26 novembre 2011

Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales

 

iskatolasousleau

 

Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales

 

If you think education is expensive try ignorance

Se trobatz que l’educacion còsta car ensajatz l’ignoráncia

 

        Mauvais temps pour nous... Et pourtant Dieu sait (s’il sait quelque chose) que nous sommes habitués à en prendre plein la gueule et à courber l’échine (ce « nous », rassurez-vous, n’est pas de majesté, il désigne le collectif de ceux qui œuvrent en faveur des langues minorées de notre douce France). En effet, la déploration, en ces temps de crise, du coût prétendument exorbitant d’un enseignement déclaré à la fois (et contradictoirement) inutile et dangereux est à peu près la seule manière dont sont évoquées ces jours-ci les langues dites régionales. Bien sûr, cette hostilité est assortie – c’est désormais la règle – de formules creuses sur l’inestimable richesse patrimoniale que représentent celles-ci et que nul ne saurait mettre en cause. S’il s’agissait d’autre chose que de formules creuses, il est évident que des propositions seraient faites pour leur valorisation ou promotion. Ce n’est jamais le cas. Ceux qui affirment qu’il est grand temps de mettre un frein à un enseignement jugé à la fois pléthorique (ce qui est consternant, et tout particulièrement pour nous, en Limousin, où l’offre d’enseignement est voisine du néant) et inutile, n’ont jamais aucune idée sur la question de la valorisation et de la transmission, car la seule chose qui les intéresse c’est évidemment de travailler à l’effacement des « patois » (un terme qui revient d’ailleurs dans le débat, voir ici La grande régression) de l’espace public (et souvent privé) : réduction drastique – voire suppression – de l’enseignement, suppression des panneaux bilingues, etc.

        En témoignent récemment la publication d’une motion du Parti Gauche et d’un article dans le Figaro qui, sous des formes bien différentes, sont parfaitement consonants. Pour nous, rien d’étonnant, nous sommes habitués à cette alliance sans faille de la droite et de la gauche souverainistes, non seulement sur les questions des langues régionales, mais aussi sur la représentation de l’identité nationale, l’euroscepticisme, l’hostilité viscérale à toute forme conséquente d’autonomie locale et de démocratie culturelle (marqué du sceau d’infamie par le gros mot de multiculturalisme) et donc l’affirmation d’un hypercentralisme monolingue et monoculturel.

         Nous connaissons Mélenchon de longue date, ses sorties contre l’enseignement des « patois », déjà lorsqu’il était au gouvernement, son opposition farouche à la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires, sa Fronde triomphale au sénat menée contre l’inscription des langues régionales dans la constitution (voir ses déclarations au Figaro en 2008, et ici même : Langues régionales : le sursaut républicain !)… A la lecture de son bouquin de campagne, Qu’ils s’en aillent tous, nous avons été nombreux à trouver ahurissantes ses déclarations rattachistes sur la Wallonie, sa germanophobie décomplexée et sa franchouillardise de coq de village (voir les passages en question et leurs commentaires sur Médiapart ou sur le blog du vert Bernard Jomier). Je pensais d’ailleurs qu’avec ses pages ridicules et un tantinet inquiétantes sur la Belgique, l’Allemagne et les ambitions d’une France belliqueuse, je possédais un argument massue pour dissuader certains de mes amis de voter pour lui. Ils ne virent pas où était le problème : Mélanchon a raison. Les Wallons parlent français, ils sont maltraités par les méchants Flamands (un ramassis de ploucs fascistes), la France leur tend les bras ! Depuis, je me tais, mais évidemment je n’en pense pas moins, assez interloqué de voir jusqu’à de vaillants occitanistes rouler pour celui qui a toujours été l’un de leurs pires ennemis.

        Il est vrai qu’un parti ne saurait être identifié à son leader, que divers courants d’opinion peuvent coexister en son sein... Mais enfin le fait est : cette motion du parti, datée du mois d’octobre, existe bel et bien et circule largement, même si je n'ai pu la trouver sur le site officiel du parti (pourquoi, d'ailleurs ?).

        On y retrouve tous les poncifs sur la question et de typiques imprécisions, qui montrent à quel point les gens qui ont pondu ce texte ignorent – ou font semblant d’ignorer – tout de ce dont ils parlent,

        La France aurait soi-disant un « cadre législatif protecteur pour les langues régionales » depuis les années Cinquante. S’il y a là une référence à la loi Deixonne, rappelons quand même que cette loi n’avait aucune vocation protectrice, mais autorisait seulement l’enseignement optionnel de quelques langues sans aucune contrainte d’offre. Cette loi est d’ailleurs abrogée et remplacée par une réglementation du Code de l’éducation. Nous sommes donc dans un vide et non dans une protection législative.

        Par contre la motion ne fait aucune référence à l’introduction, pourtant purement symbolique, des langues régionales dans la constitution mentionnées comme « patrimoine » de la nation. C’est évidemment parce que Mélenchon était contre, comme on l’a dit.

        Ensuite, un argument ridicule, grotesque même : la promotion de l’enseignement des langues régionales relèverait de « l’offensive libérale » généralisée, au sens évidemment du libéralisme économique (le seul qui puisse exister désormais dans notre vocabulaire politique). L’enseignement des langues régionales serait une pièce dans la stratégie eurocratique et capitaliste visant à « transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée ». C’est sûr, ça tombe sous le sens : soutenir l’enseignement public des langues régionales moribondes, c’est participer activement à la marchandisation du monde, c'est favoriser la libre concurrence et graisser les rouages du grand capital. Ne riez pas, c’est le Parti de Gauche qui vous le dit !

        J’ouvre ici une petite parenthèse pour signaler que c’est par des arguments similaires, entre autres, qu’un groupe de parents d’élèves de l’école primaire publique de Landouge à Limoges combat la présence de la Calandreta dans les mêmes locaux, dénonçant tout à la fois l’invasion du privé (rappelons tout de même que la Calandreta lemosina, laïque et gratuite, est la seule école en Limousin offrant un apprentissage de l’occitan en primaire) un enseignement à deux vitesses, et le coût soi-disant exorbitant de cette école aidée par la région (je n'évoquerai pas ici d’autres arguments indécents qui relèvent de la théorie du complot et avoisinent la difamation). Ces parents, apparemment membres de la FCPE (quoi que jusqu’à ce jour non soutenus par la fédération départementale de leur association), devraient trouver à leur goût la motion du Parti de Gauche.

        Pour en revenir à cette dernière, elle rallume en sus une lanterne encore  plus vieille : l’argument selon lequel l’enseignement de ces langues reviendrait à accorder des «  droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences », ce qui est une atteinte manifeste à « l’égalité républicaine ». Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Les droits que nous revendiquons sont individuels et non communautaires : le droit pour tout citoyen, quel que soit son origine, son statut social etc. de pouvoir pratiquer des langues qui n’existent évidemment que si on les parle et surtout que si on les transmet dans les territoires où elles sont historiquement pratiquées, et bien sûr partout où la demande en serait exprimée par un groupe conséquent. S’oppose-t-on au développement des écoles de rugby dans le Sud-ouest, au motif que c’est là accorder un droit indu à une catégorie de la population et porter atteinte à l’égalité républicaine ?

        L’argument est assorti de l’affirmation idiote et, en réalité de pure mauvaise foi, selon laquelle développer l’apprentissage des langues régionales conduit tout droit au rejet du français : « Dispenser un enseignement public uniquement dans la langue de son choix, y compris en immersion, au détriment de l'apprentissage de la langue commune, le français, signifierait que des groupes entiers de locuteurs ne se verraient enseigner durant toute leur scolarité qu'une langue compréhensible uniquement par une fraction de la population de notre pays ». Rien de cela n’existe ni n’est revendiqué par personne. La pédagogie par immersion, ici visée, consiste à mettre les apprenants en situation de la pratique orale effective de la langue seconde ; cette méthode est appliquée dans des écoles laïques, associatives sous contrat de l’État, et les enfants y reçoivent aussi, évidemment, un enseignement en français ; les enquêtes montrent que leur maîtrise du français est égale, voire supérieure à celle des élèves monolingues, comme c’est le cas d’ailleurs de tous les apprentissages bilingues précoces. Tout cela, les auteurs de cette motion ont bien dû au moins en entendre parler, mais ils préfèrent présenter une image caricaturale et mensongère des écoles immersives, comme lieux où l'on rejette le français.

        Ces quelques propos empreints de lassitude (toujours les mêmes bêtises, toujours) suffiront à régler son compte à ce texte faible à tous égard. Voyez aussi, à son sujet, les réactions de Jean-Paul Damaggio, de Réalville dans le Tarn-et-Garonne, militant syndical et blogueur de la mouvance altermondialiste, et surtout la réponse exaspérée des Alternatifs, proches du Parti de Gauche et même associés, d'après ce que j'ai compris, à la candidature de Mélanchon. On peut lire encore la déclaration de Jacques Blin, membre du PCF (et donc du Front de Gauche) porte parole du Réseau Langues et Culture de France). Comme quoi, ça grince bien un peu dans les rouages, et c’est tout de même le moins que l’on puisse attendre.

        Pour ajouter mon grain de sel, je me contenterai de renvoyer aux déclarations de Marine le Pen s’opposant aux panneaux bilingues et au développement de l’enseignement, qui datent de 2007 (entre temps il ne semble pas qu’elle se soit publiquement exprimée sur la question), mais sont sans doute toujours d’actualité. La phraséologie est toute différente, qui a cependant le mérite à mes yeux de faire apparaître le nationalisme forcené qui se cache derrière la façade universaliste de tant de militants de la gauche souverainiste : « La tendresse que nous avons tous pour les cultures régionales ne doit pas nous faire perdre de vue les exigences du rétablissement de la Nation française et donc du maintien absolu du français comme seule langue officielle de l’Etat. […] ne nous y trompons pas. Ce ne sont pas tant les langues vernaculaires ou les cultures régionales que défendent les internationalistes de tout poil, ce sont les langues et les cultures minoritaires. Cette situation nouvelle, issue du contexte de la mondialisation, nous sépare d’ailleurs fondamentalement des aspirations au régionalisme qui ont pu, dans un passé déjà lointain, s’exprimer dans notre famille de pensée. A l’évidence, ce serait faire preuve d’un angélisme coupable que d’oublier l’objectif de nos adversaires de détruire les nations pour asseoir la victoire du projet mondialiste. Le bilinguisme régional dans les provinces justifiera demain la signalétique en arabe en Seine-St-Denis et dans les quartiers pour mieux légitimer et installer demain une France en peau de léopard. »

           Du fond de sa paranoïa, et au-delà du cynisme machiavélique délirant qu’elle nous prête (nous ne défendons les langues régionales aujourd’hui que pour imposer demain les langues de l’immigration, et notre activité est une couverture sans doute payée et soutenue par les Frères musulmans), le Front National a très bien compris à qui il avait affaire avec la grande majorité des « militants » qui se battent aujourd’hui pour les langues régionales : une racaille internationaliste investie dans le combat en faveur des minorités. Il me semble que c’est quand même sur ce point que vous devriez vous accorder avec le Front, chers amis de gauche (ou prétendus tels) qui craignez tant que les « régionalistes » ne détruisent la France : la revitalisation (le Front parle de « restauration ») de la nation, de l’esprit national, de la culture nationale, comme excluant par définition tout élément de culture échappant au monolinguisme. Et c’est évidemment cela que nous autres exécrons et subissons (car votre connerie est hélas indubitablement dominante) : une conception de la nation monocolore, monocorde et monomaniaque, qui combat les aspirations plurielles d’une société plurielle, c’est-à-dire récuse ce que nous appelons, nous autres, démocratie.

        Les auteurs de la motion du Parti de Gauche devraient donc prendre bouche avec Marine, ils trouveraient de notables points d’accord ; ils devraient aussi lire plus assidument le Figaro, qui leur fournirait de nouveaux arguments, s’ils en avaient besoin. Un article du 30 octobre, L’Enseignement des langues régionales en question, à travers des bouts d’information glanés surtout en Bretagne, en Languedoc et en Alsace, mis bout à bout, sans la moindre analyse un tant soit peu approfondie, met en scène par petites touches, insidieusement, sans déclaration péremptoire (pour éviter sans doute d’être accusé de parti-pris) l’inutilité, la qualité douteuse et enfin, surtout, le coût de cet enseignement. Les jeunes parlent mal, ne comprennent pas les vieux, et qui plus est dénigrent cet enseignement qui ne sert à rien, et tout ça, en plus, coûte cher !

        Loin de moi de faire comme s’il n’y avait aucun problème concernant la qualité des langues enseignées, la difficulté de communication entre les générations, la motivation des jeunes apprenants, certes non. Mais, dans cet article, la rhétorique marche à sens unique, sans en avoir l’air et en se payant le luxe de citer, contre leur pensée mais apparemment sans déformer leurs propos, des intellectuels engagés pour la cause du breton, comme Franch Broudic, ou de l’occitan, comme Marie-Jeanne Verny. Mais tout converge vers la question du jour, soumise au vote des lecteurs : « Faut-il réduire l'enseignement des langues régionales à l'école ? », question insidieuse, qui contient dans sa formulation l’assertion d’une présence déjà importantes de l’offre d’enseignement (ce qui est faux et archi-faux et tout particulièrement dans nos contrées déshéritées où cette offre, de fait, n’existe tout simplement pas). Résultat : 60 % pour le oui, 38 pour le non. Bravo le Figaro, les rois du questionnaire neutre !

        Cet article et la question dont il prépare la réponse ont été décortiqués et fort bien critiqués par Gwennadenn sur le site Agoravox et sur son blog, qui intéressera sans doute plus d’un lecteur de celui-ci.

        La conclusion s’impose d’elle-même, sur la question des langues régionales, que l’on peut estimer un révélateur idéologique d’autant plus puissant qu’il méconnaît les clivages droite / gauche, extrême droite / extrême gauche. Hé bien, il apparaît assez clairement que, sur ce sujet mais qui en implique bien d'autres, le Parti de Gauche, le Figaro et Marine le Pen mènent le même combat. Quant à nous, nous poursuivons celui de la démocratie culturelle effective, que le centralisme exacerbé et le nationalisme revanchard excluent par principe, quelle que soit leur couleur.

 

Jean-Pierre Cavaillé

escola

 

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Commentaires sur Objectif 2012 : réduire l’enseignement des langues régionales

Je ne demande pas qu'on soit forcément d'accord avec moi, même si j'aime bien quand c'est le cas. Je demande seulement qu'on veuille bien ne pas me faire dire ce que je ne dis pas. Je ne crois pas que l'Etat peut sauver les langues régionales :seules les sociétés concernées en sont capables (il me semble que sur ce point on est d'accord avec Alwenn). Je me contente de dire que compte tenu des leviers que l'Etat détient encore, il n'est que juste qu'il en mette une partie au service de ces langues qui font partie de la culture nationale comme le reconnaît la Constitution, si théorique que soit à cette heure cette reconnaissance, on est bien d'accord.
-Sur la décentralisation : Laurent, on ne parle pas de la même chose. Vous m'expliquez que les collectivités territoriales (en fait dans votre exemple, les départements, dont les budgets sont supérieurs à ceux des régions, comme chacun sait) assurent correctement les compétences qui leur ont été données en matière sociale. Je n'en doute pas, mais ce dont je parle, c'est des moyens financiers dont elles disposent aujourd'hui. Vous me citez des données qui remontent au début des années 2000, du temps donc de Jospin. Vous n'avez quand même pas oublié que depuis il y a eu Raffarin et l'actuelle "réforme" des collectivités locales qui aboutirait à les priver d'une partie importante de leurs ressources, au profit d'une dotation concédée par l'Etat, bref le contraire de l'autonomie financière, non ?. La "dynamique de la décentralisation" sarkozienne, cher ami, c'est ça. Pour relancer celle dont vous me parlez, il faut que la gauche gagne les élections, et qu'elle détruise tout ce qui a été fait depuis 2003 dans ce domaine (et dans d'autres aussi d'ailleurs). En aura-t-elle le courage ?
-Vous reconnaissez vous-même que la tendance de l'Etat est de dégraisser ses propres dépenses en les refilant aux régions. Je ne dis pas autre chose. Vous me dites que les compensations finissent toujours par venir, et qu'on ne fonctionne jamais "à moyens constants". Ce n'est pas ce que disent les principaux intéressés, sinon ils ne couineraient pas autant.
-ce n'est pas parce que je parle des choses telles qu'elles sont, pas comme elles devraient être, que je considère que tout va bien et qu'il n'y a rien à faire. Combien de fois faudra-t-il le répéter (ah mais ça va faire caguer Alwenn, 'xcuses)? Mias qu'au moins on se dispense de proclamations théoriques qui ne correspondent pas au rapport de forces actuel. On ferait mieux de faire en sorte qu'il s'inverse. Il y a des élections pour ça, ça tombe bien. Et ça se prépare, en sensibilisant les forces d'opposition aux thématiques qui nous intéressent, et qu'ils ne prendront en compte que si ils ont le sentiment que ça concerne une partie non négligeable de leurs électeurs. Voilà. Sinon, on attend que Godot vienne et nous donne la vraie véritable décentralisation dont nous rêvons.
-Quant à croire qu'il suffirait de donner au Limousin la compétence en matière linguistique pour qu'il prenne l'occitan en charge, faudrait voir. Il est plus probable qu'il en profiterait pour gonfler son festival niais de la francophonie ragnagna. En Auvergne, ce serait probablement pire encore, et en Provence, désolé, mais ce serait le provencal seul contre le reste du monde, tant que Vauzelle et sa bande seraient en place. Vu les choix des députés UMP du coin en ce qui concerne le "provençal", ce serait pareil s'ils étaient aux commandes. Ce que fait Queyranne en Rh-alp est sans doute très bien, mais ce n'est pas le sujet.
Et on n'oublie pas qu'en temps de crise, ce sur quoi rabotent d'abord les collectivités, c'est le budget culturel, et que dans ce qu'il en reste, elles préfereront toujours préserver leur festival à la con de jazz ou de Dieu sait quoi à Trifouillac ciblé spécial touristes plutôt que de faire du soutien à une langue d'oc dont les notables du coin n'ont plus rien à foutre depuis des lustres, sauf quand on les fait suffisamment chier pour qu'ils soient obligés de s'y intéresser un peu, sans trop comprendre le plus souvent.
-Et, oui, je lis la presse "parisienne" (buerk). Il m'arrive de lire la presse régionale, Midi Libre ou même le Dau'bé à l'occasion, pour prendre un exemple au hasard. Ce n'est pas dans ce genre de canard qu'on peut apprendre des trucs, dans la mesure où ils servent surtout à donner les résultats du match de volley (junior) entre Foncoutut et Foutucon, quelques chiens écrasés, plus les avis de décès qui sont leur fonction essentielle pour beaucoup de leurs lecteurs. C'est comme ça, qu'est-ce que j'y peux ? (et vous ?).
-Mon corporatisme ? Je suis plus près de la retraite que d'une promotion à la hors-classe, alors le corporatisme, à mon âge... Par contre, on me pardonnera de rappeler que l'essentiel des quelques 90 000 élèves qui font de l'occitan le font dans le public, et que c'est là qu'on a les marges de progression potentielles les plus grandes, à condition que l'Educ Nat nous en donne les moyens parce qu'aujourd'hui c'est elle qui les a (postes, sites, information aux familles, etc. avec l'aide des régions dans le cadre de leurs compétences bien sûr ; si ça change on en reparlera). Ca ne veut évidemment pas dire (là encore combien de fois faudra-t-il le répéter ?) que Calandreta n'a pas sa place, et l'enseignement catho itou. Mais on voit bien que les publics potentiels sont sans commune mesure.On veut se contenter de convaincus (et encore, le sont-ils tous tant que ça ?) ou veut-on toucher le plus de monde possible ? C'est ma question. On me répond précisément, oui ou non ?

Posté par Philippe Martel, 29 décembre 2011 à 19:47
cagure

Je ne crois pas que l'Etat peut sauver les langues régionales :seules les sociétés concernées en sont capables (il me semble que sur ce point on est d'accord avec Alwenn). Je me contente de dire que compte tenu des leviers que l'Etat détient encore, il n'est que juste qu'il en mette une partie au service de ces langues qui font partie de la culture nationale comme le reconnaît la Constitution, si théorique que soit à cette heure cette reconnaissance, on est bien d'accord."

Même avec un bon constat de départ (sauver les langues régionales :seules les sociétés concernées en sont capables"), vous arrivez toujours à tomber sur vos pattes ... nationales ! Bizarre !

"ces langues qui font partie de la culture nationale"

Formule (slogan) pathétiquement creuse.

Sur la décentralisation, toutes les compétences transférées aux départements ou aux régions ont été correctement "traités" par ces départements et régions. Il faut croire qu'elles arrivent à trouver l'argent.

Le rapport entre l'Etat et les régions ne sera pas le même en cas de gauche au pouvoir. Et elle finira bien par y arriver au pouvoir (ce ne sera HEUREUSEMENT pas le parti de Gauche, comme certains le rêve semble-t-il). La gauche ne va pas pouvoir faire du sarkozysme avec des régions "gérée" par la gauche.

Donner pleine et entière compétences aux régions sur la question des langues minoritaires signifie transférer partiellement ou totalement (totalement, comme c'est le cas en Allemagne, ou l'enseignement est l'affaire des Länders) le système éducatif aux régions. Avec forcément the money qui va avec. Il n'y aura plus d'enseignement "nationale", ni de ministère de l'éducation "nationale" (autant dire que pour un jacobin, se sera l'horreur).

L'Etat ne le fera pas ? Mais c'est qui l'Etat, c'est quoi l'Etat ?
La base idéologique de l'Etat, c'est quand même les profeseurs, les premiers à s'opposer à un transfer du système éducatif aux régions, ce seront les professeurs, dont on a quelques spécimens issi : Madame Verny, gwennannen, Monsieur Martel.

Profeseurs qui pour une bonne part, constitue les "élites" jacobines de gauche, et les électeurs du Front de gauche (et des socialistes).

Je n'ai rien de particulier contre les "petits" fonctionaires, contre les gendarmes ou les policiers (ce ne sont pas eux qui font l'idéologie du système, ce ne sont que des exécutants) par contre, contre les professeurs, les universitaires, les journallistes-éditiorialistes, les médecins, les magistrats, ... - contre tous les mandarins et les apparatchiks, ... qui ont parti lié ou constituent la classe politique ... ce sont bien eux qui mettent les langues minoritaires à mort.

Il n'y a que les "sociétés concernées" qui peuvent sauver leurs langues, donc ! (Bravo Monsieur Martel !) Ce qui implique un transfer du système éducatif dans sa totalité à ces sociétés, comme c'est le cas actuellement en Nouvelle-Calédonie (sous le nom de "décolonisation", rien de moins). Pourquoi ce qui est possible en Novelle-Calédonie ne le serait pas en Corse, au Pays Basque, en Bretagne, ou en ... Occitanie ? Je sais, en Occitanie, Monsieur Martel a dit et répété sur tous les tons que c'était pas possible. Et quand c'est pas possible, c'est pas possible.

Par ailleurs, une politique linguistique ne peut pas se résumer au système éducatif.

Ce qui est à peu près certain, c'est que seuls ceux qui auront réussi à faire adopter par leurs élites "locales" des politiques linguistiques dignes de ce nom, avec prise en charge du système édcatif et législation adéquate, se donneront une chance de sauver leur langue.

Dans la série "les questions auquelles personnes ne veut répondre", j'en avait aussi une : "Quelles sont les conditions nécessaires et indispensables à une langue pour qu'elle puisse vivre normalement sur son territoire donné."

Certains diront que ces conditions sont utopiques en france et que ça ne vaut même pas la peine d'en parler (refrain de qui l'on sait). Alors, dans ces conditions, pourquoi continuer à dépenser de l'argent ? Pour enseigner une langue morte ?

Posté par Alwenn, 30 décembre 2011 à 01:03

Reprenons sur la décentralisation à la française. Elle est pleine de vices dès le départ : pas de hiérarchie entre collectivités (pour affaiblir les régions), la dépendance financière avec un manque de ressources propres et le recours aux dotations de l’Etat, une tutelle persistante des ministères à travers les normes règlementaires… Et surtout : le cumul des mandats qui empêche le local de se libérer du jeu politique parisien. Celui qui a instauré cette décentralisation bancale n’était pas de droite, mais il avait bien été ministre de l’intérieur de la France de Dunkerque à Tamanrasset.

Et pourtant il faut parier sur cette décentralisation, parce qu’elle crée une dynamique que le pouvoir parisien ne peut pas contrôler. C’est comme l’Europe. Les principes politiques qui signent la victoire des régions sont d’ailleurs déjà inscrites dans la constitution : principe de subsidiarité, principe de compensation financière des transferts de compétences. Si les présidents de région et de département « couinent » si fort, c’est parce qu’ils exigent ce qui est dû. Ce n’est donc pas un problème d’alternance droite-gauche comme vous croyez (ou faites semblant de croire).

En ce qui concerne la langue, ce qui nous menace aujourd’hui c’est une reconnaissance limitée à la dimension universitaire ou patrimoniale, qui n’a aucun intérêt car elle confond l’occitan avec une langue morte. L’Etat français, pour des motifs idéologiques qu’il ne peut dépasser parce qu’ils touchent à son existence même, n’ira jamais plus loin. Alwenn a raison d’écrire que la formule « ces langues qui font partie de la culture nationale » est désespérément creuse. Pire : c’est une arnaque. C’est exactement ce que dit Sicre, le disciple de Castan, qui comme chacun sait « ne revendique rien » !

Alwenn a raison aussi : « Ce qui est à peu près certain, c'est que seuls ceux qui auront réussi à faire adopter par leurs élites "locales" des politiques linguistiques dignes de ce nom, avec prise en charge du système édcatif et législation adéquate, se donneront une chance de sauver leur langue. » La langue a besoin d’une prise en compte à un niveau politique pour lequel elle ne soit pas une menace mais une chance, une légitimité supplémentaire.

M. Martel, vous coincez ou quoi quand vous continuez de confondre « public » et « d’Etat » ? Il faudra un jour faire le bilan de certains choix que vous avez faits à la FELCO, comme la revendication du CAPES d’occitan. Belle victoire, résultat : zéro enseignement en Occitanie du Nord en 2012. En êtes vous capable ?

A l’an que ven !

Posté par Laurent, 31 décembre 2011 à 18:56
commentaire incompréhensible...

Laurent, pour quelqu'un qui se vantait d'être consommateur et non militant, vous êtes drôlement donneur de leçons à ceux qui militent...
"Il faudra un jour faire le bilan de certains choix que vous avez faits à la FELCO, comme la revendication du CAPES d’occitan. Belle victoire, résultat : zéro enseignement en Occitanie du Nord en 2012. En êtes vous capable ?"
1- Capable de quoi ?
2- Que fallait-il revendiquer à la place du CAPES ?
3- le désert scolaire en Occitanie du Nord, c'est bien ce que nous disons, et nous le disons systématiquement au Ministère, nous l'écrivons aux Recteurs concernés; Exemple pour Limoges : http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=ministre&id=511
comme l'absence d'implication des régions concernées.
4- Le problème n'est pas l'existence du CAPES mais la diminution du nombre de postes due à des choix budgétaires qui affectent toute la fonction publique d'état et qui deviennent meurtriers pour des disciplines "jeunes" comme la nôtre. Lorsqu'il y a 4 postes pour 32 départements, c'est déjà insuffisant pour maintenir l'existant dans les régions déjà pourvues, alors dans celles où l'infrastructure, le noyau militant et institutionnel est absent, c'est le néant.
5- l'autre problème, hélas, est aussi la non-expression de la demande sociale à laquelle nous nous référons tous (au moins une chose en commun...) dans les régions déficitaires... Où y voyez-vous des manifs ? des demandes fortes vers les collectivités ou l'Etat ? Quelle que soit les raisons de l'aliénation culturelle de leurs populations (on leur a tellement fait honte de leur langue, de leur culture, de leur statut populaire), force et de constater que rien n'émerge de leur part...

Posté par M J Verny, 31 décembre 2011 à 19:17
Per un occitanisme nòu

Peut-être devrions-nous redessiner nos cartes de l'Occitanie , ceci pour deux raisons majeures :

1- la disparition dans la plus grande indifférence des locuteurs naturels et donc de la pratique de la langue en " nord Occitanie.
Avetz rason : pas de manif ni demande sociale pour l'occitan.
Lo batèl s'enfonza en silenci.

2- le refus des populations de certaines régions d'oc a être englobées dans l'espace occitan (provençaux )

Que podem far alavetz ?

-Nous épuiser à essayer en vain de sauver ce qui sombre sous nos yeux ? (Quantités de variantes de l'occitan ne survivront pas).
-Nous épuiser à tenter en vain de convaincre les mouvements non-occitanistes ?

Per pas naufragar , per sauvar nòstra lenga , nòstra cultura ,prepausem un autre camin :

Concentrons en priorité nos moyens , notre énergie , nos forces tant au niveau culturel que politique dans un espace certe plus réduit mais plus clairement défini comme occitan.
Plus concrètement l'axe central étant constitué par la région Midi-Pyrénées plus quelques département comme , L'Aude , l'Hérault , la Dordogne...

Et cela devrait créer une dynamique : imaginons par exemple le bilinguisme progressant dans cette "nouvelle Occitanie" , notre langue prendrait alors un nouveau essor.

Posté par Joan, 03 janvier 2012 à 03:05

Soi Auvernhata, del Cantal, i passi tot mon temps de congièr. Tre que pòdi, participi a las inicitativas culturalas que i a amont :Nautas Terras a Sant Flor debuta de julhamb estand FELCO, rescontre, en delegacion amb l'IEO, del senator-conse, i a qualques annadas participacion a l'etapa cantalesa de la Caravana Occitana de Gardarem la Terra, auriai trabalhat de totas mas fòrças a l’organizacion d’una manif amont se s’èra pogut faire çò que volian los amics occitanistas d’Auvernha…
Soi Auvernhata e sabi qu'amont, totes los òmes de mai de 60 ans son capables de parlar la lenga, totes los qu'an mai de 30 ans la comprenon, estent qu’an crescut dins un univèrs de diglossia, ont l’occitan èra present, e mai vergonhós.
Sabi que, se i avia un trabalh militant per l’occitan dins les escòlas publicas, los enfants d’Auvernha trobarian, còp-sec, mai qu’endacòm mai, de referents linguistics naturals que poirian ajudar a comolar lo trauc entre los que reconquistan la lenga e los que l’an parlada o ausida pichòts.
Soi filha de païsans e capiti pas d’engolir qu’amb la mòrt recenta de mos parents, la lenga se sia arrestada dins lo vilatge perque los que demòran la vòlon pas parlar al mai joves : lor es estat talament dich que calia pas parlar « patés », qu’èra una lenga vergonhosa de pès-terroses.
E ieu, s’aviai pas crosat, al licèu PUBLIC de Sant Flor, un professor que m’aprenguèt que lo patés èra una lenga, jamai seriai pas venguda occitanista sens aquel rescontre…
Pensi qu’una part de la clau del problèma ven d’aqui : del fach que los militants occitanistas d’aquelas regions, en defòra de qualques-uns que sovent se descoratjan, an pas vertadièrament menat lo combat per la preséncia de la lenga dins l’espaci public e donc dins l’escòla publica… An reprodusit a l’escala d’Auvernha o Lemosin la solucion que prepausatz, Joan : òm crea d’isclets arcadics d’occitanisme amb qualques enfants de militants e d’intellectuals concentrats dins 3 calandretas e òm laissa crebar l’environa… òm sollicita las collectivitats per ajudar aquelas escòlas (çò que me sembla pas anormal) e òm laissa los elegits se « contentar » de l’abandon de la causa a l’iniciativa associativa : òm renóncia, de fach, a la demanda per las collectivitats d’una preséncia massissa de la lenga dins l’espaci public e dins las escòlas publicas del país ont son los enfants (o pichòts-enfants) de païsans qu’an TOTES, a son entorn, de mond que parlan encara la lenga.
Encara un còp, vos remandi a l’experiéncia passionanta de Corsega : son nacionalistas, e son republicans : es dins l’escòla publica que son en camin de generalizar lo bilinguisme : http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=autraslengas&id=982.
D’anar en Corsega nos fai comprene una realitat que la volèm pas vèire, encloscats que sèm per los estereotips : d’unes voldrian pas veire en Corsega quicòm mai que de bombas.
Alara nos demandar de tornar dessenhar l’espaci occitan ? Ne levar lo país que m’a facha occitanofòna ? NON, jamai de la vida ! Seriá me demandar de me copar en dos, de me renegar !
E per çò qu’es de Provença, i a d’occitanistas, en Provença, d’escrivèires de tria vius (Sergi Bec) o recentament dispareguts (Robert Lafont, per parlar que d’el). I a una activitat occitanista. I a tanben un Felibritge que, cada còp que n’a l’escasença, afortís l’unitat de la lenga d’òc contra los qualques excitats del Couleitieu Prouvènço qu’ailàs arriban de marcar lo terrenh amb un activisme que son un pauc sols de menar. Pasmens, i a de causas de faire. La FELCO, quand d’elegits provençals demandan que sia separat lo provençal de l’occitan, rebecam. Ex : http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=deputat&id=193
I a pas d’Occitania. O disia plan Joan Bodon. Mas i a una lenga occitana e avèm pas lo drech de decidir de la defendre sus una part redusida de son territòri. E mai seria tornar a las rason de son escafament : es estada escafada coma son estadas escafadas las lengas del pòble. Cf mon article dins l’Huma : http://www.humanite.fr/tribunes/comment-les-langues-du-peuple-ont-ete-rendues-illegitimes-483942

Posté par M J Verny, 03 janvier 2012 à 08:56

Donc Mme Verny, vous identifiez deux problèmes : d’un côté l’EN étrangle l’offre en diminuant le nombre de postes au CAPES, de l’autre il n’y a pas de demande sociale. Mais on ne peut pas faire comme si les deux problèmes étaient distincts.

Quel est ce service public étrange, condamné à une demande expresse de la population ? Imagine-t-on qu’on aurait pu instaurer de cette façon la protection du littoral, la prévention routière ou le tri sélectif ? L’Etat renvoie la langue à l’espace privé en faisant mine d’en faire un service public. Il en fait une question de demande alors qu’un service public, c’est d’abord une offre. Et donc, logiquement, on culpabilise la population en lui disant que la langue crève de sa faute. Il ne reste plus qu’à étrangler lentement le service qu’on avait fait semblant de mettre en place.

C’est tout à fait ce que disait M. North, le délégué à la langue française (et aux langues de France !), à l’Express en 2010 : « Mais il y faut, c'est vrai, une volonté des peuples qui les parlent. Il ne faut pas tout attendre des pouvoirs publics : l'avenir des langues régionales françaises dépend en grande partie de la volonté des locuteurs. ». C’est cohérent, imparable, typiquement « de droite » (le pouvoir se lave les mains de ses responsabilités et culpabilise l’usager) mais bien partagé « à gauche », et totalement cynique.

Pour ce qui est de la Corse, on est d’accord : si ça marche c’est parce que la langue est un enjeu de politique locale, que les acteurs ne font aucune confiance dans les intentions du pouvoir parisien et que l’Etat est forcé de suivre sous la pression (sinon sous la menace).

Posté par Laurent, 04 janvier 2012 à 21:58

Bien sûr que ce qui doit primer, c'est l'offre. Comment les populations pourraient-elles demander quelque chose dont elles ne savent même pas qu'elles peuvent le demander ? Ce qu'on observe, c'est que lorsque il y a offre, la demande émerge. C'est pourquoi la FELCO depuis des années milite contre le piège de la demande. Ceci étant, le Ministère ne se lancera dans une politique de l'offre que s'il y est cordialement invité. C'est le travail des collectivités territoriales, notamment pour les régions qui ont une convention Région-Rectorat (aux autres de se débrouiller pour en avoir une : c'est (en partie et pour commencer) à ce genre de chose qu'on mesure leur capacité d'intervention en matière de langue ; sinon, ce n'est pas la peine de s'imaginer qu'elles peuvent s'engager dans une politique linguistique, même si on leur en offre la compétence avec un joli ruban autour). A elles d'exiger du rectorat qu'il demande des postes au Ministère, ce que les rectorats se gardent bien de faire. Aux Régions donc de se montrer offensives, y compris et surtout quand le recteur néglige d'assister au CALR, ou y délègue un gonze qui ne cache pas l'ennui qu'il éprouve à être là. Si les régions ne demandent rien, elles n'auront rien. Et elles ne demanderont rien si sur le terrain elles ne sont pas sollicitées par les associations, mais aussi les syndicats d'enseignants par exemple.
-Pas d'accord bien sûr avec l'idée d'une défense élastique et d'un repli stratégique sur quelques départements en laissant crever les autres. On ne nous rejoue pas le naufrage du Titanic avec les plus forts qui s'emparent des chaloupes et laissent les autres chanter des cantiques les pieds dans l'eau. C'est tout le monde ou personne. Sinon, c'est pas la peine de parler d'occitan, d'Occitanie etc.

Posté par Philippe Martel, 05 janvier 2012 à 21:45
répondez, Laurent, au lieu de faire le donneur de leçons

Laurent, pour quelqu'un qui se vantait d'être consommateur et non militant, vous êtes drôlement donneur de leçons à ceux qui militent...
"Il faudra un jour faire le bilan de certains choix que vous avez faits à la FELCO, comme la revendication du CAPES d’occitan. Belle victoire, résultat : zéro enseignement en Occitanie du Nord en 2012. En êtes vous capable ?"
1- Capable de quoi ?
2- Que fallait-il revendiquer à la place du CAPES ?

Posté par M J Verny, 05 janvier 2012 à 22:08
Oui, moi aussi ça m'énerve

A M. Martel : merci pour votre dernière réponse. J'ai l'impression qu'on a un peu avancé, même si je persiste à dire que donner la compétence au collectivités locales, c'est les forcer à s'engager. De toute façon, aucun élu n'aime aller quémander auprès d'un fonctionnaire. Sans compétence pas de légitimité.

A Mme Verny : en fait, je suis pas donneur de leçon, tout au plus un provocateur. Disons que je donne mon avis sans qu'on le demande. Je suis bien content de vous avoir énervé parce que moi, une occitaniste qui s'apprête à voter Mélenchon, ça m'énerve.

Capable = d'une autocritique. De reconnaître que le soi-disant service public d'enseignement de l'occitan que vous vous vantez d'avoir obtenu est un agantacolhons. Dans un débat, c'est pas en parlant à l'impératif avec des points d'exclamations qu'on s'en sort. Mais je vous promets que je vais y réfléchir, même si je suis pas un spécialiste.

En tout cas, encore une fois : CAPES d'occitan = zéro poste au nord = régression par rapport à l'amateurisme qui présidait avant mais qui laissait au moins la place à une offre spontannée. L'équation elle est pas bonne ? ça vous gêne qu'on le dise ?

Posté par Laurent, 05 janvier 2012 à 23:01
Vous appelez ça une réponse ?

Laurent,vous ne dites toujours pas ce que vous faites, ce que vous proposez,ce que vous voulez.
Tiens, à propos de votre désir de donner, dans l'état actuel des choses, TOUT le pouvoir aux régions, je vous conseille, si vous ne le connaissez pas encore, ce blog : http://daudau.blog.fr/2011/05/31/quelques-mots-de-maussane-11242351/
Pour la question des compétences, relisez ce que la FELCO propose : http://www.felco-creo.org/mdoc/popup_fr.php?id=58. Et interrogez-nous sur ce que nous écrivons et défendons par sur votre lecture fantasmatique de nos idées.
En aucune manière nous ne voulons laisser les collectivités hors du coup et nous avons, avec les différents élus, des contacts permanents. Nous en aurions davantage si l'occitanisme comptait plus de militants que de "consommateurs". Et encore ceux-ci ne sont-ils pas si nombreux que nous les rêverions.
Quant au constat de l'indifférence -relative selon les Régions -de nos sociétés à leur langue et à leur culture, où y voyez-vous une accusation de ces sociétés ? J'ai parlé d'"aliénation". On (les différents pouvoirs, l'Etat, bien sûr, mais pas seulement lui, les notables locaux, eux aussi) les a aliénées, nos sociétés en leur faisant intégrer la honte de ces langues et ses cultures.
Nous partons de ce constat pour nous battre. Vous, vous en tenez à une accusation repapiaire (rabâcheuse, pour les non occitanistes). Mais expliquez-nous ce que vous faites, dans votre Région, pour rencontrer les élus, leur demander d'agir, dans le cadre de leurs compétences actuelles (ils en ont), pour les préparer à développer leur action en cas d'avancement de décentralisation ?
Bonne réflexion, et prenez votre temps, parce que pour l'instant, la manière dont elle se traduit est un peu légère...
Lisez, aussi, ça peut servir...
PS : si j'étais énervée, je prendrais un peu moins de temps pour expliquer...

Posté par M J Verny, 06 janvier 2012 à 09:51

Quest-ce que je fait personnellement dans ma région : rien. je pense que ça m'enlève toute légitimité pour donner mon avis.

Merci pour le lien "qui fait peur".

Merci aussi pour l'article de la FELCO. Si je l'avais lu avant j'aurai évité d'engager la polémique : toute votre position y est. Apparemment j'ai mis les pieds dans un plat un peu réchauffé. Si je trouve le temps, je ferai une critique point par point. J'aime beaucoup le passage sur les profs d'occitan qui doivent rester "des profs comme les autres", ça me fait bien rigoler.

Et désolé d'avoir cru que vous étiez énervée.

Posté par Laurent, 06 janvier 2012 à 19:04

PS : l'article indique que "Dans certaines régions françaises, le mouvement associatif de défense des langues régionales, devant l'inertie avérée de l'Etat sur la question, en est arrivé à demander que la totalité des compétences en matière de politique linguistique ( enseignement, audio-visuel,...) soient dévolues à la Région."

Existe-t-il une référence, un texte ?
Merci.

Posté par Laurent, 06 janvier 2012 à 19:19
Réponse partielle et à vérifier

Préambule : Tout le monde a le droit de donner un avis, à condition d'éviter les procès d'intention.
Vous cassez du sucre sur mon dos, sur celui de la FELCO alors que notre travail est à la libre disposition du public, en ligne. Vous ne retenez que votre lecture, à partir d'un a priori négatif, au motif, je vous rappelle le début de la polémique, que j'appartiens au PCF, et que je suis engagée, dans le cadre du Front de Gauche pour que ce mouvement reconnaisse la diversité culturelle en France.
Dorénavant, quand vous avez envie de me hurler dessus, ou de hurler sur la FELCO, allez d'abord voir sur pièce nos positions et nos actions.
Et si je vous demande ce que vous faites, c'est qu'au nom de mon grand âge que vous avez élégamment stigmatisé, même si je ne suis pas fatiguée de l'engagement, j'ai le droit de penser que la relève ou l'aide serait utile...
Vous m'interrogez sur les Régions qui sont très massivement pour un transfert de compétences
Une grande partie des Bretons, par exemple. Voir par exemple : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=22922
Appartenant à une seule région (+ la Loire Atlantique qu'ils souhaitent réintégrer) ils ont effectivement un interlocuteur plus directement identifiable, et un interlocuteur, qui plus est, qui a, depuis longtemps, une action affirmée en faveur du breton et du gallo.
Cela dit les positions sont partagées et les profs de breton tiennent à leur statut. Mais il est vrai que pour vous, prof = fonctionnaire privilégié...
Côté occitan, le lien qui fait peur est un exemple. Croyez-nous, Philippe et moi-même avons eu affaire à ces énergumènes. Et savez-vous, si les velléités séparatistes des provençalistes du couleitieu prouvençau, qui ont un énorme soutien en espèces sonnantes et trébuchantes de leur Région arrivent à être contrées, c'est grâce à l'Etat français dont la doctrine officielle est qu'il n'y a qu'une langue d'oc, unie dans sa diversité.
Vous en doutez ? Allez voir en page 72 de ce document FELCO : http://www.felco-creo.org/mdoc/docs/t_doc_2_20111127210315.pdf (ensemble des questions écrites des députés au sujet des langues régionales.
Et plus récemment : http://www.collectifprovence.com/spip.php?article571.
C'est l'Etat, là, qui a la position juste...
Voir aussi : http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=deputat&id=193
Voilà, la question est donc compliquée...

Posté par M J Verny, 06 janvier 2012 à 20:13
Compétence

"Dans certaines régions françaises, le mouvement associatif de défense des langues régionales, devant l'inertie avérée de l'Etat sur la question, en est arrivé à demander que la totalité des compétences en matière de politique linguistique ( enseignement, audio-visuel,...) soient dévolues à la Région." FELCO

Le girondin (on peut trouver quelques girondins par ci par là) du poitou, ancien premier ministre et ami des Chinois, pas très grand et assez jouflu (je dis ça en attendant de retrouver son nom, qui ne me reviens pas, à voilà, rafarin, avait fait passer un texte qui permettait aux régions d'expérimenter sur une compétence particulière. La Bretagne l'avait demandé sur deux points : l'eau (pas la pluie, hein, l'eau !), et la compétence sur la question linguistique. L'Etat, jacobin (rafarin était parti) a refusé dans les deux cas.

Mais ce n'est que partie remise.
On voit mal comment les sociallistes pourrait le refuser.
D'autant que Martine Aubry a subreptissement déclaré, vers la fin de la campagne, qu'elle était favorable à ce que le breton soit quasi- obligatoire, et que cela demanderait que la "chose" soit donnée en compétence à la région.

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Langue-bretonne-Martine-Aubry-au-creneau-_8619-1996256_actu.Htm

"Martine Aubry, dans la semaine qui précède le premier tour de la primaire du PS, s'exprime clairement en faveur de l'enseignement du breton. Elle préconise même, là où une langue régionale est pratiquée, son enseignement presque obligatoire sous la forme d'un apprentissage français/langue régionale. La proposition de Martine Aubry est précise : cet enseignement sera la règle « sauf désaccord express des familles ».

Pour la maire de Lille, ce renforcement de l'identité régionale ne peut que renforcer la République. Et l'enjeu n'est pas seulement culturel. « Il est devenu évident qu'on défend mieux la République française quand on la vit dans son territoire, avec sa culture. Et c'est parce que je défends avec ardeur l'idéal républicain que je défends la diversité culturelle de la France et des Français », poursuit Martine Aubry, qui rejette vertement l'idée selon laquelle le développement des langues régionales viendrait fissurer l'unité nationale. C'est même, pour elle, tout le contraire. « L'unité de la France doit-elle passer par l'uniformité ? », demande-t-elle.

Une nouvelle compétence régionale

Voilà pour l'objectif. Quant aux moyens, Martine Aubry fait une proposition. Jugeant qu'il reste sans doute illusoire de laisser à l'État l'apprentissage des langues régionales, elle propose d'en faire une compétence nouvelle des Régions. Avec la suite logique : « Bien évidemment, les décisions des recteurs d'académie devront s'articuler avec cette politique régionale ».

Les propositions de Martine Aubry s'inscrivent dans une volonté forte de décentralisation. Et si elle s'installe à l'Élysée en 2012, elle promet de nouvelles avancées pour donner plus de poids aux Régions.»

C'est pas Aubry qui a gagné la course, mais on peut penser que le ps, qui a dit qu'il signerait la "Charte", ira quand même dans ce sens.

J'ai lu le truc de Xavier North sur l'Express (du beau monde dans les commentaires !)
http://www.lexpress.fr/region/une-nouvelle-loi-sur-les-langues-regionales-n-est-pas-forcement-necessaire_847006.html

(North, présenté ainsi sur franceculture : "Avec Xavier North qui, à la tête de la Délégation Générale à la Langue française et aux langues de France, s'efforce de promouvoir l'emploi du français et veille à favoriser son utilisation comme langue de communication internationale." Voilà, tout est dit)

Il dit un certain nombre de truc juste, mais c'est vrai, au final, le fond est cynique et hypocrite. C'est la même hypocrisie qu'on trouve au frond de gauche : il n'y a pas besoin de loi ni quoi que ce soit de plus, tout est là à qui veut bien s'en servir.
Ce qui manque c'est une politique linguistique et les moyens et le droit plein et entier de l'appliquer, plus l'argent nécessaire.

«C'est donc aux élus des régions concernées de se mobiliser?
North : Oui, sachant qu'ils trouveront le gouvernement à leurs côtés. C'est ce que montre l'exemple réussi de l'office public de la langue basque, qui réunit à la fois l'Etat (à travers trois ministères), le conseil régional d'Aquitaine et le conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Cet office obtient des résultats tout à fait exemplaires, et ce dans le cadre législatif actuel. Rien n'empêche de le généraliser aux autres langues régionales de notre pays.»

Sauf que me semble-t-il le Pays Basque nord reçoit les financements du ... Pays Basque sud. Et bénificie du soutien et de l'expérience u Pays Basque sud.

Il existe aussi un Office de la langue bretonne, PUBLIC depuis 2011. Et qui travaille sur un nouveau plan linguistique pour 2012, après celui de 2004.

Les Corses doivent avoir quelque chose d'équivalent.

On verra qui va être élu et ce qu'il va faire. En Bretagne c'est la Région qui demande le transfer de compétence linguistique, pas des associations (qui le demandent aussi, c'est un point qui fait quasi-consensus)
Celui qui oeuvre pour le breton dans l'enseignement PUBLIC, Paul Molac, se présente comme député, sous les couleurs d'EELV !

Les intérêts de la Bretagne et de la Felco-parti-de-gauche ne sont manifestement pas les mêmes ! Quels sont les intérêts de l'occitan, ça je ne sais pas.

«Cela dit les positions sont partagées et les profs de breton tiennent à leur statut. Mais il est vrai que pour vous, prof = fonctionnaire privilégié...»
Qui a dit et demandé à ce qu'ils perdent leur statut ??? C'est quand même pas une question de statut de prof qui va poser problème !!! C'est de toute façon l'enseignement dans son entier, y compris la définition des programes, qui doit être «décentralisée» (ça va être dur !).

J'espère que le Parti de gauche va se ramasser une raclée !

Posté par Alwenn, 06 janvier 2012 à 21:51
Pas d'amalgame !

La FELCO-Parti de gauche, Cela, c'est un amalgame insupportable.
Je suis au PCF, et je l'assume. Mais quand je parle au nom de la FELCO, ne ne défends que des positions consensuelles dans la FELCO, dont le président n'appartient à aucun parti, il l'a écrit, dont certains des membres sont au POC/RPS/EELV, d'autres au PS, d'autres non encartés, certains peut-être à droite.
Il n'y a qu'une appartenance revendiquée à l'extrême-droite que nous ne tolèrerions pas.
Vos procédés, Alwenn, outre votre violence verbale, ne vous honorent pas.

Posté par M J Verny, 06 janvier 2012 à 22:11
Mauvais Procédé

C'est juste un peu de provocation.
De la Felco, je n'entends que votre son de cloche et celui du président-qui-n'appartient-à-aucun-parti, bien-sûr, il-l'a-écrit.

Son argumentation tordue (quelque soit le sujet, vise à défendre des positions jacobines, donc logiquement à voter Parti de gauche, puisque Melenhcon est un jacobin assumé et fier de l'être. Que Mélenhcon soit contre les langues minorées, c'est embêtant, mais on ne peut pas tout avoir ! Et puis il a fait tant de progrès sur la question !!

"On peut par ailleurs se demander pourquoi il croit à l'existence de cinq bretons différents là où les spécialistes opposent d'ordinaire un bloc de trois parlers très proches, le KLT, face à un vannetais présentant des spécificités accusées. Du moins ne reproduit-t-il pas la sottise de feu Dauzat, identifiant dans le Monde en 1950 pas moins de 77 bretons différents : il s'était borné à compter les points d'enquête de l'Atlas linguistique de Bretagne de P. Le Roux... C'est à ce genre de détails qu'on mesure qu'au fil des décennies le débat progresse."

Faut être c............. pour écrire ça !!

Posté par Alwenn, 06 janvier 2012 à 22:56
Ce n'est pas de la provocation

cela prouve votre inculture et votre paresse intellectuelle. La FELCO a un site officiel, avec 1500 articles, où sont soigneusement séparés les points de vue libres (rubriques "idées et débats" par exemple, les informations culturelles ou pédagogiques et les positions "officielles" arrêtées en consultation du bureau et des responsables académiques.
Visitez-le d'abord.
Et arrêtez de tout mélanger et de cracher votre venin.
Quant à vos appréciations des commentaires de Philippe, la subtilité de son ironie échappe à votre simplisme agressif.

Posté par M J Verny, 06 janvier 2012 à 23:05
Subtilités ironiques

Vous avez raison, ses subtilitées ironiques m'échappent complètement. Que voulez-vous, je suis un esprit borné et simpliste. Qu'est-ce que j'y peux. Pour couronner le tout, je suis inculte.

"La FELCO a un site officiel, avec 1500 articles, où sont soigneusement séparés les points de vue libres (rubriques "idées et débats" par exemple, les informations culturelles ou pédagogiques et les positions "officielles" arrêtées en consultation du bureau et des responsables académiques."

Avec ça, vous êtes sauvés ! 1500 articles, j'aurais pas cru.

J'arrête là !

Posté par Alwenn, 06 janvier 2012 à 23:27
Le meilleur pour la fin

Après avoir cité le parti socialiste, il serait dommage de ne pas citer Eva Joly. Elle était présente à l'université d'été de Régions et Peuples solidaires, ce qui est déjà en soi ... remarquable.

Sur la question des langues minoritaires, elle n'a pas donner de programme précis, masi on sent une intention très forte en leur faveur :

«J'avoue que pour ma part, née étrangère et ayant appris la langue française comme une langue magnifique et désirée, je trouve curieux de supposer qu'un article de loi, fut-il de la constitution, puisse encore être utile à protéger la langue de Molière sur son lieu de naissance. Il ne peut servir qu'à faire périr d'autres langues, à réduire le bilinguisme comme on voudrait réduire la binationalité. Alors que le bilinguisme, comme la binationalité, est une chance et une richesse. En plus, le conseil constitutionnel a considéré le 20 Mai dernier que cet article ne créait aucun droit en faveur des langues régionales. Si je suis élue, je reviendrais sur cette injustice. Je proposerais la reconnaissance des langues et cultures régionales dans un paquet institutionnel instaurant la 6èmeRépublique avec le droit de vote des étrangers aux élections locales, le non cumul des mandats, la reconnaissance d'un statut de l'élu et la possibilité d'une organisation différenciée des pouvoirs régionaux. C'est-à-dire un pouvoir législatif étendu pour les régions. C'est ce qu'ont obtenu les peuples Gallois, catalans, basques, les lander allemands et c'est ce qui est en train de devenir la norme en Europe. C'est ce qu'on appelle l'autonomie politique des régions. Je ne comprends pas pourquoi, en France, ce système de compétences nouvelles pour les régions, allant vers un système fédéral, est encore considéré comme un tabou.» ( http://r-p-s.info/Discours-de-Mme-Eva-Joly-en )

L'autre axe fort de son programe (hors questions proprement écologiques), c'est la volonté fédéraliste : la possibilité donnée à ceux qui veulent d'une réelle autonomie, à l'image du Pays de Galles ou du Pays Basque (sud).
Programme donc très anti-jacobin (et pro-européen).

Aucun autre parti ne va bien entendu si loin et n'a cette volonté révolutionnaire.

Le PS est quand même un peu sur la voie :
- signature de la charte des langues minoritaires - langues «régionales» quasi-obligatoires - transfer de la compétence sur les langues «régionales» aux «régions» !
- accentuation de la déscentralisation.

Le Modem ?
Sans doute assez proche des positions du PS.

Les autres partis ? Parti de Gauche, UMP, FN, sont sur des positions conservatrices et jacobines :
- aucune avancées pour les langues minorisées.
- aucune avancées décentralisatrice.

On dira qu'il y a des «discussions internes», et que tous le monde, il est pas d'accord dans ces partis : c'est vrai pour tous les partis. Mais bon, les «discussions internes», c'est pas notre affaire.

Conclusion : seul ce que propose Eva Joly permet de donner une perspective d'avenir (pléonoasme ?) aux langues minorisées.

Ce qui fait préféré le Parti de Gauche à certains occitans, c'est clairement le jacobinisme.

Chacun sait pourtant que le jacobinisme, idéologie de l'Une-Et-Indivisible, qui associe centralisation, domination sans partage du français ("langue de la liberté", comme disait l'autre con), souverrainisme anti-européen, est mortel pour les langues minorisées.

Posté par Alwenn, 08 janvier 2012 à 20:57
addendum

Le tropisme jacobin de la Felco apparaît dans ce qui suit :

"9- Au delà de cette dimension statutaire, que l'on nous pardonnera de prendre en compte, car nous sommes avant tout une association professionnelle soucieuse de la situation de nos adhérents, il y en a une autre, de principe. Nous parlons ordinairement de langues de France. Dans langues de France, il y a France. Sauf à caresser on ne sait trop quelle rêverie nationaliste, nous ne voyons pas l'intérêt qu'il y aurait à ne pas répéter ce que disent à l'envi les textes ministériels, à savoir que nos langues font partie du patrimoine immatériel de la Nation, et de sa culture. Si tel est le cas, il convient que l'Etat, en accord avec ses déclarations, mette au service de ce patrimoine la volonté politique et les moyens nécessaires. Ce n'est pas parce qu'effectivement le moins qu'on puisse dire est qu'il le fait de fort mauvais gré que nous devons renoncer à lui rappeler avec insistance ses obligations en la matière."

http://www.felco-creo.org/mdoc/popup_fr.php?id=58.

1 - Raisons corporatistes (Au delà de cette dimension statutaire, que l'on nous pardonnera .... ha, ha, ha !!!

2 - Raisons nationalistes ... et anti-nationalistes (Dans langues de France, il y a France.... ha, ha, ha !!!

C'est vrai que le Parti de gauche va choyer votre corporatisme et votre "france".

La Felco ne va pas sauver l'occitan en se basant sur une fiction : "nos langues font partie du patrimoine immatériel de la Nation" Un "patrimoine" dont "l'Etat" est depuis plus de deux siècles le "Vandale"

La "france" n'est pas une Nation, c'est un Etat qui s'est imposé en assimilant-aliénant des peuples et en détruisant leurs cultures et leurs langues, fondement des nations.

Vous ne sauverez pas l'occitan sans développer une identité occitane, sans créer les éléments d'une nation occitane : une école occitane, des medias occitans, une classe politique occitane, une administration occitane, un imaginaire occitan, une conscience historique et geographique occitane, une culture occitane...

Vouloir enseigner l'occitan à des "français", c'est vouloir leur enseigner une langue étrangère dont ils ne voudront pas, parce qu'elle ne fait plus partie de leur identité et qu'ils n'en verront ni l'intérêt, ni l'utilité.

La Felco est incapable de définir un avenir à l'occitan, de définir sa place dans la société, en particulier par raport au français.
La deuxième place, pour une langue, dans une société, c'est la place du mort, ou d'un perpétuel agonisant.
L'occitan ne survivra pas si il ne devient-redevient pas l'élément principal de l'identité occitane.

Posté par Alwenn, 08 janvier 2012 à 23:07
Ca c'est sûr, quand on a décidé de ne pas comprendre...

-Ben oui, une association professionnelle se soucie du statut de ses adhérents, sinon ce n'est pas la peine. Je suppose qu'Alwenn n'aime pas beaucoup les syndicats non plus : défendre les personnels, buerk, quel corporatisme vulgaire, alors que la Nation a besoin du sacrifice de ses fils rantanpantanplan.
-Et revoilà la posture du petit Mickey qui n'a pas peur des gros : luttons pour une administration occitane, des politiques occitans, une nation occitane. Tout ça c'est des mots. La réalité c'est que l'intérêt d'une partie de la population des régions occitanes pour la langue n'a rien à voir avec le désir de créer une nation occitane (pouquoi pas proposer un week-end sur Mars, c'est la bonne saison, il n'y a personne). C'est justement parce que je ne supporte pas le nationalisme français que je refuse que les Occitans le singent alors que ça ne correspond ni à la demande de la société ni à ses besoins objectifs. Et si nous parlons de patrimoine national dans nos textes publics, c'est parce que dans la négociation avec nos interlocuteurs, c'est un argument qui les place en face de leurs responsabilités, face à des textes qu'ils ont eux-mêmes votés. Bien sûr, si nous sommes trois couillons à leur en parler, ils rigoleront. Mais ils rigoleraient encore plus fort si nous leurs balancions à la tête des couplets sur la nation occitane qui que dont. Si on veut avoir le soutien de l'opinion pour ne pas se retrouver à trois couillons justement, et on peut l'avoir, ce n'est pas ce genre de rêveries qu'il faut proposer. Nous ne réussirons peut-être pas, mais si nous tenions le langage martial qu'Alwenn nous suggère, nous échouerions à coup sûr. C'est tout.
-Est-il si difficile de comprendre que discuter avec tel ou tel parti ne veut pas dire qu'on se prépare à voter pour lui ? La FELCO ne roule pour personne, mais essaye de trouver des soutiens dans les partis fréquentables ou à peu près disponibles sur le marché, même quand ce n'est pas gagné d'avance. En ce qui me concerne (moi, pas la FELCO), discuter sans concessions avec le PG (et, au passage, avec d'autres) ne signifie pas que je voterai Mélenchon (c'est même pas sûr du tout pour l'instant). Sinon, je le dirais, car je n'ai rien à cacher, et je me fous de ce que les autres peuvent penser de mes choix. Je me contente de considérer qu'on ne peut avancer qu'en discutant avec les gens, pas en se contentant de répéter ses actes de foi pour les copains déjà convaincus.
-Les choix d'Alwenn sont clairs, c'est EELV. C'est une possibilité, et je peux le comprendre (en dehors du fait que je m'en fous). Il nous cite des déclarations de leur candidate. Je suppose qu'il a pu constater sur le site de RPS qu'elle ne parlait nulle part de cette idée d'une grande Occitanie d'Aran aux vallées piémontaises que certains lui ont attribuée après son passage à Mouans-Sarthoux. Le vrai test, outre ce que sera son score aux présidentielles, ce sera de voir combien de candidats RPS en général et POC en particulier seront investis par EELV aux prochaines législatives. On en recausera à ce moment-là.
-Parler politique, ce n'est pas prendre des postures qui ne coûtent rien et rouler des biceps. C'est analyser la situation et voir comment la faire évoluer, en tenant un discours adapté à l'état de la société et de l'opinion, parce que c'est seulement en partant de là qu'on peut la faire évoluer.

Posté par Philippe Martel, 09 janvier 2012 à 14:22
Merveilleux !

Génial comme bonne idée ! Mais vous avez oublié l'armée occitane pour pouvoir ensuite déclarer la guerre aux basques, parce que quand même, on ne va pas tout mélanger ! Et puis, comme ça, les occitans pourrons peut-être penser à envahir les territoires voisins pour défendre la race occitane ! Ce serait vraiment top !
Ce que vous êtes pathétique !
Ce que vous ne semblez pas comprendre, c'est que, bien que nous défendions les mêmes choses, à savoir les langues minorisées, nous ne le faisons vraiment pas, ni dans le même but, ni pour les mêmes intérêts.
Vous voyez dans les langues minorisées un moyen pour vous d'accéder à un pouvoir ; tandis que nous y voyons une richesse à partager, à donner sans rien attendre en retour. Nous souhaitons simplement permettre à chaque humain de s'épanouir, entre autre grâce aux langues. Nous voulons que tous les citoyens puissent avoir accès à leur culture, non pas pour devenir meilleur que leur voisin, mais pour s'ouvrir aux autres, pour apprendre, pour échanger et vivre heureux.
Et je dois dire qu'il est plus difficile d'échanger avec des personnes ayant vos idéaux qu'avec des "Mélenchons" ! De même, je combattrais plus volontiers vos façons de voir les choses - qui ne font que diviser - que les idées "nationalistes" défendues il fut un temps par ceux que l'on appelait "Les Lumières" et qui sont aujourd'hui défendues par la vraie gauche de ce pays.

Posté par gwennadenn, 09 janvier 2012 à 14:30
Come back

@ M Martel, inutile d'être agressif, de caricaturer et de déformer ce que je dis pour me préter à tord une "posture" et un "langage martial". Je ne fais que constater que vous avez une "stratégie" de perdant (si on peut appeler ça une "stratégie")
Maintenant, vous pouvez toujours nous dire quel est le BILAN de la Felco pour ces dix dernières années. Peut-être que je me trompe et que vous remportez victoire sur victoire.
La seule information concrête que j'ai, c'est l'évolution pour le Capes (Le nombre de postes de CAPES d’occitan était de dix-sept (plus un en école privée) en 2002, treize en 2003 et de quatre postes pour 2004 - Wikipedia)

Et l'impression que le champ occitan est un champ de bataille où certains occitanistes en appelle à l'Etat pour matter les seccessionnistes (Provençaux, Cévenoles...), quand ces mêmes seccessionnistes en appelle à ... l'Etat pour contrer l'impérialisme ... occitans et leur "panoccitanisme").
Et l'Etat ? Il rigole et compte les morts ?


@ gwennadenn : je ne sais pas si je dois me réjouir de ton retour, si c'est aussi pour caricaturer mes propos !!
En même temps, je ne suis pas étonné, et je n'en attendais pas moins de toi !

Pourquoi veux-tu que les Occitans déclare la guerre aux Basques, Gwennadenn ? J'aimerais beaucoup le savoir !

"la vraie gauche". La "vraie gauche", Gwennadenn ? C'est laquelle la "vraie gauche", Gwennadenn ?

Posté par Alwenn, 09 janvier 2012 à 17:48
Kenavo !

On se connait pour que vous me tutoyiez sans arrêt ?

Ce que j'observe, c'est que nous sommes tout de même deux a avoir ressentis vos propos comme étant violents (mais c'est vrai que nous sommes tous deux aussi idiots et naïfs certainement !).
Mais, c'est vrai qu'il n'y avait aucun précédent dans vos messages antérieurs :
"J'espère que le Parti de gauche va se ramasser une raclée !"
"Faut être c............. pour écrire ça !"
Pour ne reprendre que cette page-ci, ce qui m'épargne de devoir reprendre les insultes à mon sujet.
Par ailleurs, je n'ai fait que poursuivre votre liste

Et quel plaisir de caricaturer vos propos, j'avoue que j'en rigole ! C'est vrai que cela est totalement indécent étant donné votre justesse dans vos analyses ! Ce serait malhonnête de ma part de dire que vous n'avez cessé de tordre les propos de certains d'entre nous...

Pour quelle raison les Occitans déclareraient la guerre aux Basques ? Je me le demande bien. Mais votre façon de faire, à vouloir tout diviser, provoque en moi ce genre de frayeurs.
Voilà pourquoi je me bats pour que les langues minorisées aient leur place au sein de l'État français.
Seulement, vous ne voulez voir l'État qu'à travers le prisme de la IIIème ou la Vème République, et uniquement avec des visions nationalistes. Or, je préfère réfléchir à une VIème République qui respecterait les individus et instaurerait une démocratie digne de ce nom.

Et pour conclure sur la "vraie gauche", j'ai beaucoup de mal à me persuader qu'elle est incarnée par un M Hollande ou une Mme Joly qui proposent tous deux de discuter avec le Modem.
Mais c'est ma vision des choses et chacun est libre de penser comme il le fait.
Rassurez-vous : je n'irai pas déposer de bulletin de vote dans l'urne à votre place. De plus, même si je ne cache pas que je suis proche du FdG sur de très nombreux sujets, je n'ai encore aucunement fait mon choix définitif, et il me reste 4 mois avant d'avoir à me décider.

Enfin, ne vous inquiétez pas, je ne viendrai plus vous déranger dans les commentaires, car si le débat reste aussi creux et dépourvu d'intérêt, en plus d'être haineux, j'ai mieux à faire !

Posté par gwennadenn, 09 janvier 2012 à 19:28
"un mot d'ici"

Gwennadenn, j'arrête de vous tutoyer.

Je ne vous ai jamais insulté.

Sur ma réaction par rapport au Parti de Gauche et à Mélanchon. Je croyais que l'analyse de Tavan suffirait à le ... discréditer (j'espère que c'est pas trop martial !)

"La conclusion s’impose d’elle-même, sur la question des langues régionales, que l’on peut estimer un révélateur idéologique d’autant plus puissant qu’il méconnaît les clivages droite / gauche, extrême droite / extrême gauche. Hé bien, il apparaît assez clairement que, sur ce sujet mais qui en implique bien d'autres, le Parti de Gauche, le Figaro et Marine le Pen mènent le même combat."

Demande, pardons, demandez à Tavan si pour lui, le Parti de Gauche c'est la "vraie gauche".

Et au dossier, il y a la visite campagnarde à Brest à ajouter :

"La saison des tempêtes est revenue", a déclaré le candidat à propos de la crise de la dette souveraine. Il a commenté le sort de la Grèce et les positions d'Angela Merkel. Il a fustigé "le baragouin" des agences de notation avec un petit clin d'œil, feignant de se demander si c'était "un mot d'ici"

http://languebretonne.canalblog.com/archives/2011/11/26/22813899.html

Ca, je n'accepte pas et je ne pardonne pas.

Voir ensuite, sur le même blog (celui de F. Broudig), venir quelque'un pour essayer de récupérer le bonhomme et lui donner un satisfecit de progrès, je trouve ça infâme. C'est comme ça. Et je ne vais pas me gêner pour le dire.

Tu remarqueras, pardons, vous remarquerez que mon propos principale consiste à louer Eva Joly et les idées qu'elle défend, et qui sont pour moi les "vraies idées de gauche" : un respect des langues, des cultures, des identités, des différences, des libertés, qui implique pour chacun, pour chaque peuple, un droit à l'indépendance, à l'autonomie. Ce qui correspond à des positions fédérales en politique.

Ceux qui s'acrochent au Parti de Gauche et à Mélenchon ne le font pas pour sa défence des langues minorisées ni des libertés. Ce serait mentir que de l'affirmer. Quand on vient à Brest et que la seule référence à la langue bretonne que l'on fait, c'est à travers le mot "baragouin", on fait montre d'un mépris pervers. Et ceux qui essayent de rattraper l'"affaire" sont pour moi sans honneur.

Posté par Alwenn, 09 janvier 2012 à 21:04
le débat continue

dans l'Humanité du 13 janvier 2012, 2 pages de débat sur le thème : "La République menacée par les langues de France", Olivier Amiel, docteur en droit, délégué du Mouvement républicain et citoyen - MRC - chargé des questions de la culture
- Dominique Bucchini, président de l'Assemblée de Corse (PCF et Front de Gauche)
- René Merle, historien, écrivain - en occitan et en français - auteur de Culture occitane, per avançar, 1977, éditions sociales.
Devrait être en ligne demain sur le site de l'Huma, en attendant, à lire en PDF sur le blog de Pierre Assante : http://pierre.assante.over-blog.com/article-debat-la-republique-menacee-par-les-langues-de-france-olivier-amiel-dominique-bucchini-rene-merle-97029640.html.

Posté par M J Verny, 13 janvier 2012 à 13:35
La réponse est dans la question

"La République menacée par les langues de France ?"

On sait que l'important c'est le titre, qu'il vise à entretenir l'idée selon laquelle la "france" est "menacée" par les langues minoritaires (dites "langues de france !!), et qu'en conséquence, elle a le "droit" de se défendre contre ces langues qui la menace.

Des débateurs pourront toujours jurer leurs grands dieux que non, ce n'est pas vrai, ils seront toujours "suspects", et, selon le principe de précaution, la "république" se donnera le moyens de mettre hors d'état de nuire ces langues qui la "menacent".

Une "république" qui se sent menacée par des enfants qui parlent corse ou breton est une république fasciste, et elle mérite de disparaître !

La seule approche "honorable" de cette question est l'approche du respect démocratique et des "droits humains" : la "politique linguicide" de la "france" (ou de "La" "république", ou de l'"Etat français" est contraire aux droits démocratiques et aux droits humains.

Mais, non, le figaro (pardons, l'humanité) le prend sous l'angle de la "menace" de la "république".

Je note que Dominique Bucchini adopte les bonnes positions sur les points essentiels :

1 - Signature de la Charte européenne
2 - Politique linguistique menée par le peuple concerné : pour la Corse, c'est l'assenblée de Corse qui définit cette politque.

Posté par Alwenn, 14 janvier 2012 à 11:25
Lisez, et ensuite vous commenterez

... le contenu, et pas vos divinations de "Monsieur Soleil".

Posté par M J Verny, 14 janvier 2012 à 18:13
Sous le soleil EXACTEMENT

"Lisez, et ensuite vous commenterez

... le contenu, et pas vos divinations de "Monsieur Soleil"."

Chére camarade, si vous m'aviez lu jusqu'au bout, vous auriez lu ceci :

"Je note que Dominique Bucchini adopte les bonnes positions sur les points essentiels :

1 - Signature de la Charte européenne
2 - Politique linguistique menée par le peuple concerné : pour la Corse, c'est l'assenblée de Corse qui définit cette politque."

Je vais compléter :

1 - Signature de la Charte européenne
2 - Elaboration d'une loi (pour permettre la mise en pratique de la Charte)
3 - Officialisation de la langue : afin d'en généraliser la présence (orale et écrite) dans tous les "lieux publics".
4 - Politique linguistique menée par le peuple concerné : pour la Corse, c'est l'assenblée de Corse qui définit cette politque.

Dominique Bucchini exprime donc un avis qui correspond EXACTEMENT au mien. C'est ce qui est généralement souhaité au Pays Basque, en Corse, en Bretagne.

Par ailleur, chère camarade, évitez de chercher des formules qui visent à m'être désagréables, du genre : vos divinations de "Monsieur Soleil"
De quelles divinations d'ailleurs parlez-vous ?

Ca doit vous gêner amplement, d'être en porte à faux avec ce que dit Dominique Bucchini, non ?
Gwennadenn n'en fait pas encore mention sur son blog. Il y a du laisser-aller, je trouve !

Posté par Alwenn, 17 janvier 2012 à 11:48
Toutes mes excuses

Bien. Je m'excuse donc, cher "camarade" de vous avoir mal lu.
Mais si je me suis contenté de aprler de "Monsieur Soleil" ou de divinations, convenez que votre manière à vous de m'interpeler est plus brutale...
Donc je commente - et je rectifie - : bien sûr que la Corse va plus loin que le reste de la France, pour des raisons historiques évidentes, pour des raisons de demande sociale forte, tranquille, massive, qui n'a rien à voir avec le préjugé continental qui voudrait voir dans chaque Corse un terroriste.
C'est d'ailleurs pour cette raison que la FELCO a invité à son AG de novembre 3 collègues corses, dont l'un est élu à la CTC. Voir échos sur notre site à l'adresse : http://www.felco-creo.org/mdoc/index_fr.php?categ=autraslengas.
Bien sûr que je souhaite qu'on aille en avant, d'autant plus que les Corses, je le répète sont nationalistes et républicains et que le corse s'apprend et se parle à l'école publique chez eux. Oui, ils ont fait ce choix, massif et démocratique.
Le "peuple corse", c'est une réalité de masse, la notion de "peuple occitan" ou "breton", que nous le voulions ou non, elle est encrore à construire.
La démocratie, c'est aussi de faire avec les sociétés telles qu'elles sont, avec l'objectif, par un travail militant - et intellectuel - de fond de les faire évoluer. Pas de schéma unique d'un de nos territoires linguistiques à l'autre. Chacun a son histoire, son découpage administratif et géographique bien particulier.
L'espace occitan a des particularités dont nous mesurons chaque jour la complexité... et la richesse potentielle, puisque ça nous garde d'un nationalisme excluant.
POur lire l'article de l'Huma en ligne, se rendre sur :
http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=premsa&id=1010

Posté par M J Verny, 17 janvier 2012 à 12:14
Une politique ambitieuse

Je reprends le dernier paragraphe de Dominique Bucchini qui résume ce qu'il faut faire :

"Une politique ambitieuse de promotion linguistique me semblerait grandement facilitée par la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. En Corse, la volonté politique est quasi unanime pour revitaliser la langue. S’agissant du statut de co-officialité, le consensus n’est pas général mais assez large toutefois, comme en témoigne la confortable majorité de l’Assemblée de Corse ayant voté une motion en ce sens, en juillet dernier. Un tel statut, permettant l’usage du corse dans l’espace public – services administratifs, organes délibérants –, serait le cadre juridique d’une politique de bilinguisme. Sa mise en œuvre nécessite non seulement une décision législative mais également une modification de la Constitution. Cela donnerait aux langues de France un statut permettant leur épanouissement. Une telle loi pourrait embrasser l’ensemble des usages publics, de l’enseignement à la vie administrative, de la vie culturelle aux médias. Attention cependant à ne pas procéder de façon technocratique ou autoritaire mais, au contraire, en fonction de chaque situation concernée et en respectant, avant tout, l’avis et la volonté de chaque population dans sa diversité."

J'en dégage les différents points :

1 - La ratificationn de la Charte européene des langues minoritaires

2 - Un statut de co-officialité = usage de la langue dans l'espace public = cadre juridique d’une politique de bilinguisme.

3 - Une loi qui "pourrait embrasser l’ensemble des usages publics, de l’enseignement à la vie administrative, de la vie culturelle aux médias."

4 - Procéder non "façon technocratique ou autoritaire mais, au contraire, en fonction de chaque situation concernée et en respectant, avant tout, l’avis et la volonté de chaque population dans sa diversité."

=> Ce qui suppose que la politique linguistique soit menée (et adaptée à) par chaque "peuple"/"population", c'est à dire par la classe politique qu'il a élu. Et ce qui suppose que cette classe politique ait les moyens de mener cette politique.

C'est de toute façon ce qui se passe déjà en Corse. Cependant, pour l'intant, ils ont moins de 3% d'élèves en classe bilingue à partir du lycée, me semble-til, ce qui est extrèmement peu.

Par ailleurs, si l'enseigneemnt bilingue est uniquement dans l'école dite public en Corse, avec l'absence d'école "associatives", les Ikastolak au Pays Basque font désormais partie de l'identité basque, comme les écoles Diwan font partie de l'identité bretonne, et ces écoles doivent aussi se développer, comme je pense doivent aussi se développer les Calandreta, en parallèle avec l'enseignement bilingue dans l'école toujours dite "public", ce que sont aussi les "Ikastolak", les "Diwan" et les Calandreta, est-il besoin de le rappeler ?

En Bretagne on parles des trois D : Diwan, Div Yezh, Dihun (enseignement "confessionnel")
Compte-tenu de l'importance de l'enseignement catholique en Bretagne et au Pays Basque, la langue minoritaire y doit être aussi encouragée que dans les autres systèmes.

De toute façon, c'est à chaque "peuple" de "gérer" sa ou ses langues, donc "chacun fait ce qui lui plait", et les autres n'ont rien à dire !

Posté par Alwenn, 17 janvier 2012 à 20:55
ça avance dans le Front de Gaucheche

Non sans mal, mais la vie est un combat.
Depuis une semaine, un texte a été adopté au niveau national par le Front de Gauche. C'est lui qui engage désormais cette coalition, et Mélenchon devra mettre une sourdine à ses phobies irrationnelles. Pendant la conf de presse qu'il a donnée au meeting de Montpellier ce mercredi (voir échos sur le site http://languesculturefrance.free.fr/index.htm ), il a concédé que l'enseignement par immersion était une question pédagogique et non pas politique sur laquelle il n'avait pas à se prononcer politiquement. Certains mesureront l'avancée.
Voici donc ce texte :
La diversité culturelle, les langues de France...
Le Front de Gauche entend promouvoir en France et dans le monde la diversité culturelle, dont un des fondements concerne la reconnaissance de la richesse que représente la diversité des langues et des cultures. Ce sont des vecteurs populaires d’échanges sans égal dans un monde avec plusieurs milliers de langues et seulement moins de deux cents Etats. Les langues en effet, contrairement à d’autres pratiques sociales, ne s’excluent pas, et le monolinguisme est un handicap qu’il s’agira de faire reculer, sur la base d’une donnée de fond : il n’y a pas en soi de langue inférieure ou supérieure à une autre. La situation française avec une seule langue officielle commune ne saurait pour autant conduire à des pratiques d’exclusion par la langue que manifestent les projets officiels et ceux de l’extrême-droite, par exemple pour acquérir la nationalité française.
Conscient de ses responsabilités pour préserver les richesses de la diversité culturelle qui constitue le patrimoine de l’humanité, menacé par le rouleau compresseur de l’uniformisation liée à l’impérialisme culturel anglo-saxon, la France doit s’engager à mettre en œuvre un programme de défense et de promotion de toutes les autres langues et cultures, en particulier celles qui sont en danger, au sens des recommandations de l’UNESCO. C’est le cas pour la plupart des quelques soixante-quinze langues repérées sur son territoire (dont le plus grand nombre dans les DOM-TOM). C’est le meilleur moyen de combattre les repliements communautaristes qui favorisent la xénophobie en instrumentant les langues et les cultures.
Il relève des obligations de l’Etat de proposer une offre généralisée d’enseignement en matière de langues et de cultures, et de soutien à la création et à la diffusion culturelles qui tiennent compte de la géographie et de l’histoire de ses territoires, en coordination avec les différentes collectivités locales : régions, départements, communes. A cet effet, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France verra ses moyens renforcés. Elle sera mise en relation directe avec un Haut conseil aux langues et cultures de France qui sera institué avec la représentation des différents groupes linguistiques, y compris les langues issus de l’immigration et de celles sans territoires Un plan de promotion des Langues et des Cultures de France sera présenté pour chaque législature au Parlement, en vue de permettre une présence renforcée dans la vie sociale de cette diversité culturelle, en particulier dans les médias, en redéfinissant leur cahier des charges.
Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951, autorisant l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public, et le Front de Gauche s’engage d’ores et déjà pour en rédiger le projet, en s’adressant aux différents partenaires et associations linguistiques et culturels.
Le Front de Gauche, dans sa volonté de refonder une Europe au service des peuples, intègrera les langues et cultures de France comme moyens d’ouverture sur nos voisins européens, en proposant de réviser tant sa constitution que la Charte européenne des langues, pour en permettre sa signature.

Posté par M J Verny, 10 février 2012 à 13:52

"Le Front de Gauche, dans sa volonté de refonder une Europe au service des peuples, intègrera les langues et cultures de France comme moyens d’ouverture sur nos voisins européens, en proposant de réviser tant sa constitution que la Charte européenne des langues, pour en permettre sa signature."

"Réviser" la Charte européenne des langues ?
What that mean ?

"Il n'y a pas de minorités nationales en france".
http://www.languesregionales.org/Melenchon-s-exprime-sur-les

"Il y a cinq langues bretonnes ..."

Bon, voilà un gros hypocrite et un gros gros menteur, qui prétend parler de ce qu'il ne connaît pas,

Posté par Alwenn, 21 février 2012 à 15:08
alors là oui

Etant donné qu'Eva Joly est en train de devenir inaudible,tout comme Poutou, que la signature de la charte européenne admise par Hollande n'aura jamais lieu , car (voir La Setmana e les remarques de Carcassone ) il y aura de façon certaine , le véto des vieux birbes du Conseil Constitutionnel qui déclareront la signature de ce texte inconstitutionnelle) , je pense que le texte signalé par MF Verny et l'adoption par le FDG constitue un fait marquant, qui m'incitera plutôt à voter Melanchon "à moins d'une remontée bien improbable de Joly" ... Le débat sur les personnes est un plus que lassant , je préfère les programmes et celui là prend me semble t-il une bonne tournure .

Posté par Manjacostel, 21 février 2012 à 17:54
Attendrissement et réalisme

M J Verny fait référence au "meeting de Montpellier", ou à la conférence de presse, en précisant que l'aspirant président ne fait plus de l'immersion linguistique une question politique, mais pédagogique, mais en ometant de dire que les propos tenu par le candidat présidentièl à l'égard du breton sont ... "inqualifiables" (alors même que personne ne lui a rien demandé et que la question était sa frilosité sur la question des langues minotitaires. - mais on sait que le bonhome à un tropisme anti-breton.
Il est vrai que l'amour qu'il porte à la langue de Jaurès est attendrissant et compense certainement ce ... mauvait penchant.

Le fait qu'il refuse de reconnaître l'existence de minorités en france est tout de mêm ... problématique. Qualifier les langues minoritaires de langues "régionales" permet de les tuer à petit feu sans trop se faire cermoner par les instances européennes et internationales.

Le texte : "La diversité culturelle, les langues de France..." cité par madame Verny a quand même toutes les aparences du piège à cons. C'est suffisament vague pour être trompeur.

Maintenant, soyons réaliste : Il n'y a qu'un gagnant à une présidentiel, et ce ne sera pas mélanchon, je supose que même au front de gauche on en est conscient.

Aux législative, le gagnant de la présidenteil obtiendra assez mécaniquement les députés de sa couleur, et à moins d'accord avec le ps, le PdG n'aura quasiment pas de députés. Alors, dire "Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951", ca ne mange pas de gruyière puisque ce ne sont pas les quelques eventuels députés du frontdeGauche qui vont pouvoir voter des lois.

Bref .....

Posté par Alwenn, 22 février 2012 à 00:23
Vous avez dit "public" ?

Adenda :

"Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951, autorisant l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public"

Bizarre comme formulation : les langues "régionales" ne seraient donc pas autorisés en dehors de l'enseignement dit "public" ?

Elles le sont déjà, autorisées, dans le "public" !!!!!
La politique consiste peut-être à promettre des choses qui existe déjà !

Posté par Alwenn, 22 février 2012 à 00:28
de la pédagogie, pas d'a priori

Réjouie qu'Alwenn admette que tout ne sera pas achevé à la présidentielle.
Oui, il y aura un « après », et il y a aussi des législatives.
Oui, le texte que vous avez lu est imparfait. Mais considérez qu’il engage le FG et comparez-le à ce qu’il y a ailleurs…
Oui, Mélenchon a dit des âneries à Montpellier. Vous pensiez qu’il allait changer radicalement ? Il est difficile de faire changer radicalement quelqu’un dont les présupposés tiennent de l’irrationnel. Mais vous croyez qu’on le laisse faire ? Je ne vous raconte pas le débat féroce qui se tient dans les rangs du PG depuis des mois, amplifiés par les propos imbéciles sur le breton… Nous (réseau langues et cultures de France), ça nous permet de construire un argumentaire. Nous étoffons notre réseau, nos arrosons les sites FG, PG, PCF de nos textes et analyses. Et croyez-nous, ça en fait des gens touchés, et des idées échangées. Et les soutiens arrivent de partout, y compris de responsables du Parti de Gauche.
Même si, comme vous, quand j’entends certains propos de JLM la moutarde me monte au nez, quand je l’entends parler politique et économie, quand je l’entends parler de changement radical de société, j’ai l’impression, enfin, de courage politique dans un monde où on voudrait nous faire accepter la fatalité de « la crise ».
Vous croyez que la société française est aussi convaincue des idées de diversité linguistique que nous défendons ?
À nous tous de faire avancer nos idées pendant cette campagne. Au moins les quelques idées qui sont communes à tous les militants des langues régionales, et ça, ça demanderait une discussion… Je suis parfois effrayée de la façon dont certains parlent de cette question indépendamment de tout contexte idéologique, politique, économique. Ça me rappelle un triste souvenir d’il y a une dizaine d’années : quand les Jeunesses Identitaires (vous connaissez ces fachos, je suppose, il y en a dans toutes nos régions) ont tenté de noyauter l’association des étudiants d’occitan de notre Université, ceux-ci ont mis 3 ans pour comprendre le piège mortel qui leur était tendu, faute de formation politique sérieuse. On leur parlait « langue », « pays », « identité » et ils étaient séduits… Et ils nous trouvaient, Philippe Martel et moi-même, « chiants » avec nos conseils de prudence, de réflexion… Il a fallu que les Identitaires se dévoilent un jour en manifestant avec Le Pen (oui, le 1er mai, à Paris, avec un drapeau occitan !) et une autre fois en insultant une étudiante noire qui faisait de l’occitan, pour que ces jeunes trop angélistes comprennent…
Je suis aussi effrayée de voir la déviation idéologique quant à la notion de « service public ». On ne pense plus que nos langues doivent être pour tous et donc dans l’école publique, on ne se bagarre plus avec les chaînes de télé et radio publiques (encore une fois voir l’exemple corse : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?tag=corse), on se contente de demander des télés et radios dans nos langues et on oublie, au passage, le nécessaire soutien aux journalistes qui font leur métier dans nos langues sur France 3 ou quelques France Bleu. On oublie de faire pression sur le service public pour qu'il assure dans certaines régions, les mêmes comme par hasard où il n'y a rien ou presque à l'école publique, des émissions en langues régionales.
Du coup, on entre dans un engrenage qu’on nous prépare complaisamment depuis des années : réduisons les Langues et cultures régionales à l’espace régional et associatif, et faisons ailleurs des choses sérieuses… Sur un plan économique global, ça coûte infiniment moins cher, sur le plan des egos, ça permet à chacun d’avoir sa structure où il fait de l’excellent boulot pour ceux qui lui ressemblent, sur le plan « politique-politicienne », ça facilite le clientélisme et l’arrosage des subventions. Et on reste entre nous, contents de cet entre-soi qui nous permet d’éviter soigneusement d’affronter la réalité de l’espace public dans nos régions…
Quel recul pour les milieux populaires dont je suis issue... C'est l'école publique, je le rappelle qui m'a faite prof d'occitan, en me faisant découvrir au lycée, que le "patois" de la maison était une langue de culture... Je ne l'oublie pas.

Posté par M J Verny, 22 février 2012 à 09:08
Où est la sortie de l'enfer ?

@ M J Verny

Croyez bien que l'on se bat pour que le breton ait une place"EGALE" au français dans l' "espace public", et c'est me semble-t-il le cas pour tous les défenseurs des langues minoritaires. Ceux qui ne voudrait laisser la défence de ces langues qu'à des associations, si méritantes et pionnières dans ce domaine soit elle, feraient fausse route, et pour ma part, je ne connais personne qui tienne cette position.

Sur les groupuscule d'extrème droite qui essaient de mettre la main sur la défence de ces même langues minoritaires, on sait aussi que ca existe.

Concernant le FdeGauche, ni les propos tortueux et alambiqué de son aspirant président, ni le texte que vous avez cité : "La diversité culturelle, les langues de France..." ne permettent d'avoir une idée claire de ce qui sera proposé concrètement. Et là tout est à craidre, quand on entend que la loi Deixonne est une référence.
L'ambiguité du front de gauche est de maintenir l'expression "langues de france", ce qui implique de rejeter la reconnaissance de ces langues comme langues minoritaires, tout en rendant impossible leur officialisation, étant donné que 75 langues sont "reconnues" et que la france ne va pas reconnaître 75 langues officielle. Or si l'on veut que ces langues soit considérer à EGALITE dans l' "espace public" avec le français, cela ne peut être le cas que si elles sont "officiallisées". Comme le front de gauche n'a pas l'intention de les rendre officielles, ses "intentions" de les promouvoir dans l'"espace public" ne peut qu'avoir une portée limitée.
Et le refus de les reconaître comme langues "minoritaires" les soustrait à la protection des textes internationaux sur les droits humains, que la france refuse par aileurs de signer quand ils pourrait reconnaitre des droits, en particulier linguistiques, à des minorités, car c'est bien
connu, en france il n'y a pas de minorités.

Bref, on n'est pas sorti de l'enfer.

Pour l' "instruction" des "ignorants" et des "récalcitrants", je vous signale le document réalisé recement par Urvoas et Jung : "Langues et cultures régionales : en finir avec l’exception française"
http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-essais/Langues-et-cultures-regionales-en-finir-avec-l-exception-francaise

"Les langues régionales n’ont pas, en France, d’existence officielle. Les auteurs de cet essai reviennent sur les conditions historiques qui ont présidé à la marginalisation des langues régionales en France et appellent à la fin de la discrimination."

"La France, fruit d’une ambition territoriale plutôt que d’une aspiration populaire, s’est construite grâce à une homogénéisation à marche forcée des différentes composantes du territoire. C’est à la suite d’un long processus, dont le commencement est marqué par l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, que les langues et cultures régionales ont acquis leur statut marginal d’aujourd’hui. En effet, alors que seulement 1 % de la population parlait le français en 1533, combien de Français parlent encore aujourd’hui la langue de leur région ? Comment expliquer la position de la justice à l’égard de l’enseignement de ces langues ou de leur emploi dans les affaires publiques ?
Face à la multitude des patois locaux, la monarchie avait fait le choix d’une langue officielle unique qui remplacerait le latin dans tous les actes de la vie publique. Mais cet objectif a également marginalisé les langues régionales, processus qui s’est accéléré avec la « victoire » des Jacobins sur les Girondins en 1793. En effet, ceux-ci érigèrent le français en arme de combat politique, vecteur selon eux de progrès, de liberté et de vertu. Le symbole de cette « francisation » forcée fut la destruction organisée du breton. L’enseignement obligatoire instauré en 1881 assurera qu’aucun enfant n’échappe aux mailles du filet et le service militaire parachèvera ce processus sous la IIIe République.
A partir de 1945 néanmoins, un frémissement législatif laissera croire à un retour (certes très limité et dans le champ de l’enseignement uniquement) des idiomes régionaux. Cependant, seule la loi Deixonne de 1951 marquera un infléchissement en incitant (sans aucune mesure incitative ou contraignante par ailleurs) à l’enseignement du basque, du breton, du catalan et de l’occitan. Si le processus fut rationalisé sous François Mitterrand, il fallut entendre l’arrivée de Lionel Jospin à Matignon pour assister de nouveau à une offensive sur cette question. Mais malgré les diverses tentatives de son gouvernement, le Conseil d’Etat, comme le Conseil constitutionnel, imposeront toujours une lecture très stricte du droit, arcboutés sur une lecture littérale de l’article 2 de la Constitution, qui dispose depuis la révision de 1992 que « la langue de la République est le français ». Ainsi, la France n’a jamais ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires."

Posté par Alwenn, 22 février 2012 à 11:02
ce n'est qu'un début... continuons le débat (bis)

Bien d'accord avec vous, pour que nos langues aient une place dans l'espace public.
L'appellation "langues de France", elle fait débat, c'est sûr, mais l'appellation "langues régionales" aussi, qui est une ânerie pour l'occitan, langue interrégionale présente sur plus d'un état... Et certains refusent "minoritaires", préférant "minorisées" qui montre un état de fait d'Histoire et pas un état de nature.
"Langues de France" n'est pas un gros mot : cela permet de nous voir comme membres d'un patrimoine commun.
Et je n'assimile pas la France ni à un mythe doré ni à un monstre froid...
Les propositions du FG, elles ne sont pas données d'en haut, elles sont à construire dans la démocratie et le débat avec les acteurs sociaux et culturels. L'avancée indéniable depuis quelques mois (au PG, notamment, ailleurs, il n'y a globalement pas de pb), elles ont montré que nos pressions amicales et argumentées avaient pesé...
C'est la vie...

Posté par M J Verny, 22 février 2012 à 11:16
« RECONNAîTRE LA REALITE »

@ M J Verny

""Langues de France" n'est pas un gros mot : cela permet de nous voir comme membres d'un patrimoine commun."

Si l'on veut être clair et efficace, il faut donner aux langues dites "régionales" une appellation qui ait une valeur juridique, puisque l'on se bat pour leur donner des droits, quand aujourd'hui elles n'en ont aucun.
Il faut que cette appellation soit conforme aux normes européennes et internationales.

Au niveau international, il n'y a guère que deux manières de considérer juridiqueemnt une langue, soit elle est "officielle", soit elle est une langue "minoritaire". Dans les deux cas celà lui confère des droits pour être présente dans l'espace public.

Or la france refuse ces deux appellations : ni langue "officielle" (la seule langue officielle de la république (française) est le ... français), ni langue "minoritaires" because ... il n'y a pas de minorités en france.
Ce refus de les considérer comme "officielle" ou "minoritaire" permet de les maintenir dans une précarité qui les conduit à la tombe.

Donc je demande au frontdegauche : quel statut, "officiel" ou "minoritaire", il entend donner aux "languedefrances". Dans la video montpeliéraine, il est clairement dit que ce ne sera ni l'un ni l'autre.

Quand aux belles déclarations sur le "patrimoine commun" qu'on entend bien entendu "défendre", en on a à la louche :
«Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales et minoritaires qui n'a pas pour but de faire vivre les langues régionales mais de reconnaître des DROITS LINGUISTIQUES à toutes les MINORITéS et de les placer sous le contrôle d'une COUR EUROPéENNE qui jugera sans tenir compte de notre «histoire nationale» et de notre «tradition républicaine».
C'est le communautarisme qui est au bout du chemin et pas LA DéFENSE D'UN MAGNIFIQUE PATRIMOINE DE LANGUES ET DE CULTURES QUI FONT LA RICHESSE DE NOTRE PAYS.
JE VEUX DéFENDRE CE PATRIMOINE. Je veux m'opposer à toute dérive communautariste parce que cette dérive ruinerait «des siècles d'efforts et de sacrifices pour nous construire un État, une Nation, une République dont nous pouvons être fiers» et dont nous tirons notre force et notre intelligence collective»
sarkozy-marseille-février-2012

Il n'y a pas de différence fondamental entre ce que dit sarkozy et ce que dit mélenchon. et bien malin celui qui saura dire lequel est le plus menteur des deux.

Dans le livre cité d'Urvoas et Jung, la duplicité de l'Etat français est bien analysé :

Une norme internationale contournée ou ignorée

Des ratifications qui n'engagent à rien
Le profond malaise des autorités de notre pays à l'égard de textes internationaux faisant référence à la protection des langues minoritaires ou des groupes linguistiques qui les pratiquent en témoigne volontiers. Afin d'éviter d'attirer inutilement l'attention, on consent parfois à les adopter, soit parce qu'ils sont dépourvus de toute force contraignante, soit parce que l'inexécution des dispositions embarrassantes qu'ils contiennent a de bonnes chances de passer inaperçue. Ainsi la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 et la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 sont-elles entrées en vigueur en France alors même qu'elles comprennent des mesures prohibant formellement toute discrimination fondée sur la langue.
De même ont été ratifiées plusieurs Conventions internationales de l'Unesco extrêmement hétérodoxes eu égard à la philosophie officielle en vigueur dans notre pays : celle « contre la discrimination dans l'enseignement » (1962), qui reconnaît aux membres des minorités nationales « le droit d'exercer des activités éducatives qui leur soient propres, y compris la gestion d'écoles » ; celle « pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel » (2003), qui attribue à chaque Etat partie le soin de prendre les mesures nécessaires pour garantir la préservation des différentes langues pratiquées sur son territoire ; celle « sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » (2005), qui vise au « respect de la diversité des expressions culturelles et [à] la prise de conscience de sa valeur aux niveaux local, national et international ».

Quand le droit international ne s'applique pas en France
En d'autres occasions, la France s'est de fait trouvée placée au pied du mur, n'ayant d'autre choix que de formuler des réserves dès lors que les conventions qui lui étaient soumises faisaient explicitement référence à l'existence de minorités ethniques, religieuses, linguistiques ou autres.
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques par exemple, adopté en 1966 sous l'égide des Nations unies, dispose dans son article 27 que les personnes appartenant à des minorités linguistiques ne peuvent être privées du droit d'avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle ou d'employer leur propre langue. A l'occasion de la ratification de ce texte en janvier 1981, le gouvernement français a donc fait savoir que cette disposition « [n'avait] pas lieu de s'appliquer en ce qui concerne la République » dans la mesure où elle contrevenait au principe d'égalité établi à l'article 2 de la Constitution.
Pour des raisons identiques, notre pays s'est refusé d'adhérer à la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail, qui entend promouvoir le patrimoine linguistique et culturel des peuples indigènes. Il s'est pareillement opposé en 1990 – et toujours pour les mêmes motifs – à la ratification intégrale de la Convention relative aux droits de l'enfant, son article 30 stipulant qu'un enfant « ne peut être privé du droit d'avoir sa propre vie culturelle, […] ou d'employer sa propre langue en commun avec les autres membres du groupe ». Enfin, contrairement à la quasi totalité des Etats membres du Conseil de l'Europe, il n'a pas signé le protocole additionnel n° 12 à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui pose le principe d'une interdiction générale de toute forme de discrimination.

Seul contre tous en Europe
Lorsqu'il lui est impossible d'émettre des réserves sur les dispositions d'un texte international relatives aux langues et cultures régionales afin de leur ôter toute force exécutoire, la France interrompt purement et simplement le processus de ratification. Comme nous l'avons vu, elle a ainsi procédé avec la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
...
Au demeurant, notre pays est plus isolé encore pour ce qui touche à la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, présentée en février 1991. Ce texte fondé sur la combinaison de droits collectifs et individuels a en effet été signé par la quasi-totalité des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, à l'exception des petites principautés d'Andorre et de Monaco, guère concernées naturellement, ainsi que de la France et de la Turquie qui, sur ces questions, entretiennent traditionnellement une étroite collaboration qui confine parfois à la symbiose…


Il me semble que le front de gauche, s'il est réellement de gauche (et pour moi il est plus "nationaliste français jacobin" que "de gauche") devrait être en pointe sur cette question des langues "minoritaires" et des minorités en général. Or on trouve les mêmes réflexes et la même duplicité que dans les autres partis, et le refus de considérer l'existence de "minorités".


Toujours dans Urvoas-Jung, qui ont fait un excellent travail avec ce livre et que tout le monde serait bien inspiré de lire, surtout ceux qui se présentent à l'election providentielle ou à celle de député :

« RECONNAîTRE LA RéALITé »
A la suite d'une mission effectuée en septembre 2007, l'experte indépendante des Nations-Unies Gay McDougall rend en mars 2008 un rapport au vitriol sur la SITUATION DES MINORITéS en France. Elle souligne d'abord « que CE N'EST PAS à L'ETAT DE DéTERMINER L'EXISTENCE DE MINORITéS ET QUELS SONT LES GROUPES QUI CONSTITUENT DES MINORITéS ET QUE LA QUESTION DéPEND D'UN CERTAIN NOMBRE DE CRITèRES, OBJECTIFS ET SUBJECTIFS, CONFORMéMENT AUX PRINCIPES DU DROIT INTERNATIONAL». Elle constate ensuite que « les membres des
communautés minoritaires témoignent fréquemment de la frustration qu'ils ressentent en constatant qu'il ne suffit pas de devenir citoyen français pour être pleinement accepté par le reste de la société. Ils ont le sentiment que la condition de l'acceptation n'est rien moins que l'assimilation totale. Il leur semble qu'à cause d'une vision rigide de l'identité nationale française, ils ont dû rejeter des aspects essentiels de leur propre identité ».

(C'est moi qui souligne!)

Posté par Alwenn, 22 février 2012 à 14:41
Tout le monde fait de l'idéologie, et vous aussi...

Croire l'inverse c'est faire une erreur de raisonnement.
Il n'y a pas d'action sans pensée.
En revanche, oui, cherchons ce qui peut nous réunir.

Posté par M J Verny, 22 février 2012 à 17:02
croire ce que je lis...

Dans la mesure où toute les déclarations en ces périodes de moissons de déclarations peuvent être passées au peigne fin de la même façon que le fait Alwenn avec sagacité. Nous en sommes tous réduits à prendre acte , Nicolas Merkosel a donné son avis net et sans bavure à propos de ce qui nous tient à coeur. Hollande déclare qu'il va signer la charte , mais nous savons d'ores et déjà que ce ne sera pas possible sans changer la constitution...C'est la déclaration RMI des langues de l'octogone. Potou ne décolle pas . Joly qui tente de promouvoir les principes de la démocratie dans notre beau pays des droits de l'homme , de la femme et des petits n'enfants se trompe de pays, ici nous en sommes encore à l'âge de la pierre taillée sur la tête de l'émigré...Donc chaque votant soucieux de son pouième de poids doit se demander en priorité (à la condition d'esperer être entendu et à la condition d'être encore de gauche ) quel est le vote qui lui permettra d'influer le plus (vous avez dit utopie?) sur les décisions de l'élu des sondages... Nollande l'homme qui rassure la City plus vite que son ombre et mieux que Jospin, le chantre fameux de Cinte Gamelle. Et oui on ne nous fera pas 2 fois le même coup. Je n'en vois qu'un et c'est Melanchon qu'il nous faut.
Je lis le texte de Montpellier et je ne retrouve nulle part une déclaration semblable...
Après on peut soupçonner , et ne pas être dupe une seconde de l'avancement de nos idées, dans notre beau pays de droit(e) (surtout) et de gauche (accidentellement et peu), mais il faut savoir reconnaître les textes qui évoquent l'existence de nos "patois" ... Sans faire la fine bouche.

Posté par Manjacostel, 22 février 2012 à 20:37
Idéologie

@ M J Verny

Je ne comprends pas pourquoi vous faites intervenir cette idée maintenant : "Tout le monde fait de l'idéologie, et vous aussi"

Peut-être, tout dépend de ce qu'on entend par idéologie.

Plus il y aura de partis (et surtout de députés, qui font les lois) favorable aux langues minoritaires, et mieux ce sera pour elles.

En intention, beaucoup le sont, en réalité, c'est une autre histoire.

Posté par Alwenn, 22 février 2012 à 23:07
loi Deixonne : formulation ambiguë du texte du FG

Voici un courriel que nous venons d'adresser à la direction du FG :
"Sur la formulation de notre texte (voir :http://languesculturefrance.free.fr/) : elle nous a valu des réactions qui montrent que la précision sur l'objet de la loi Deixonne est rédigée de manière ambigüe, puisque certains ont interprété son texte : « Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951, autorisant l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public » comme signifiant pour s'en moquer que c'était la nouvelle loi qui autorisait l'apprentissage (qui veut noyer son chien…). Aussi, pour lever toute lecture malveillante, il nous semble meilleur d'écrire :
Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951, qui autorisait l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public, et le Front de Gauche s’engage d’ores et déjà pour en rédiger le projet, en s’adressant aux différents partenaires et associations linguistiques et culturels."
Notre intention, comme celle de tous les gens mobilisés sur la question, est bien d'obtenir un nouveau texte législatif, non ?

Posté par M J Verny, 23 février 2012 à 10:12
Intention

"Notre intention, comme celle de tous les gens mobilisés sur la question, est bien d'obtenir un nouveau texte législatif, non ?"

Et un statut, une reconnaissance, soit comme langue minoritaire, soit comme langue co-officielle (selon le souhait de chaque groupe (minorité) linguistique).

Et la signature des différents textes européens et internationaux sur les droits humains qui sont cités dans un des précédents messages : « RECONNAîTRE LA REALITE ».

Posté par Alwenn, 23 février 2012 à 22:13
Mélenchon en Corse...

...ce mercredi 22 février. Meeting avec Dominique Bucchini, le président (communiste)de la Collectivité Territoriale Corse, avec lequel nous sommes régulièrement en contact, et qui nous a confirmé l'évolution des idées de JLM sur la question des langues.
Dans la vidéo disponible à l'adresse : http://www.dailymotion.com/video/xozzkf_meeting-de-jean-luc-melenchon-a-bastia_news, JLM, tout en parlant "d'unité et d'invisibilité de la République" (un point de débat dont il faudra parler avec lui car peu de gens la remettent en cause), reconnaît la légitimité de la coofficialité de la langue corse et du français.
De même qu'il confirme l'intérêt, pour un territoire donné, de travailler à l'autonomie en matière de maîtrise énergétique.

Posté par M J Verny, 24 février 2012 à 09:09
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