article de juhn de 2004 previst en primièr per la Revue du Tarn



indiens_photo



Nos autres, indians d’occitania

« Nul ne peut rester insensible à la sourde tragédie qui se déroule encore, sous nos yeux, sur tous les continents : la disparition lente de cultures et de langues minoritaires laminées par les mouvements dominants ». Comment ne pas souscrire à cette déclaration de Jacques Chirac, recevant à l'Elysée les représentants des peuples amérindiens, le mercredi 23 juin 2004 ? On remarquera que le président n’a établi aucun lien avec la situation catastrophique des langues dites régionales en France… Cela n’est guère étonnant, puisque la France refuse obstinément de ratifier la Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires, puisque l’enseignement de ces langues par la méthode immersive (du bain linguistique) a été déclarée anticonstitutionnelle (affaire Diwan), puisque l’existence des capes de langues régionales est menacée (4 postes pour 32 départements concernés au capes d’occitan cette année et l’incertitude la plus complète pour 2005), etc. Aussi Jacques Chirac ne manque pas d’humour lorsqu’il réclame, dans le même discours, une reconnaissance des particularismes des peuples autochtones en droit international, s’il est vrai qu’il refuse à ses propres concitoyens le droit d’accéder par l’école, les médias, etc. aux langues qu’on pourrait en effet tout aussi bien qualifier d’ « autochtones »… Evidemment cet appel solennel en direction de la communauté internationale en faveur des droits des peuples premiers ne s’accompagnait d’aucun engagement précis, et il n’est certes pas question que la France abandonne les colonies qui lui restent et où vivent des autochtones dont les cultures sont toujours méprisées : Guyanne, Nouvelle Calédonie, etc. Sans parler du colonialisme linguistique qui répond au doux nom de francophonie…

Tavan