtant une ambiguïté importante du texte original, les élus du groupe ont donc demandé un vote dissocié pour soutenir le reste de la charte à l’exception de ce paragraphe."
Les anti-calandreta (si cette expression fait grincer des dents, tant mieux, car c'est en l'occurrence de ça qu'il s'agit)peuvent donc se réjouir...
Ces positions régressives de Limousin Terre de Gauche par rapport au parti-socialiste sur la question de l'enseignement des langues régionales est en tout cas assez cohérent avec la motion du Parti de Gauche. Aussi ne se laissera-t-on pas abuser par la formule selon laquelle le service public devrait assurer la mission. Que fait en effet le groupe Limousin Terre de Gauche en ce sens, quels sont ces engagements, quelles sont ses actions ?

Posté par Tavan, 06 décembre 2011 à 20:04
Maximum syndical

Ce que tu proposes, Gwennadenn, c'est un "minimum syndical" pour l'ensemble de la france concernant les "langues de france".

Un projet de loi français dans un cadre français. Ce qui sera mieux que rien.

Mais pour des territoires qui voudraient aller plus loin ? Qui voudraient avoir carte blanche pour pouvoir mener la "politique linguistique" qu'il veulent ?

Que l'Etat français oblige les régions récalcitrantes à s'"occuper" de leurs langues est positif, mais il ne faut pas que ce minimum syndical soit aussi un maximum.

Ma position est donc que l'Etat français doit :

(1) veiller à ce que les régions prenne ten charge leurs langues, établissent chacune leur "propres politique" linguistique "active", en fonction de leur situation,

(2) et apporter l'aide financière necessaire à cette politque (ne serait ce qu'en répparation de sa propre politique linguistique ... linguicide - ce qui suppose que l'Etat français reconnaisse solannellement le "tord" qu'il a quosé aux langues minorées.)

(3) laisser LIBRE chaque territoire de mener aussi loin que souhaité cette politique. L'Etat français n'a pas à poser de limitations et d'obtacles aux langues minorées. C'est là un point evidement fondamental, et un droit inaliénable, l'un des fondements des droits humains.

Les langues minorisées doive tavoir un statut officiel équivalent au français sur leurs territoires respectif.

Naturellement, la Charte européenne des langues minoritaire devra être signée (ou ratifiée ?)

Aucun parti français, à ma connaissance, ne va jusqu'à proposer ce que je demande, mais il me semble que Eva Joly s'en rapproche pamal.

Posté par Alwenn, 06 décembre 2011 à 20:55
ce n'est qu'un début ...

Merci Alwenn pour ce commentaire qui ouvre le débat (je me permet de le copier/coller sur le blog). J'ai bien débuté mon article en disant "Ces propositions sont affichées à ce jour après réflexion personnelle. Elles ne sont donc pas issues de débats ou de confrontations et appellent donc à être modifiées, améliorées, complétées, etc. Vous êtes tous et toutes invités à donner votre avis, à critiquer, à argumenter sur vos idées, quelles que soit votre région d'origine, et quel que soit votre métier ! Toute contribution sera donc la bienvenue."
Je n'avais donc pas la prétention de viser le "meilleur possible", simplement de jeter sur le papier (ou le blog) les quelques idées qui me venaient en tête pour tenter d'améliorer les choses. Mais ce n'est qu'un début je l'espère !

Posté par gwennadenn, 06 décembre 2011 à 22:50
Limousin Terre de Gauche et l'occitan

La FELCO avait interrogé,en 2009, l'ensemble des listes en présence sur leur programme en faveur de l'occitan. L'ensemble est disponible à l'adresse :
http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=collec&id=464

Les réponses de Limousin Terre de Gauche sont là :
http://www.felco-creo.org/mdoc/docs/t_doc_2_20100303191220_2.pdf.

J'invite les lecteurs du blog à interpeler les élus de la liste en question quant aux engagements pris.
Quant aux positions "en recul" de cette liste par rapport à celle du PS, est-il possible d'arrêter de considérer la position par rapport à Calandreta comme l'étalon unique de l'engagement occitaniste ?
"Ces positions régressives de Limousin Terre de Gauche par rapport au parti-socialiste sur la question de l'enseignement des langues régionales".
Il s'agissait de l'enseignement associatif, pas de "l'enseignement des langues régionales".
En revanche, tout à fait d'accord avec Tavan pour interpeler la liste : "Que fait en effet le groupe Limousin Terre de Gauche en ce sens, quels sont ces engagements, quelles sont ses actions ?".
Je suis demandeuse de contacts parmi ces élus, et je vous promets que je ne leur ferai pas de cadeau. Dites-moi comment je peux accéder à leurs adresses. J'espère que ce sera plus simple qu'en Languedoc Roussillon où il faut se livrer à des acrobaties pour trouver les adresses des élus régionaux. Ceci donne, soit dit en passant, une étrange idée de la démocratie des pouvoirs régionaux (idem pour les conseils généraux, d'ailleurs), alors que toutes les adresses électroniques des députés et sénateurs sont accessibles sur les sites de l'AN et du Sénat...
Comme quoi, il ne suffit pas de sortir du pouvoir de l'Etat pour rapprocher les citoyens de ceux qui les dirigent.
Que le PS ait par rapport à l'enseignement associatif des positions complaisantes, nous le savons fort bien, dans la plupart des Régions. Et si c'était du clientélisme ? et si cela permettait d'éviter de se poser la question de la lutte pour la généralisation de l'offre d'enseignement des langues régionales à toutes les écoles publiques, sous des modalités diverses, de la sensibilisation au bilinguisme ?
Je constate que personne sur ce blog ne répond à ma question angoissée de la place de la langue au coeur de nos sociétés et pas dans des enclos protégés ?
A propos, savez-vous qu'il existe depuis plus de 20 ans, en Catalogne Nord, une école immersive publique ? Elle s'appelle Arrells et est dirigée par Pere Manzanares.
Enfin, puisqu'on parle du PS et que mon idée est d'interpeler les forces politiques en présence, je vous signale que vous avez en Limousin un de nos candidats... Toujours sur le site FELCO, des archives sur les engagements de François Hollande en faveur de l'occitan :
http://www.felco-creo.org/mdoc/popup_fr.php?id=968.
Une chose est sûre : si nous ne portons pas nous nos préoccupations pour la diversité linguistique au coeur des débats, personne ne le fera à notre place...

Posté par M J Verny, 07 décembre 2011 à 21:38

Essayons de se comprendre avec M. Martel

En gros vous dites : vouloir un transfert de compétences aux régions c’est une absurdité car l’Etat contrôle la pompe à sous. S’il accepte un transfert, ce ne peut être qu’un piège, donc il faut absolument refuser. Il faut donc continuer patiemment à demander à l’Etat d’assumer ses devoirs.

Pour ce qui est des langues régionales, si j'ai bien compris on est foutus. L’Etat français a développé une idéologie qui l’empêche d’aller plus loin que en gros la loi Deixonne. Cette idéologie, on la retrouve dans la « politique d’intégration » des immigrés. C'est plus qu'une idéologie, une sorte de structure : le français ou la mort. Une place au patrimoine, c'est à dire au cimetière, pour les autres langues (cf Constitution). C’est dans cette limite que la discussion avec l’Etat s’inscrit, on n’aura rien de plus, UMP ou PS.

Mais votre vision pessimiste de la dynamique de la décentralisation est faussée. Un transfert s’accompagne forcément des ressources, même tardivement. Si l’Etat lâche des compétences, ce n’est pas machiavéliquement pour tuer ces compétences, mais parce qu’il est devenu une grosse mécanique obèse qui ne peut plus faire. Il ne peut plus faire du social, ni de l’aménagement du territoire, il a besoin de collectivités locales et d’acteurs semi-publics pour le remplacer. Il essaie de retenir son pouvoir, par la règlementation, les financements, les contrôles. Mais il ne fait plus, et à la fin il lâche. L’expérience montre que les transferts de compétence se sont toujours accompagnés d’une augmentation des moyens, si, si, vous pouvez vérifier.

Mais il y a un moment ou tout occitaniste qu’on soit, on est d'abord un fonctionnaire. Et dans le fond, cet Etat, on l’aime, on a la reconnaissance du ventre, on a une faiblesse pour lui alors on lui pardonne beaucoup.

A Mme Verny : tiens on avait pas encore sorti le coup du clientélisme local. En parlant de clientelle, y en a une qui ne sera jamais déçue par votre Ministère, c'est la curataille laïcarde que vous cotoyez au Front de Gauche. Souvent élu local varie, mais la machine parisienne jamais.

Posté par Laurent, 07 décembre 2011 à 22:54
Essayons de se comprendre avec M. Laurent

Je ne fais pas de philosophie. Je ne parle pas de l'Etat en soi, ni de la Région en soi, c'est à dire comme elle devrait être. Je parle de ce qui existe parce que c'est la seule base sur la quelle on puisse raisonner concrètement, y compris si on veut que ça change. Les slogans et les voeux pieux ne peuvent aps tenir lieu d'analyse. Ce qui existe c'est le gouvernement actuel, que l'on peut difficilement qualifier de jacobin, compte tenu de l'identité de son premier ministre, élu de la droite sarthoise dont la seule référence culturelle et politique est la mémoire de la Chouannnerie, avec un peu de grégorien de Solesmes pour la partie récréative (son patron élyséen ou son ministre de l'Intérieur reconnaissable à sa figure joviale, je n'en parle même pas, car je suis un garçon bien élevé). Ces gens-là n'ont aucun cadeau à faire à des régions dirigées par la gauche, et ils n'en font donc aucun. Si les transferts de ressources accompagnaient vraiment les transferts de compétences et de dépenses, ça se saurait. Et ce n'est pas la réforme des collectivités territoriales concoctée par ces gens qui risque d'y changer grand chose. Ce n'est pas du "pessimisme" que de constater tout ça. Bref, le pognon, pur l'instant,il est chez l'Etat, et ce n'est pas parce qu'il fait tout pour ne pas nous en filer qu'il faut renoncer à le lui en demander.
-Et, oui, je suis fonctionnaire. Et alors ? On va pas me faire le coup des conversations de bistrots poujadistes, quand même ? Le fonctionnaire est par ailleurs au service du public (d'où l'expression services publics) pas de l'Etat, sauf en ce qui concerne les enarques (qui ne rêvent d'ailleurs que de pantoufler dans le privé, parce que ça rapporte plus), les flics et les mirlitaires, qui "servent l'Etat" avec l'efficacité que l'on connaît.

Posté par Philippe Martel, 08 décembre 2011 à 14:31
eipotu

Merci Gwennadenn d'avoir repris mon commentaire sur ton blog.

Comme j'aime bien éclaircir un peu les idées et établir des cadrs qui permettent à chacun de s'orienter, je verrais bien un certains nombre d'ajouts sur ton blog, comme :

- une Grande Déclaration Universelle des droits linguistiques (ou plus exactement des locuteurs des langues, quelles qu'eles soient). Une telle déclaration pourrait partir des textes de différentes organistaion comme l'Unesco, qui ont déjà établient plus ou moins ces droits.
Mettre un lien avec ces différentes organisations serait également intéressant.

Il me semble qu'il et toujours intéressant de mettre sous les yeux des politiciens (et de tout un chacun) le fait que la france ne respecte pas les droits humains en matière de droits linguistiques, pas plus que les droits des minorités, qu'elle ne reconnait même pas.

- une petite filosofi du bilinguisme, qui montrerait en quoi le bilinguisme est une véritable révolution culturelle, un instrument de désaliénation et d'ouverture au monde.

- une petite explication de ce qu'est une "politique linguistique", qu'elles sont ses buts, qui doit la mener, comment l'élaborer en fonction de telle société donnée, comment en mesurer les résultats ...

- une petite présentation des peuples qui sont parvenus à changer le destin de leur langue et à refaire d'une langue minorée la langue commune principale de la communauté.

Je me rends compte que cela commence à faire un sacré travail au final !
Il faudrait qu'il y ait beaucoup de participants à ... participer pour faire cela.

Mais cela me semble nécessaire pour bien comprendre le sens d'une loi concernant les langues minorées.

- une petite (encore petite !) explication sur les termes utilisés pour désigné les langues : régionale, minoritaire, minorée, ...

Là ça commence à devenir un "Que-sais-je ?" des puf !
Tiens, ils n'ont rien sur le sujet, au puf. Bizar, comme c'est bizar. Surement pas trouver d'universitair pour traiter le sujet.

Normalement, il faudrait que chaque parti politique qui prétend s'intéresser aux langues minorées ait fait un tel travail préalable avant de se mettre à rédiger une loi. Ce qui ne me semble pas être l cas.

Voilà du travail pour les volontaires.

Posté par Alwenn, 08 décembre 2011 à 21:37
Sévices publics

"Le fonctionnaire est par ailleurs au service du public (d'où l'expression services publics) pas de l'Etat, sauf en ce qui concerne les enarques (qui ne rêvent d'ailleurs que de pantoufler dans le privé, parce que ça rapporte plus), les flics et les mirlitaires, qui "servent l'Etat" avec l'efficacité que l'on connaît."

Pour un peu vous me rendriez simpatique les flics et les mirlitaires !

Vous oubliez les universitaires, et tous les hussards noirs de la républiques, qui sont un peu plus que de simples pions, des têtes pensantes, les véritables ouvriers de la machine assimilatrice et aliénatrice.

Je ne sais pas qui de vous ou de M J Verny à accumuler le plus de mensonges ou de contre-vérités dans vos dernières interventions !

C'est pas trop dure pour des militants d'une langue minorisée de france de militer dans le parti le plus hostile à gauche aux langues minorisées ?
Vous me direz qu'on y discute, et que les murs en tremble. Ca doit bien faire 150 ans que les murs tremblent ainsi. Ils ne se sont pas encore écroulés ?

Posté par Alwenn, 08 décembre 2011 à 22:06

M. Martel, vous vous crispez là, j’ai pas fait le procès du service public ni des agents publics (dont la majorité, dans ce pays, ne travaillent pas pour l’Etat).

Je dis juste que la question de la langue est indissociable d’une question plus vaste qui est celle de l’autonomie politique des territoires et qu’elle s’inscrit donc dans un conflit centre périphérie. Forcément, s’y mettre implique aussi de s'atteler de façon globale à la question des transferts de pouvoirs. Je ne suis pas utopique puisque je crois que ça pourrait se faire, y compris pour l’enseignement, dans le cadre même imparfait des régions françaises. Et je ne suis pas assez naïf pour croire que la droite serait capable de s’y attaquer.

Votre déni montre l’impasse dans laquelle est une bonne partie de l’occitanisme. Comme le félibrige s’est fait embourber dans le nationalisme revanchard, vous pédalez dans la semoule de la défense du « service public » (service public voulant dire Etat bien sûr).

Posté par Laurent, 08 décembre 2011 à 23:03
@ Alwenn

Je me suis ré-autorisée à copier/coller votre commentaire (cela dit en passant, ç'aurait été plus simple de commenter directement sur place ! ^_^ ) sur le blog.
En effet ... les "petits" travaux finissent par faire une montagne, et c'est bien pour cela qu'il est nécessaire d'être plusieurs à porter un même drapeau, sans quoi, c'est simplement impossible !
Le blog http://langues-minorisees.revolublog.com/ est ouvert à tous ceux qui veulent contribuer, alors si l'envie vous vient de rédiger un texte (genre la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques par exemple ! ... d'ailleurs, une déclaration universelle exige qu'elle soit réellement faite à plusieurs voix : les Régions de France, ça va, j'ai quelques contacts, au Québec aussi, mais après ... démèrd a'w !) n'hésitez pas ! Il vous suffit d'avoir un pseudo et vous pouvez rédiger les articles que vous voulez (dans les limites imposées par le respect de tous évidemment !) dans la/les rubrique-s que vous voulez !
Emparez-vous de ce lieu qui se veut une plate-forme d'échanges inter/intra-régionaux !

Posté par gwennadenn, 09 décembre 2011 à 01:26
Deux ou trois rucs totalement décrispés.

-Je ne suis pas au PC, ni, encore moins, au PG. Si j'y étais, je le dirais, de la même façon que Marie-Jeanne ne le cache pas, et de la même façon que je signe mes messages sur ce blog de mon nom.. Simplement, il se trouve que je ne suis membre d'aucun parti, français ou occitan, voilà. Par contre je suis syndiqué, à la FSU, dans une tendance dite Ecole Emancipée. Ceux qui connaissent en tireront les conclusions nécessaires en ce qui concerne mes opinions, ceux qui ne connaissent pas se renseigneront.
-Alors comme ça, j'aligne mensonges et contre-vérités par camions entiers, oh le gros vilain que je suis (je ne suis pas gros) ? Faut préciser, là. En gros, si j'ose dire :
-Oui ou non, le budget des régions, à l'heure actuelle, pas au temps béni où elles auront tous les pouvoirs, est-il inférieur à celui des départements ?
-Oui ou non,les charges pesant sur les régions se sont-elles alourdies, sans que la compensation ait lieu, sinon au tarif de l'euro près façon 2004, sans vraie remise à niveau ? C'est dans le journal
-Oui ou non, les "réformes" introduites par l'actuel gouvernement aboutissent-elles à priver les collectivités territoriales du produit de la taxe profesionnelle ?
-Oui ou non, la "réforme" des collectivités territoriales aboutit-elle à remplacer les ressources propres des régions par une dotation accordée (dans sa grande bonté) par le gouvernement neuilléen actuellement en place ? Bref, l'Etat ?
-oui ou non, l'actuel gouvernement a-t-il décidé, uniquement bien sûr afin de réduire les dépenses, les déficits, tout ça, de geler les dotations accordées aux régions ?
-Oui ou non, le fait que les conseils régionaux soient contrôlés par la gauche dérange-t-il suffisamment l'actuel gouvernement pour qu'on ne puisse pas le soupçonner de leur faire des fleurs ?
Poser ces questions ne revient pas à faire l'éloge béat de l'Etat qui ragnagna (ce serait même plutôt le contraire, si on lit bien). elles reviennent simplement à avertir que refourguer la question de la politique linguistique aux régions, DANS L'ETAT ACTUEL DES CHOSES, revient à enterrer sans phrase la question en question. C'est aussi simple que ça. Entre l'entretien du réseau TER, ou la politique sociale qu'on lui a refilée et la question des langues régionales, un conseil régional à peu près responsable aura vite choisi.
-Par ailleurs, ET TOUJOURS DANS LA SITUATION ACTUELLE, la seule que l'on puisse rationnellement analyser (j'insiste), à quoi bon refiler la question de l'occitan à la région Limousin, vu ce qu'elle en fait actuellement ? Ca vaut aussi pour l'Auvergne, à moins qu'Alirol la fasse bouger, mais alors il va falloir qu'il bouge pas mal lui-même.
-Si on veut vraiment que la région PACA prenne en charge la question de la langue, il faut s'attendre à voir disparâitre tout ce qui ne sera pas lié au petit lobby ultra-mistralien qui considère que l'occitan c'est le toulousain. S l'on veut que chaque région s'invente sa petite langue à elle, on en trouvera toujours une pour en profiter, et ce sera la fin de toute politique transrégionale de l'occitan avant même qu'elle ait commencé. Il estpossible de faire quelque chose pur le breton, parce que c'est une région avec quatre départements. L'Occitanie, c'est sept régions et une trentaine de départements. Midi Pyrénées n'a déjà pas réussi à impliquer tous ses départements dans la dernière enquête sur la langue, alors vous imaginez les problèmes...
-On peut bien sûr proclamer avec conviction tout le mal qu'on pense de l'Etat jacobin qui que dont. Encore faut-il avoir les moyens de sa politique. Sinon, le coup du petit Mickey qui n'a pas peur des gros et qui compisse et conchie l'Etat jacobin, alors que dans la réalité tout ce qu'il peut vraiment compisser et conchier c'est sa cuvette de WC, et encore, ça relève de l'incantation et de la posture, pas de la politique.
-Bref, commencez par prendre le pouvoir, et donner aux régions plus de moyens qu'elles n'en ont actuellement, et en surplus une conscience nette et pensée de ce que représente la culture de leur territoire, en liaison avec les territoires voisins qui partagent la même langue, et alors on pourra causer. D'ici là, on adaptera nos stratégies et nos revendications aux interlocuteurs pertinents que l'on pourra trouver, quoi que l'on pense par ailleurs de l'Etat. Et, je répète puisqu'on ne me croit pas, je n'en pense pas tant de bien que ça.

Posté par Philippe Martel, 09 décembre 2011 à 14:49
Merci !

Merci M. Martel pour ces mises au point nécessaires ! Je dois dire que je n'avais pas vu les camions passer ! Par contre, la mauvaise foi, l'amplification ou le contre-sens chez certains ... !
Beaucoup de "oui" à répondre ... et c'est plutôt désespérant de devoir hocher si souvent la tête bêtement. Mais oui, les Régions sont dépourvues de moyens, alors qu'elles ont de plus en plus de responsabilités ... et je trouve ça bien qu'elles s'occupent des problèmes sociaux avant de défendre les langues. C'est malheureux, mais actuellement, la défense des langues qui dépérissent ne fait pas forcément partie des choses les plus inquiétantes !
C'est aussi pour ces raisons qu'il faut parvenir à faire entendre que les langues minorisées font partie d'un "tout" qui entre dans le cadre des projets politiques : écologie, défense des acquis sociaux, et j'en passe. Car ce n'est pas une déco en plus pour faire joli : c'est un point central, qui fait le lien entre beaucoup d'autres choses (les langues sont liées aux territoires, aux cultures, aux histoires ... elles ne sont pas là "par hasard").
Mais il est évidemment nécessaire de passer par les formes qui préexistent. De plus, viser au niveau de l'État veut dire que l'on peut s'unir (toutes les régions !) afin d'obtenir les mêmes droits ... et non pas une constellation de droits différents pour chaque région, qui ne font qu'aviver des jalousies inter-régionales.
Et même concernant la Bretagne, lorsque vous dîtes "Il est possible de faire quelque chose pour le breton, parce que c'est une région avec quatre départements", je ne suis pas aussi optimiste que vous ! La région fait beaucoup de choses pour le breton à l'heure actuelle, mais elle se trouve confrontée entre autres aux demandes de réunification avec Nantes, aux réclamations des Gallos (qui ont d'ailleurs entièrement raison) ainsi qu'au découpage départemental qui complexifie les choses (seul le Finistère est "100%" brittophone, Côtes d'Armor et Morbihan étant "coupés" en deux : breton/gallo). Mais je comprends bien qu'en Occitanie, le problème soit encore d'une autre dimension !

Posté par gwennadenn, 09 décembre 2011 à 20:03
Dans l'état actuel des choses

« Dans l’état actuel des choses » c'est votre programme ? Si ça c’est pas un blocage ! Votre vision est bornée, si vous faites un bilan sur 30 ans, vous avez tort. C’est à se demander si la panne actuelle de la décentralisation vous arrange pas.

Les débats qui ont soit-disant lieu à l’intérieur du Front de Gauche ou des syndicats enseignants, et dont vous sortirez toujours perdants, on s’en fout. Ce qu’il faudrait, c’est que ça chauffe un peu à l’intérieur du mouvement occitaniste. Vous avez trop peu de contradicteurs à ce niveau là, comme le montrent vos arguments caca-pipi.

Dans l’état actuel des choses, je m’arrête là.

Posté par Laurent, 09 décembre 2011 à 23:19
Camions

"Que le PS ait par rapport à l'enseignement associatif des positions complaisantes, nous le savons fort bien, dans la plupart des Régions. Et si c'était du clientélisme ?"

Ces propos relèvent au mieux de l'incompétence (pour quelqu'un qui prétend se soucier des langues minorisées) et de l'irresponsabilité, et contribuent à creuser la tombe de l'occitan.
Oui, toucher à Diwan est un casus belli, et si vous ne comprenez pas pourquoi, tant pis pour vous.


"Poser ces questions ne revient pas à faire l'éloge béat de l'Etat qui ragnagna (ce serait même plutôt le contraire, si on lit bien). elles reviennent simplement à avertir que refourguer la question de la politique linguistique aux régions, DANS L'ETAT ACTUEL DES CHOSES, revient à enterrer sans phrase la question en question. C'est aussi simple que ça. Entre l'entretien du réseau TER, ou la politique sociale qu'on lui a refilée et la question des langues régionales, un conseil régional à peu près responsable aura vite choisi.

"refourguer la question de la politique linguistique aux régions"
Cette phrase laisse suposer que l'Etat aurait une "politique linguistique" a éventuellement "refourguer" aux régions.
Ou avez-vous vu une "politique linguistique" dans l'Etat actuel des choses ? Au ministère de la guerrre ?

"En février 2004, le gouvernement a diminué le nombre de recrutement de professeurs enseignant l’occitan (diplômés du CAPES d’occitan). Cette diminution est la conséquence d’une réduction budgétaire. Le nombre de postes de CAPES d’occitan était de dix-sept (plus un en école privée) en 2002, treize en 2003 et de quatre postes pour 2004. Remy Pech, président de l’Université Toulouse le Mirail a déclaré que c’est « en totale contradiction avec les objectifs de la décentralisation républicaine annoncée par le gouvernement ». Le Parti occitan considère alors qu'il s'agit d'« une liquidation programmée de l’enseignement de l’occitan ».
Alain Rainal de la Fédération des enseignants de langue et culture d’oc (FELCO) parle de liquidation de l’enseignement de l’occitan et donc de liquidation de la langue occitane." WIKIPEDIA
http://fr.wikipedia.org/wiki/Occitan


Mai 2011
"le ministère de l’éducation adressait un mail aux présidents de jury de Capes pour l’occitan, le corse, le basque, le catalan et le breton pour annoncer que les concours ne serait pas ouvert pour la session 2012"

C'est ça que vous appelez une "politique linguistique" ?


Mailenchon est hostile aux écoles immersives et à la Charte européenne des langues minoritaires. Mailenchon est, jacobin, souverrainiste, franchouillard et antieuropéen.
Et les occitanistes vont voter pour lui !

Qui a dit :
«La décentralisation crée des inégalités entre les Français et les territoires, elle se fait au détriment de l'État, appelé à s'effacer devant la reconstitution de baronnies locales»

Posté par Alwenn, 12 décembre 2011 à 10:27
Petit rappel, quand même

"A propos des langues régionales et minoritaires

Le Parti de Gauche est parfois interpellé sur la question des langues régionales et/ou minoritaires et leur enseignement. Nous voulons, avec cet argumentaire, affirmer et préciser notre position de principe sur ce thème.

La France s'est dotée, depuis les années cinquante, d’un cadre législatif protecteur pour les langues régionales.

L’apprentissage des langues régionales et minoritaires est possible dans l’enseignement public : basque, breton, catalan, occitan, corse, tahitien, ainsi que 4 langues mélanésiennes. Les langues régionales et minoritaires sont prises en compte pour l’obtention du bac.

Rien donc n'empêche dans les textes la pratique des langues régionales pour celles et ceux qui le souhaitent.

Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale.
En particulier, la réforme des collectivités territoriales constitue l'un des dispositifs de ce projet de concentrations imposées, renforçant la concurrence et les inégalités entre les territoires et nourrissant les inégalités sociales. De plus, la question d'un acte III de la décentralisation est aujourd'hui ouverte dans le débat public. Cette contre-réforme et ces projets ne font qu’obéir aux directives européennes qui visent à transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée."
Octobre 2011

Dans l'Etat actuel des choses.

Posté par Alwenn, 12 décembre 2011 à 10:36

Va-t-on un jour finir de m'attribuer des idées qui ne sont pas les miennes ? Je sais très bien ce que fait le gouvernement actuel, puisque l'Etat pour l'instant, c'est lui. Il m'arrive même de lire ce que la FELCO écrit sur le sujet ; il n'est pas impossible qu'il m'arrive aussi parfois de l'écrire. Je ne me fais donc aucune illusion sur l'enthousiasme de ces gens pour nos langues, malgré la guimauve que l'actuel président a déversé sur un auditoire breton en mars dernier, sans répondre sur la question de la loi. Et, oui, réduire les moyens accordés aux langues de France, c'est une politique linguistique. Inacceptable, on est d'accord. Je ne dis pas autre chose. Ce que je dis par contre, c'est qu'un des éléments de cette non- ou anti-politique consiste à affirmer benoîtement que c'est aux régions de s'en occuper, d'où l'article 75-1 et la loi Fillon liant l'organisation de l'enseignement des langues à des conventions avec les régions, dont on voit bien qu'elles ne les ont signées qu'avec une lenteur sénatoriale -ce qui devrait interpeller, non ?. Je répète, la réalité, c'est ça. Je le déplore, et il me semble avoir dit que je souhaitais que ça change (en commençant par l'élimination de l'actuel gouvernement et son remplacement par un autre avec qui on pourra peut-être -peut-être- causer). Mais on ne peut aider à ce que ça change qu'en sachant exactement dans quelle situation on se trouve et quel chemin on peut suivre pour en sortir. Je répète que les incantations et les yakafokon ne peuvent tenir lieu de programme. On me reproche de ne pas en avoir, qu'on veuille bien m'indiquer celui qu'on a, avec précisions : quelles alliances, quels moyens, quels objectifs ? Quelle synergie entre les échelons européen, national, interrégional (et alors là bon courage,les mecs), et régional, etc. Je n'ai jamais dit que les régions ne pouvaient pas jouer un rôle plus grand que celui qui est le leur actuellement, je dis simplement que pour ça,il faut changer de fond en comble leur mode de financement, sinon, ce n'est pas la peine. J'ai bien compris que Mélenchon n'est pas d'accord. On peut par contre être d'accord pour trouver que le communiqué du 15 novembre est d'une connerie sans nom, qui montre que ces gens ne savent pas de quoi ils parlent, ce qui ne donne pas envie de voter pour eux. Suis-je assez clair ? (il me semble d'ailleurs l'avoir déjà dit. C'est bien de lire ce que j'écris, avant de me répondre à côté. Le PS est-il davantage disposé à aller loin dans la décentralisation? Pareil pour EELV, avec trois questions annexes : le développement des régions fait-il partie en bonne place de leur négociation avec le PS dans le cadre d'un contrat de gouvernement ? Le PS est-il prêt à causer avec eux sur ce point ? La place qu'EELV accorde à RPS dans leur stratégie globale peut-elle les inciter à s'engager vraiment dans ce sens ? Ce sont des questions simples. Mais c'est en se les posant qu'on fait de la politique, si on tient à en faire, pas en engueulant ceux qui les posent pour leur jacobinisme supposé. Suis-je assez clair ?

Posté par Philippe Martel, 12 décembre 2011 à 17:53
L'UE et les langues minorisées ...

"L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'Homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l'égalité entre les femmes et les hommes (Article 2 de TUE)."

Monsieur Barroso, Président de la Commission européenne, le 05/08/2011

Je me demande comment cet homme peut prononcer une absurdité pareille à l'époque actuelle ! Sans doute ne sort-il jamais dans la rue ?

L'Union Européenne, telle qu'elle est construite, n'est pas "fondée sur les valeurs de respects de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'Homme (d'ailleurs, les femmes n'y sont toujours pas dans cette formule : la majuscule n'y change rien !), y compris des droits des personnes appartenant à des minorités."
L'Union Européenne est fondée sur le "libre marché", la marchandisation des hommes et des femmes qui la composent et ne sont plus que des numéros interchangeables, le profit des plus riches ... tout ce qui fait le système capitaliste.

Comment cet homme peut-il déclarer que l'UE respecte les droits des personnes appartenant à des minorités, alors qu'elle ne respecte même pas les droits fondamentaux ? Pour respecter les minorisés, il faut avant tout respecter chaque homme et chaque femme.

Vous me fatigués à répéter sans cesse "la Charte européenne des langues minoritaire devra être signée (ou ratifiée ?)". Au passage, elle est signée, mais non ratifiée.

Qu'est-ce qu'on en a à faire de cette Charte alors qu'elle entre dans cette construction de l'UE non démocratique ? N'est-on pas capable de construire une Europe plus juste ? N'est-on pas capable d'imaginer un autre cadre législatif pour les langues minorisées, prenant en compte les besoins réels de chaque peuple ? Qui a rédigé cette Charte ? Qui a décidé une nouvelle fois pour nous ? Des "experts" ?

Nous sommes capable de faire mieux, toutes les régions de France hexagonale et des outre-mer ensemble, et de rédiger un nouveau cadre de lois qui corresponde à nos besoins et nos attentes. Il "suffit" de s'y mettre.

Quand au point 3 de votre premier commentaire, "L'Etat français n'a pas à poser de limitations et d'obtacles aux langues minorées", j'en poserai tout de même un : que l'on continue à parler notre langue régionale ET le français. Il est or de question de remplacer une langue par une autre et de replonger dans un époque féodale ! Nous avons besoin de pouvoir échanger entre la Bretagne, les Antilles, l'Occitanie, le Pays Basque, etc. Et pour cela, nous avons besoin d'une langue qui nous unisse, et cette langue, c'est le français. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la grande majorité des commentaires sur ce blog !

Quant à toutes tes "petites" propositions de travail ... je vous laisse la priorité ! ^_^
Il y a du boulot à faire, beaucoup de choses à reconstruire ... comme quoi les anciens nous ont laissé un beau flambeau à porter encore plus loin et à transmettre aux générations futures !

Et en P.S. : mais quelles sont donc les positions d'EELV et du PS concernant les langues minorisées ? Vous en parlez sans cesse en disant que c'est beau, c'est bien, c'est merveilleux (enfin, j'exagère !), mais je ne trouve AUCUN texte ÉCRIT ! Où en sont-ils ? Pouvez-vous me donner des pistes, car cela m'intéresse ! Merci !

Posté par gwennadenn, 13 décembre 2011 à 14:10
answer

Qui a dit :
«La décentralisation crée des inégalités entre les Français et les territoires, elle se fait au détriment de l'État, appelé à s'effacer devant la reconstitution de baronnies locales»

Cette phrase vient de la personne qui se presente aux élections présidenteilles françaises de 2012 sous les couleurs du ... FRONT.
L'État, l'État, l'État, l'État ...

Gwennadenn, désolé, mais tu marches complètement à côté de tes pompes ! C'est pas possible de dire de telles énormités.

Compte-tenu de ce que tu dis, ça ne m'étonne pas que tu roules pour le FRONT.
Tu es je parie d'accord avec la phrase que j'ai cité au début sur les "baronnies locales".

Les régions ont d'ailleur été recrées comme des baronnies, sans dimension démocratique. Et elles sont encore en grande partie dépourvue de dimension démocratique. C'est d'aileurs un enjeu égal à celui de la défence dse langues minorisées : créer de véritables démocraties correspondant aux territoires de ces langues. (Les "Pays de Loire", c'est une "baronnie", artificielle et sans identité, la Bretagne, bientôt à 5 départements, c'est un embryon dd démocratie qui ne demande qu'à se déveloper).

Qui dit démocratie dit autonomie.
Evel-se emañ an traoù !

Posté par Alwenn, 13 décembre 2011 à 23:37
Qu'est-ce qu'on en a à faire

"Qu'est-ce qu'on en a à faire de cette Charte alors qu'elle entre dans cette construction de l'UE non démocratique ? N'est-on pas capable de construire une Europe plus juste ? N'est-on pas capable d'imaginer un autre cadre législatif pour les langues minorisées, prenant en compte les besoins réels de chaque peuple ? Qui a rédigé cette Charte ? Qui a décidé une nouvelle fois pour nous ? Des "experts" ?"

Cette charte propose "un cadre législatif pour les langues minorisées", la france refuse un tel cadre. Qui est démocratique ?

Posté par Alwenn, 13 décembre 2011 à 23:46
N'em eus na doue na mestr : sklaer eo ?

Réponse à la question : J-L Mélenchon.

Je marche peut-être à côté de mes pompes, mais pour le moment, ce que j'observe au niveau des langues minorisées, ce n'est malheureusement pas brillant. Le sujet est couvert par quelques personnes auto-proclamées expertes (certaines sont très respectables, et je ne tiens pas à leur tirer dessus, car leurs combats ont été et restent importants) ... sauf que ces personnes tiennent le haut du pavé et n'ont pas l'intention de lâcher la main pour permettre à d'autres de s'exprimer ... mais bon, c'est vrai quoi ! ça ne fait que 30 à 40 ans quelles sont là, à peser de tout leur poids ! Faut pas abuser, ça n'a rien à voir avec du totalitarisme !

J'aime l'idée de la décentralisation, si elle rime avec la démocratie. D'ailleurs, pour une démocratie réelle, il est nécessaire que les échelles intermédiaires (Régions, départements, bassins versants, communautés de commune, communes ...) aient plus de poids. Je ne dis pas que je ne veux pas de décentralisation, je dis que je veux qu'elle soit bien faite. Pour le moment, ce n'est pas le cas. Vous le dîtes vous-même : "Les régions ont d'ailleurs été recrées comme des baronnies, sans dimension démocratique. Et elles sont encore en grande partie dépourvues de dimension démocratique."

Et oui, qu'en a-t-on à faire de la Charte Européenne si nous pouvons faire mieux et démocratiquement ?
Car ratifier une Charte n'a pas grand chose de réellement démocratique : ce sont nos grands élus qui les votent alors que les lois sont décidées par la Commission Européenne (pas seulement des élus mais bon !).
Moi ce que je propose, c'est que les lois, ce soit NOUS qui les proposions. Nous le peuple. Et plus des grosses têtes bien pensantes.

Et pour conclure, je ne roule pour personne, ne suis attachée à aucun parti ... je suis libre comme l'air.
J'observe et j'essaie de me faire un avis construit non seulement en fonction de mes intérêts personnels, mais aussi pour permettre au maximum de personnes de vivre bien.
Peu m'importe de vivre bien si à côté de moi d'autres sont malheureux.

Posté par gwennadenn, 14 décembre 2011 à 00:26
je n'ai point d'identité

a quel moment on a une identité.

Posté par polémiké, 14 décembre 2011 à 02:09
Sklaer eo !

Na doue, na mestr !


"Réponse à la question : J-L Mélenchon."
C'aurait pu, evidemment. Mais en fait, il s'agit de Marine Le Pen, ç'est écrit dans son programme.

Quand on regarde un peu les partis français, on s'aperçoit qu'on a une corrélation sur trois sujets : les langues régionales, l'Europe et le Jacobinisme (centralisme)

Un parti jacobin (anti-décentralisation) est aussi hostile aux langues minorisées et opposé à la construction européenne d'une manière fédérale.

A l'inverse, EELV est le moins jacobin, le plus favorable aux langues minorisées et le plus favorable à l'Europe.
C'est d'ailleur tout à fait ... logique.

"Et oui, qu'en a-t-on à faire de la Charte Européenne si nous pouvons faire mieux et démocratiquement ?"

Concernant la Charte, je ne vois pas où es le problème. elle précise ce que les Etats doivent (ou devraient) faire pour "protéger" les langues minorisées.
Un Etat qui ne veut rien faire ou trop peu, comme la france, s'arrange très bien de ne pas la signer. Ca lui permet de laisser mourir ces langues à petit feu.

Présentation de la Charte sur Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_européenne_des_langues_régionales_ou_minoritaires

Posté par Alwenn, 15 décembre 2011 à 21:52
Saut d'obstacle ...

Je n'ai rien en particulier contre cette Charte, mais je suis fatiguée de voir le blocage qui se construit autour de cette question. Les défenseurs des langues minorisées restent campés sur l'importance de cette ratification, tandis qu'en face, certains y voient le diable. Eh bien, puisque c'est un obstacle, contournons-le ! Ce qui m'importe, c'est de dépasser ces questions à mon goût bien trop anciennes. On sait que le bilinguisme est un plus pour chacun. On sait que l'État français n'a plus rien à craindre de ses minorités. Alors dépassons cela ! ... et je sais très bien que l'État français attend tranquillement que ses langues se meurent (depuis de nombreuses années, mais c'est à nous d'en décider autrement, car nous sommes l'État). Sauf qu'un siècle après, malgré l'acharnement, il n'y est pas encore. La gauche devrait peut-être se demander pour quelles raisons ... et c'est l'écharde que je m'efforce d'enfoncer dans leurs plantes de pieds à longueur de temps. Pour moi, tant que la gauche passe à côté de la question des langues minorisées, c'est qu'elle n'a rien compris aux engrenages. Mais peut-être suis-je encore naïve ou à côté de mes pompes ... au choix !

Enfin, je repose pour la énième fois ma question de Post-Scriptum : quelles sont les positions d'EELV ? Je suis désolée, je dois être trop tarte (ça me fera une qualité de plus), mais j'ai beau chercher, je ne trouve pas leurs positions.
Je serais heureuse de pouvoir construire mon opinion et me faire un avis sur la question en analysant les positions des différents partis de gauche sur ces questions. Or, je ne trouve pas ... Merci d'avance.

Posté par gwennadenn, 15 décembre 2011 à 23:43
EELV et langues régionales

J'ai trouvé ça mais je ne sais pas de quand ça date et cela ne concerne pas la présidentielle :
http://paulosergelopes.hautetfort.com/media/02/02/1483305310.pdf

Posté par Un E. T., 16 décembre 2011 à 18:12
Accord EELV PS et langues

Voilà mieux :

http://www.languesregionales.org/Europe-Ecologie-Les-Verts-Parti

Posté par Un E. T., 16 décembre 2011 à 18:34
la motion EELV en faveur du flamand

Cette motion présentée par le groupe EELV
(http://paulosergelopes.hautetfort.com/media/02/02/1483305310.pdf)fin octobre au Conseil Régional de Lille a été également votée par le groupe Front de Gauche + un Conseiller Régional UMP, Jean-Pierre Bataille, par ailleurs suppléant du député JP Decool, qui a des positions très correctes sur la question des LR.
http://paulosergelopes.hautetfort.com/media/02/02/1483305310.pdf.
En revanche, deux groupes ont voté contre : le PS et le FN...
Comme quoi les choses ne sont pas simples et nos débats traversent tous les partis.
Si vous voulez en savoir plus sur la question du flamand et voir les débats qui se sont tenus au moment du colloque de la FLAREP, je vous renvoie au site : http://flarep2011.anvt.org/.
Il y a des vidéos de toutes les interventions.

Posté par M J Verny, 16 décembre 2011 à 19:07
A propos de la Charte

"Je n'ai rien en particulier contre cette Charte, mais je suis fatiguée de voir le blocage qui se construit autour de cette question. Les défenseurs des langues minorisées restent campés sur l'importance de cette ratification, tandis qu'en face, certains y voient le diable. Eh bien, puisque c'est un obstacle, contournons-le !"

Quand j'ai dit que tu marchais à côté de tes pompes, ce n'était pas du tout méchant de ma part. Il me semble que c'est une expression plutôt sympathique en français.

Sinon, il n'y a pas que la Charte qui fait blocage pour certains, masi l'adoption d'une loi en elle-même. Une loi avait été promise par l'ump pour compenser le fait que la Charte ne serait pas signer. On attend toujours la loi.

Une loi ne ferait que reprendre ce qu'il y a dans la Charte. L'avantage de la Charte, c'est qu'elle est européenne, elle engage la france vis-à-vis de l'Europe.

Le PS a dit qu'il signerait la Charte. Et c'est dans l’accord Europe Ecologie Les Verts - Parti Socialiste "2012-2017".
Donc si la Charte est signée, faut-il une loi en plus, je l'ignore.

Posté par Alwenn, 16 décembre 2011 à 22:44
à propos de la Charte, des pouvoirs des Régions, de l'Europe...

Il faudrait rappeler que sur les dizaines d'articles que contient la charte intégrale, les Etats ont le droit de ne signer que certains de ces articles : ils ne sont aucunement obligés d'accepter le tout. Avant de se refuser de ratifier la signature, la France avait, en réalité, signé la charte à partir d'un tiers des articles de celle-ci et cette signature n'allait pas plus loin que ce qui est possible actuellement en France... C'est sur la question d'une prétendue rupture avec les principes républicains qu'aurait comporté le préambule que s'est fait le clash... L'essentiel de l'intérêt de l'affaire a été dans le buzz (le mot n'existait pas à l'époque.
Sur l'Europe : comme je ne peux pas concentrer mes engagements sur la seule question linguistique (même si elle occupe beaucoup mes loisirs « de fonctionnaire »...), et peut-être aussi parce qu'une vision politique globale incite à chercher l'articulation des choses, je ne peux pas (cf. aussi ce qu'explique fermement Gwennadenn), faire confiance à l'Europe ultra-libérale pour traiter humainement d'une telle question. Voir la casse de nos services publics que cette Europe n'a de cesse d'imposer à la France. Dans un cadre gouverné par "les marchés", la diversité linguistique est forcément condamnée d'avance.
Une loi : l'Italie en a une. Résultat sur le terrain : aucun, puisque la Loi ne fait aucune obligation à l'Etat ni aux collectivités...
La question se pose du contenu de la Loi. Je soumets à votre sagacité un projet préparé en 2005 par le réseau langues et cultures de France, à la rédaction duquel avaient contribué des gens de la FELCO, de l’IEO, de Calandreta. Vous le trouverez sur le site : http://languesculturefrance.free.fr/. La chose avait échoué, hélas, après des mois de travail en commun, pour des raisons que je n’ai pas le temps d’expliquer ici. Mais la réflexion est toujours disponible. Sur le même site, vous trouverez toutes les propositions de lois du groupe communiste depuis la Libération. Vous verrez à quel point certaines, dont la dernière en date (14 octobre 198, vont plus loin que nos meilleures espérances. De quoi relativiser les attaques simplistes…
Sur les Régions et autres collectivités. Bien sûr qu’il faut peser, et de tout notre poids, pour qu’elles s’engagent fermement pour la défense de nos langues et de nos cultures. Plein de choses sont possibles dans le cadre de leurs compétences. Voir ce que fait la collectivité territoriale de Corse : http://www.felco-creo.org/mdoc/popup_fr.php?id=201 (dans un autre cadre légal, je le sais, mais le cadre légal obtenu a été le résultat de luttes citoyennes).
Pour ce qui concerne l’occitan, je ne peux que noter les disparités d’engagement des Régions : entre celles qui ne donnent rien ou qui donnent très peu (Limousin et Auvergne) et celles qui donnent beaucoup. Et même parmi ces dernières, malgré des demandes pressantes, Languedoc-Roussillon refuse de donner des bourses aux futurs enseignants d’occitan comme le font Aquitaine et Midi-Pyrénées, imitant en cela la Bretagne… Qu’on m’explique… La lettre du CREO Lengadòc, antenne académique de la FELCO (http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=collec&id=850) est restée sans réponse…
Je ne peux que noter aussi, dans les pays plus fédéraux, que les régions riches (Catalogne, Pays Basque...) ont les moyens de faire plus que d'autres et que les revendications d'autonomie s'y accompagnent souvent du souhait de laisser les régions pauvres se débrouiller… Les motivations ne sont pas toujours culturelles... Toute décentralisation qui ne s’accompagne pas d’une redistribution des moyens reviendrait immanquablement à accentuer les disparités régionales…
Conclusion : ce n’est pas affaire de proclamations simplistes, c’est affaire d’engagement, de réflexion, de concertation. Et si nous ne menons pas cette réflexion sur le terrain, avec les gens de nos régions, dans les partis, associations, syndicats, nous ne risquons pas d’avancer.

Posté par M J Verny, 17 décembre 2011 à 08:33
Position de M. Mélenchon

Au moins, c'est clair.

http://melenchonvraifaux.fr/jean-luc-m%C3%A9lenchon-ne-soutient-pas-la-charte-europ%C3%A9enne-des-langues-r%C3%A9gionales-et-minoritaires

Posté par Un E. T., 17 décembre 2011 à 10:25
édifiant, mais quelle est la source ?

J'aimerais bien faire circuler ce document comme pièce à porter au débat, et comme élément pour continuer à titiller le PG, mais je suis gênée par la difficulté de savoir d'où ça vient PRECISEMENT.

Posté par M J Verny, 17 décembre 2011 à 10:32
Simplisme et Identités

Sur le simplisme, c'est bien ce que je reproche à certains : sur l'Europe, etc.

Par exemple, quelle rapport entre le fait que l'Europe soit libérale économiquement et la Charte ? Je serais curieux d'avoir une réponse. Car ce genre de propos ne relève pour moi que du slogan anti-européen, et n'a aucune rationalité.

Dire que c'est l' "Europe" qui casse les services public quand c'est un gouvernement français élu par le peuple français qui le fait, c'est pire que du simplisme, c'est une contre-vérité.

Quand aux "marchés" qui "gouvernent", ce ne sont pas les "marchés" qui déterminent la politique linguistique de la france !

"Dans un cadre gouverné par "les marchés", la diversité linguistique est forcément condamnée d'avance."
Pour l'instant, c'est dans le cadre "gouverné par la france" que la diversité linguistique est condamné d'avance. Inutile de rejeter la faute sur d'autres.

"Sur les Régions et autres collectivités. Bien sûr qu’il faut peser, et de tout notre poids, pour qu’elles s’engagent fermement pour la défense de nos langues et de nos cultures. Plein de choses sont possibles dans le cadre de leurs compétences. Voir ce que fait la collectivité territoriale de Corse : http://www.felco-creo.org/mdoc/popup_fr.php?id=201 (dans un autre cadre légal, je le sais, mais le cadre légal obtenu a été le résultat de luttes citoyennes)."

Il faut bien avoir conscience que pour qu'une langue minorisée vive, il faut que la population en fasse un élément essentiel et fondamental de son identité. C'est précisément ce que montre la Corse ou le Pays Basque. Ils ont conscience que le corse ou le basque sont un élément essentiel, voir l'élément essentiel de leur identité. Ce n'est pas avant tout une question d'argent !

Quant aux disparités entre Régions, je suis bien placé pour le savoir puisque la Bretagne a une véritable politique linguistique là où les PaysdeLoire n'en ont pas, ni pour le gallo, ni pour le breton. Les Pays-de-Loire ont une politque anti identité bretonne, donc contre le breton et le gallo.

La question qui se pose aux Occitans, c'est : comment faire de l'occitan un élément fondamentale et incontournable de l'identité occitane. C'est la question qui semble faire peur à pas mal d'intervenants de ce blog ("ah non, l'identité, on n'en parle pas, "je n'ai pas d'identité"!, et de toute façon on est français" !) , et c'est pas l'Etat qui va résoudre la question pour vous, enfin, je crois pas, ou plutôt il l'a déjà résolu, à sa façon !

Posté par Alwenn, 17 décembre 2011 à 11:46
Identité Internationale

"Mon identité, monsieur, est internationale.
Oh non, je ne suis pas « français ».
Comprenez vous ce dont je parle ?
Je vous parle d'humanité !

Identité internationale !
Non, non, non, pas de papiers !
Identité Internationale !
De quoi je vous parle ?
D'HUMANITÉ !"

HK & les Salitmbanks

... ce sera ma seule réponse.
Non, nous ne voyons décidément pas les choses avec les mêmes yeux ... vraiment pas !

La langue n'est pas pour moi l'identité, mais la culture.
Et je défendrai toutes les langues du monde avec ce même amour : l'amour de la culture, du savoir, du partage ... et des êtres humains.

Posté par gwennadenn, 17 décembre 2011 à 14:22
Mélenchon, Barroso, Parisot, Nico et les autres.s

Ce que raconte Mélenchon dans le topo reproduit est infra-politique. Faire du français la seule langue légitime c'est de l'ethnicisme. S'imaginer que la promotion des langues de France met en cause l'égalité c'est ignorer totalement ce qui fonde aujourd'hui les inégalités dans la société française, et qui n'a rien à voir avec la question linguistique. Que je sache, ce n'est pas à cause des langues de France qu'il y a pas loin de 10% de chômeurs et des centaines de milliers de "bénéficiaires" des restos du coeur, la plupart excellents francophones. Inversement, je ne pense pas que Mme Bettencourt tire l'essentiel de ses revenus de sa connaissance intime des finesses du basque ou du catalan. Seuls quelques hystériques dont Mélenchon aurait intérêt à se méfier croient encore que la défense des langues régionales est animée en sous-main par des officines prussiennes. Et il faudra bien un jour comprendre que parler de République alors que tout le monde en parle de gauche à droite ne saurait constituer un argument politique. Le danger principal qui nous menace n'est pas celui de la restauration des Bourbons, que je sache. Le problème de Mélenchon, c'est son incapacité totale à penser politiquement les problèmes culturels, et à se poser des questions sur sa fidélité tripale aux énoncés de la culture de la bourgeoisie française.
Mais les autres ne valent pas mieux. Le PS et EELV veulent ratifier la Charte, ça ne mange pas de pain et ça fait une ligne dans un programme commun dont on verra ce qu'il devient par la suite. Et après ? Ce qu'il faut, c'est bien un texte de loi développant et améliorant ce qu'il y a dans la charte (et qui correspond à ce que prévoit la règlementation actuelle, sauf que ce n'est que de la règlementation, pas de la loi, justement).
-Sur l'Europe, là encore, peut-on parler moins de ce que l'on voudrait qu'elle soit que de ce qui existe réellement ? La Commission européenne, c'est M. Barroso, avec un certain nombre de commissaires, la plupart de droite, partagés entre une fidélité globale aux lois du marché, de la libre concurrence ragnagna, et une prudence de serpent face à la susceptibilité des pouvoirs nationaux, qui acceptent ce qui va dans le sens des marchés, et se ratrappent en défendant des symboles de leur "identité nationale" qui ne gênent personne du côté des "investisseurs". Ce qui fait que la France (Chirac, ce grand honnête homme, et le Conseil Constitutionnel, ce ramassis de vieux crabes de droite chargés de défendre une constitution de droite)a refusé de ratifier la Charte, ce n'est pas parce qu'elle menaçait l'égalité des citoyens ragnagna, c'est qu'elle prévoyait un contrôle du Conseil de l'Europe sur la façon dont les états appliquaient les textes qu'ils avaient ratifiés. Ces gens sont prêts a accepter la libre concurrence dans le domaine des transports et de l'énergie, pas la reconnaissance de la pluralité linguistique sur le territoire national, parce que ça, ça ne rapporte rien aux "investisseurs". Pour ceux qui ne voient pas le lien entre les marchés et la question des langues, qu'ils se demandent ce qu'un "expert" économiste peut penser des profits à retirer de la défense du breton ou de l'occitan.
-je ne sais pas ce que c'est que l'identité. C'est valable encore plus pour l'identité française, dont on sait bien quel usage crapoteux en font certaines canailles. Je suis de nationalité française par ce que c'est ma réalité administrative, et n'en suis pas plus fier que ça -je n'ai pas le choix, c'est tout, sauf à demander l'asile politique à l'Italie au motif que mes ancêtres on été loyaux sujets de la dynastie de Savoie jusqu'en 1713 (je tenterai le coup un jour,comme ça, pour le fun). Je ne suis pas occitan, je parle occitan. Ce n'est pas de l'identité, concept philosophique qui ne veut dire que ce que lui font dire les gros malins qui l'utilisent, c'est de la réalité observable.

Posté par Philippe Martel, 17 décembre 2011 à 15:09
Zut je suis exclus

"Identité internationale !
Non, non, non, pas de papiers !
Identité Internationale !
De quoi je vous parle ?
D'HUMANITÉ !"

Zut, ne faisant pas partie de l'humanité, je suis exclus.

Posté par Un E. T., 17 décembre 2011 à 15:37
Ridiculité et bonne conscience

"-je ne sais pas ce que c'est que l'identité. C'est valable encore plus pour l'identité française"

Oui, enfin, c'est surtout valable pour l'identité des fonctionnaires français bien pensants.

Affirmer qu'on a pas d'identité, qu'on ne sait pas ce que c'est l'identité, qu'on a une identité internationale, pourquoi pas universelle, c'est essentiellement ridicule quand on est un fonctionnaire français.

"Quand au point 3 de votre premier commentaire, "L'Etat français n'a pas à poser de limitations et d'obtacles aux langues minorées", j'en poserai tout de même un : que l'on continue à parler notre langue régionale ET le français. Il est or de question de remplacer une langue par une autre et de replonger dans un époque féodale ! Nous avons besoin de pouvoir échanger entre la Bretagne, les Antilles, l'Occitanie, le Pays Basque, etc. Et pour cela, nous avons besoin d'une langue qui nous unisse, et cette langue, c'est le français."

Tiens, pourquoi le français, gwennadenn ?
Pour échanger avec le monde, il faut parler anglais. Je classe tous ceux qui veulent m'imposer le français dans la catégorie des "nationalistes français".

Tu dis que tu as une "identité internationale", mais c'est le français que tu veux imposer, comme par hasard. La géographie que tu as dans la tête est très "française", pour ne pas dire "jacobine". Tu as des réflexes très "jacobins", je trouve. Tu n'es pas sérieuse, Gwennadenn !

Posté par Alwenn, 17 décembre 2011 à 17:40
pas que les marchés

@martel
Il me semble que les marchés se foutent totalement des langues minorées ,et qu'ils parlent tous anglais depuis fort longtemps.
Par contre il y a partout chez les occitans un reflexe de peur , dès qu'on parle de langue d'oc. L'occitan qu'on feint d'ignorer même quand on parle patois, parcequ'on a craint quelque chose . Et oui les gens savent parfaitement que la langue mène à l'identité , et que l'identité mène .....loin; Et on ne voit pas où... D'òu cette attention polie que l'on observe souvent quand il est question de "langue" . J'ai pu l'observer en famille ou tout simplement sur le marché... ( Ca commence comme çà ....)
Il faut donc convaincre l'"occitan" qu'l ne s'agit pas d'"aventure" mais de "droit" et que l'occitan a payé largement le droit d'être libre au sein de l'hexagone , y compris au niveau des infracstructures parisiennes , métro, Louvre RER , chateaux de la Loire etc....
S' y ajoutent , majoritairement pour la droite , la conviction que le français est supérieur, civilisateur , pour abreger l'abonné du Figaro , l'académicien sont convaincus d'une supériorité quasi génétique (raciale) du français ? ce qui explique l'image de Sarvognan de Brazza , Lyautey , dans nos manuels en 1950 .. I.
Il me semble que l'homme de gauche craint plutôt l''aventure" tandis que celui de droite trouve ridicule (s'énerve de) la prétention d'un bretonnant (par ex) à se hisser à la hauteur quasiment surnaturelle du français( la langue française structure la pensée , l'éclaircit, etc ) et en prime c'est la langue de la liberté, 1789 V Hugo etc ....j'abrège
Il en résulte que de nombreux écrivains étrangers viennent déclarer sur les ondes que le français est la plus belle des langues, et qu'ils l'ont choisie de préférence à la leur. Ce qui leur vaut souvent un prix.
C'est mon explication à l'hostilité commune "jacobine" de droite comme de gauche envers les langues minorées.

Posté par manjacostel, 17 décembre 2011 à 21:35
Pebezh goaper !

Qu'ils sont beaux, puissants, stupéfiants d'intelligence les raccourcis d'Alwenn !
J'en suis toute ébouriffée dans ma naïveté juvénile et pré-pubère, totalement à côté de mes pompes et follement pas sérieuse.
C'est fou ce que j'apprends sur moi-même, sur le monde, sur la culture, la vie, les sentiments, le reblochon, à vous fréquenter ! Vous dois-je quelque chose pour la psychanalyse ?

Bon, tâchons d'être aussi sérieuse que vous : vous avez tout d'un troll cher Monsieur !

Comme il est facile de déformer les propos pour leur faire dire exactement l'inverse de ce que l'on essaie - sans doute maladroitement et pas sérieusement ni droit dans ses pompes.
Et, comble de l'humour involontaire (oui, j'ai ri, c'est vrai : vous avez du talent, il faut le reconnaître : avez-vous songé à en faire votre métier ?), me traiter de jacobine et de nationaliste française !
Mais quelle clairvoyance, vous m'avez percée à jour !

Que dire ?

Peut-être aurais-je dû vous "imposer" (chose que je n'ai pas faite d'ailleurs, c'est contraire à mon esprit) l'anglais ! Mais dans ce cas, aurais-je été une affreuse nationaliste anglaise ? Ou États-Unienne ?

Que de verbiage et de contradiction !

Enfin, je vous en prie, cessez de vous faire du mal ! N'utilisez plus cette "ignoble langue française" qui vous a été imposée par d'affreux tortionnaires (qui d'ailleurs ?), ce qui doit être une torture pour vous... qui n'êtes absolument pas ni un gentil nationaliste breton (qui veut le bien de tous mais chacun chez soi quand même, on ne va pas mélanger les gens sérieux et les naïfs), nag ur fachour tamm ebet !
Mais tout à coup, je tremble, ne seriez vous pas, vous aussi, un terrible jacobin avec un couteau entre les dents ?!?

Posté par gwennadenn, 17 décembre 2011 à 22:57
On fait pas boire un âne qui a pas soif

On a donc bien compris. La décentralisation c’est dangereux pace que :

1)C’est le clientélisme (qui rime avec local, puisque le plus haut niveau en est vacciné) ;

2)C’est les riches contre les pauvres.

Pour le 2, Merci à Mme Verny de nous avoir épargné l’exemple de l’Italie. Le centralisme guérirait des inégalités entre régions, Mussolini aurait réglé la question. Par contre on n’a pas échappé à l’exemple de l’Espagne, puisque c’est bien connu que si les catalans veulent s’autogérer c’est rien que pour pas donner leurs sous aux andalous. Encore raté, le problème de l’Espagne, c’est d’abord la faiblesse générale du service public, qui est l’héritage de la dictature franquiste. Et bravo à M Martel qui nous a démontré que décentralisation = moins de pouvoir local.

Posté par Laurent, 21 décembre 2011 à 09:20
sur la position de JL Mélenchon

Dans une interview vidéo non datée http://melenchonvraifaux.fr/jean-luc-m%C3%A9lenchon-ne-soutient-pas-la-charte-europ%C3%A9enne-des-langues-r%C3%A9gionales-et-minoritaires Jean-Luc Mélenchon s'explique sur ses positions quant aux langues régionales, face aux attaques dont il estime avoir été l'objet sur cette question.
Donnons-lui acte de ce qu'il reconnaît avoir lui-même été parfois assez loin dans le feu de la polémique.
Il ne doit donc pas s'étonner que certaines réponses emploient le même ton.
Donnons-lui acte également de la façon somme toute décrispée dont il aborde le problème dans les dix minutes, à peu près, de son propos.
Nous nous bornerons à quelques remarques, tout aussi décrispées, car le ton de l'invective nous semble totalement inutile et déplacé dans ce contexte.
-JL Mélenchon commence par une présentation rapide des langues présentes sur le sol français.
Sont ainsi évoqués le basque, aux origines très anciennes, nous dit-il assez classiquement.
Nous apprenons avec surprise que pour lui, ce que parlait Jaurès, c'était du provençal. Le mot « occitan » lui semble-t-il à ce point illégitime ?
Et nous lui pardonnerons de se présenter lui-même comme un Méridional sensible à "une langue qui chante à [ses]oreilles" même si c'est un cliché qui n'apporte rien au débat.
On peut par ailleurs se demander pourquoi il croit à l'existence de cinq bretons différents là où les spécialistes opposent d'ordinaire un bloc de trois parlers très proches, le KLT, face à un vannetais présentant des spécificités accusées. Du moins ne reproduit-t-il pas la sottise de feu Dauzat, identifiant dans le Monde en 1950 pas moins de 77 bretons différents : il s'était borné à compter les points d'enquête de l'Atlas linguistique de Bretagne de P. Le Roux... C'est à ce genre de détails qu'on mesure qu'au fil des décennies le débat progresse.
-Il regrette que les langues régionales ne soient pas assez parlées, ce en quoi nous le rejoindrons volontiers,
- et il reconnaît les mérites du bilinguisme précoce, en se donnant lui-même en exemple, puisqu'il avait deux langues d'enfance. Là-dessus, on ne peut qu'être d'accord
-Mais on a davantage de mal à comprendre ce qui suit, et l'extraordinaire brevet de progressisme qu'il décerne à l'Ordonnance de Villers-Cotterêts, dont il ne connaît manifestement que les deux articles concernant la langue ; il ignore donc que cette ordonnance très contraignante constitue une étape importante de la construction de la monarchie absolue, que l'on n'est pas habitué à considérer comme particulièrement progressiste. A moins qu'il estime que l'interdiction des coalitions ouvrières, qui figure
dans l'Ordonnance, est effectivement progressiste -certains au MEDEF seraient assez d'accord.
-Son tableau de la situation linguistique du temps est assez surprenant.
On apprend que les élites parlaient latin : elles se bornaient à l'écrire, de moins en moins d'ailleurs. Et dans le sud, dans bien des cas, c'est l'occitan autant que le français, malgré les progrès de ce dernier, qui était employé dans les actes, y compris parfois devant la justice. Mais où diable a-t-il vu que l'imposition du français permettait à tous de mieux comprendre le langage de la justice ? C'est déjà problématique aujourd'hui, en des temps d'alphabétisation et de francisation achevée, alors au XVIe siècle ?
Et s'imaginer que le souci de François Ier était que les pauvres bougres qu'il envoyait pendre puissent comprendre pourquoi relève d'un optimisme assez réjouissant.
Tout aussi réjouissante l'histoire édifiante des pauvres serfs fugitifs qui se faisaient rattraper parce que sortis de leur terroir ils ne comprenaient plus rien à ce qui se disait.
L'idée que depuis le Moyen Age au moins les phénomènes migratoires, temporaires et définitifs aient permis la rencontre régulière entre gens parlant des idiomes plus ou moins différents ne l'effleure manifestement pas. C'est pourtant une réalité, jusqu'au XIXe siècle, antérieure bien sûr à la diffusion du français, dont ces migrants se passaient fort bien surtout quand, comme les Occitans, c'est majoritairement vers l'Espagne qu'ils migraient.
JL Mélenchon a commencé visiblement à se renseigner sur l'histoire des langues de France.
Nous l'invitons à poursuivre cette étude distrayante à sa façon, et tout à fait instructive, y compris pour un candidat aux présidentielles.
-Il en vient ensuite à la question des "duretés" des instituteurs punissant les petits "patoisants", mais c'est pour les minimiser.
Plusieurs travaux de chercheurs travaillant sur les langues de France ont depuis maintenant assez longtemps permis de donner de la politique scolaire en matière de langue un tableau un peu plus nuancé que celui qui a longtemps été tracé. Mais ces nuances n'empêchent pas de constater que sans être générale la persécution, à base de délation, a bel et bien duré jusqu'à une époque très récente, et qu'elle fonctionne encore dans les DOM-TOM.
Quant à comparer les punitions reçues pour avoir parlé "patois" à celles qui sanctionnaient des fautes en orthographe, en histoire ou en calcul, c'est aller un peu loin: les enfants qui parlaient occitan ou breton ne commettaient ni erreurs ni fautes : ils se bornaient à parler innocemment leur langue. On ne mélange pas tout.
-Après s'être déclaré partisan de l'enseignement des langues régionales, ce dont nous lui donnons acte bien volontiers, JL Mélenchon formule deux refus : d'abord celui du caractère obligatoire de cet enseignement. On en est à l'heure actuelle suffisamment loin pour que la question n'ait pas à se poser. Viendrait-elle à l'être, un certain nombre de ceux qui militent pour ces langues ne seraient pas forcément partisans d'une telle obligation, bien au contraire.
-Second refus, à propos de la Charte des Langues régionales dont il se félicite que le Conseil Constitutionnel en ait refusé la ratification. Ce culte de la Constitution gaullienne, combiné à l'éloge d'un Conseil Constitutionnel dont on connaît les tropismes politiques surprend de la part d'un homme incontestablement de gauche. Quant à attribuer à cette charte une origine douteuse (entendons allemande), c'est aller un peu loin.
Bref, si les propos tenus dans cette vidéo apportent une amélioration bienvenue par rapport à d'autres tenus naguère, il reste quand même à Jl Mélenchon des progrès à faire. >
http://melenchonvraifaux.fr/jean-luc-m%C3%A9lenchon-ne-soutient-pas-la-charte-europ%C3%A9enne-des-langues-r%C3%A9gionales-et-minoritaires

Posté par mjvb P/O Martel, 21 décembre 2011 à 18:39
Tissu de faussetés

@ mjvb P/O Martel
Dans la vidéo que vous signalez (à laquelle il faut joindre le texte de la page web où elle se trouve), sur le ton assuré du type qui sait tout, Mélenchon assène une série d'asenadas, enfile les erreurs linguistiques et historiques les unes aux autres (que vous avez reprises, pour la plupart, mais il y en aurait d'autres à pointer), en voulant se montrer sympa sur la question, et moins bouché que d'habitude, mais sans changer son discours d'un iota quant au fond. Il n'y connaît rien, ne veut rien y connaître, a les positions les plus négatives que l'on puisse avoir aujourd'hui sur la question (un enseignement optionnel, comme langue étrangère, pourquoi pas ? mais est-ce judicieux d'utiliser l'argent public pour ça ? d'où la motion qui est le prétexte de ce post, et qui est toujours donc d'actualité).
Je n'arrive pas à comprendre où vous pouvez voir la moindre évolution du personnage sur la question, vraiment je ne comprends pas, cela m'échappe complètement, mais alors COMPLÈTEMENT...

Posté par tavan, 21 décembre 2011 à 19:06
Arrêtons de personnaliser le débat

Ma conception de la citoyenneté et du débat démocratique ne se limite pas à la discussion avec Mélenchon ou quiconque d'autre.
Elle est de faire entrer l'idée occitaniste dans la société occitane et au-delà.
Pour cela, il faut arrêter avec les mantras et parler raison.
Les arguments développés par Mélenchon, ils existent en société, sinon, en Limousin, Tavan, il y aurait de l'occitan dans toutes les écoles publiques et on parlerait la langue au Conseil Régional (il y aurait, j'en suis sûre, suffisamment de personnes compétentes pour cela).
Si nous voulons avancer, il faut sortir de l'entre-soi et aller vers les autres.
La réponse à la vidéo, je l'ai envoyée largement hier à mon carnet d'adresses. Certains de mes correspondants qui sont engagés dans les discussions pré-électorales (législatives, aussi, je le rappelle) m'ont remerciée des arguments développés par Philippe qu'ils comptent bien utiliser.
Remarque subsidiaire : je suis assez étonnée de l'incapacité de ceux qui nous invectivent tour à tour (Alwenn et Laurent) de répondre sur les questions de fond que Philippe ou moi-même posons...

Posté par MJ Verny, 22 décembre 2011 à 11:06
Argumentaires

Bien sûr les arguments sont nécessaires, hyper nécessaires, d'ailleurs je passe ici mon temps (ainsi que la plupart des intervenants en effet) à tâcher d'en produire avec sans doute moins d'efficacité et d'esprit de synthèse que Philippe. D'ailleurs, au passage, je conteste l'entre-soi : un blog est ouvert et immédiatement accessible à toute sorte de public. C'est pourquoi j'écris tant de posts en français, même si je pense qu'il est important de pratiquer aussi l'occitan (qui n'implique pas non plus lui-même nécessairement un entre soi).
Ce n'est pas moi qui personnalise, certes pas (d'ailleurs j'ai choisi comme objet de débat une motion du Parti de Gauche, non un discours de Mélenchon), mais la personnalisation est inhérente, évidemment, à l'élection présidentielle,et c'est bien la raison pour laquelle, d'ailleurs, elle m'intéresse si peu. Cependant, j'ai peur que la dépersonnalisation, telle que vous la concevez, consiste à se donner de bonnes raisons de voter Mélenchon, malgré Mélenchon et, qui plus est, en essayant de se convaincre que le gars progresse sur la question des langues alors qu'il se contente de faire quelques risettes (exercice qui lui convient bien mal, d'ailleurs) pour s'attirer les voix défaillantes, sans rien céder sur ses positions.

Posté par Tavan, 22 décembre 2011 à 14:11
Questions de surface

"Remarque subsidiaire : je suis assez étonnée de l'incapacité de ceux qui nous invectivent tour à tour (Alwenn et Laurent) de répondre sur les questions de fond que Philippe ou moi-même posons..."

Euh ..., j'ai l'impression d'être dans un dialogue de sourd avec langues de bois.

C'est quoi vos questions de fond que j'y ai pas répondu ?

Je pense avoir à peu près dit tout ce que je pouvais dire d'interessant sur le sujet. J'aurais rien dit sauré était pareil. Ca m'auré en plus evitait d'être qualifié de troll, avec un couteau entre les dents, par la pa si naîve que ça gwennadenn (mais plus naîve qu'elle ne le crois !)

Quant à Filip Martel, il m'avait semblé qu'il avait plutôt des réponses de surface que des questions de fond ! Et puis, que dire à un français, historien selon des sources officieuses, qui prétend ne pas savoir qu'est-ce que c'est que son identité, quand le but de la france-universelle.fr a toujours été d'impauzer son identité coqardière aux peuples de la Terre entière ? Y a des choses ki sont kanmêm pas dizibles.

Posté par Alwenn, 22 décembre 2011 à 22:58
C'est Noël, alors j'explique.

Alwenn se demande ce qu'il a loupé dans nos échanges. Je lui suggère de les relire, et alors il comprendra que l'essentiel de mon propos portait sur la "régionalisation" telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, sous le talentueux président que nous aimons tous. Je rappelais que la politique actuelle consistait à transférer de plus en plus de charges aux collectivités locales, et de moins en moins de moyens. La "réforme" en cours ajoute une innovation rigolote : les crédits des régions leur seraient désormais attribués par l'Etat, et elles n'auraient plus de ressources propres. C'est là qu'on voit que la décentralisation progresse. Je ne trouve pas ça bien (contrairement à ce que semble penser Laurent, qui devrait y repenser à deux fois et relire, lui aussi, je me borne à constater que c'est ça qui existe, et que c'est à partir de l'analyse qu'on en fait qu'on peut envisager une alternative. Ah, bien sûr, si on préfère rêver du jour où l'Occitanie sera autonome sans se poser la question des étapes, des moyens et aussi des finalités, alors c'est pas la peine de s'emmerder à lire les journaux pour savoir ce qui se passe dans la vraie ve.
-Je signalais aussi, et Marie Jeanne itou, que dans le cas d'un espace linguistique partagé entre plusieurs régions, il était urgent de prévoir des mécanismes de concertation. Sans quoi on verrait la région PACA proclamer l'indépendance de son "provençal" distinct des autres "langues d'oc", et l'Auvergne comme le Limousin continuer à ne rien faire pour la langue, ce qu'elles font divinement bien. Là encore,ce sont des faits, ennuyeux pour qui préfère rêver à un monde idéal, mais les faits sont têtus.
-Quant aux couplets sur l'identité, pour moi, ça relève du slogan, pas plus. Je me dispense donc de reprendre le slogan. Cela veut-il dire que je suis zeureuetfier d'être français, comme tout vrai fonctionnaire,ptui? Bien sûr que non. C'est précisément parce que je pense beaucoup de mal du nationalisme français que je suis totalement hostile à tout nationalisme occitan qui se bornerait à singer le nationalisme français sans se poser de questions.
-Je ne détesterais pas qu'on arrête de caricaturer mes positions.
Ceci étant, bonnes fêtes, bonas chalendas, nedeleg laouen et toute cette sorte de choses.

Posté par philippe Martel, 24 décembre 2011 à 10:17
Statut Quo

mes remarques n'étaient cerees pas une invitation à vous répétez !

- Votre discours consistant à dire : les choses étant ce qu'elles sont, ne sauraient être autrement, et si elles étaient autrement, alors elles ne seraient plus ce qu'elles sont, relève de la stupidité, qui plus est sur un fil en grande partie consacré à un animal politique, mélenhcon, qui se présente aux futur éléections présidenteilles (pour ne rien changer ?), et dont de surcroit vous vous intéressé vous même à ce qu'il dit et à ce qu'il promet de changer, ou pas. Pourquoi vous intéressé vous à ce qu'il raconte ?

- Quand à la question de l'identité (un slogan ? de quoi ??)

Je me contenterai de citer, un, le dictionnaire :

identité [idStite] n. f.

• 1370; bas lat. identitas, de idem « le même » 

1¨ Caractère de deux objets de pensée identiques. Identité qualitative ou spécifique. Þ similitude. L'identité d'une chose avec une autre, d'une chose et d'une autre. Identité de vue. Identité de goût entre deux êtres. « cette ressemblance était une identité qui me donnait le frisson » (Baudelaire). « Les profondes identités d'esprit, les ressemblances fraternelles de pensée » (Bourget). Þ communauté.

2¨ Caractère de ce qui est un. Þ unité. Identité de l'étoile du soir et de l'étoile du matin (c.-à-d. Vénus).

3¨ Psychol. Identité personnelle, caractère de ce qui demeure identique à soi-même. Problème psychologique de l'identité du moi. Crise d'identité. — Identité culturelle : ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique (langue, religion, art, etc.) qui lui confèrent son individualité; sentiment d'appartenance d'un individu à ce groupe. Þ acculturation, déculturation. — Par ext. Þ permanence.
à Le fait pour une personne d'être tel individu et de pouvoir être légalement reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments (état civil, signalement) qui l'individualisent; ces éléments. Décliner son identité. Établir l'identité de qqn. Þ identifier. Usurpation d'identité. Loc. Pièce d'identité : pièce officielle prouvant l'identité d'une personne. Þ papier. Carte, photo d'identité. — Relevé* d'identité bancaire. — Par ext. Identité judiciaire : service de la police judiciaire chargé spécialement de la recherche et de l'établissement de l'identité des malfaiteurs. Þ sommier.

4¨ Log. Relation entre deux termes identiques, formule énonçant cette relation. Principe d'identité : « ce qui est, est; ce qui n'est pas, n'est pas ».
à Math. Égalité qui demeure vraie quelles que soient les valeurs attribuées aux termes qui la constituent. Fonction identité : fonction prenant, quelle que soit celle-ci, la même valeur que la variable.

Ä CONTR. Altérité, contraste, différence.

deux, un député écologiste de Loire-Atlantique :

François DE RUGY le Jeudi 22 decembre 2011

Post-Scriptum : je me rends compte que j'ai zappé quelques questions pendant le Tchat. J'y réponds donc maintenant de façon «groupée». La question de l'identité me paraît centrale. Je crois que ce n'est pas parce qu'il y a des dérives identitaires qu'il ne faut plus parler d'identités ou de sentiments d'appartenance (et je plaide en la matière pour la multi-appartenance : à l'échelle de la commune, village ou ville - du quartier même, à l'échelle du département, de la région, du pays, de l'Europe et du monde). Les politiques (notamment à gauche) auraient tort de nier cette question qui a toute son importance dans un monde ouvert. Je me situe dans la perspective européenne et d'un monde ouvert mais je ne veux pas d'une uniformisation (vrai risque). Je crois qu'être clair sur son identité est une force, en «interne» et en «externe». En «interne» (au sein d'un territoire), car cela permet de tisser des solidarités et cele permet aussi de s'ouvrir aux autres. En «externe», car cela permet d'être bien identifiée : aujourd'hui, à l'évidence la Bretagne est une «marque» bien identifiée dans le reste de la France, en europe voire dans le monde. Plus que n'importe quel autre territoire (ville ou département). On se «fatigue» à dépenser de l'argent dans des campagnes de communication san saucune identité et totalement interchangeables d'une ville à l'autre ou du'ne région à l'autre alors que nous avons un trésor entre les mains avec la Bretagne. De ce point de vue, on voit bien que n'ont pas abouti les nombreuses tentatives de construire de toutes pièces et d'imposer une identité «paysdelaloirienne» (je ne dis pas ligérienne, car les habitants de Tours, d'Orléans, de Saint-Etienne ou du Puy en Velay sont tout autant ligériens qu'à Nantes). C'est une belle leçon sur la question des identités. Autre belle leçon : j'ai eu l'occasion de discuter avec des Nantais d'origine immigrée, notamment d'Afrique : ce sont eux qui comprennent le mieux ma préoccupation sur l'identité !! Voilà qui ne va pas plaire à Adsav et tant mieux !"
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=24319

Vous en faites ce que vous voulez !

Posté par Alwenn, 24 décembre 2011 à 14:46

Au risque que le post soit un peu refroidi, je réponds car je ne voudrai pas laisser M. Martel et Mme Verny conclure sur le mode incompris-persécuté :

Le fait que des occitanistes se raccrochent au wagon Mélenchon n’est pas anecdotique. La question est : y a-t-il une place pour les langues minoritaires dans le projet politique d’une gauche autoritaire (je n’ose plus dire jacobine) ? La réponse est dans la question.

La dynamique de la décentralisation, c’est d’abord les compétences. L’obtention des compétences permet de débloquer les financements, parce que nous sommes dans une société ou un service public (qui accède à ce statut dans l’opinion) ne peut pas être abandonné. M . Martel accorde encore trop de crédit à la droite au pouvoir : ce qu’il croit être une stratégie est juste une tentative de retardement.

L’Etat-nation est un cadre qui a connu son ascension, son apogée, et qui est maintenant dans la phase de son déclin. Le vrai enjeu à long terme est : notre langue parviendra-t-elle à tenir assez longtemps pour survivre à la mort de l’Etat, ou bien disparaitra-t-elle au titre des dommages collatéraux ? Revendiquer des droits auprès du pouvoir est une stratégie valable seulement si on a conscience de cet enjeu. Mais certains croient que leur bourreau sera leur sauveur, et il n’y a pas moyen de les faire changer d’avis, même la tête sur le billot.

Posté par Laurent, 28 décembre 2011 à 00:11

Non, non, je ne me sens ni incompris ni persécuté, légèrement amusé tout au plus, et si M. Alwenn considère que ce que je raconte est pure stupidité, je lui en donne volontiers acte, car sa compétence dans ce domaine semble considérable.
Est-ce qu'on pourrait un jour arriver enfin à parler sérieusement politique, et cesser de se bercer de contes bleus ? IL est tout à fait certain que dans le monde des bisounours les transferts de ressources accompagnent rubis sur l'ongle les transferts de compétences. Dans la France de M.Sarkozy, ce n'est pas le cas. Comme je crois l'avoir dit à plusieurs reprises (car non content de dire des stupidités, je les répète)il suffit de lire le journal pour s'en convaincre ; vous devriez essayer, vraiment. Il est tout à fait possible que cela ne soit pas une stratégie (comme je le crois connement), mais une simple manoeuvre de retardement. Et alors ? Le résultat final est le même, non ? les collectivités territoriales ont de plus en plus de charges et les dotations de l'Etat sarkozien ne les compensent pas. Bien sûr, si nous arrivons à nous débarrasser de ces gens au printemps, il faut espérer que la gauche au pouvoir et ses alliés EELV s'ils sont en état de peser sur les décisions du PS, relanceront un processus de décentralisation honnête, restitueront aux collectivités territoriales des ressources suffisantes, et, au niveau national, sauront enfin donner aux langues régionales un statut conforme à ce qu'il est dans plein d'autres pays d'Europe. Parce que jusqu'à plus ample informé, c'est au niveau national que ce genre de chose peut se décider, quelle que soit la place laissée dans un second temps aux régions pour l'application de la politique mise en place. A ce moment-là, on en recausera, mais pour l'instant on n'y est pas. Le jour où on y sera et qu'on en recausera, vous verrez que je ne refuse pas de donner aux régions un rôle important en matière de développement d'une vraie politique linguistique, tout en maintenant que pour tout un tas de raisons le niveau national a son rôle à jouer dans ce domaine, et tout particulièrement en ce qui concerne l'occitan qui recouvre plusieurs régions,je le rappelle. J'observe, sans méchanceté, avec quelle prudence de Sioux vous évitez de répondre à ce que je dis sur la façon dont Auvergne et Limousin traitent la langue d'oc sur leur territoire, et sur la politique menée par Vauzelle en PACA. Ca donne quand même à penser non ? Non ? Ah bon. C'est sûr que c'est sans intérêt pour qui préfère rêver à ce que pourraient être les régions plutôt que d'analyser ce qu'elles sont réellement aujourd'hui, avec leur personnel politique actuel qui ne cèdera certainement pas de sitôt sa place ni à Alwenn ni à Laurent. A moins bien sûr qu'ils n'aient l'oreille de Hollande, de Placé ou de Duflot, bref de ceux qui sont réellement en position de décider (et encore pour les deux derniers, ça dépendra de leurs résultats).
Quant à moi, je continue à penser que l'on ne fait avancer les choses que par le dialogue (la preuve je discute avec vous, et, excusez, mais je ne suis pas sûr que ce soit tellement plus simple qu'avec Mélenchon). J'ai la possibilité de causer avec des gens du PG qu ne sont pas sur les positions butées-bornées de leur chef, alors je joue le jeu. Jouez le vôtre de votre côté, et on verra si vous êtes tellement plus efficaces.
Et, mar plij, les couplets poujadistes sur les fonctionnaires qui que dont, vous vous les gardez.

Posté par Philppe Martel, 28 décembre 2011 à 11:59
vaillants occitanistes

"Non, non, je ne me sens ni incompris ni persécuté, légèrement amusé tout au plus, et si M. Alwenn considère que ce que je raconte est pure stupidité, je lui en donne volontiers acte, car sa compétence dans ce domaine semble considérable."

La "stupidité" que je relevais portais sur un point précis, je ne vais pas faire un dessin. Cela ne signifie pas que vous ne soyez supérieurement intelligent. Mais c'est pas le sujet.

Je cite le passage de Tavan sur le franchouillard électible :

"Nous connaissons Mélenchon de longue date, ses sorties contre l’enseignement des « patois », déjà lorsqu’il était au gouvernement, son opposition farouche à la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires, sa Fronde triomphale au sénat menée contre l’inscription des langues régionales dans la constitution (voir ses déclarations au Figaro en 2008, et ici même : Langues régionales : le sursaut républicain !)… A la lecture de son bouquin de campagne, Qu’ils s’en aillent tous, nous avons été nombreux à trouver ahurissantes ses déclarations rattachistes sur la Wallonie, sa germanophobie décomplexée et sa franchouillardise de coq de village (voir les passages en question et leurs commentaires sur Médiapart ou sur le blog du vert Bernard Jomier). Je pensais d’ailleurs qu’avec ses pages ridicules et un tantinet inquiétantes sur la Belgique, l’Allemagne et les ambitions d’une France belliqueuse, je possédais un argument massue pour dissuader certains de mes amis de voter pour lui. Ils ne virent pas où était le problème : Mélanchon a raison. Les Wallons parlent français, ils sont maltraités par les méchants Flamands (un ramassis de ploucs fascistes), la France leur tend les bras ! Depuis, je me tais, mais évidemment je n’en pense pas moins, assez interloqué de voir jusqu’à de vaillants occitanistes rouler pour celui qui a toujours été l’un de leurs pires ennemis."

Qu'est-ce qui plaît tant aux "vaillants occitanistes" dans "l’un de leurs pires ennemis" ? That is the question.

Quand Laurent dit : "Mais certains croient que leur bourreau sera leur sauveur, et il n’y a pas moyen de les faire changer d’avis, même la tête sur le billot."

Je ne pense même pas qu'ils croient que l'Etat va sauver leur langue. Comment pourrait-ils le croire ? Et comme ils ne pensent pas non plus (ou ne veulent pas non plus, ou ne veulent pas prendre le risque ...) que ce soit la/les régions, on peut certainement en tirer une conclusion.

Posté par Alwenn, 28 décembre 2011 à 15:00

M. Martel, vous confondez discuter et être d’accord. Je ne suis pas d’accord avec vous pourtant je discute. Vous pensez peut-être que la discussion ne démarrera que si je commence par être d’accord avec vous ?

Je continue de dire que vous n’avez rien compris à la dynamique de la décentralisation. Vous me conseillez de lire les journaux, je vous remercie. La presse parisienne, sans doute ?

Revenons à la décentralisation. Un exemple intéressant : la dévolution de l’action sociale aux départements. A priori, les conseils généraux étaient les mosn aptes, du fait d’un mode de désignation des élus qui tire leurs assemblées vers le conservatisme rural, exactement le contraire de ce qu’il faudrait pour appréhender les problèmes sociaux. On pouvait donc craindre le pire. Mais il ne s’est pas produit :

« Certains craignaient de la départementalisation trois dérives : un repli frileux, la prégnance de l’électoralisme, le développement des inégalités. Or l’observation montre que, au niveau “ macro ”, ces risques ne se sont pas concrétisés. » (…) « Concernant le risque électoraliste, il faut relever que la dépense nette a surtout progressé dans deux domaines peu sensibles aux pressions électorales : le soutien aux personnes précarisées et le soutien aux personnes handicapées. » (…) « Parmi les préoccupations concernant le processus de décentralisation, celle de l’accroissement des inégalités dans l’offre de service a toujours été très importante. Or il faut relever, avec l’Odas mais aussi la DREES, que les budgets d’action sociale des départements sont de moins en moins divergents. »
(http://www.odas.net/IMG/pdf/200306_Decentr_bilan_persp.pdf)

Bien sur tout n’est pas rose et le constat vaut pour la période antérieure à 2002. Mais la logique reste valable pour la décénie 2000, si l’on prend par exemple les dépenses concernant les personnes âgées. Or la hausse des dépenses n’a pas été suscitée par l’Etat, mais par les départements eux-mêmes, par la façon dont les élus ont « attrappé » les responsabilités qui leurs étaient données. Dans un secteur comme la protection de l’enfance, personne aujourd’hui n’envisage d'ailleurs de revenir en arrière, même pas les magistrats, surtout quant on voit la misère de la protection judiciaire de la jeunesse.

Ce qui pose problème aujourd’hui, c’est que quand l’Etat veut se débarrasser de certaines missions pour des raisons internes de «dégraissage », les collectivités exigent des moyens parce qu’elles n’envisagent pas de prendre en l’état. Cela crée un conflit, dont l’Etat est généralement sorti en lâchant les sous, parce que politiquement c’est intenable. En tout cas, jamais un transfert ne s’est fait à moyens constants. Le pari peut donc être tenté.

La région Auvergne ou PACA devraient forcément réviser leur position si elles récupéraient des compétences en matière de promotion de la langue. Pour la Provence, vous ne pouvez en tout cas pas mettre tous les problèmes sur les politiques locaux ! Il y a encore quelques années, vous auriez pu aussi citer Rhône-Alpes pour l’absence de prise en compte de l’occitan et du francoprovençal, or les choses bougent. C’est donc possible. Quant à l’hostilité de tel ou tel président de région, il faudrait parler des positions personnelles de tel ou tel recteur !

M. Martel, lâchez nous avec votre couplet sur le poujadisme antifonctionnaires. Votre blocage sur la question de la décentralisation de l’enseignement montre que, occitaniste et syndicaliste, vous finissez par sacrifier l’un pour l’autre. Vous êtes sur une position corporatiste. C’est possible de dire ça sans être renvoyé à Poujade ?

Posté par Laurent, 28 décembre 2011 à 23:05
« Premier   1  2  3    Dernier »
Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=115864&pid=22815055

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :